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samedi 25 mai 2013

Qui est partant pour une métaphore ?

Il arrive que, avec ou sans raisons, on s'imagine qu'on ne verra jamais un groupe en concert. C'était mon cas, de manière relativement cohérente concernant Pulp, ça l'était aussi concernant les Sparks, jusqu'à ce que j'apprenne leur date assez unique à Paris hier soir. Je ne crois pas t'avoir dit à quel point j'aimais les Sparks, réponse en 10 bonnes raisons :

1) Il sont étincelants ! (ça c'est pour me débarrasser de la blague d'entrée)



2) Ils montrent qu'on peut être frères et avoir un groupe qui dure, prenez ça Oasis, les Black Crowes, Tokio Hotel et les Hanson !


3) Ils ont su traverser toutes les époques, et même les années 80, toujours avec un temps d'avance et une ironie mordante : images :


4) Ils ont inventé le disco. Mais malheureusement tout ce qui s'est fait n'a pas été à la hauteur de N°1 Song In Heaven


5) Ron Mael a bien failli redonner ses lettres de noblesse à la moustache hitlerienne, et ils ont même écrit une chanson dessus :


6) Ils sont polyglottes, Russell s'exprime dans un français tout ce qu'il y a de plus correct et on entend fréquemment plusieurs langues sur leurs chansons, toujours pour le bon goût, comme sur Upstairs


7) Ils font des chansons extrêmement classes sur des gens connus : That's Not Nastassia, Excerpts from The Seduction of Ingmar Bergman, et puis Lighten Up Morrissey


8) Leurs chansons sur des inconnus se défendent aussi très bien d'ailleurs


9) Ils ont réalisé avec Propaganda le meilleur album-opener de tous les temps


10) On leur doit le meilleur moment de l télévision française (merci Guy Lux)


Et donc j'ai vu les Sparks vendredi, après une attente assez longue et inédite pour moi (là où tout le monde indique sur le billet une heure à la fois 30 minutes après l'ouverture des portes et une demi-heure avant le concert, la Maroquinerie te feinte en indiquant 30 minutes avant l'ouverture) dans une file d'attente pleine de profils différents : tous les âges et styles sont représentés. Avant même d'entrer, l'aspect trans-générationnel du groupe apparaît.

En découvrant la Maroquinerie, la première chose à laquelle on est confronté c'est la boutique où l'on entend presque ce genre de conversation (un bon point pour qui a la référence) : "Wah, 30€ le T-shirt, même les plus chers que j'ai vus ils étaient qu'à 25" "Et là, le Picture Disc à 40€ ! Imagine que quelqu'un en veuille vraiment".

Enfin bref, l'installation du groupe est celle de la tournée Two Hands, One Mouth" qu'on a pu entendre sur l'album live sorti récemment.
Et c'est peut-être ce qui est un peu dommage : toute la set-liste, à l’exception d'un Angst In My Pants, génialement méconnaissable est extraite du disque, et rejouée à l'identique, au commentaire entre les titres près.
Ceci dit, la virtuosité, que ça soit au clavier ou au chant convainc, et quand bien même, l'essentiel est ailleurs, c'est l'occasion de profiter du jeu de scène impressionnant de Ron Mael, qui joue au méchant depuis tellement longtemps que son sourire à la fin du concert laisse toujours un semblant de doute sur les possibles mauvaises intentions derrière ses regards noirs fixes. Sans qu'elle saute aux yeux d'entrée, on se rend bien compte que l'alchimie entre les deux frères est maximale : pour reprendre leurs bons mots : ils sont réellement deux mains et une bouche.

Et même si on s'y attend, on vibre sur The Rhythm Thief, on rit sur The Wedding of Jacqueline Kennedy to Russell Mael, on sautille sur Suburban Homeboy et on pleure sur When do I get to sing "My Way"?.

Et puis vient le rappel : ils nous annoncent un invité spécial, pas de grosse surprise étant donné qu'elle a été aperçue dans la salle : il s'agit de Catherine Ringer pour Singing in the Shower. Malheureusement on l'entend à peine, peut-être un micro réglé trop bas (Russell a demandé plusieurs fois à ce qu'on augmente le sien), peut-être une voix affaiblie par l'émotion (on croit apercevoir des larmes perler au coin de ses yeux).
La suite du rappel donne l'occasion au groupe qu'on peut avoir été précurseur et savoir rester dans la course : N°1 Song in Heaven et Beat the Clock sont gonflées aux hormones électroniques qui nous vaudront même des pas de danse de la part de Ron avant un Two Hands, One Mouth attendu mais parfait, puis un discours plein de franchise de Ron qui finit de nous convaincre que le groupe est véritable et à part.

samedi 13 avril 2013

Délicieux décibels désuets

Il me semble que j'avais un jour écrit ici que j'en avais fini avec tous les disques qui laissaient trop de place à l'excès de décibels. J'avais même du faire un serment, c'était peut-être pour 2013, ou alors 2012 ou 1997, je ne sais plus vraiment.

Mais une fois de plus, heureusement que je ne me suis pas écouté, car j'aurais alors coupé X'ed de Tera Melos après quelques minutes d'écoute, sans me douter que derrière ces poussées sonores intempestives pouvaient se cacher finesse et intelligence.
Une fois de plus toujours, j'en rajoute il est vrai un petit peu, avant les explosions et le final en larsens, Weird Circles commence comme du math-rock, et bien que j'aurais aussi pu lâcher au début de New Chlorine, j'étais en réalité déjà accroché.
Oui, en réalité cet album emporte, à la manière de curieux cercles justement, on subit une certaine hypnose erratique sous l'effet de l'association de cette nappe répétitive et d'inserts gorgés de bravoure. Si bien que si le fond, par sa régularité nous rappelle souvent son existence, on a clairement l'impression d'écouter un disque sans aucune ligne de conduite, alors que, d'un bout à l'autre, la direction est maitrisée.

À ce jeu là, Sunburn est un exemple parfait : le travail, tant sur les changements de rythmes que d'intensité, est remarquable.
Cet album développe une énorme puissance pour te tirer dans un sens et te pousser dans l'autre en même temps. Clairement, un disque comme ça, on l'écoute.

Et tu peux commencer par Melody 9, qui fait lui aussi tous les trucs dont je t'ai parlé, mais en pire, live oblige.

mercredi 23 janvier 2013

Sans désir



C'est extrêmement cliché mais ainsi est la pop. Moi je l'aime quand elle fait voyager, je l'ai déjà dit ici et.


J'attire plus particulièrement ton attention sur l'article qui traite de Shipbuilding Company : j'avançais le côté dénué d'influences de sa musique, mais lui trouve beaucoup de similitudes avec Exorcise, le premier album des islandais de Tilbury, sorti en mai dernier. Après à savoir si les bougres ont écouté Radio & Flying Birds ou si la particularité des terres islandaises permet de retrouver cette absence d'influence, je ne me prononcerais pas.

Ecouter Tilbury c'est voyager la tête dans la Lune : pour aller plus loin sans forcément décoller les pieds du sol. C'est découvrir naïvement une ville en s'y promenant au hasard, mais toujours le nez en l'air.
On ressent dans leur musique une candeur des plus rafraichissantes, elle n'est pourtant pas creuse pour autant.

En fait elle est un peu à l'image du clip de Drama : on ne comprend pas trop ce qui se passe, alors autant s'en réjouir. Un peu comme les quelques moments où l'ivresse d'après quelques verres est purement joyeuse.



Dans ce genre d'articles, la transition est facile : il suffit de partir encore plus loin.

Ça tombe plutôt bien, Shugo Tokumaru vient de sortir In Focus, un album fort appréciable.
Je ne vais pas me la jouer, je ne m'étais encore jamais intéressé à un album du type et je n'ai aucune connaissance en ce qui concerne la culture japonaise. Pourtant, je vais quand même réussir à lier sa musique à celle du seul autre artiste japonais qui me vient à l'esprit : Katsuhiko Mueda ou World's End Girlfriend. Pas grand chose à voir à première vue, si ce n'est la capacité à créer des compositions fascinantes par un assemblage de motifs relativement simples. Ce sont tout deux des orfèvres capable de te faire les plus magnifiques des bijoux en utilisant uniquement des perles en plastique.

Là encore, cet aspect apparaît à la fois dans la chanson et la vidéo de Katachi : concrètement, on voit uniquement des bouts de papier découpés, mais c'est leur association qui émerveille.


vendredi 27 juillet 2012

If you fall asleep

Alors qu'à mes 48 reviews en retard, déjà tapées mais non mises en forme (i.e. encore plus chiantes à lire que l'article lambda de ce blog, et accessoirement je doute de l'intérêt de les publier maintenant) s'est ajouté le week-end dernier l'un des festivals les plus cools du monde (tu pourras trouver des photos ici et qui donnent une idée de la chose, et crois-moi, c'est pas parce que je tire la gueule sur la seule photo où l'on m'aperçoit, que j'ai pas kiffé la vibe).

