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lundi 23 janvier 2012

I Fought In A War



Avant un vrai retour aux affaires que j'ai déjà plus ou moins rédigé, un article plus "rapide".

Bon en fait ces derniers temps j'ai connu à la suite des problèmes avec internet et des problèmes avec mon ordinateur (j'ai notamment perdu le plus gros de mes dizaines de Go de musique soigneusement rassemblés ces dernières années) qui m'ont maintenu éloigné de tout ce qui a trait au bloguesque. Et puis je dois avouer que même avant ces problèmes il n'y avait pas grand chose qui me bottait suffisamment pour me donner envie d'écrire dessus.

Ça m'a amené pas mal à réfléchir sur le bombardement de nouveautés qu'on s'inflige, et il se trouve qu'avec les événements actuels tout le monde tend à avoir les mêmes problèmes que moi vu qu'un certain nombres d'hébergeurs de direct download sont menacés.
Au fond est-ce qu'en voulant coller autant à la nouveauté on ne passe pas à côté de tout ?
Je me suis mis à sérieusement suivre tout ce qui est leak depuis environ 2009, je ne saurais dire combien de disques j'ai écoutés sur cette période (et je ne peux pas essayer de les compter, vu l'état de mon disque dur). Mais si sur tous ces disques, il y en avait un sur quatre que j'ai retenu, ça serait déjà beaucoup. Et les trois autres qui ne me reviennent pas, est-ce qu'ils sont moins bons ? Pas forcément, pour preuve en récupérant ce que je pouvais des fichiers de mon disque dur, un bon nombre de chansons sont sorties juste avec un numéro ne permettant aucune identification, et sur celles-ci il y en a plusieurs que j'ai vraiment aimé sans être capable de me souvenir de les avoir déjà écouté, alors que c'est forcément le cas, puisque je ne dézippe pas les disques avant de les écouter.
En gros j'écoute un maximum de disques pour être sur de ne pas louper le meilleur, sauf qu'au final je ne profite pas vraiment de ce que j'écoute, et en plus, j'arrive quand même à passer à côté de disques qui me plaisent. Et encore de ce point de vue là je m'estime plutôt chanceux puisque je me tiens relativement éloigné des blogs et que du coup je n'écoute pas le dixième de ce qu'ils proposent.



Je ne dis pas que je suis pour les fermetures des sites de direct download. Je suis de toute façon très attaché à la manière de faire les choses (déjà quand j'étais lycéen j'avais manifesté contre le CPE sans avoir lu le texte, juste parce que l'utilisation de l'article 49.3 me dérangeait sur le principe). Mais on pourrait aussi y voir la chance de faire plus attention aux choses; et j'ai appliqué mon discours à la musique mais je pense que ça peut aussi s'appliquer aux séries. J'ai beau ne pas en regarder, je me rappelle qu'à une époque, on regardait juste Pokémon et le cliffhanger de l'épisode à Cramois'île (celui ou Pikachu était accroché au bord d'un rocher, près à tomber dans la lave), ça suffisait à nous tenir en haleine pendant un moment, alors qu'aujourd'hui on ressent le besoin de suivre 15 séries en même temps pour avoir sa dose, et la manière dont on les regarde fait qu'on pourrait lire le script seulement pour savoir ce qu'il se passe, que ça serait suffisant.

En gros, j'ai beau être totalement contre les suppressions arbitraires des sites d'hébergement, je ne peux m'empêcher d'y voir un mal pour un bien tant la facilité d'accès aux contenus nous conduisait à notre abrutissement, il existera toujours des sites pour télécharger, on aura juste plus de mal à trouver ce qu'on veut, ce qui fait qu'on ne cherchera plus que ce qu'on veut vraiment.



Et j'en arrive là où je voulais (de toute façon ma mauvaise foi m'amène toujours à parler de ce que je veux avec des liens capillotractés) puisqu'avec cette offre de téléchargement restreinte que je me suis à moitié imposé (à un moment j'envisageais de ne pas écouter un seul nouveau disque cette année justement pour re-prêter attention à tous ces disques loupés quelque part dans mon disque dur, et puis je me suis souvenu qu'Animal Collective avaient un disque de prévu en 2012), je me retrouve à devoir écouter plus attentivement les nouveaux disques, surtout que je ne peux pas actuellement les écouter avec mon propre ordinateur. Les claques sont d'autant plus grandes.

Je viens d'écouter le dernier Xiu Xiu et le disque est vraiment impressionnant : au niveau de la production, c'est digne du dernier Coldplay : des sons accrocheurs, une densité enveloppante, des détails mais pas de superflu. Comme on dit par chez moi, c'est fat. Mais le talent de Jamie Stewart, c'est de réussir à court-circuiter violemment là chose, comme il le fait sur sa reprise de Rihanna que j'avais déjà évoquée.
Avec Hi, on entend un tube radiophonique saupoudré de suffisamment de paranoïa pour n'avoir aucune chance de passer un joue en radio, même si il est composé de la manière la plus putassière possible. La paranoïa c'est ce qui vient à l'esprit sur à peu près tout l'album, comme d'habitude avec Xiu Xiu : on se sent dérangés alors qu'en écoutant bien l'album, on se dit qu'il n'y a aucune raison rationnelle à ça. Et vu qu'on cherche généralement à critiquer la musique sur ce qu'on arrive à rationaliser, on est à peu près certain de se casser les dents avec un disque de Xiu Xiu, et ça Jamie Stewart semble l'avoir compris donc fait tout pour nous désarçonner encore plus. Enchainer une chanson une chanson toute douce en duo féminin-masculin parlant d'allaitement avec un titre abrupt au possible intitulé I Luv Abortion, si ce n'est pas dire à l'auditeur qu'il ne va pas s'en sortir si facilement que ça ...

Écouter Xiu Xiu en 2012, c'est se poser contre l'absurdité de la facilité qui a fini par nous sembler normale.

vendredi 19 août 2011

YOU WANNA GO HOME !

les festivals c'est la merde, t'as l'air con et t'écris de mauvais articles, preuves à suivre

Le gros problème quand tu écris une revue de concert, c'est que dès que tu te mets à parler de ce qu'il y a à côté, tu tombes très rapidement dans le racontage de vie.

L'énorme problème quand tu écris une revue de festival, c'est qu'il est impossible d'y donner du sens sans parler de ce qui s'y passe à côté.

Du coup je n'avais encore jamais réussi à écrire sur des festivals ici, même si ça s'explique par le fait que mon seul festival depuis l'ouverture de ce blog, c'était Sziget, là où tu ne vas pas pour la musique sous peine de t'emmerder (et c'est l'expérience qui parle), donc je n'avais pas pu dire les vagues d'amour intense que j'avais ressenties pendant que Calexico avait repris Alone Again Or. La déception quand j'avais vu que Maxïmo Park c'était devenu nul à chier, même en concert. Le côté terriblement amusant à faire le cas social en emmerdant les gens autour pendant Offspring ou Placebo. Ou encore à quel point j'avais été impressionné par la classe de Nicky Wire.

L'objectif de cet article est donc de mettre fin au blocage festivalier, je risque d'y raconter ma vie plus que nécessaire, passe donc ton chemin si ça ne t'intéresse pas, cela dit, si tu lis encore ce blog, c'est que ça ne dois pas t'emmerder complétement, ou bien que les bouts de musique entre les morceaux de vie pathétiques trouvent grâce à tes yeux.


Dans un premier temps, je dois expliquer à quel point la route jusqu'à Saint-Malo a été longue. Je ne pouvais pas faire le vendredi soir à cause du travail, c'est une chose, sauf que ne pas encore avoir reçu ma place le dit-vendredi soir, c'en est une autre que je n'avais pas réellement prévue. Fort heureusement, en écoutant suffisamment peu le gardien de mon ex-résidence, je suis parvenu à le récupérer à La Poste. Et là, arrive le sens même de l'article. Tu t'imagines bien qu'alors que je venais juste de récupérer ma place alors que j’étais au désespoir, tout autour de moi me paraissait beau. Il te semblera donc logique, que j'étais alors prêt à aimer n'importe quelle chanson que la radio passerait en montant dans ma voiture. Les probabilités faisant, le risque de devenir fan de Stromae était extrêmement élevé, et tout scientifique que je suis, l'émotion m'avait totalement empêché de le prendre en compte. Du coup, c'est sans aucun frisson, que j'ai mis le contact ...



... et là je suis devenu fan de Pulp.



Parce que si tu suis un peu, le titre de l'article c'est Do You Remember The First Time ? Donc tu t'attendais à ça depuis 3 paragraphes environ, enfin bon, je n'ai jamais dit non plus que j'étais quelqu'un de surprenant hein.


Bon, les choses s'enchaînent, je ne dors quasiment pas de la nuit du vendredi au samedi parce qu'il fallait que je range suffisamment mon appart pour être sur que mon ex-gardien soit mon ex-gardien (et accessoirement pour déménager dans 2 fois plus grand et mieux placé, sans payer plus cher), je loupe mon train parce que j'ai un sac moisi qui s'avère une galère pas possible à déplacer, surtout alourdi par une dizaine de litres de vin acquis à des tarifs compétitifs.




