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dimanche 15 juillet 2012

Pas des chaussettes entre les deux oreilles

J'ai déjà eu l'occasion de te parler de Disiz, jamais encore avec un article entier, je comble donc ce manque avec celui d'aujourd'hui qui traitera de son dernier EP : Lucide, sorti fin mars, mais que j'avais loupé jusque là (en même temps c'est pas le genre de disque qui leake sur nodata, donc c'est plus dur à suivre).

Au programme, un retour aux sources avec à nouveau du rap. D'entrée, la reprise des vocalises de l'intro de J'pète les plombs nous cueille, comme une manière de montrer que si il est plus aujourd'hui un apatride musical, il fait tout de même partie de la "scène" rap française depuis une quinzaine d'année, et peu de rappeurs actifs à ses débuts peuvent se targuer de produire aujourd'hui une musique d'aussi bonne qualité.

Pourtant on était en droit de se dire que c'était pas gagné, comme il le dit dans Un frigo, un cœur et des couilles (et l'explicite dans cette interview), l'échec commercial du projet Peter Punk est une des raisons de ce retour au rap ; comme tout retour pour des raisons pécuniaires, des inquiétudes pouvaient pointer sur la qualité. 

Ici, que nenni.

En filigrane, on voit d'ailleurs facilement  que les motivations de son retour résident ailleurs : dans une France où Marine Le Pen fait 18% et où l'intolérance est devenu banale (voir les "messages d'amour qui feraient passer Hitler pour bisounours" lâchés sur des forum, yahoo au hasard, évoqués dans La Haine), il est effarant de voir qu'il n'y a plus à proprement parler ni de scène ne de public rap français : entre ceux concentrés sur un revival payant auprès d'un public qui ne s'intéresse pas/plus au message, les paroliers du "rap conscient" (appellation d'ailleurs rejetée Dans Un frigo ...) qui prêchent pour un petit cercle de convertis et ceux qui malgré la crise continuent à faire du bling-bling (Toussa Toussa cible assez clairement Booba). Pour résumer, l'enjeu de ce retour est exprimé dans Moïse avec le "je reprend ma place", d'ailleurs encore plus mis en valeur dans le clip, au cas où la version sans image ne nous aurait pas suffi. L'objectif est ici est d'éviter que l'avenir qu'il annonce à la France dans René, roman d'anticipation d'une France gouvernée par Marine Le Pen depuis 2017, ne devienne réalité.


Au programme donc 6 titres qui couvrent des thématiques assez larges et 2 featurings moins convaincants. Le tout avec une production et un flow toujours ultra-carrés, mais surtout une richesse musicale encore plus importante permise par la "pause" Peter Punk, que ce soit le final instrumental "fondu" de Moïse, le riff et les transitions couplet/refrains de Mon Amour ou la main de velours dans un gant de fer de J'ai la haine.
Du point de vue des textes, j'ai beau ne pas spécialement aimer m'étendre dessus mais il faut en souligner la finesse et la justesse, l'idéalisme à la naïveté assumée mais salvatrice, l'importance des questions soulevées, mais toujours cette ironie qu'on appréciera particulièrement sur Bête de bombe 5 ("Ma mère elle fait les meilleurs gâteaux du monde", ou comment s'imposer dans le rap game avant ses 10 ans).

Au fond, c'est cette ironie, qui nous permet de garder la tête froide malgré tout le poids que peut avoir le message. Nous aussi on reste Lucides.

lundi 3 mai 2010

Sometimes I Can't Find My Good Habit.


L'objectif du jour est de pousser l'art de la transition foireuse à son paroxysme, l'excuse pour y parvenir, ce sera 3 clips.

Je vais commencer par Surprise Hotel, de Fool's Gold, parce que je les ai découvert en concert il y a 2 semaines, ça fait un moment que j'avais entendu parler de leur disque en fait, mais jusque là je croyais que c'était une compilation de faces B des Stone Roses sortie pour le 20ème anniversaire du premier album du groupe avec un peu de retard...
Toujours est-il que quand j'ai appris qu'ils passaient en concert à Nantes et que celui-ci était gratuit pour les détenteurs de la carte Olympic (inutile ici de préciser que je suis détenteur de la carte Olympic), j'y suis allé, en ayant uniquement vu le clip qui suit. Comme tu peux le voir sur la photo d'au-dessus, c'était quand même vachement bien, au passage je te lance un défi "Où est Charlie", si tu arrives à me trouver sans aide sur la photo, tu gagnes un cadeau-surprise. Sinon, en résumé Fool's Gold, je recommande, autant en concert que sur album, et le clip est très bien aussi, ils ont donc tout pour plaire (ouais, sauf qu'ils vendent pas de vinyles à la sortie de leurs concerts, mais personne n'est parfait).





Ensuite je vais enchaîner avec Dans le Ventre du Crocodile de Peter Punk/Disiz. J'ai déjà évoqué ma période rap, et bien il se trouve qu'au début des années 2000, un des albums que j'écoutai le plus était justement Le Poisson Rouge, premier album du bonhomme qui s'appelait encore Disiz la Peste à l'époque, et toujours un très bon disque au demeurant, aujourd'hui je n'écoute presque plus vraiment de rap mais toujours un peu des fois quand même, ce qui tombe plutôt bien puisque lui ne fait plus vraiment de rap mais toujours un peu des fois quand même.
Son changement de style semble en surprendre certains mais c'est parce qu'ils n'avaient surement pas beaucoup écouté le premier album, plein d'auto-dérision et avec déjà, une mention d'Oasis, référence pas forcément évidente à assumer dans le milieu du rap français, sur ce titre, Disiz se contente d'évoquer Cobain et Hendrix. Derrière, l'album est mitigé, on y trouve du bon et du moins bon, mais ça vaut le coût de tenter.
Et le rapport avec Fool's Gold dans tout ça ? Hé bien il faut bien se concentrer, et aux alentours des 2 minutes, vous le verrez.





Pour terminer, j'ai pris un clip un peu plus vieux, puisque toute la dernière partie du clip montre des images d'un concert au Gibus, j'ai décidé de vous mettre une vidéo des Naast ...
Non, en fait je vais rester sur les gens déguisés en animaux qui courent, avec Who Could Win A Rabbit d'Animal Collective. C'est vrai que c'est aussi parce que ça va bien faire 3 ou 4 articles que je n'ai pas parlé d'eux, mais le clip reste très bon, et il me permet de toucher un mot de Oddsac, l'album visuel en collaboration avec Danny Perez, qui est aussi le monsieur qui a fait ce clip. À vrai dire je peux juste parler rapidement de la partie audio, c'est certes peu, mais ça écarte les inquiétudes que j'avais avec Fall Be Kind, ici rien à voir avec Merriweather Post Pavilion, si il fallait rapprocher ce qu'on entend à ce que le groupe a fait par le passé, ça serait éventuellement à des faces B un peu obscures comme Baby Day, et puis de toute façon avec la partie visuelle ça devrait être intéressant, maintenant faudrait juste qu'ils se décident à faire des projections par chez nous, au pire un DVD sort en Juillet mais quand même, quelques dates en France ça serait pas superflu.





J'aurais pu chercher encore d'autres transitions, mais après, ça risque de paraître vraiment tiré par les cheveux. Je tiens juste à dire aux Animal Collective si ils passent par là (ouais, je suis quelqu'un de réaliste) que la salle qu'ils peuvent voir en photo en haut de l'article est un ancien cinéma, et qu'en plus elle va fermer dans moins d'un an, donc une projection d'Oddsac là-bas, ça enverrait du bois.