En attendant je te refais le coup classique de l'article à clips, symptomatique d'une certaine flemme, et aussi du gros "il fait 3000°C dehors, au moins 2 fois plus dans le labo où je travaille, je dors pas la nuit et je me paie des Kopfschmerzen monstres" (se plaindre reste une solution sûre pour parer à toute remarque quand à la créativité de cet article).

Encore une fois, 3 clips au programme, parce que 2 c'est pas un "article à clips" et 4 c'est Youtube.

Pour commencer, le clip de 2012 (même si on est en juillet et qu'il est à la lutte avec Simple Song des Shins) : True Trush de Dan Deacon, le concept est simple : diffuser une saynète d'une dizaine de secondes à une équipe qui devra la reproduire en une heure et une prise, cette prise sera alors diffusée à l'équipe suivante et ainsi de suite. 
Outre les défauts de mémoire, les accidents de tournage et les tics des acteurs se voient systématiquement répétés et amplifiés, jusqu'à ce qu'une autre erreur corrige la première ou l'emmène encore ailleurs, tout ça pour se finir dans le chaos le plus total avec les derniers duos qui préfèrent batifoler dans la montagne de papiers issus des précédents tournages que s'occuper de la fidélité à la scène originale, qu'ils savent de toute façon totalement transformée. Au final la fidélité de la reproduction a peu d'importances, ce sont les idées et les papiers qui s’amassent qui conduisent à quelque-chose de nouveau et bien plus excitant.



L'important, dans les articles à clips, c'est les transitions, on va donc rester à Baltimore avec (ta-dah !) Animal Collective (cette transition a été inspirée par l'article de Punk Ryden sur True Trush, rendons à César ...). Alors comme tu le sais sûrement si tu suis un peu l'actualité ou encore si tu fais partie des tarés de Collected Animals. Le collectif a un album prévu pour début septembre et vient d'annoncer une série de "transmissions" les dimanche soir (ou nuit ici avec le décalage horaire) jusqu'au 19 aout, qui permettront peut-être d'entendre des extraits de ce Centipede Hz (ou alors des bruits désagréables, on peut s'attendre à tout). 
Pour patienter ils ont sorti il y a maintenant quelques mois un single compilant 2 titres familiers pour ceux qui ont écouté avec attention d'autres titres que Summertime Clothes ou Brother Sport lors des concerts du groupe l'an dernier.
Honeycomb est le morceau typique qui dit "on revient et on envoie du bouzin", pas tellement surprenant au niveau du son et de la structure de la chanson, mais une énergie live qui nous traverse : on ferme les yeux et on voit la lampe frontale de Geologist s'agiter.
Gotham est le morceau typique du travail d'Animal Collective sur les face B. Exercice qu'ils pratiquent assez sporadiquement puisque leur dernier single avec un inédit en B était Peacebone en 2007. De la même façon qu'avec Safer, on a une version plus dilatée de la face A, avec une piste qui se laisse plus le temps, à l'image de cette tension qui retombe doucement après le "refrain".
Pas (encore ?) de clip officiel, donc de l'amateur à la place : l'inspiration du clip de My Girls est un peu trop évidente, il est néanmoins sympathique et colle bien à la chanson et au thème de l'album (et puis c'était ça ou un gosse obèse qui joue avec un ballon de façon lubrique, alors estimes-toi heureux).



Et puis pour une transition foireuse de plus, une autre artiste qui n'a rien sorti non plus à part un projet visuel depuis 2009 : j'ai nommée Natasha Khan, j'ai déjà dit tout le bien que je pensais d'elle, mais il faut quand même avouer qu'avec pour seul nouveau titre depuis 2009 un duo avec Beck pour la BO de Twilight. Là elle permet aux fans hardcore de continuer à jouer au fameux "ton gosse va naître ? mets tes titres de Bat for Lashes en shuffle et donne lui le premier nom qui tombe". Rien de vraiment nouveau, mais une belle chanson accompagnée d'un beau clip avec une belle Natasha dedans, c'est l'essentiel non ?

dimanche 15 juillet 2012

Pas des chaussettes entre les deux oreilles

J'ai déjà eu l'occasion de te parler de Disiz, jamais encore avec un article entier, je comble donc ce manque avec celui d'aujourd'hui qui traitera de son dernier EP : Lucide, sorti fin mars, mais que j'avais loupé jusque là (en même temps c'est pas le genre de disque qui leake sur nodata, donc c'est plus dur à suivre).

Au programme, un retour aux sources avec à nouveau du rap. D'entrée, la reprise des vocalises de l'intro de J'pète les plombs nous cueille, comme une manière de montrer que si il est plus aujourd'hui un apatride musical, il fait tout de même partie de la "scène" rap française depuis une quinzaine d'année, et peu de rappeurs actifs à ses débuts peuvent se targuer de produire aujourd'hui une musique d'aussi bonne qualité.

Pourtant on était en droit de se dire que c'était pas gagné, comme il le dit dans Un frigo, un cœur et des couilles (et l'explicite dans cette interview), l'échec commercial du projet Peter Punk est une des raisons de ce retour au rap ; comme tout retour pour des raisons pécuniaires, des inquiétudes pouvaient pointer sur la qualité. 

Ici, que nenni.

En filigrane, on voit d'ailleurs facilement  que les motivations de son retour résident ailleurs : dans une France où Marine Le Pen fait 18% et où l'intolérance est devenu banale (voir les "messages d'amour qui feraient passer Hitler pour bisounours" lâchés sur des forum, yahoo au hasard, évoqués dans La Haine), il est effarant de voir qu'il n'y a plus à proprement parler ni de scène ne de public rap français : entre ceux concentrés sur un revival payant auprès d'un public qui ne s'intéresse pas/plus au message, les paroliers du "rap conscient" (appellation d'ailleurs rejetée Dans Un frigo ...) qui prêchent pour un petit cercle de convertis et ceux qui malgré la crise continuent à faire du bling-bling (Toussa Toussa cible assez clairement Booba). Pour résumer, l'enjeu de ce retour est exprimé dans Moïse avec le "je reprend ma place", d'ailleurs encore plus mis en valeur dans le clip, au cas où la version sans image ne nous aurait pas suffi. L'objectif est ici est d'éviter que l'avenir qu'il annonce à la France dans René, roman d'anticipation d'une France gouvernée par Marine Le Pen depuis 2017, ne devienne réalité.


Au programme donc 6 titres qui couvrent des thématiques assez larges et 2 featurings moins convaincants. Le tout avec une production et un flow toujours ultra-carrés, mais surtout une richesse musicale encore plus importante permise par la "pause" Peter Punk, que ce soit le final instrumental "fondu" de Moïse, le riff et les transitions couplet/refrains de Mon Amour ou la main de velours dans un gant de fer de J'ai la haine.
Du point de vue des textes, j'ai beau ne pas spécialement aimer m'étendre dessus mais il faut en souligner la finesse et la justesse, l'idéalisme à la naïveté assumée mais salvatrice, l'importance des questions soulevées, mais toujours cette ironie qu'on appréciera particulièrement sur Bête de bombe 5 ("Ma mère elle fait les meilleurs gâteaux du monde", ou comment s'imposer dans le rap game avant ses 10 ans).

Au fond, c'est cette ironie, qui nous permet de garder la tête froide malgré tout le poids que peut avoir le message. Nous aussi on reste Lucides.

vendredi 6 juillet 2012

I Know It's Over

Voilà, ça va faire un sérieux moment que je n'ai pas écrit, j'en suis à au moins 4 débuts d'articles de retour sur lesquels je dépasse rarement le paragraphe, alors on va emmerder les explications et les tentatives de rattrapage de ce qui s'est passé ces quelques derniers mois, ça viendra peut-être à un autre moment.

Comme il y a maintenant 3 ans, je suis revenu te parler des ExLovers, j'avais été très évasif à l'époque parce qu'il n'y avait pas grand chose à dire. Aujourd'hui non plus il n'y a pas grand chose à dire, mais on va quand même essayer de déchiffrer ensemble quel avenir attend les ExLovers ?