Et là j'arrive à Saint-Malo (tu remarqueras l'art de l'ellipse, qui t'évite 8h de voyage que je vais te raconter quand même entre parenthèse, elles incluent un gosse sadique, qui veut ta mort et te le montre en jetant régulièrement des gâteaux ou son doudou sur toi, s'arrange pour te mettre des claques sur les genoux dès qu'il en a l'occasion, et surtout, te montre à quel point il est vicieux, quand il te fixe droit dans les yeux tout en désignant son biberon (je n'expliquerai pas comment c'est possible, ce gosse était taré, c'est tout), avant de le lever d'un coup sec pour l'envoyer droit dans l’œil de son père, avec un regard entendu "un jour, tu subiras le même sort", glaçant; elles incluent aussi un voyage en wagon-bar pour cause de train complet, aux côtés d'un serveur mateur et dragueur, assez fatiguant à la longue, et encore, je suis même pas une fille; elles incluent enfin 50 minutes de TER jusqu'à Saint-Malo, seul moment où je tente un peu de dormir, assez vainement, parce que le TER ça s'arrête tout le temps, et qu'en plus je ne peux pas m'empêcher de me demander comment ça se fait que l'article de Magic sur Wu Lyf que lit la fille devant moi puisse faire autant de pages), je sors de la gare, et là, bonheur intense, un léger crachin me frappe le visage.

À ce moment là de l'article, je me dois de préciser qu'après avoir passé 20 ans de ma vie à Nantes, j'ai acquis un certain goût pour la pluie : ça adoucît les températures : si il faisait trop froid, il fait plus chaud, si il faisait trop chaud, il fait plus froid; ma principale inquiétude en partant à Montpellier était d'ailleurs "Vais-je résister au manque de pluie ?" avant même "Mais y a des concerts à Montpellier à part les 2 ou 3 supers chers que j'ai vus sur internet ?" (seconde inquiétude soulevée assez vite d'ailleurs). Donc quand je parle de bonheur, c'est véritable : à mon dernier retour à Nantes, il n'avait pas plu, ma dernière expérience avec une pluie légère remontait au moins à Mars, d'un seul coup, je me suis donc senti chez moi.

Ouais, sauf que pendant ce temps là, mon incapacité à trouver les navettes de festival a encore frappé, j'ai fini par monter dans un bus juste avant qu'il parte, n'ai même pas pu mettre mon sac dans la soute et ait donc fait mon cas-social en empêchant tous les gens de passer avec un sac énorme.

Et là on est dimanche un peu avant 21h45 (tu remarqueras là encore l'ellipse parenthésée, qui inclut un retrouvage de gens parmi lesquels je ne connais qu'un quart des personnes, auxquels je ne comprend rien aux conversations quand je ne discute pas avec le dit-quart, avec qui on parle musique, sauf que là ce sont les trois autres quarts qui ne nous comprennent pas; une fouille au corps ratée par un vigile qui me laisse rentrer avec un cubi sous le T-shirt qu'il a pourtant tâté; un concert de Still Corners raté parce qu'attendre des gens c'est une chose, attendre des gens qui sont déjà à l'intérieur ça en est une autre; un bonheur intense encore sur Low, parce qu'un concert sous une pluie encore agréable, avec un verre de vin dans la main et pas mal derrière la cravate; un moment de "mince, j'aurais mieux fait de ne pas oublier mon ciré à Montpellier" pendant Cults; un moment de "je peux plus tenir, j'ai dormi une heure dans la nuit et je suis détrempé, je suis dégouté mais je vais dormir" avant Blonde Redhead; un moment de "pourquôôôaaa ?" alors que je rentre, loupant juste Blonde Redhead, les Kills et Battles; un questionnement intense quand tu es dans ta tente, avec un pantalon plus qu'humide, sans rechange, avec une énorme envie de pisser et que tu sais qu'à un moment tu vas devoir sortir, et que pour ça il va falloir enfiler la serpillère; la meilleure conversation entendue du festival "putain y a trop de hipsters" "chuis pas un hipster" "attends, t'as un legging vert" *pas de souvenirs mais ça se termine par* "en attendant chuis pas un beauf" "et nous on est pas pédés" qui te fait rire tout seul dans ta tente; une confiance énorme accordée au karma, quand tu laisses les autres aller acheter bottes et cirés à Saint-Malo mais préfère attendre que ton pantalon sèche, t’apprêtant à nouveau à n'affronter la pluie avec rien d'autre qu'un pull; un bref épisode de "la vie d'une stagiaire accréditation à la Route du Rock"; un autre de "back to la navette"; un moment où tu te rends compte que connaître qu'une seule plage à Saint-Malo (mais avoir des trucs sympas à raconter dessus) ne va pas t'aider à trouver celle où joue François & The Atlas Mountain, heureusement vite suivi d'un autre où tu te rends compte que quand même, tu sais lire un plan et c'est pas dur à trouver; François & The Atlas Mountain qui chante "je suis de l'eau" alors que tu as les pieds dans l'eau (ce qui ne leur enlève pas la couleur noir qu'ils ont prise de manière inexpliquée, probablement la décoloration des chaussures); le quart connu qui passe le reste de l'après-midi à chanter "je suis de l'eau je suis de l'eau" pendant que tu réponds avec Heart of Love de Crocodiles, ou encore White Winter Hymnal de Fleet Foxes, seule chanson dont tu connais un bout de parole (à savoir "I was following the I was following the I was ...") et que tu chanteras en boucle tout l'après-midi; un retour au camping qui inclue un loupage de Here We Go Magic, parce que 19h15 c'est un horaire triste pour commencer les concerts : tu veux manger avant, tant qu'à faire ça t'épargne la bouffe de festival au faible rapport qualité-prix qui pèse sérieusement sur le ventre, mais du coup, le repapéro s'attarde et tu arrives c'est commencé, et tu te dis que les Okkervil River ils ont des têtes qui vont pas avec leur musique), en attendant Cat's Eyes, sans trop savoir si Faris sera là puisque l'épisode de "la vie d'une stagiaire accréditation à la Route du Rock" nous a appris qu'il aurait tout juste 4 heures pour faire Paris - Saint-Malo, que retentit dans la sono de la scène ? Je te le donne en mille, c'est encore Do You Remember The First Time ? qui marque un peu le début du festival pour moi, puisque juste après débarquent Cat's Eyes au complet, même si absence de balances oblige, on n'entend d'abord ni Faris Badwan ni Rachel Zeffira.


si tu vois où je veux en venir avec ce montage moisi, alors ton sens de l'humour est aussi mauvais que le mien

Le concert est assez intéressant parce qu'il inverse la tendance de l'album du point de vue des voix, on entend surtout Faris, beaucoup moins Rachel, après, à savoir si c'est pour des raisons d'endurance ou de présence scénique, difficile de le dire, mais il est clair que vu le charisme de Faris, le concert tournerait à la farce si on l'entendait juste chanter derrière de temps en temps alors que sur scène on ne voit que lui.
Autre point intéressant, ce n'est définitivement pas le même qu'avec les Horrors (bon, les choses ont peut être bien changées aussi avec les Horrors) : il est totalement apaisé, pas de gestes de violence envers le public (le premier rang de l'Olympic doit encore se souvenir de son coup de savate) et comble : IL REMERCIE LE PUBLIC ! Peut être enfin la satisfaction d'avoir un public qui l'attend pour ses chansons, plutôt que pour l'ex-image gotho-punko-blague des Horrors.
En tout cas, ce concert soulève un regret de plus à louper Rock en Seine : pas possible de voir comment il arrive à passer d'un visage à l'autre tout en restant cohérent.

Après un aller-retour des toilettes à la scène, qui permettra de converser avec un fan des Horrors sur le sens de la musique, et sur ce que l'on retiendra de ce que l'on vit aujourd'hui (j'étais un peu ivre, j'ai vite amené la discussion sur Animal Collective), je me replace pour Fleet Foxes, prêt à chanter mon unique ligne de textes à chaque chanson. Le concert est une réussite, on retrouve les harmonies magnifiques des albums, mais le groupe a su adapter le son au festival, pour éviter de voir son concert dévoré dans nos souvenirs par la puissance de Cat's Eyes ou Crocodiles qui viennent ensuite. Et c'est réussi, la nuit tout juste tombée, on passe l'un des meilleurs moments du festival, même si l'on est pas autant sur un nuage qu'on pourrait l'être en voyant le groupe dans une salle avec un son plus fin.

Puis arrivent les Crocodiles, chose amusante : leur horaire programmé est plus long que la durée de leur concert en tête d'affiche à Montpellier. En passant après Fleet Foxes, le groupe a le défaut d'avoir une musique plus pauvre instrumentalement, ceux qui caricaturent le shoe-gaze diraient "impossible de différencier les chansons en concert", sans tomber dans cet extrême, ils jouent la carte du gros son à fond, pour résumer les choses simplement "ça envoie". Et puis ils ne se limitent pas à Sleep Forever, ce qui est plutôt bien, malgré ma connaissance limitée de Summer of Hate, il m'a semblé distinguer plusieurs nouveautés (même si comme qui dirait tout se ressemble).

Là, vient le moment totalement étrange du festival : Dan Deacon, j'avais vu quelques vidéos du type, mais je ne m'attendais pas du tout à ce que ça donne ça. Alors que pendant tout le festival, à l'image de la querelle du dimanche matin rapportée dans ma 2ème parenthèse elliptique, on avait une certaine opposition entre les "festivaliers lambda" qui sont là pour boire et sauter partout, peu importe la musique, et les "hipsters" qui comptent bien rester exigeants et élégants en toute situation (je caricature à peine), c'est comme si d'un seul coup tout était oublié pour justement s'oublier sur ce concert, devant la minuscule scène de la tour, on tient la plus grosse ambiance depuis le début : c'est un bordel monstre.
Et puis du coup Dan Deacon s'improvise gourou, nous lançant dans un rituel consistant à fermer les yeux et poser les mains sur les têtes de ses voisins et libérer totalement ses pensées : unique.



Et puis vient Mondkopf, j'ai écouté de loin, y a eu un moment drôle où il a fait le truc du "je coupe le son" cher à Philippe Katerine, mais à part ça, l'électro pure et dure ça reste pas mon truc.

Finalement je n'aurais fait véritablement qu'un seul jour à la Route du Rock cette année, mais le plus important, c'est que j'ai réussi à vaincre la malédiction qui m’empêche d'assister au festival depuis 2007 à chaque fois pour des raisons variées, et que dans le même temps, j'ai aussi vaincu le piège de l'article de festival en me jetant droit dedans et en pondant un de mes articles peut-être les plus illisibles à ce jour.

Et puis aussi je suis devenu fan de Pulp grâce aux circonstances du festival (même si les gens sympas qui m'ont ramené à Nantes alors que j'essuyais des refus depuis une heure n'écoutaient pas Pulp, ça aurait été un peu trop en même temps, j'ai du me contenter de Foals et des Walkmen, ce qui est déjà bien, et a évité que je me soulage sur leurs sièges de joie), et je dois avouer que ça m'arrange plutôt bien, parce que non seulement j'ai déjà tous les albums, au moins sur mon ordinateur (ce qui est bien pour les écouter, vu que je n'ai pas trop internet en ce moment, déménagement oblige), que je les ai déjà pas mal écoutés, ce qui fait que les fans pédants ne pourront pas se foutre de ma gueule parce que je connais pas tout, et comme j'ai déjà vu le groupe en concert, je ne regretterais jamais de les avoir loupés parce que je les connaissais pas. Et en plus j'ai déjà This Is Hardcore en vinyle, ça m'évite d'avoir à chercher mon album préféré chez les disquaires : je l'ai déjà.
Ça peut sembler évident comme ça, mais si j'étais devenu fan de Muse ou Tryo par accident les choses auraient été bien plus compliquées.

Moralité, je vais conclure cet article en reparlant de Sziget, puisque pour le mot de la fin, je mettrais celui, hautement philosophique que Lily Allen nous avait fait partager ce soir là :

" When you love it's better to know each other *rire alcoolisé* "

Merci Lily !



dimanche 31 juillet 2011

L'été ne passera pas.



Il y a des tonnes de bonnes raisons d'...

Non, je vais arrêter un peu avec cette série d'article qui aurait du n'être qu'un seul article, mais comme je fais rarement ce que je prévois ici, j'en ai fait cinq, ça permettait de continuer à publier en période de [foirage de] partiels (non parce qu'écouter des chansons qui parlent de l'Amylase ne permet pas d'avoir des notes à deux chiffres en biochimie, contrairement à ce que l'on eut pu penser), et donc de ne pas faire de coupure dans la parution.

OK, dur.

Enfin, je reviens avec une inspiration tout ce qu'il y a de plus estivale pour publier une compilation comme pour le premier trimestre, mais pour le deuxième, oui parce que du coup, j'avais voulu mettre du The Gift et du Cass McCombs sur ce blog sans avoir le courage d'écrire un article entier (non mais de toute façon je vais pas écrire un article entier sur un groupe portugais, faut arrêter avec les pays à la con, déjà qu'on en fait beaucoup trop avec la Nouvelle-Zélande ces derniers temps), ce qui fait que maintenant, ma bonne foi légendaire et ma volonté de maintenir une cohérence ici m’empêchent de publier un article qui ne contienne pas une compilation secundo-trimestrielle.

Je pourrais te faire un truc idéal pour aller à la plage avec, ça serait sympa, sauf qu'en fait l'été c'est quand même daubesque comme saison, une fois qu'on s'est habitué aux lunettes de soleil, on se rend compte qu'en fait on est vachement limité au niveau vêtements (même si c'est l'occasion de sortir ses T-shirts de groupes); et puis surtout il y a cette abomination que sont les festivals de l'été, où on tente de se convaincre qu'on y va pour la musique, mais au final on occupe la moitié de notre journée à endormir toutes considérations musicales avec de l'alcool (ou autre), pour au final terminer devant des concerts qu'on trouvera bons, jusqu'à ce que l'on revoit le même groupe net et qu'on se rende compte qu'on avait vraiment trop bu la dernière fois.
Sauf que le pire, c'est que si on ne fait pas de festivals, on ne peut pas s'empêcher de se sentir coupable (pour preuve, je risque de terminer à La Route du Rock alors que je suis en stage environ 1000km plus au sud).

Dans ces titres, tu l'auras compris, tu ne trouveras ni le dernier CSS pour t'agiter, ni des groupes qui n'ont pas vraiment de sens une fois l'été fini comme Fool's Gold ou I'm From Barcelona, tu ne trouveras pas non plus de Connan Mockasin pour te détendre, et puis de toute façon ma préférence pour 'Egon Hosford' aurait rendu les choses difficiles.

Bon, y aura quand même du Beirut parce que le dernier album est vachement bon. J'aurais aussi envie de te mettre 'Let Go' d'Animal Collective, ou bien du Kakkmaddafakka mais ça ferait abus de joie de vivre.

Donc une compilation qui aura pour thème "L’Été ne passera pas !", et je t'épargnerais Wu Lyf parce que ça a beau être assez anti-estival, j'accroche pas du tout à la voix, et puis je ne peux m'empêcher de me questionner sur l’honnêteté d'un tel groupe (le "on veut pas être hype, mais on fait tout pour" me dépasse), tu n'auras pas le droit non plus au dernier Horrors qui refroidi bien comme il faut, et permet de constater que Faris Badwan n'hésite pas à violenter son public autant avec sa musique que physiquement sur un concert, mais bon, il a leaké un poil trop tard donc ça sera non.


Ces images de leur concert au Merriweather Post Pavilion font que la tentation est grande de les intégrer, mais tu ne trouveras pas Animal Collective dans cette compilation.

Bien, maintenant que j'ai perdu tout ceux qui étaient un temps soit peu motivé en commençant l'article, autant que j'attaque la raison principale de son écriture.


Ça commence avec 'A Title' de Brian Eno, soit le mec à propos de qui tout le monde se contente d'écrire "personne n'ose dire qu'il trouve ça mauvais" sans jamais nous dire si ça l'est ou pas, comme si on était en enocratie et que l'on ne pouvait pas dire ce qu'on pense sur les enorques (ceux qui sont approuvés par le messie, pas simplement des gens qui sont passés par l’École Nationale de l'Onanisme) qui nous gouvernent. Bon, il faut l'avouer que quand le type qui est déjà un poids lourd, se permet d'avoir aussi les textes d'une beauté hallucinante (et ce même avec une compréhension orale de l'anglais assez bancale) de Rick Holland, ça donne un contenu imbitable aux premières écoutes et difficile aux suivantes. À l'image de cet article, la compilation élimine donc d'entrée les moins courageux (ou les plus intelligents, question de points de vue).

Sinon Brian Eno il est gentil, mais va mettre une chanson après une des siennes sur une compilation ... Du coup j'ai du intercaler 'Peace On The Rise' de Chad VanGaalen (parce qu'un mec qui réussit aussi bien le mélange entre folk et bruitisme, ça ne court définitivement pas assez les rues pour que je le snobe, et puis il a fait un clip beau mais bizarre pour cette chanson, comme à son habitude, c'est donc une bonne raison de plus) avant 'Speaking In Tongues' (pour montrer que David Byrne, après avoir pas mal bossé avec Brian Eno sait toujours bien s'entourer, comme avec Arcade Fire cette fois-ci, et aussi parce que j'écoute beaucoup 1977 des Talking Heads en ce moment).




Après ça j'envoie deux très grosses chansons des trois derniers mois : 'Swallowing The Decibels' de Yeasayer parce qu'on peut dire ce qu'on veut comme quoi c'était mieux sur le premier album, tout ça tout ça, le titre reste énorme, et ce "We're going nowhere but we won't stop trying swallowing the decibels" c'est tellement le sens de la vie ... Love Inks sur Skeleton Key arrivent à produire une chanson tellement hypnotique avec aussi peu de moyens qu'ils méritent définitivement que l'on s'intéresse à eux. Après ça une grosse redescente en intensité mais pas en qualité avec les Favourite Sons et leur Great Deal Of Love : une formule simple vue et revue : du folk traditionnel avec des textes qui font mouche, mais ils le font bien, donc pas de problèmes.

Je te parlais de néo-zélandais un peu plus tôt, en évoquant Connan Mockasin dont je n'ai jamais parlé sur ce blog, ce qui tombe plutôt bien puisque je met uniquement des artistes dont je n'ai jamais parlé dans ma compilation, c'est pour ça que je t'ai mis Flying Machine par Battle Circus, soit en une fois une chanson presque aussi longue que celles de Cass McCombs et The Gift rassemblées : une chanson très réussie car sa pop peu linéaire et bancale fait son charme, à l'image des "machines volantes" que l'on peut voir dans le clip.




Ensuite un type dont je t'ai déjà parlé et dont j'apprécie beaucoup le travail : Devonte Hynes. Gros problème, sa dernière actualité vaguement lié à la musique était une apparition aux côté de Macaulay Culkin dans Wrong Ferrari, le très dispensable film d'Adam Green qui ferait mieux de reconnaitre que ses talents pour la photographie et le cinéma sont inexistants. Blood Orange c'est un peu décevant au début quand on s'attend à du Lightspeed Champion, mais passé cette première impression on succombe aux chansons qui vont chercher beaucoup plus loin : ça va régulièrement taquiner le math rock et on entend toujours au minimum trois trucs en même temps, ce qui fait qu'on met souvent en pause en se disant "putain, j'ai encore une vidéo qui s'est lancée sur une fenêtre ... attend voir, je suis même pas connecté à internet".