Alors l'article remonte à 2009, soit leurs premiers concerts en France avec Peter, Bjorn & John dans le cadre du Inrocks Indie Club, ils n'ont alors qu'un EP, pas trop mal dans son époque, mais déjà un peu en retard, puisqu'on l'aurait aussi bien imaginé quelques années plus tôt en pleine folie du "retour du rock". Autant dire une chose, à ce moment là, la scène ça semblait pas tellement leur truc, ils avaient l'air tellement peu à l'aise qu'on était embarrassé pour eux. 
Qu'est-ce que l'on pouvait attendre alors pour leur avenir ? Probablement un album assez passable en 2010 et un oubli progressif, comme pour environ 75% des groupes soutenus par les Inrocks (et par la plupart des magazines d'ailleurs).

quand même quand tu tourne un clip tu oses à peine regarder autre chose que tes pieds, c'est que ça va mal

Oui mais voilà, ils ont préféré disparaître de la circulation, ressortir un single efficace en 2011 et ce premier album, Moth, avec une fille à poil en guise de pochette en 2012.
Pour leurs clips, ils sont passés à des images d'archives chiantes :


Et sur scène il faut croire qu'ils se sont améliorés même si trouver une vidéo de concert pour se faire sa propre idée relève du jeu de piste, on peut quand même trouver une vidéo studio où les attitudes du groupe sont relativement proches de celles du concert que j'évoquais, ils ont changé de coiffures et ont plus de tatouages par contre.



Bon, on peut voir le truc venir assez facilement "Ok, leur album aurait pu sortir en 2005, ils ne sont pas spécialement doués sur scène et leur musique manque cruellement de profondeur, ils sont foutus", sauf que ça ne peut tout de même pas être seulement un hasard si, même en se disant que le concert ne nous avait pas convaincus, on a écouté l'EP You Forget So Easily en 2009, si en se disant que l'EP ne nous avait pas transcendé on a quand même prêté une oreille à Blowing Kisses en 2011 et si en se disant que dans le domaine de la pop à guitare ils ne sont même pas les meilleurs, on a quand même écouté cet album. ExLovers seraient un peu la Tortue (pas Christophe Willem, la Tortue de La Fontaine) et progresseraient plus lentement dans nos cœurs que d'autres, mais pourraient finir par arriver à leurs fins
À une époque où le public s'insurge devant l'artificialité de Lana Del Rey et consorts, ExLovers pourraient être le naturel qui revient au petit trot et qui pourrait s'imposer contre toute attente et logique.


Ou sinon peut-être que dans 2 mois on en entendra plus jamais parler.

dimanche 25 septembre 2011

Back to school



Cet article est un article de reprise, il aurait du paraitre il y a une semaine mais mes problèmes avec les fournisseurs internet m'en ont empêché. Ça devait être une sorte d'échauffement avant la reprise des concerts, qui commençait par un match amical jeudi dernier avant la première rencontre de la saison ce lundi, l'idée étant de réussir à être plus lisible que dans mon article sur la route du rock.

Pas vraiment de sujet, assez peu de contenu, mais au point de départ une actualité qui elle aussi commence à dater : la mort de DJ Medhi, honnêtement, j'en ai rien à carer des ses dernières production électro et je ne vais pas non plus écrire une nécrologie, je laisse ça à d'autres blogs, à MC Solaar et à Frédéric Mitterand.
Je vais juste parler de mon expérience avec le travail du monsieur, qui remonte à environ 10 ans et a refait surface avec le premier album du 113, qui fait partie de ma liste de disques que je regrette toujours d'avoir revendu pour des cacahuètes sur ebay.
Je me suis toujours plus ou moins demandé ce qui me plaisait dans le rap sans jamais réussir à trouver de réponse. Est-ce que c'était de l'esprit de contradiction ? est-ce que c'était parce qu'il s'agissait de la seule musique récente accessible à l'époque ou est-ce que c'était par véritable goût ?

Une chose est sure, une chanson comme Les Princes de la Ville sur l'album auto-intitulé me faisait fortement douter : tout le monde présentait le rap comme un style musical intéressant uniquement pour le texte, et je tenais une chanson dont la partie instrumentale m'accrochait bien plus, j'avais l'impression de n'avoir rien compris, mais aujourd'hui je me rend compte qu'à l'époque j'étais déjà dans le vrai.



Ce qui est fort c'est qu'au final l'actualité prolonge mes pensées du moment sur la musique : y en a ras-le-cul du garage, du lo-fi et des albums mal produits. RENDONS LE POUVOIR SUR LES DISQUES AUX PRODUCTEURS ! Il suffit d'écouter le dernier Dum Dum Girls à la suite du premier pour se rendre compte que le son "honnête" c'est de la daube, que l'honnêteté c'est d'enregistrer correctement son disque pour filer au public un quelque-chose qui lui fait des trucs, et pas un quelconque album abrupt.
À ce niveau là, je rejoins totalement le point de vue de Gonzales, qui est l'un des plus grands génies musicaux actuels, cumulant virtuosité instrumentale (je ne me suis toujours pas remis de son concert Solo Piano d'il y a 5 ans), érudition impressionnante et sens de la production hyper-pointu. Son dernier opus, The Unspeakable est un de mes disques de l'année : il y rappe comme un professeur, à des lieues des concours de vitesse pale kid rapping, mais là encore, le texte est secondaire, même si son ironie est hilarante; le disque se distingue particulièrement par ses instrumentaux ultra-pompeux mais pleinement assumés et surtout qui sonnent justes. Même si il n'aura pas l'exposition médiatique nécessaire pour faire des émules, The Unspeakable met une énorme claque au rap actuel, à l'image de ce "Party In My Mind", réponse déviante au mantra "I Got A Feeling" des Black Eyed Peas.

lundi 20 juin 2011

If only all men had the courage they too could be cowards


Il y a une pelletée de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent infiniment débiles, mais aucune n'est fondamentalement mauvaise.

Enfin, il y a ma technique préférée qui fait mouche à chaque fois bien qu'elle serve dans peu de situations. Il suffit de repérer les pochettes avec des gens en tenue d'escrime.

Puzzle Muteson réussit le coup double, non seulement en portant la tenue, mais aussi en appelant son album En Garde.
Sur cette pochette, il arbore un sabre : l'arme des cavaliers, son album commence donc avec la chanson 'I Was Once A Horse', qui nous fait découvrir à la fois sa guitare subtile et sa voix délicate. Tout au long de l'album on croit entendre le fils caché de Joanna Newsom et Neil Young : les chansons montent doucement tout en gardant une justesse rare. Sauf que du coup, c'est un disque pas du tout évident à écouter en 2011 : il demande une pleine attention, que l'on accorde de plus en plus rarement à de la musique.

Le titre éponyme en est la parfaite illustration : quelques notes de guitare et une voix qui s'imposent d'entrée comme les constantes de la chanson, quelques touches de piano, qui tout au long des 4 minutes que dure la chanson, s'organisent peu à peu pour soutenir la mélodie.
Puis des cordes s'élèvent, le morceau s'intensifie, des percussions, et puis des chœurs apparaissent pour faire atteindre son pic à la chanson, celui-ci est maintenu pendant seulement quelques secondes avant que la chanson redescende mais avec des cordes plus présentes. Et puis la chanson s'achève sur ce discret motif de guitare qui l'air de rien, a contribué à nous faire traverser toutes les émotions. Cela dit, en écoutant la chanson qu'à moitié, on est certain de ne rien saisir de ce pic émotionnel.

Là où l'artiste a bien choisi son nom, c'est qu'à l'écoute de cet album, on ressort puzzled : on est pas vraiment capables de dire si on a aimé ou pas, et ce sentiment perdure pendant encore quelques écoutes tant l'album est subtil et sensible.

Et en bonus, vu que c'est mon cinquième article (et dernier, si ça peu te rassurer) qui commence pareil, je vais terminer différemment avec un clip : celui de 'En Garde', simple et fascinant, et qui colle donc parfaitement à la chanson.

mardi 19 avril 2011

It's Just A Papercut



Après m'être cassé les dents pour pécho des disques au Record Store Day (ou plus exactement avoir laissé un bout de résine sur un chewing-gum en en revenant, mais ça faisait une bien moins bonne intro), sans même réussir à mettre la main sur Swallowing The Decibels des Yeasayer l'idée m'est venue de faire une sorte de top des 3 premiers mois de 2011, d'une part parce qu'il y a eu nombre de sorties énormes, d'autre part parce que comme d'hab j'ai pas pu parler de la moitié des disques dont j'aurais souhaité te toucher un mot.
Je le ferais sous la forme d'une compilation qui, mauvaise foi oblige se basera aussi bien sur la date de sortie physique du disque que sur celle du leak (et parfois même ni sur l'un ni sur l'autre), en fonction de ce qui m'arrange. De toute façon c'est surtout l'occasion de m'étendre sur certains albums sur lesquels je n'ai jamais écrit de chronique entière.

Je commence avec Erland & Carnival, des anglais dont le premier album fait pas mal penser aux Coral de Nightfreak & The Sons Of Becker, avec des claviers et des guitares qui sont tantôt sombres tantôt barrés, ce 'This Night' met assez bien en valeur la ressemblance.
Ensuite, 'Rolling In The Deep' d'Adele qui est tout simplement la chanson la plus efficace de ce début d'année, et puis, même si il n'est pas encore exclu que je te fasse l'éloge de Tomboy dans un article entier, je te met quand même 'Alsatian Darn', qui était déjà l'un des titres les plus magnifiques des 45 tours qui ont précédé l'album et qui est aussi l'un des (nombreux) grands moments de Tomboy.
Et comme j'aime bien les enchaînements improbables , je t'ai mis à la suite Fergus & Geronimo : des petits cousins des Black Lips, et Lykke Li qui non contente d'avoir sorti un très bon second album, s'était aussi attaquée au 'Will You Still Love Me Tomorrow' des Shirelles, déjà repris par les Zombies, Brian Ferry ou plus récemment Amy Winehouse, c'est dire si la barre était haute, pourtant sa version toute en fragilité ne manque pas de nous toucher elle aussi.



J'avais commencé une chronique de Gimme Some de Peter, Bjorn & John en disant qu'ils étaient un peu l'équivalent de Régis Chen (oui, dans Pokémon le mec où tu pouvais faire n'importe quoi, il était toujours devant toi) pour l'indie rock, en effet, avec des titres comme 'Dig A Little Deeper' ou '(Don't Let Them) Cool Off', ils font respectivement du Vampire Weekend ou du Blood Red Shoes mieux que les intéressés. Le groupe est tellement au sommet du point de vue technique et composition qu'on est incapables de leur reprocher leurs quelques emprunts (la basse de 'Eyes', c'est 'His Latest Flame' d'Elvis et le refrain de 'Down Like Me' c'est 'Into My Arms' de Nick Cave). Ce 'May Seem Macabre' quand à lui se base sur une guitare aux accents Math Rock portée par une section rythmique au top : un des nombreux indispensables de l'album donc.

Après je me suis dit que si je te mettais seulement 9 chansons, il fallait au moins que je t'en mette des longues, rassemblées, les 2 suivantes dépassent donc les 20 minutes : au programme, un groupe portugais dans une tentative réussie de 'Bohemian Rhapsody' Indie (je te promet que ça ne sera pas ce à quoi tu t'attends), et un poignant A 'Knock Upon The Door' interprété par l'excellent Cass McCombs; en tout cas 2 chansons qui même en flirtant avec les 10 minutes nous font nous dire "déjà ?!?" quand elles finissent.

Pour conclure, 'Can't Be Saved', la face B de Slow Slow, premier single des Sound Of Rum, groupe anglais qui joue un Spoken Word/Hip Hop avec des musiciens en chair et en os. Ce qui fait que la guitare contrebalance à merveille le flow de Kate Tempest, 'Slow Slow', dans un style totalement différent vaut aussi le détour, à vrai dire je me suis décidé entre les 2 titres à pile ou face, du coup je te met quand même le clip du perdant.



Et pour écouter tout ça c'est ici.


Irlhtd A Sélectionné Pour Vous (1er Trimestre 2011) by Heard on Mixcloud




Ou alors vu qu'il semblerait que je sois un des seuls à pouvoir l'écouter sur Mixcloud, tu peux essayer la version 8tracks ici.

dimanche 20 mars 2011

Here they comes palala lalalala


C'est toujours un peu pareil quand on te donne des tracts à l'entrée des concerts, tu les fourre machinalement dans ta poche et tu continues ta route vers ton objectif. À ce jeu là, en fouillant dans les poches de ma veste il n'y a pas si longtemps, on pouvait encore trouver des programmes de festivals datant de 2008.

Du coup, quand j'ai extrait de ma poche un bout de papier annonçant les Part-Time Drunks et Gaz Gaz, en concert gratuit au Rockstore hier soir, je me suis dit pourquoi pas, et puis vu que j'adore Part Time Punks des Television Personalities, le jeu de mot ne pouvait pas me laisser indifférent.


Je me suis donc rendu au Rockstore, en retard parce que juste avant de partir, j'ai appris que Blood Pressure (le dernier The Kills, je précise au cas où des gens pas assez hypes viendraient lire ce blog) venait de leaker, et donc le temps de trouver un lien, de le télécharger et de le mettre sur mon MP3, j'avais déjà perdu un bon quart d'heure.

En même temps ça valait le coût, tout sur cet album est bon. Il déplaira surement aux "puristes"-"non mais je suis d'accord, c'est bien qu'un groupe évolue mais là je suis désolé, c'est pas les Kills, oui j'ai dit la même chose pour les derniers Strokes et Arctic Monkeys, et alors ?", et c'est vrai qu'il est différent des précédents disques mais logique d'une certaine manière : Midnight Boom introduisait des morceaux sans guitare électrique, Blood Pressure voit avec 'The Last Goodbye' la première chanson des Kills sans guitare : une très belle composition avec piano et cordes qui tranche vraiment avec ce que l'on connait du groupe, mais il y a toujours la voix de VV et c'est le plus important.
Sur ce disque elle l'utilise d'ailleurs vraiment de manières différentes : très posée sur 'The Last Goodbye' donc, hargneuse sur 'Nail In My Coffin', presque enjôleuse sur l'excellent 'Baby Says', et même (autre nouveauté) absente sur 'Wild Charms', cette fois encore, un groupe qui se réinvente pour notre plus grand plaisir.


Cela dit cet article commençait comme une review de concert, je vais y revenir. J'arrive donc au Rockstore en retard après avoir dû traverser une partie du centre-ville de Montpellier dans le noir le plus complet (les lampadaires étant provisoirement décédés) et avoir dû stopper l'écoute de 'Baby Says' en plein milieu à cause du sound-system installé place de la Comédie qui diffusait une sorte de techno folklorique (je saurais pas dire quel folklore, mais vu la manière dont les gens dansaient, ça devait forcément être folklorique) qui m'empêchait de l'entendre.

Le set des Gaz Gaz est déjà entamé, le groupe est composé de membres des Sonic Chicken 4 (je parle d'eux parce que trouver quoi-que ce soit sur Gaz Gaz avec google et consorts tient de l'exploit) qui semblent faire monter la moyenne d'âge du sextet (en même temps ce que j'en dit ... je suis myope et j'ai toujours tout le mal du monde à donner un âge aux gens). Leur musique ressemble un peu à des chansons oubliées des Nuggets ou des Pebbles, mais retravaillées avec notamment beaucoup plus de polyphonies et rallongées. Très bon concert mais un bémol pour le son : on entend trop peu les voix et la basse a tendance à tout couvrir.

Les Part-Time Drunks n'ont musicalement pas grand chose à voir avec les Television Personalities, en fait, pour décrire leur musique il suffit de regarder leur top amis sur Myspace : Spacemen 3, The Warlocks et surtout le Brian Jonestown Massacre; on retrouve dans leur musique la capacité à créer des espaces sonores, impeccablement mis en écrins par l'éclairage : j'y fais rarement attention mais il s'associait tellement à merveille avec la musique qu'il était difficile de ne pas le remarquer.

Après on commence tout de même à rencontrer les problèmes classiques des concerts gratuits le samedi soir : le public n'est pas vraiment à la hauteur : d'un côté les déchets qui "dansent" de manière aussi erratique qu'inquiétante et de l'autre les "je connais un mec du groupe et tout le monde doit le savoir" qui se croient à la kermesse et font des "wouhous" ou frappent dans leurs mains tout le temps (et il faut avouer que quand un de ces types, non content de ne pas être en rythme avec la musique ne l'est pas non plus avec son voisin, c'est assez triste).
Mais le groupe parvient à surfer sur cette vague beauf en ponctuant ses intermèdes réaccordages de blagues assez moisies, en même temps inviter le public à poser des questions comme le fait Efrim Menuck dans ce genre de moments n'aurait pas été une riche idée.


En rentrant j'ai donc pu me faire la seconde partie de l'album dans des rues éclairées, et je termine en te mettant le live à au festival SXSW de 'Baby Says', parce que cette chanson est vraiment magnifique.

vendredi 18 mars 2011

What can you lose ?


Hier soir c'était mon premier concert depuis un moment : en pleine tournée française avec White Lies, les Crocodiles faisaient un saut par le Rockstore de Montpellier.


Les Leo The Last qui assurent la première partie, sont un peu des White Lies un peu cheaps et français, qui auraient pu être mis là pour que ceux qui ont écoutés les rumeurs annonçant ces derniers ne soient pas trop déçus (ils auront quand même le clavier en moins). Du rock assez basique avec une voix très bien maitrisée et un jeu de scène ad hoc, assez sympathique mais peut être un peu trop long, 2 ou 3 chansons en moins et ça aurait été parfait.


On ne peut pas en dire autant du set des Crocodiles, je ne sais pas si tu t'en souviens, mais le dernier concert au Rockstore dont j'ai parlé dans ces lignes c'était The Warlocks, et bien on est dans le même ordre d'idée : un concert vraiment très bon mais vraiment trop court.