Comme annoncé au début, je n'ai donc pas pu m’empêcher de mettre 'East Harlem' de Beirut, parce que c'est un réel plaisir de voir le groupe revenir à son meilleur niveau, après un précédent album un peu décevant car pas vraiment nouveau, avec ce single on a du très bon Beirut, enfin, ça vaudra jamais 'Nantes' à mes yeux mais mon point de vue sur la question est assez biaisé en fait.

Et puis pour terminer j'ai mis 'We Are Young' d'Ennui (parce que tu sais, des fois on écoute un groupe seulement à cause de son nom) : une voix légère sur un instrumental bien dense, là encore une formule pas vraiment neuve mais qui marche à merveille.

Et pour écouter tout ça c'est sur 8tracks (parce qu'avec Mixcloud ça marchait moyennement : concaténer des chansons au bloc-note étant une idée moyenne).


Et je ne pouvais pas conclure sans te mettre ma chanson du moment : la reprise de 'Only Girl (In The World)' de Rihanna par Xiu Xiu, parce que la voix paranoïaque de Jamie Stewart sur un tel texte, c'est juste du bonheur en barre.

mardi 15 mars 2011

Angles morts ou Angles d'attaque ?


cette image est en même temps la meilleure explication à la pochette d'Angles et le pire photomontage au monde


Aujourd'hui lecteur, je vais t'expliquer pourquoi ce nouveau Strokes est l'album le plus réussi de l'année, pourquoi il va très certainement le rester, mais aussi pourquoi il était condamné à l'être.


Je vais commencer par te donner brièvement mon avis sur le disque, honnêtement, à l'image de ma précédente chronique, je m'attendais à ce que la mauvaise digestion des albums solos conduise à un album bordélique et d'assez mauvais goût.
En fait les Strokes ont bel et bien sorti leur Sandinista! comme à moitié annoncé ici, sauf qu'eux se sont accordés la pause que les Clash ne se sont jamais permis (ce qui conduisit à la fin du groupe) et sortent par conséquent un album un peu plus convenu et beaucoup plus compact.
Mais vu que j'adore ça quand un groupe s'égare un peu, je suis forcé d'avouer que ce disque est bien au dessus de mes espérances.

Les choses avaient pourtant mal commencées avec 'Under Cover Of Darkness', sur lequel les Strokes semblaient refuser le fait que Is This It?, ça remonte à 10 ans maintenant.
Et surtout, il y avait la voix de Julian.
On entend beaucoup parler du décalage entre musique et voix sur le disque dû aux compositions et enregistrements séparés des 2 parties. En réalité, il y a bien un décalage, mais celui-ci tient plutôt au fait que, si l'évolution du jeu des différents membres est plus difficilement décelable, celle de la voix de Julian saute aux oreilles : Julian n'est a priori plus capable de crier et pousser sa voix autant qu'avant, ce qui est tout à fait compréhensible si on réécoute des chansons comme Last Nite ou Juicebox, même avec un bon échauffement à chaque fois, on ne garde pas sa voix intacte quand on chante de telles chansons en tournée pendant plusieurs années, et si on rajoute à ça une consommation d'alcool pas toujours raisonnable semble-t-il, on finirait presque par penser que la voix de Julian aujourd'hui tient tout de même du miracle.


J'en viens donc à l'album en lui-même et à ma réponse à la question.

Comme je l'ai dit, ce disque est le Sandinista! du groupe, ce qui signifie qu'aujourd'hui, une moitié des auditeurs va l'apprécier tandis que l'autre le vomira, qu'il en sera de même pour la critique et que dans 30 ans, on continuera à voir des divisions sur cet album.

Et c'est là que réside toute la force d'Angles : il crée le débat et ouvre la porte à d'autres groupes, dans le sens où une évolution de la part de groupes qui en sont au 3ème ou 4ème album sera mieux admise maintenant.
Et au final, ce qui a toujours fait la force des albums des Strokes, c'est bien plus leurs impacts que leurs qualité musicale, pour preuve, First Impressions Of Earth, seul album faisant exception à cette règle est aujourd'hui le plus critiqué. Is This It? est certes un bon disque, mais aurait-il réellement eu sa place dans le haut des classements des meilleurs albums des années 2000 si il n'était pas arrivé au bon moment en traçant la route à bon nombre de groupes ? Personnellement j'en ai toujours très fortement douté.

Angles crée des réactions extrêmes, mais cela tient plus à sa très forte demande. Aucun groupe de rock autre que les Strokes ne peut aujourd'hui susciter une telle attente : tous les autres sont soit trop vieux pour susciter l'excitation, soit trop anonymes (il y a bien les Libertines qui pourraient rivaliser du point de vue attente, mais un nouveau disque ne semble pas sur les tables).
Cet album était le plus attendu de 2011, et l'encre qu'il avait fait couler avant l'année commencée, dépasse déjà celle que feront couler la majorité des disques de cette année. Il était donc condamné à décevoir.

On tient un disque qui soulève des tonnes de questions, et c'était véritablement ça qu'il fallait attendre d'un album des Strokes 5 ans après First Impressions Of Earth. Une bonne partie du disque consiste en des enchaînements qui sonnent comme des "Et là ? tu m'aimes encore ?" avec 'Taken For A Fool', titre auquel on pouvait le plus s'attendre mais qui suit 'You're So Right', qui n'aurait pas tranché sur un album des These New Puritans; ou encore le pompeux à l'excès 'Metabolism' qui s'enchaîne avec le très posé 'Life Is Simple In The Moonlight', qui exprime peut-être l'envie d'un monde plus simple où les gens comprendraient que si ils veulent entendre la même chose que sur les anciens albums, ils n'ont qu'à continuer à les écouter plutôt que critiquer les nouveaux.


Cet album est une réussite, avant tout parce que, qu'on l'apprécie ou pas, il marque, mais au final, est-ce que la musique du groupe a vraiment de l'importance dans ce processus ?

lundi 21 février 2011

So if you have 15 minutes to spare.


L'article du jour devait être à la base une chronique assez courte de He Gets Me High, dernier EP des Dum Dum Girls, mais en fait, son écriture a complétement dérapé, ce qui fait qu'au final j'ai juste écrit un article trop long de plus et je m'en excuse.
Au pire si tu veux juste lire une chronique du EP, arrête toi à la fin du premier paragraphe (t'auras que 3 chansons sur 4 par contre).

Honnêtement, les Dum Dum Girls, la première fois que je les ai entendues, j'ai fait "bon OK, ça passe, mais Hey Sis ça fait quand même très resucée des Raveonettes". Je n'avais pas non plus été spécialement marqué par l'album.
Par contre ce dernier EP a vraiment le truc en plus. La production (Raveonettes inside là encore, puisque c'est Sune Rose Wagner qui produit) rend vraiment cet EP intéressant, on a plus vraiment l'impression d'entendre le même groupe que sur I Will Be, particulièrement au niveau de la voix.
En fait tous les morceaux sonnent comme des classiques, mais des classiques qui auraient été suffisamment remis au goût du jour par le groupe, puis suffisamment dopés au niveau instrumentation et voix dans un second temps, le tout nous emmène au final beaucoup plus loin qu'un "Bhang Bhang, I'm A Burnout", assez quelconque en comparaison. Les "I wonder if it's right" de Wrong Feels Right résonnent parfaitement avec les "He gets me high" sur la chanson suivante. Et puis on imagine tout à fait Take Care Of My Baby comme une reprise d'un standard soul un peu oublié mais néanmoins magnifique.

Et puis il y a la vraie reprise avec There Is A Light That Would Never Goes Out, si un jour je rencontre un gosse qui me fait "Hé, dis, c'est quoi une bonne reprise ?" (ce qui est assez peu probable si on considère que le dernier gosse avec qui j'aurais pu engager une conversation était plus intéressé par son sabre laser en plastique que par la conférence de Philippe Manœuvre qui se déroulait pendant ce temps). Je lui répondrais que tu vois petit, une bonne reprise, c'est d'abord une bonne chanson, d'accord, si tu demandes à d'autres gens, ils te diront qu'il y a de bonnes reprises de mauvaises chansons, mais dans ce cas c'est soit que les chansons reprises n'étaient pas réellement mauvaises à l'origine, soit c'est juste une reprise intéressante mais pas une bonne reprise.
Avant de m'auto-interrompre pour parer d'avance aux détracteurs, je te disais donc qu'il fallait avant tout une bonne chanson pour faire une bonne reprise, mais ne vas pas t'imaginer pour autant que si tu débarques avec tes amis et que vous chantez une bonne chanson vous allez forcément faire une bonne reprise "..." quoi ? tu me dis que t'as été chercher 2-3 potes, que vous avez mis des Tshirts bleus et verts, et que pour pas vous emmerder à chercher une bonne chanson vous avez juste pris la meilleure chanson de 2010 selon Pitchfork "..." OK, je me tais, j'écoute et on en reparle.