À part ça très peu de choses à redire, si ce n'est un Farfisa un peu trop présent sur les premières chansons. Si la durée est similaire au concert des Warlocks (c'était peut-être même plus court), du point de vue scénique on est aux antipodes, avec un groupe assez statique et un chanteur hyperactif qui promène sa silhouette longiligne aux 4 coins de la scène.
Ils jouent un 'Heart Of Love' magnifique, terminent en tirant fictivement sur le (assez maigre) public avec 'I Wanna Kill', et partent après environ 30 minutes alors que Brandon Welchez retourne son arme contre lui.

Là, l'envie de dire "oh mais non, pas encore" est très forte, mais on a quand même droit à un rappel sur les premiers accords duquel on se dit "tiens, c'est plus Ramones que Suicide là", et les "What Can You Do ?" du refrain nous font reconnaitre 'Beat On The Brat', pour ceux qui espéraient un rappel long, c'est donc raté.

Il aurait peut-être fallu prévenir les Crocodiles que ce soir là ils n'étaient pas seulement une première partie et que le public, même si il était surement moins nombreux, était venu pour eux.


Et tiens, pour te faire une idée de 'Beat On The Brat' par les Crocodiles, et comme une vidéo ne fait jamais de mal :

dimanche 6 mars 2011

"LA and Fidji oh yes oh hn"


Honnêtement il y a des jours où je me demande vraiment si quand les groupes/labels décident de quelle chanson va filtrer les premières, ils ne choisissent pas exprès les moins convaincantes pour être surs de ne pas décevoir avec l'album entier. Parce que quand d'un côté les Strokes sortent un 'Under Cover Of Darkness' qui est médiocre tant il donne l'impression de dire "nous sommes en 2011 mais tentons de faire croire que rien n'a changé pour nous depuis 2001", mais qui dans la foulée nous balancent un 'You're So Right' et surtout un extrait de 30 secondes de chaque titre de leur album qui nous révèlent qu'Angles sera bel et bien leur Sandinista!; et et que de l'autre, on a les Noah & The Whale qui après le formidable The First Day Of Spring se contentent d'un 'Wild Thing', certes bon mais qui nous laissait quelque peu sur notre faim, alors que la moitié des chansons de Last Night On Earth nous auraient tous faits tomber; on est en droit de se poser des questions.


Avant toute chose il y a une condition nécessaire pour apprécier cet album : oublier d'entrée The First Day Of Spring, album tellement magnifique qu'il semblait difficile d'imaginer une suite tant il nous emportait, autant par la musique que par le film qui l'accompagnait.

Ici, Daisy Lowe ne fera donc pas d'apparition, il faudra que tu te contentes de la musique, mais je te rassure, ça vaut quand même le détour.
Ça vaut quand même le détour car Charlie Fink a cette capacité rare à transformer la mélancolie en perles pop, un peu à la manière d'Elliott Smith mais avec une chaleur bien particulière : tout comme les autres albums du groupe, Last Night On Earth n'a pas son pareil pour envoyer à l'auditeur de grandes vagues d'amour.

Sinon concernant le disque en lui-même, le son est dans l'ensemble plus lourd, avec moins de cordes, plus de clavier et d'électronique, mais il ne faut pas longtemps pour se convaincre du bien fondé de la chose : si tu es difficile, tu auras trouvé le départ avec les 3 tubes 'Life Is Life', 'Tonight Is The Kind Of Night' et 'L.I.F.E.G.O.E.S.O.N.' un peu trop évident (mais dans ce cas, excuses-moi de te le dire mais tu es quand même un peu casse-bonbons), mais tu seras conquis par 'Give It All Back', un des titres les plus réussis de l'album tant l'alchimie entre le texte la voix et l'instrumentation est parfaite : le groupe parvient, alors que c'est son troisième album, à exprimer à merveille toute la fougue dont peut faire preuve un jeune groupe.

La seconde face est un peu plus traditionnelle, avec d'une part un retour à des titres débordants de violons, de refrains accrocheurs et de ponts aériens : 'Just Before We Met' marie cordes et claviers d'une manière que l'on aurait pas attendue aussi convaincante tandis que 'Waiting For My Chance To Come' rentre dans la tête en moins d'une écoute; de l'autre, ces chansons douces-amères dont le groupe a le secret et qui nous arrachent une petite larme à chaque fois, notamment le très beau 'Old Joy' qui clôture l'album.

Au final, cet album, même si il n'a rien de comparable avec The First Day Of Spring (non pas qu'il soit moins bon, il est juste trop différent) s'avère néanmoins être un très bon disque.


Sinon je parle premiers extraits d'albums en dessous du reste, je ne sais pas si il en sera autant du prochain Arctic Monkeys, une chose est sûre, même si l'album se contente d'être à la hauteur de 'Brick By Brick', il devrait être fortement appréciable. On pourra ne pas aimer la voix de Matt Helders ou regretter la production Josh Homme, mais il sera difficile de nier que ce titre est hallucinant (et que le clip est de bien meilleur goût que 'Crying Lightning').

samedi 5 février 2011

No, I believe there’s a thing or two going right with the equation and the process


Bonjour, alors aujourd'hui je reviens à mes premiers amours : à savoir un repas à l'arrache qui fera encore monter mon taux de cholestérol déjà bien trop important et un article que je ne devrais pas avoir le temps d'écrire étant donné que j'ai partiels la semaine prochaine, mais qu'importe.

La raison profonde de cet article, c'est que je viens d'écouter les caquètements de Julian sur les 30 secondes injugeables de Under Cover Of Darkness premier extrait du prochain album, mais qui fera sans aucun doute couler beaucoup de caractères quand même. Enfin, plus honnêtement la raison profonde de cet article c'est que je viens de réécouter Yes Yes Yes d'Elsinore, que je me rend compte qu'à part un post-it en fin d'article je n'ai jamais parlé de ce groupe, ce qui est à peu près aussi honteux que l'indifférence qu'ils suscitent un peu partout et particulièrement en France. Si je te parle des Strokes, c'est juste pour te faire croire que je maitrise un peu l'actualité (mais ça tu le sais déjà, puisque j'ai chroniqué l'album depuis un moment, enfin).

Trêve de plaisanterie, le fait est que si jamais tu googlise "Elsinore", il vaut mieux que tu cherches des informations sur la Honda Elsinore ou sur le Lac Elsinore que du contenu constructif sur le groupe de Champaign, Illinois (au cas où les Bewitched Hands ne t'aient pas encore convaincu que la Champagne c'est chouette, les Elsinore s'en chargeront), tu me diras "bien fait pour eux, ça veux faire ses malins en mode "on a lu Shakespeare" mais au final seul les tarés peuvent se renseigner sur ton groupe", peut-être, mais en attendant leur album est un des meilleurs de 2010 tant il propose une pop de qualité mais qui en même temps ne ressemble pas à grand chose de déjà entendu.

Pour faire court, le fait que ce disque propose autant de tubes potentiels tout en parvenant à rester cohérent tient du miracle, il y a quelque chose de très agréablement surprenant dans le passage des cordes et des "I wanna be loved" de Lines aux notes de guitare saccadées et aux "You're not fooling anybody" de Chemicals, ou encore dans ce final un peu parfait où s'enchainent un The General à la ligne de clavier sur-entrainante, un Yes Yes Yes d'une simplicité assommante, mais qui séduit quand même et un Wooden House qui est un album closer largement à la hauteur du disque, ce qui en fait déjà une très bonne chanson.
En fait ce qui fait la force de ce disque, c'est que les chansons parviennent à durer et à ne pas être simple sans jamais devenir ennuyantes ou en faire trop, par exemple Gasoline, qui pourrait être une ballade ennuyante si en plein milieu elle ne nous emmenait pas complétement ailleurs en partant dans un instrumental qui apporte son lot de saturation bien loin d'être hors de propos; ou alors Chemicals, dont je parle beaucoup trop mais qui pourrait être une bonne chanson indie assez basique sans son intermède planant qui fait d'elle un titre passionnant qui justifie à lui seul l'écoute de ce disque.

En résumé cet album parvient à être sophistiqué tout en étant juste, en imaginant une bonne partie des passages de ce disque sortis de leur contexte, on peut penser à un disque plutôt lourdingue, mais ceux-ci sont tellement bien assemblés qu'on se surprend très vite à y succomber.

Tu pourras écouter l'album ici
Ou alors être convaincu par le talent de composition du groupe en écoutant leurs chansons en version acoustique bien plus minimaliste ici

Et si tu n'es toujours pas fan je te met aussi un peu d'images qui bougent (peut-être peu judicieux si on considère que le physique de ses membres est loin d'être le meilleur argument de vente du groupe) :







Et cette dernière vidéo est particulièrement importante à mes yeux, parce qu'il faut que tu comprennes que si je suis en train de te parler d'un groupe en faisant "oh, c'est trop injuste qu'ils soient autant ignorés", attitude qui m'énerve au plus haut point, et qu'il se trouve que ce groupe reprend Radiohead, qui m'énervent au plus haut point aussi, alors ça veut dire qu'il vaut réellement le détour.

mardi 11 janvier 2011

Teen Age Ziggy

Ça commence à faire un petit moment que je n'ai pas pondu un article qui ne soit pas une review, la réalité c'est que ces derniers temps, à part des disques des années 80 dont j'aurais eu plus moins honte à une époque, et la discographie de Syd Barrett, il n'y a pas grand chose qui me marque vraiment musicalement.

J'envisageais de faire une compilation de mes chansons de l'année comme en 2008, mais d'une part j'ai vraiment du mal à établir une liste pour l'instant, d'autre part, la moitié des chansons que j'ai pour le moment envie de mettre a une durée qui flirte avec les 10 minutes, donc si c'est pour faire une compilation d'une quinzaine de titres qui au final dure 2 heures, c'est pas la peine. En attendant, tu vas avoir droit à un article-clips, ma spécialité quand je n'ai pas trop d'idées.

L'inspiration de tout ça, c'est qu'en me baladant dans les magasins plus ou moins au hasard, je suis tombé sur le dernier bouquin de Philippe Manœuvre consacré aux 100 et quelques plus grands disques du rock français. Il faut savoir que je suis possesseur d'un exemplaire dédicacé de sa discothèque idéale, il l'avait présenté à la Fnac de Nantes, et vu que ce jour là j'avais fait ma JAPD et que tous mes potes étaient passés aux infos (nationales) dans le cadre du blocus de mon lycée, j'avais eu besoin de rattraper un peu ma journée, et ça m'avait semblé un bon moyen. Et au final, ce livre avait quand même eu une importance dans ma "construction musicale" et me faisant découvrir des disques vraiment bons et en étant un point de départ à l'élargissement de ma culture musicale.
Pour le dernier, je l'ai juste feuilleté et on a quand même parfois l'impression qu'il cherche à combler des trous, avec certains disques dont on peut vraiment se demander la raison de la présence, MAIS, car il y a un MAIS qui à lui tout seul donne un intérêt au livre (bon, y en a aussi quelques autres à côté) : on y trouve l'album Formidable de Oui Oui, excellent groupe de la fin des années 80 (au passage, ne vas pas penser que j'ai honteusement omis le nom du disque, c'est Formidable, c'est tout) et tout à fait différent d'à peu près tout ce qui s'est jamais fait en France : ici, les textes sont en français mais le sens importe peu, en fait non, le sens n'importe pas du tout, mais peu importe puisque la musique est là. Toujours est-il qu'à cette époque les gens ont préféré écouter Noir Désir, du coup, devine qui a ressorti ce groupe de derrière les fagots avec l'arrivée de l'internet, je te le donne en milles : des anglo-saxons. Sans développer de complexe d'infériorité, il faut avouer que du point de vue musical, on est tellement à la masse qu'on est incapables de déceler la qualité (le soin constant apporté à la variété renouvelée, tout ça tout ça) chez nous.
Je vais arrêter là le pamphlet et passer au clip des Cailloux, extrait de Chacun tout le monde, leur premier album. Ce clip a été réalisé par leur batteur mais ne te dis pas trop vite "bordel, ils nous les brisent ces groupes alternatifs des années 80 qui refusent même un réalisateur digne de ce nom pour leur clip parce que c'est pas DIY", parce que ce batteur s'appelait Michel Gondry.



Pour la suite, je vais continuer à parler de mes premières années en rock et en roll. J'ai déjà du dire que les Libertines avaient été un peu fondamentaux dans ma fameuse "construction musicale", sauf que le jour où j'avais acheté leur deuxième album, j'avais aussi acheté le premier album des Déportivo, à l'époque, du rock français qui a pas mal à voir avec celui que je critique facilement aujourd'hui, sauf que contrairement à la majorité des représentants de ce style, ils ont réussi à évoluer, déjà leur deuxième album produit par Gordon Raphael (à qui on doit notamment les 2 premiers Strokes, pas totalement un branleur donc) offrait un son bien plus clair et travaillé. Bon, en réécoutant ces 2 disques dernièrement, je me disais quand même que si ils en faisaient un prochain, ça serait sans moi, mais c'était sans compter sur une évolution continuelle du groupe : avec Ivres & Débutants, on a droit à une guitare utilisée plus intelligemment et à des incursions de clavier de très bon ton. Les Dép' continuent donc d'évoluer avec leur public, et ça, c'est admirable.



Enfin, pour ce dernier clip, je dois te l'avouer : j'ai honte, très honte. Oui, honte de ma tricherie, car en réalité, Les Enfants du Paradis de World's End Girlfriend n'a de français que son titre, en même temps un instrumental peut difficilement avoir des paroles dans quelque langue que ce soit.
Cependant, Katsuhiko Maeda, membre unique du groupe, étant japonais, il ne fait pas vraiment partie de la scène française.
Enfin, cette chanson est méchamment géniale, ce qui excuse ma tricherie. Seven Idiots, l'album dont elle est extraite, est de ces disques qui ne ressemblent à rien de déjà entendu, c'est mon gros coup de cœur de la fin d'année 2010, ça va faire 3 mois que j'ai commencé à écrire un article sur ce disque, mais je ne l'ai jamais fini, il te faudra donc te contenter du clip.

vendredi 24 septembre 2010

Sunday's Pretty Icons

Aujourd'hui, le programme c'est mes tribulations dominicales, alors que j'avais la crève et pas encore de travail, soit au final pas grand chose à faire, d'où, glandage sur Youtube, après avoir revu une demi-douzaine de reprises de chansons indie par des groupes vocaux américains, je retombe sur la géniale reprise de Leaf House par Momo & The Coop, qui va m'amener sur d'autres vidéos de gosses fous d'Animal Collective et tous plus ou moins détraqués, je tenais quand même à ce que tu voies celle-ci



C'est totalement inutile mais c'est la magie d'internet, les autres sont pas mal non plus mais un cran en dessous, là je m'inquiète vraiment pour l'avenir de la demoiselle, déjà condamnée à scruter l'internet jour et nuit en attendant le leak du prochain album d'Animal Collective ou d'un de ses membres. Enfin, tout ça c'était pour m'amener à une autre demoiselle un poil plus âgée, elle est canadienne, s'appelle Charlotte Oleena et fait des reprises à tomber, souvent Animal Collective donc, mais elle s'y prend tellement bien que même sa reprise de Cindy Lauper devient énorme, et ce malgré la qualité du son plus que médiocre. De toute façon, les mots ont leurs limites, il vaut donc mieux que je poste sa reprise de Winter Wonderland, puisque, demoiselle de bon goût, elle reprend en plus une de mes chansons favorites du collectif des animaux, je compte d'ailleurs la demander en mariage dès que possible.



Outre ses reprises, on lui doit aussi 2 minis albums sous le nom de Sea Oleena, où l'on retrouve sa fort jolie voix dans de magnifiques compositions éthérées. Les 2 albums sont en écoute gratuite et téléchargement à prix libre ici.

Pour ne pas m'étendre sur les bons goûts de la jeune fille, je dirais que dans sa sélection de vidéos, on peut aussi retrouver des clips de Portugal. The Man, dont je t'avais déjà parlé, je vais donc conclure avec The Dead Dog, leur dernier clip, qui est un peu une nouvelle version du clip de Stress par les irritants Jus "on ne comprend vraiment pas que ce clip ait choqué les gens" tice et Romain "dans mes clips, j'y mets de la violence gratuite et des minorités visibles, et tout le monde tombe dans le panneau à chaque fois" Gavras, sauf que là le clip est drôle et la musique réélement enthousiasmante, et ça me semble un bon mot de la fin.



Merci et à bientôt.

jeudi 12 août 2010

Monstrueux Bazar


Bonjour, comme avec mon rythme estival, je mets à peu près un mois pour écrire un article (et ça encore c'est quand je me met des claques pour me motiver, sinon c'est pire), aujourd'hui, je vais terminer celui qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois, à savoir un top des albums de la moitié d'année.
Entre nous, on sait tous très bien ce que veux dire ce genre d'article, sous couvert d'objectivité, on se contente de balancer en vrac des disques dont on n'a pas parlé lors de leurs sorties, soit parce qu'à ce moment là on ne les a pas écoutés, soit parce qu'on a mis un certain temps à les apprécier.