... bon ça me fait mal de te l'avouer mais sur ce coup là tu marques un point petit, enfin, j'étais donc en train de te faire un exposé passionnant sur "..." non c'est pas parce que t'as marqué un point que tu as le droit de me couper la parole pour faire des remarques, je te faisais donc un exposé si ce n'est passionnant, néanmoins intéressant sur "C'est quoi une bonne reprise ?" donc plutôt que tergiverser je vais prendre un exemple : tu vois les Smiths ? oui, ce groupe avec un chanteur un peu bizarre qui se balade avec des branches qui sortent de l'arrière de son pantalon dans ses clips. Donc ce groupe a été pas mal repris, parfois bien, parfois moins. Par exemple quand Jeff Buckley reprend I Know It's Over, c'est beau, c'est même très beau, mais on peut lui reprocher (enfin, on pourrait si il n'était pas mort) d'être resté un peu trop proche de l'original, alors qu'au contraire, si tu prend Some Girls Are Bigger Than Others de Supergrass, tu vois plus du tout le rapport avec les Smiths vu que la chanson est juste jouée 2 fois plus vite.

Mais quand tu écoutes There Is A Light par les Dum Dum Girls, là tu te rends compte que c'est juste parfait, on sent bien que les demoiselles ont déposé leur patte sur la chanson, mais l'esprit de l'original reste entier. Ce qui est magnifique, c'est qu'une bonne reprise, ça peut même rendre l'original encore meilleur, et ici c'est le cas, puisque le côté punk des Smiths, discret mais néanmoins existant sur disque, est ici mis en valeur "..." quoi encore "..." du punk dans les Smiths c'est n'importe quoi ? bah écoute, la prochaine fois que tes parents sont partis, plutôt qu'essayer de voir où ils ont planqué ta console ou bien si ton père a des magazines de cul, t'as qu'à regarder sa platine vinyle et passer ses 33 tours des Smiths en vitesse 45, et après on en reparle. En attendant regarde cette version live de la reprise des Dum Dum Girls.



Ouais, je t'ai mis un live parce que ça met encore plus en valeur ce que je te disais juste avant, et puis tu admettras qu'un vrai direct bien filmé ça change un peu des vidéos de cassos' que tu regardais l'autre jour, tu sais, celles où des groupes font les cons parce qu'ils jouent en playback alors qu'ils n'en ont pas envie.



Hé ouais petit, t'as cru m'avoir, mais t'es tombé sur plus fort que toi désolé.

dimanche 19 septembre 2010

De l'art des comparaisons pertinentes


Ça va faire un petit moment que je n'ai pas écrit d'article mais j'ai de bonnes excuses, mais j'ai de bonnes excuses :
a) 2 articles en période estivale, c'est déjà un bon chiffre
b) j'ai eu une rentrée pour le moins chargée donc pas vraiment le temps de penser articles, voir musique en général (j'ai plus entendu les chansons paillardes à mon intégration que les 15 disques en attente d'être écoutés et que je n'ai même pas encore dézippés)
Par conséquent, l'introduction de cet article est restée un petit moment orpheline, et si je le publie aujourd'hui, c'est plus parce que l'idée même me faisait rire que parce que j'ai vraiment réussi à en faire ce que je voulais, enfin, dans tous les cas il faut le lire avant de fuir.

Aujourd'hui, je vais donc parler de 3 disques qui ont pour premier point commun d'être sortis cet été, et comme second point commun d'avoir subi à peu près les mêmes critiques, à savoir que c'étaient de bons albums mais en dessous de ce que les groupes avaient fait avant.
Alors avant toute chose, très franchement, qu'est-ce qu'on en a à carrer qu'un disque soit meilleur ou moins bon que son prédécesseur ? C'est pas ça qui en fera un bon ou un mauvais album.

Rendu là, il faudrait quand même que je précise qu'aujourd'hui je fais plutôt dans le gros tirage, avec The Suburbs d'Arcade Fire, Butterfly House des Coral et Surfing The Void des Klaxons.

Ensuite puisque ces points communs sont plutôt moyens, une autre façon de lier ces 3 disques m'est venue alors que je lisais un papier sur Surfing The Void qui comparais le groupe à ... MGMT. Là, je dois t'avouer que j'ai été un peu surpris, les Klaxons ayant écrit des chansons parlant d'aller en soirée avec Jules César et Lady Diana bien avant que les MGMT traversent l'Atlantique pour raconter qu'ils ont un cœur en phosphore.
En même temps avec les Klaxons on s'est plus ou moins habitué au n'importe quoi journalistique : on parle quand même d'un groupe pour lequel un mouvement musical a été créé, ce spécialement afin qu'il y ait des choses à dire à leur sujet. Passe encore donc, mais ce qu'il faut savoir que, même si l'on est en France en 2010, on peut lire dans certains journaux que des groupes comme Animal Collective naviguent dans le sillage de MGMT, ce qui est plus qu'aberrant. Tu me diras "C'est bien fait pour ta gueule, qu'est ce qui t'as pris aussi d'ouvrir un journal gratuit à une page autre que celle des horoscopes ou des mots croisés ?" mais tu avoueras néanmoins que comme comparaison, c'est tout de même un peu fort de café, personnellement, ça a tendance à me faire penser à cet article sur Oasis qui n'existe plus mais qui commençait par quelque chose comme "Oasis sont célèbres pour avoir influencé entre autres les Beatles et les Who", sur ce coup là, c'était plutôt drôle, dans la situation présente ça ne l'est pas (ou en tout cas le sujet est trop sensible pour que je puisse en rire).

J'imagine que tu me vois venir ? Et bien tu ne te trompes pas, le projet initial de cet article était de chroniquer les 3 disques sus-cités en cherchant le plus grand nombre de comparaisons HS avec MGMT, cela dit, vu qu'il est un peu bâclé, tu n'en trouveras pas non plus pléthore et j'ai par ailleurs zappé les Klaxons sinon ça risquais de faire beaucoup trop, au pire, toute la presse a déjà fait la comparaison, donc c'est pas trop compliqué à trouver.

Pour commencer, les Arcade Fire viennent du même continent que les MGMT, ce qui donne tout son intérêt à leur musique et explique leur succès, on peut d'ailleurs constater que contrairement à Funeral, tous les textes de The Suburbs sont écrits dans la même langue que ceux de MGMT, ce qui rend l'influence plus qu'évidente, influence que l'on retrouve d'ailleurs chez les Coral et les Klaxons, puisqu'eux aussi chantent dans la langue d'Andrew Van Wyngarden (langue de Shakespeare c'est définitivement hors du coup).
Par ailleurs, les 2 albums de MGMT et Arcade Fire ont des ouvertures assez similaires, même si sur The Suburbs, le fait d'ouvrir avec la chanson-titre donne un effet de faux-départ surprenant mais pas du tout déplaisant, toujours est il que l'album part réellement avec Ready To Start, et je pense que personne ici ne me contredira si je dis qu'une machine qui fonctionne est prête à démarrer, lien évident avec le It's Working qui ouvre Congratulations donc.
Mais l'influence ne s'arrête pas là, car avec le très agréable Rococo, les Canadiens écrivent une chanson en hommage à un machin artistique européen qui des fois rend pas mal mais qui peut s'avérer totalement indigeste et dont on est quand même content que ça n'ait pas été recréé aux États Unis, soit un sujet au final assez similaire au Brian Eno des New Yorkais. New York, ville qui a par ailleurs poussé les Coral à intituler une des chansons de leur dernier album Coney Island, ce pour rendre hommage au groupe qui leur a montré la vérité et qui les a poussés à se séparer de Bill Ryder-Jones, en effet, il n'y a pas de trompette chez MGMT; de ce point de vue là, les Arcade Fire n'ont pas fait ce qu'il faut, puisqu'il y a encore dans leurs disques des cordes et des voix féminines, alors qu'à ma connaissance les MGMT n'ont pas prévu d'en mettre sur leur prochain disque, on peut donc juste espérer que Win Butler cessera d'être aveuglé par son amour et laissera de côté Régine Chassagne sur leur prochain disque.
Il y a un autre point sur lequel autant les Coral qu'Arcade Fire sont loin des MGMT, c'est celui des chansons marquantes comme Siberian Break, là où Arcade Fire ne sont parvenus qu'à faire 2 morceaux en 2 parties, les Coral ont essayé de faire leur Siberian Break avec North Parade, mais celui-ci est 2 fois plus court que leur influence, le thème septentrional a encore moins fonctionné avec Walking In The Winter, dommage pour eux, ils resteront encore longtemps des artistes maudits, alors que dans 30 ans ils seront considérés comme LE groupe oublié des années 2000.

Promis la prochaine fois j'essaye de faire mieux.

jeudi 14 janvier 2010

Où est passée ta folie ?


Il y'a de cela plusieurs semaines maintenant, est sorti Fall Be Kind, l'EP 'petit frère' de Merriweather Post Pavilion (au passage, remarque qui t'amuseras peut être, si tu es un peu dérangé, tu l'as déjà vu, mais le nom de chaque EP contient le même nombre de mots que l'album qui va avec Prospect Hummer/Sung Tongs, People/Feels, Water Curses/Strawberry Jam, dingue non ?), et comme tu aimes savoir ce que je pense et que tu sais combien j'aime Animal Collective, dans ma grande bonté, j'ai décidé ce jour de dire ce que je pensais de Fall Be Kind.

À vrai dire, j'avais déjà écris une première review après moins d'une dizaine d'écoutes du EP, enfin l'ayant écrit de mémoire, sans le machin dans les oreilles, j'ai préféré ne pas la publier, d'autant plus que Nadège a déjà dit à peu près la même chose ici (ceci dit, au passage le titre n'est pas exact, le seul moyen d'avoir 2 disques pour le prix d'un est d'acheter un 33 tours des Smiths et de le passer aussi en vitesse 45 tours pour avoir un disque de Power Pop à chanteuse assez convaincante).