Je vais donc m'étendre sur Life Is Sweet ! Nice To Meet You, second album de Lightspeed Champion, que je m'étais contenté d'évoquer en coup de vent dans mon "article" sur Caribou (dont je te conseille d'écouter quand même le précédent album Andorra, même si tu n'as pas trop apprécié Swim).
Il faut avouer qu'après avoir écouté le premier essai du bonhomme, ce qu'on retenait surtout c'était : "Mais bordel, c'est un ancien Test Icicles qui a fait ce disque là !", et pas tellement les chansons, non pas qu'elles fussent mauvaises, juste qu'au final il n'y avait pas vraiment de refrains viraux qui restaient en tête pendant des jours et des jours. Son second disque connaît le problème inverse, impossible de l'écouter sérieusement sans prendre le risque que les refrains te reviennent en tête dans des moments inopportuns que ce soit les "Hurt to be the one ..." de Romart quand on veut se plaindre un peu, les "Kill me, babe won't you kill me" en rentrant de soirée dans les rues vides, I Don't Want To Wake Up Alone (qui n'a absolument rien du titre vaguement machiste que l'on pourrait poindre) quand tu croises des regards insistants de loin seulement avec une jolie fille, ou encore "It's the faculty of FEAR" dans n'importe quelle situation incongrue.

Sinon il y a aussi l'album des Patriotic Sunday dont j'avais parlé dans mon article sur Why ? que j'ai écouté depuis et qui vaut le coup d'oreille.
Et puis Everybody Was In The French Resistance ... Now !, duo composé de Eddie Argos, chanteur de Art Brut et de Dian Valdes, clavier des Blood Arms, dont je n'avais pas plus parlé parce que j'aurais fait un remake de mon article sur Codeine Velvet Club, bien que Art Brut soient bien meilleurs que les Fratellis (les Blood Arms on va dire qu'on s'en fout), on retrouve tout ce qu'on aime chez Art Brut : la non-voix d'Eddie Argos qui scande plus qu'il ne chante, l'ironie mordante et l'absence totale de prise au sérieux. Le clip est en bas.

Enfin, j'ai aussi reçu mon DVD d'Oddsac, album visuel de Animal Collective et Danny Perez (auteur notamment du clip de Who Could Win A Rabbit ? que tu as pu voir ici). Et autant dire qu'il dissipe toutes les inquiétudes que j'avais après Fall Be Kind, en même temps c'est un projet qui date d'avant Merriweather Post Pavilion, mais même, c'est à nouveau un Animal Collective inattendu même si le film ne l'est pas toujours. Pour décrire, c'est un peu un film de monstre, mais dans lequel le spectateur est du côté du monstre, il y a beaucoup d'images floues où l'on ne fait que deviner les choses, et pas mal d'images nettes où l'on ne fait aussi que deviner. Le pari de faire un film qui montrerait les images que l'on voit quand on écoute un album d'Animal Collective les yeux fermés est plutôt réussi, c'est un album à voir au moins une fois.



Rien à voir, mais j'envisage de changer des trucs sur ce blog dans les mois à venir, ça va faire 2 ans que je l'ai lancé, à l'époque j'avais pas vraiment d'idée de ce que j'allais écrire, j'avais juste une review du concert de CSS écrite au crayon sur un morceau de papier et quelques vagues idées d'un article sur Eugene McGuinness (idées tellement vagues que je n'ai jamais réussi à tourner l'article comme je voulais, donc il est resté dans les brouillons). J'avais donc choisi un nom qui reflétait plutôt bien la manière dont j'imaginais les débuts de ce blog et je ne m'étais pas non plus préoccupé de son apparence mais il faut avouer qu'il est quand même très moche. Donc si vous connaissez des adresses d'éditeurs blogspot pas trop compliqué, voir éventuellement des gens qui sont bons en dessin/infographie et qui sauraient trouver des idées pour une bannière, mailez moi (haerdalis18-at-gmail.com).

Et à part ça l'année prochaine je quitte Nantes (et Rennes aussi du coup) pour partir à Montpellier, donc si vous connaissez les bons endroits pour trouver des concerts dans la ville où aux alentours, ou encore si vous connaissez des fanzines locaux qui chercheraient des gens, faites tourner, j'ai envie d'écrire un peu plus sur du vrai papier.

vendredi 9 juillet 2010

Somehow I stay thin, while the other guys go fat


Puisqu'il y a des groupes dont on ne peut toucher un mot que quand ils ont droit à des rééditions, aujourd'hui, je vais te parler de Big Audio Dynamite, groupe formé par Mick Jones à son éviction des Clash et dont le premier disque This Is Big Audio Dynamite est ressorti il y a quelques semaines.

Je sais pas si je te l'ai déjà dit mais mon disque préféré des Clash est Sandinista!, pour sa liberté et son absence totale de limite : faire chanter le batteur pour la seule fois sur un disque des Clash, ouvrir l'album avec un enchaînement entre un titre qui dit coucou au hip hop et un autre qui fait bonjour à la Motown, balancer plusieurs titres qui tendent sérieusement vers le rockabilly, puis 4 ou 5 dubs, faire chanter à des enfants une de leurs chansons sur le chômage, amener un chien dans le studio pour enregistrer le final d'un titre ... Sur ce disque, absolument tout est possible, tout.
Après la suite est connue, le groupe a mis au moins 10 ans avant de toucher un seul centime grâce aux ventes de l'album (en même temps, quand tu sors un triple vinyle au prix d'un simple, faut pas t'attendre à gagner beaucoup), la presse l'a descendu en flèche, seule une moitié s'est rétractée depuis. Enfin, le groupe a continué son bonhomme de chemin en sortant un disque avec de bons gros tubes de derrière les fagots.

Si je te parle de Sandinista!, c'est parce que chez BAD, on retrouve complétement cette liberté, à la différence près que Mick Jones étant tout seul, on a d'un côté plus de trouvailles à partir de samples, de plus grandes similitudes avec le hip hop; et de l'autre on n'a plus de traces ni de rockabilly dans les chansons, ni de Joe Strummer ou de Paul Simonon dans les clips du groupe, enfin si, admettons, mais sachant qu'ils jouent des flics empêcheurs de tourner en rond, au final c'est une façon de plus d'affirmer sa liberté tout en envoyant indirectement à son ancien groupe le message : "vous êtes quand même pas drôles" (par la suite, la formule retard/pétards à l'origine de son renvoi a d'ailleurs fait des miracles en matière de production, débouchant sur de très grands disques comme Down In Albion de Babyshambles).

En ce qui concerne l'album en lui même, on peut déjà repérer que grâce à cette réédition, l'album est passé dans les rayons variété internationale de chez Leclerc, ce qui réserve d'agréables moments : quand tu fouilles dans les bacs à vinyle, avec du BAD en bande son et que tu entends des pré-pubères se balader dans le rayon en se demandant où elles peuvent trouver les disques de Lady Gaga, le choc quoi.
À part ça il est composé de titres imprévisibles, avec des sons qui sortent de nulle part, comme les extraits de Western sur Medicine Show (dont tu retrouveras le clip en dessous), après plusieurs écoutes, c'est vraiment cette impression de liberté qui reste en mémoire, ainsi qui le tube E=MC² qui a le bon goût de parler de relativité (et qui est au passage beaucoup plus exact du point de vue de la physique que le Speed X Distance = Time des Blonde Redhead).

Sur ce je te laisse avec le fameux clip, j'aurais plein de choses à dire qui n'ont rien à voir avec le groupe, mais elles attendront un prochain article.

mardi 1 juin 2010

You're Not Foolin' Anybody


Bonjour, le programme du jour est de poursuivre l'hommage à Nikolai Fraiture avec un article sur Scout Niblett, qui est tout de même un peu son sosie en version féminine, et qui en plus se permet d'être beaucoup plus active que les Strokes, puisqu'après avoir elle aussi sorti son premier album en 2001, elle nous en a offert pas moins de 4 autres (agrémentés de 3 EP). Je vais te parler du dernier d'entre eux : The Calculation Of Scout Niblett.

Ce disque, c'est typiquement l'album qui déborde d'énergie même sur les chansons calmes, surement parce qu'autant sur les titres énervés que sur ceux plus calme, on joue pas mal avec tous les clichés du grunge : voix éraillée, guitare saturée comme il faut, Steve Albini à la production ... Sauf que la musique va plus chercher dans le blues que le grunge, et accessoirement, le fait qu'on ait une voix féminine plutôt que les braillements d'un ventre à bière à cheveux gras en chemise de bucheron, apporte aussi pas mal.
La demoiselle a beaucoup été comparée à PJ Harvey, ça se comprend facilement, un peu à Cat Power, pourquoi pas, enfin, moi ce qui me marque c'est Kings, une chanson qui autant sur la voix que sur les guitares fait penser à du Jefferson Airplane une fois le trip acide terminé, c'est d'ailleurs un de mes titres favoris du disque, le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est qu'il est suivi par Lucy Lucifer, une chanson vraiment insupportable, même pour quelqu'un comme moi qui d'habitude apprécie les chansons de moins de 2 minutes.