Je suis donc venu te parler du EP, sans parler du EP, c'est clair non ?

Oui, car si le EP est bon, ça on ne peut pas le nier, il est néanmoins inquiétant, explications : avec Animal Collective, on était habitués à du renouvellement à chaque album, et chaque EP apportait un réel plus par rapport à l'album qui le précédait, que ce soit avec la voix de Vashti Bunyan sur Prospect Hummer, ou alors en créant un déphasage hallucinant entre mélodie fluide et rythmique trépidante sur Water Curses.

Et la claque avec FBK alors ? Oublie, zéro, si ce n'est une vague surprise sur l'intro de Bleeding, mais c'est pas convaincant. Aucune de ces 5 chansons ne se détache de l'esprit MPP, et en plus, on se lasse de l'ensemble beaucoup plus vite que d'habitude, car il est un peu trop convenu, et ça CE N'EST PAS DIGNE D'ANIMAL COLLECTIVE. Bon, je sais ce que tu vas dire : "Ouais, c'est typique ça, son groupe favori commence à être reconnu par un peu plus de monde que des spécialistes, donc il commence à cracher dessus", tu auras peut être un peu raison, mais en attendant, c'est la première fois depuis leurs débuts qu'ils ne parviennent pas (ou ne cherchent pas, je ne sais pas c'est quoi le pire) à se renouveler entre 2 parutions. Autant dire que si le prochain album, et même les prochains concerts, ne montre pas un semblant de renouveau, ça va commencer à sérieusement sentir le pâté pour eux.

En attendant, si tu restes amateur de musique timbrée pour cramés du cerveau, tu DOIS te jeter sur le dernier Yeasayer. Qui il y'a 2 ans, étaient un peu le chaînon manquant entre Animal Collective et MGMT et le reste de la scène de Brooklyn, aujourd'hui, Animal Collective a donc muté, les Yeasayer aussi, en toute logique, puisque ce dernier album est clairement plus orienté grand public, avec même, j'ose le mot, un côté dancefloor. Et entre autre un Love Me Girl qui donne presque dans le hip hop bling-bling, des titre au fort potentiel tubesque mais qui n'en demeurent pas moins étranges comme Ambling Alps ou ONE. Donc si tu cherches la folie que tu ne trouves pas chez Animal Collective en ce moment, va écouter Yeasayer. TOUT DE SUITE.

dimanche 10 janvier 2010

Tu veux être hype en 2030 ?



Bonjour, alors que la période musicale des années 2000 touche tout juste à sa fin, avant de se poser des questions telles que "Est-ce que les jeunes dans 30 ans nous envieront d'avoir connu cette période ?" (possible, avec la crise du disque, les éditeurs ne produiront plus de nouveautés et les groupes qui tourneront, seront ceux qui marchent le mieux en ce moment, mais en plus vieux), "Quel groupe sera considéré comme LE groupe qui a influencé plein de beau monde entre temps ?" (bon, c'est pas cohérent puisque je viens de dire qu'il n'y aurait pas de beau monde, mais en admettant qu'il y en aura, je répond Animal Collective); posons plutôt la question : " Mais dis-moi, quelles chansons d'aujourd'hui seront devenues des hymnes demain ?".

Personnellement, j'ai déjà réfléchi à la question, donc je t'ai concocté une petite liste, pour pas que tu passes pour un con devant ta descendance (quand t'en aura une) qui te demandera si quand t'étais jeune, t'écoutais les bons titres, ceux qui seront devenus cultes entre temps.

-I Remember Learning How To Dive (Animal Collective) : En plus de donner son nom à ce blog, ce qui est déjà une bonne raison pour l'écouter, cette chanson sera d'une importance première dans le monde de demain, en effet, avec la montée des océans, apprendre à plonger deviendra presque aussi important qu'apprendre à marcher, car sinon, impossible de sortir de chez papa-maman, et impossible de devenir indépendant. Cette chanson sera donc dans le même temps, le remplaçant de I Get Around des Beach Boys pour le côté voyageur, mais aussi celui de My Generation, puisqu'il s'avèrera encore plus criant de liberté et d'indépendance que le titre des Who (ma génération PLONGE à moi, MA GÉNÉRATION, hé ouais!).

-On The Mountain (Angels Of Light)
: Montée des eaux oblige, une bonne partie des grandes villes que nous connaissons sera immergée, donc exit London Calling ou les chansons sur New York, et bienvenue en haut de la montagne.

-Stormy Weather (Jarvis Cocker) : Parce que tu crois vraiment qu'avec un climat de plus en plus extrême il sera possible de chanter Singin' In The Rain sans mourir emporté par une tornade ?

-Funny Like The Moon (Bunky) : Avec les années s'enchainent les revivals, je peux donc affirmer qu'avec un nouveau retour du vintage à la fin des années 2030, cette chanson sera un tube, puisqu'il n'y aura plus de motos nulle part, donc les gosses chanteront cette chanson sans réfléchir et sans trop savoir de quoi ça parle. Comme Take A Walk On The Wild Side, pour ne donner qu'un seul exemple.

-Don't Look Back Into The Sun (The Libertines) : Parce qu'entre la pollution et les nuages de l'accident atomique Irano-Nepalo-Israelo-Americano-Timor Orientalo-Russo-Sino-Nord Coréen (oui, celui qui mis fin à la 3ème guerre mondiale), le soleil ne sera plus que rarement visible, ça sera donc la chanson pleine d'espoir chantée les yeux larmoyants en en rajoutant sur les mimiques à la manière de Imagine ou We Are The World.

-Love In A Trashcan (The Raveonettes): Avec l'utilisation toujours croissante de l'électricité et par la même de l'énergie nucléaire, de nombreux gouvernements ont décidé de réagir en chargeant les populations de stocker elles mêmes les déchets nucléaires, à raison de d'abord 1, puis 2 bidons par foyer, en 2031, le minimum est fixé à 5, mais tout bidon supplémentaire rapportant des primes, nombreux sont les foyers qui entassent plusieurs dizaines de bidons, devenant ainsi une poubelles, Love In A Trashcan remplace donc Quand on a que l'amour (et pourtant, c'est le cas) et toutes les chansons d'amour dans les karaokés.

-Happy Alone (Twisted Charms)
: Oui, c'est bien connu, les déchets radioactifs, c'est pas ce qui se fait de mieux pour la vitalité, son association avec la pollution de l'air toujours grandissante aura donc des effets très néfastes sur la sexualité (en 2037, on dénombre 1278 naissances dans le monde), et par ailleurs, la majorité des histoires d'amour étant désormais motivées par l'élimination de la concurrence, et l'avancement dans l'entreprise, le titre des Twisted Charms remplacera donc le Happy Together des Turtles et celui des Jam.

-Basket Ball Get Your Groove Back (Deerhoof)
: Comme on l'a vu, du point de vue santé,c'est pas la joie et avec ça, il devient difficile d'envisager de faire du sport, étant donné que la moindre course s'avère épuisante, c'est pourquoi, après une première étape de légalisation officieuse du dopage, ce afin de maintenir les standards des générations précédentes, le sport a désormais pris une autre tournure : l'ADN des plus grands athlètes est conservé, et utilisé pour créer de nouveaux sportifs qui seront élevés sous atmosphère énergisante, loin des déchets radioactifs. En tout cas, plus moyen pour le commun des mortels de faire du sport. Chanter Deerhoof, revient donc à chanter l'impossible, de la même façon que chanter J'aurais voulu être un artiste de Daniel Balavoine de nos jours.

-I Must Belong Somewhere (Bright Eyes) : Avec l'augmentation impressionnante du chômage et la nouvelle réforme des universités, les jeunes savent que leurs menus espoirs en l'avenir sont vains. En plus avec la crise du disque, ils ne peuvent même plus espérer devenir rock star ou sportif professionnel. Alors pour se dire que tout n'est pas perdu, ils chantent du Bright Eyes. Même si, avec la bourse désormais centrée à Shanghai et le fait que les concerts, par souci de rentabilité, n'aient plus lieu que dans les stades, ils ne comprennent pas vraiment le "Soundstage in California, televisions in Timesquare", cependant, ils n'hésitent pas à la chanter quand ils revendiquent à la place de l'Internationale.

-Dying Is Fine (Ra Ra Riot) : Tu comprends bien qu'avec ce qu'est devenu le monde, il est désormais difficile de danser sur des chansons qui respirent la joie de vivre, Dying Is Fine remplacera donc au pied levé Born To Be Alive dans les soirées.

Des mauvaises langues pourraient te dire qu'en fait j'ai choisi des chansons qui me plaisaient et que j'ai brodé des explications autour, enfin, moi je fais ça pour ton bien, si tu préfères écouter les autres, pas de problème, mais faudra pas venir te plaindre quand ton gosse aura honte de ramener des amis à la maison parce que tu seras trop has been.

lundi 28 décembre 2009

I Won't Do What They Told Me


Je suis venu vous parler des Transmusicales, non pas que mes concerts sur les 2 derniers mois se soient limités aux Trans, mais c'est juste que je sais pas quoi dire sur Coming Soon.A part les Black Lips (et encore), je n'ai pas retenu grand chose du festival des Inrocks, mis à part que c'est rigolo de voir la différence de remplissage et d'activité pour 2 concerts d'Ebony Bones dans la même salle à 2 ans d'intervalle. Je ne sais pas comment parler de Danannanaykroyd et Dan Black sans évoquer le pantalon (enfin, du point de vue fonctionnel, on doit pouvoir appeler ça comme ça) de ce dernier. Et puis j'ai pas envie de parler des Horrors et de Factory Floor.