Mis à part cette chanson, on a un disque fort sympathique, donc tu peux même l'écouter autrement qu'en pensant à feu Fraiture (très mauvais, je suis désolé).


Et autrement, je dois aussi te parler d'Elsinore, parce qu'un EP qui s'appelle The Chemicals, ça ne s'invente pas, que le clip de la chanson éponyme est très cool, bien qu'ils manipulent les produits chimiques n'importe comment et que je suis un peu sceptique quand à l'existence du ballon rodé en pyrex au début du XXème siècle, même si il devait quand même y en avoir quelques-uns, sinon je vois pas trop comment Victor Grignard aurait pu synthétiser des Organo-magnésiens en 1912 ... enfin bref, regarde ce clip et chope le EP.

lundi 3 mai 2010

Sometimes I Can't Find My Good Habit.


L'objectif du jour est de pousser l'art de la transition foireuse à son paroxysme, l'excuse pour y parvenir, ce sera 3 clips.

Je vais commencer par Surprise Hotel, de Fool's Gold, parce que je les ai découvert en concert il y a 2 semaines, ça fait un moment que j'avais entendu parler de leur disque en fait, mais jusque là je croyais que c'était une compilation de faces B des Stone Roses sortie pour le 20ème anniversaire du premier album du groupe avec un peu de retard...
Toujours est-il que quand j'ai appris qu'ils passaient en concert à Nantes et que celui-ci était gratuit pour les détenteurs de la carte Olympic (inutile ici de préciser que je suis détenteur de la carte Olympic), j'y suis allé, en ayant uniquement vu le clip qui suit. Comme tu peux le voir sur la photo d'au-dessus, c'était quand même vachement bien, au passage je te lance un défi "Où est Charlie", si tu arrives à me trouver sans aide sur la photo, tu gagnes un cadeau-surprise. Sinon, en résumé Fool's Gold, je recommande, autant en concert que sur album, et le clip est très bien aussi, ils ont donc tout pour plaire (ouais, sauf qu'ils vendent pas de vinyles à la sortie de leurs concerts, mais personne n'est parfait).





Ensuite je vais enchaîner avec Dans le Ventre du Crocodile de Peter Punk/Disiz. J'ai déjà évoqué ma période rap, et bien il se trouve qu'au début des années 2000, un des albums que j'écoutai le plus était justement Le Poisson Rouge, premier album du bonhomme qui s'appelait encore Disiz la Peste à l'époque, et toujours un très bon disque au demeurant, aujourd'hui je n'écoute presque plus vraiment de rap mais toujours un peu des fois quand même, ce qui tombe plutôt bien puisque lui ne fait plus vraiment de rap mais toujours un peu des fois quand même.
Son changement de style semble en surprendre certains mais c'est parce qu'ils n'avaient surement pas beaucoup écouté le premier album, plein d'auto-dérision et avec déjà, une mention d'Oasis, référence pas forcément évidente à assumer dans le milieu du rap français, sur ce titre, Disiz se contente d'évoquer Cobain et Hendrix. Derrière, l'album est mitigé, on y trouve du bon et du moins bon, mais ça vaut le coût de tenter.
Et le rapport avec Fool's Gold dans tout ça ? Hé bien il faut bien se concentrer, et aux alentours des 2 minutes, vous le verrez.





Pour terminer, j'ai pris un clip un peu plus vieux, puisque toute la dernière partie du clip montre des images d'un concert au Gibus, j'ai décidé de vous mettre une vidéo des Naast ...
Non, en fait je vais rester sur les gens déguisés en animaux qui courent, avec Who Could Win A Rabbit d'Animal Collective. C'est vrai que c'est aussi parce que ça va bien faire 3 ou 4 articles que je n'ai pas parlé d'eux, mais le clip reste très bon, et il me permet de toucher un mot de Oddsac, l'album visuel en collaboration avec Danny Perez, qui est aussi le monsieur qui a fait ce clip. À vrai dire je peux juste parler rapidement de la partie audio, c'est certes peu, mais ça écarte les inquiétudes que j'avais avec Fall Be Kind, ici rien à voir avec Merriweather Post Pavilion, si il fallait rapprocher ce qu'on entend à ce que le groupe a fait par le passé, ça serait éventuellement à des faces B un peu obscures comme Baby Day, et puis de toute façon avec la partie visuelle ça devrait être intéressant, maintenant faudrait juste qu'ils se décident à faire des projections par chez nous, au pire un DVD sort en Juillet mais quand même, quelques dates en France ça serait pas superflu.





J'aurais pu chercher encore d'autres transitions, mais après, ça risque de paraître vraiment tiré par les cheveux. Je tiens juste à dire aux Animal Collective si ils passent par là (ouais, je suis quelqu'un de réaliste) que la salle qu'ils peuvent voir en photo en haut de l'article est un ancien cinéma, et qu'en plus elle va fermer dans moins d'un an, donc une projection d'Oddsac là-bas, ça enverrait du bois.

samedi 6 mars 2010

Bang bang le tournevis


Bonjour, après une période d'activité assez inhabituelle, je t'ai encore laissé pendant un mois sans article, enfin, j'ose espérer que tu n'as pas besoin de moi au point de déprimer quand je n'écris pas, et que tu sais aussi aller lire ailleurs. Comme excuse à mon mutisme, je dirais que depuis fin janvier je n'avais pas grand chose d'autre à faire qu'écrire des articles, donc je n'ai eu aucune idée.
Maintenant que je devrais être à faire autre chose, je vais te parler du 2ème album de Milkymee, une française exilée en Suède, qui chante en anglais et fait des tournées au Japon, autrement dit, quelqu'un dont on entendra jamais parler chez nous, puisque des exceptions comme le succès miraculeux de Phoenix l'année dernière, ça ne devrais pas ré-arriver de sitôt, et c'est tout de même dommage.

J'avais découvert le premier disque de la demoiselle en l'écoutant par hasard dans un grand magasin de disques, à l'époque où, quand je voyais de nouveaux disques, je me disais "tiens, machin a sorti un nouveau disque !" et pas "ah, le nouvel album de machin ne sort que maintenant, ça fait bien 3 mois qu'il a leaké pourtant !"
Pour ce disque, je l'ai quand même jouée à l'ancienne, puisqu'on ne le trouve pas aisément sur les blogs qui approvisionnent (ou plutôt approvisionnaient, parce que c'est la crise en ce moment, et les bons blogs musicaux disparaissent les uns après les autres) en nouveauté.

Pour se consoler de ces disparitions on a donc ce disque très réussi, là ou le premier était un peu inégal et trainait quelque longueurs, celui-ci est beaucoup plus immédiat, tout en réussissant à faire dans la diversité en mêlant ballades, comptines et titres plus musclés, et ce tout en restant cohérent, en grande partie grâce à la voix de Émilie Hanak, légèrement éraillée, et qui permet de passer d'une comptine comme Douda à un titre explosif comme Screwdriver, d'ailleurs Émilie au passage, tu dédies ton disque "To All The Ladies In The Place, With Style & Grace" aux femmes qui ont été importantes dans ta vie, mais en attendant, avec un titre dont le refrain dit "I'm A Screwdriver, Bang Bang Bang", tu donnes du grain à moudre à tout ceux qui sont du genre à dire que la place de la femme est à la cuisine, et que les outils de bricolage, elle a mieux fait de les laisser entre les mains plus compétentes de son mari. Cela dit on te pardonnera, en disant qu'au fond, un tournevis ça n'a pas vraiment de bruit caractéristique. Mis à part cette erreur pas dramatique, le disque est bon de bout en bout et vaut vraiment qu'on s'y intéresse, ça ne sera pas l'album de l'année, mais c'est tout de même très sympathique.

PS : Tant que je parle de 2ème album, sur ces dernières années il m'arrive un phénomène assez intéressant, chaque année il y a un groupe, dont je n'ai pas aimé le premier album, alors que tout le monde en disait du bien, qui sort un 2ème album avec lequel je me mets à comprendre que des gens aient pu s'intéresser au groupe, en 2008 c'était CSS, l'année dernière les Horrors, alors qu'avec leur premier album c'était vraiment pas gagné, pour cette année j'avais parié sur Foals (et je me disais que si jamais c'était pas Foals ça seraient les Crystal Castles, mais ça me semblait beaucoup plus difficile quand même), et bien avec Spanish Sahara le pari est bien parti pour être gagné (en même temps ce genre de pari mental, gagné ou perdu, on s'en fiche un peu, mais c'est toujours bon pour la fierté).