Les Trans donc, après une semaine chargée, autant commencer les concerts dès la fin des cours le vendredi avec La Terre Tremble !!!, c'est gratuit, et puis leurs passages bruitistes à la Deerhoof me font succomber à chaque fois.

Et puis il faut aller au Parc Expo. Juste le temps de goûter la bière et les Chocolate Donuts (dégustation rapide pour cause de jeu de scène un peu trop surfait du chanteur). Parce qu'il convient d'aller vite vérifier un adage encore plus souvent vrai que le célèbre "C'est suédois donc c'est bien", ici, ça sera : "C'est islandais donc c'est encore mieux" avec FM Belfast, un supergroupe islandais (avec entre autre des morceaux de Múm dedans). Et là, c'est le moment où tu te dis que l'Islande, c'est tout de même un pays vachement fantastique, parce que si tu rapportes le nombre de bons groupes au nombre d'habitants, tu obtiens des statistiques impressionnantes (surtout si tu fait le même rapport avec la France et que tu compares, mais après, si t'as envie de pleurer c'est ton problème). Ces extrêmes nordiques sont tout de même capable de te faire apprécier dans le même temps, et les concerts où toute l'instrumentation est assurée par un ordinateur, et Killing In The Name Of de Rage Against The Machine (avec un commentaire sympa : "We hope that RATM never hear this song"), et les collants rouges, c'est pas rien donc. Bon, profiter des collants rouges jusqu'au bout ne sera pas possible puisqu'il faudra courir (oui, courir au sens propre du terme) voir Gaggle, dont le concert a déjà commencé, ou plutôt, est sensé avoir déjà commencé, puisqu'elles commencent au moins avec 10 minutes de retard, j'ai pas plus précis, parce que rester poireauter en attendant que ces dames arrivent, alors que FM Belfast assurent quelques centaines de mètres plus loin, voilà quoi, donc on a encore couru (toujours au sens propre du terme) pour retourner voir un peu de FM Belfast, puis retourner voir Gaggle qui 20 minutes après l'heure, ont quand même commencé. Bon, là franchement, Gaggle c'est vachement bien, mais on m'explique pourquoi elles se barrent avec un quart d'heure d'avance alors qu'elles ont commencé en retard ? J'espère que ce n'était pas une tentative de rappel programmé, parce que de un, ça aurait quand même été vachement prétentieux de la part d'un groupe qui ouvre quasiment le festival, de deux, si c'est le cas elles ont fait un méga-bide parce que tout le monde est parti. En résumé, la grosse déception de la soirée. Du coup, il n'y a plus rien à aller voir pendant 15 minutes, ce qui donne une bonne occasion d'aller boire une autre bière en attendant d'aller voir Slow Joe & The Ginger Accident (qui jouaient déjà à l'Ubu le mercredi, mais j'avais exam de maths, donc ...) qui remplacent Lost Valentinos, c'est plutôt surprenant à voir et à entendre, un indien sans âge, qui un an plus tôt chantait dans la rue dans son pays, mais qui sur scène, est au moins aussi dynamique que le chanteur des Chocolate Donuts 2h plus tôt, sauf que lui a l'air carrément naturel.

Un petit détour par The Phantom Band plus tard (je suis pas vraiment convaincu par ce que j'ai entendu) et on va s'endormir dans les fauteuils géniaux du Hall 5 (le genre de trucs où tu sais quand tu t'y assoies, pas forcément quand est-ce que tu te relèves) en mangeant des frites artisanales (on évitera le stand huitres) accompagnées d'une autre bière. Et tout ça en attendant Jessie Evans, l'environnement y est peut être pour quelque chose, mais j'ai trouvé ça beaucoup moins bien que son concert au Lieu Unique à Nantes il y a un an et demi, après, Toby 'la pieuvre' Dammit est toujours hallucinant derrière les fûts et c'est un très bon concert quand même.
J'ai du mal à en dire autant de Fever Ray, d'accord musicalement c'est super bien, mais je dois avouer trouver un intérêt limité à un concert où l'on voit juste des formes sombres bouger devant des abats-jours qui clignotent (jolis les abats-jours, mais tout de même) avec une communication zéro.

Et puis finalement pour dépenser moins d'argent qu'au parc expo, le samedi soir c'est Bar en Trans, avec les MINF qui jouent en trio puisque Julien est "tombé en vélo du balcon de Lucas, au 2ème étage" dixit Valentin, difficile à entendre vu que le haut parleur au dessus de lui crache les Plasticines beaucoup trop fort pour qu'on puisse l'entendre distinctement (le 1929 à Rennes c'est le genre de bar où enchaîner un concert des MINF, les Plasticines et River of Brakelights de Julian Casablancas, ça leur fait pas peur), bon, du coup, une guitare en moins oblige, la setlist est moins fournie et ils jouent 2 fois plusieurs titres, et ce pendant que le public chante "pose ta bite sur mon épaule" et voue un culte à Lucas. Bon de toute façon le plus drôle, c'est d'aller raconter n'importe quoi à Guillaume pendant qu'il se fait draguer par des groupies pré-pubères (et se faire haïr au passage par ces groupies).

vendredi 17 avril 2009

I Was Born To Be ...


Lester Bangs déclarait que la nullité était le critère le plus authentique du rock'n'roll. A partir de là la question est donc de savoir ce qu'il aurait pu penser d'un album comme Born To Be A Motorcycle de Bunky.
Leur unique album à ce jour est sortie en 2005, à l'époque, notre principale préoccupation était de chercher un successeur aux Libertines, enfin, je dis notre, mais ma préoccupation de l'époque était plutôt de savoir quelque chose de ces Libertines, ma grande fierté, est que quand j'ai acheté le 2ème album, le groupe était encore vivant, enfin, par vivant, j'entends que Pete Doherty jouait avec les Babyshambles et que Carl Barât allait officialiser la séparation du groupe la plus définitive jusqu'à aujourd'hui 4 jours plus tard. Enfin, bref, toujours est-il qu'à cette époque, l'intégralité de la planète, à l'exception de ma pauvre pomme, en retard une fois de plus cherchait qui seraient les nouveaux Libertines. Parmi les plus sérieux, on pouvait trouver Bloc Party, les Rakes, les Kills, Kaiser Chiefs ... on parlait aussi des Subways, Kill The Young, des Others, des Paddingtons, de Louis XIV, de Hard-fi, de Art Brut, d'Editors des Dead 60's, de Maxïmo Park ou encore des Test Icicles, on ne parlait pas assez des Dogs, et on allait bientôt beaucoup parler des Arctic Monkeys.

Autant dire que perdu dans cette jungle, un album avec un nom loufoque, une pochette avec des dessins bizarres (pour ne pas dire moches) et des chansons qui parlent d'être aussi drôle que la Lune, d'avoir envie de pisser, ou encore une chanson de plus de 3 minutes pour réclamer un verre d'eau (!), avait bien peu de chance d'être considéré comme il le méritait.
Profondément débile, quand on veut parler rock, on dit primal, mais là on ne peut pas dire primal, leur guitariste a de la barbe, parfois des lunettes, et un début de calvitie, donc ça ne peut pas être primal, d'ailleurs, si on met de côté cette nullité chère à Lester Bangs, on ne pourra dire que du bout des lèvres que c'est du rock'n'roll, bien que Funny Like The Moon, et son refrain qui donne son nom à l'album mériterait d'être érigé au rang des hymnes rocks, juste à côté de Gloria, surtout quand un tel titre est suivi d'une des chansons les plus basiques jamais écrites : Gotta Pee et son refrain qui se base sur un seul accord répété le plus vite possible et pour seul texte un philosophique "1,2,3,4". En fait, cette chanson est un appel à une démocratisation extrême de la musique, puisqu'il suffit d'avoir des bras pour pouvoir jouer ce morceau (et encore on doit pouvoir se débrouiller sans, mais c'est un peu plus dur), avec ce morceau, c'est la disparition des types qui friment avec une guitare dans les soirées (souvent en jouant de la merde en plus), n'importe qui peut taper sur la caisse en braillant GOTTA PEE SO SO SO et en balançant son accord derrière.
Soyons fou, et allons encore plus loin, sur le morceau d'ouverture Baba, les saxophones en totale liberté, puisque basse et guitare ont cessé la surveillance, nous rappellent presque le saxophone de Andy Mackay sur le premier Roxy Music. le groupe est aussi capable d'ironiser sur ses contemporains, en revendiquant l'inutilité des textes avec une chanson dont les paroles se limitent à des "ah" et des "ouhh", interrompus seulement par 2 "Baby I Love You" au milieu de la chanson, qui en disent encore moins que le reste du 'texte'; donc la chanson renvoie chez leur mère tout ceux qui font de cette maxime l'essence même de leur texte, bon sauf les Ramones, de un parce qu'ils sont morts (leurs mères j'en sait rien, et à vrai dire, j'ai d'autres préoccupations dans la vie) de deux, c'est une reprise sur leur meilleur album et de trois, ils l'ont faite à cause de Phil Spector, qui est un bien plus gros psychopathe que la plupart des personnes que j'ai pu considérer comme telles (mais j'informe ces personnes que je ne retire pas ce que j'ai eu l'occasion de dire pour autant). Bunky nous font aussi des ballades, mais quand ils le font, c'est encore une fois avec des textes débiles et une flûte atroce sur le final. Et puis il y'a aussi Glass Of Water, là on atteint des sommets, des trompettes clownesques et un mec qui beugle "I WANT A GLASS OF WAaaATER" sur tous les tons, et des gens osent faire des chansons avec ça ! non mais vraiment ... après ça plus rien ne peut nous surprendre, et justement, plus rien ne nous surprend puisque l'album se termine tout gentiment.

Moralité, depuis 2005, j'ai rattrapé une bonne partie de mon retard, mais des albums comme Born To Be A Motorcycle, j'en ai pas rencontré des milles et des cents, donc plutôt qu'écouter ceux qui ont fait parler d'eux à l'époque en se contentant de reproduire des groupes dont le meilleur album est sorti en 1979, allez donc danser sur Funny Like The Moon.

mercredi 18 février 2009

le retour de Noir Désir, non, non, et non !!

Sans doute un des événements musicaux les plus importants en France de la fin d'année dernière : Noir Désir a mis en ligne 2 nouveaux morceaux. S'en est suivi le désormais habituel et inutile débat : Bertrand Cantat devrait-il être autorisé à continuer dans la musique et autres questions aussi futiles qu'inintéressantes.

Car en vérité, on passe complètement à côté de la vraie question : Le retour de Noir Désir est-il souhaitable pour le rock français ?
Loin de moi l'idée de critiquer la musique de Noir Désir, bien au contraire, des bonnes chansons, ils en ont écrite, et il y'en aura d'autres; mais il faut reconnaître que leur influence sur la musique française et plus particulièrement sur la façon dont elle est perçue par les français est tout simplement désastreuse.

En effet, avec Noir Désir, les français ont pour la première fois eu l'impression d'avoir un groupe de rock bien de chez eux. Ils n'étaient pas de ces imposteurs parisiens qui percent facilement en se contentant de faire une version française des tubes anglais et américains, leurs textes ne se contentaient pas d'être musicaux, non, eux au moins ils donnaient un coup de pied dans la fourmilière en osant des textes politisés, en plus, c'était des gens méritants, qui avaient galeré avant de réussir.

Le groupe est certes louable, mais le schéma dans lequel les groupes français sont enfermés depuis est atroce. Car depuis "Noir Dèz'", tenons nous le pour dit, tout groupe n'ayant pas passé au minimum 5 ans à galérer dans une cave (se nourrissant des rats et autres cafards de cette cave, manque d'argent oblige) avant de connaître le succès, ne pourra pas être honnête, donc sera forcément mauvais. Un contraste saisissant avec ce qui se passe de l'autre côté de la Manche, où des groupes peuvent connaître facilement le succès, le temps d'un single ou 2, ce qui d'ailleurs a plutôt tendance à entraîner un certain cynisme de leur part.

Il est donc établi qu'un groupe n'ayant pas galeré ne peut être qu'un groupe sans talent qui a usé de pistons pour réussir. Mais attention ! le cas de ce groupe sera en plus aggravé si il se permet de venir de la capitale, une ville qui, c'est bien connu, regorge de producteurs avides qui, cela semble évident, ne connaissent rien à la musique et se contentent de signer les enfants de leurs amis. Ainsi, les groupes définis sous l'appellation "nouvelle scène parisienne" étaient, et sont condamnés à être considérés comme mauvais (certains le sont, il est vrai), ils n'ont pas fabriqué leurs guitares avec des bouts de ficelle et de bois, donc sont des fifils et fifilles à papa qui ont piqué leurs crises pour avoir leurs instruments (on pourra noter que dans le même temps, un jeune de la Creuse avec une guitare sera "un musicien prometteur que l'injuste monde de la musique ne reconnaitra jamais à sa juste valeur").

Résumons, nous avons à faire à un groupe qui depuis 10 ans galère dans la Lozère, cela dit, pour faire partie des bons groupes de rock français, il lui faut encore remplir une condition très importante : avoir des textes en politique qui remettront en cause, aux minimum tous les politiciens autrement appelés, les "pourris au pouvoir". Ça tombe bien, notre groupe est composé de membres de groupuscules d'extrême gauche, et après de longues hésitations, ils ont préféré jouer de la musique plutôt que saboter les chemins de fer. Tout semble donc parfait, mais là, c'est le drame, notre groupe, pourtant parfait en tout point : il est honnête, engagé, et les membres sont même gentils, mais horreur, leur musique est au mieux insipide, au pire inaudible, à force de crier dans les manifs, leur chanteur n'a plus, ne serait-ce qu'un semblant de voix, et puis les textes se limitent à un meeting d'Arlette Laguiller auquel on aura pris soin d'ajouter une ou 2 métaphores ô combien subtiles et sur lequel on aura plaqué 2 accords répétés avec saturation, oui, parce qu'après Noir Désir "Ouais Noir Dèz' on leur doit tout, on a pris une Kanter avec leur guitariste, il a dit qu'on ferait leur première partie, un type bien", l'influence principale est Nirvana, au sujet desquels je m'abstiendrais de tout commentaires, ça serait trop long, et en plus j'aurais plus rien à dire dans mon article sur leur retour.

samedi 17 janvier 2009

L'année 2009 commence putainement bien au niveau des albums, j'aurais pu parler des derniers Animal Collective, Morrissey, ou encore Franz Ferdinand, mais étant donné que ma flemme chronique fait que je mets toujours au moins 3 semaines de décalage entre le moment où j'écris et celui ou je tape, vous en entendrez peut être parler le mois prochain.
Non, là je veux faire mon original en postant mes chansons de l'année.

Donc l'année commence avec le fantastique EP d'Animal Collective, "petit frère" du non moins dément Strawberry Jam, j'ai nommé Water Curses. J'ai réfléchi longtemps pour savoir laquelle des 4 chansons mettre, mais au final la chanson-titre s'est imposée d'elle même, étant la plus immédiate. Ensuite j'ai décidé de mettre un extrait de Super Mario (si vous ne l'entendez pas, alors vous n'écoutez pas assez fort), extrait qui annonce Monsters Under The Bed de Eugene McGuinness, qui, s'il est quelque peu plus pop qu'Animal Collective, laisse quand même une folie certaine dans ses chansons, et c'est ça qui est excellent. Le clip est aussi très recommandable, même si on pourra regretter d'y voir aussi peu d'escrimeurs. Ensuite Vampire Weekend, pas mes favoris de l'année, mais M79 nous maintient dans un certain climat de n'importe quoi, donc c'est tout bon. Viens la chansons avec le refrain que, si ce n'est pas encore le cas, vous fredonnerez plus ou moins volontairement dans 2h, Young Love est assez imparable en la matière. Ensuite le temps est venu de sombrer aux rythmes cinglés des Dodos (Fools, le titre de la chanson est d'ailleurs annonciateur), avant de tenter de se raccrocher au titre à rallonge des Los Campesinos!, puis de vous agenouiller en écoutant Fatalist Palmistry de Why?, et tout ça avant de revoir votre chimie pour lundi avec les Cajun Dance Party.

Bien, maintenant, imaginez que vous aviez à faire à un vinyle, vous mettez donc en pause quelques instants le temps de changer virtuellement de face.

Maintenant que vous avez la tête reposée, passez donc à Yeasayer, leur album est sorti un peu trop fin 2007 pour être dans les tops 2008, mais Final Path est de 2008, donc pas de problèmes, d'autant plus qu'elle vaut vraiment le détour.
On a passé la moitié de l'année à dire que David Bowie allait mourir (alors qu'en fait on en sait strictement rien), donc autant mettre la reprise de son In The Heat Of The Morning par les Last Shadow Puppets.
Ce que les Dirty Pretty Things savaient faire le mieux, c'étaient les chansons pompeuses avec trompettes et tout ce qui va bien, il serait donc dommage de se priver de Truth Begins qui restera leur meilleure chanson.
Passons à la "sensation" de l'année : les Late of the Pier avec peut être la chanson la plus cinglée (et ce n'est pas chose aisée) de l'album : The Enemy Are the Future. La transition avec la nouvelle année est vite trouvée, et donc pour les voeux, ça sera In The New Year des Walkmen; avant d'enchaîner avec la batterie toujours aussi intrigante de Fire In The Ocean des Organ, donc on ne sait toujours pas si elle constitue un hommage à Smoke On The Water, en tout cas, comme le savent surement les Cajun Dance Party, si il y'a un feu dans l'océan, c'est surement parce qu'on y a jeté un gros bout de sodium (je vais arrêter là avant que le peu de lecteurs soit parti). Et puisqu'on a commencé avec Animal Collective, autant terminer avec eux, sachant que Brother Sport est sur internet au moins depuis novembre, aucune raison de ne pas finir avec, même si elle est avant tout sur le meilleur album de 2009.

samedi 27 décembre 2008

2008, la fin du piège du 2ème album ??

On connait tous l'éternelle rengaine du difficile second album, qui doit dans le même temps réussir à rester dans l'esprit du premier, sous peine d'avoir comme critique "l'étincelle du premier album a été perdue", mais il faut aussi innover, sinon l'album sera consideré uniquement comme une "ressucée du premier", grande est donc la difficulté (on ne s'attardera pas sur le fait que les 2èmes albums sont avant tout critiqués par des nostalgiques qui préferaient quand ils étaient les seuls à connaitre le groupe et qui du coup se déchainent sur leurs 2ème albums).

Cependant, en 2008, il semblerait que les choses aient changé. Si on regarde les seconds albums sortis cette année, lesquels d'entre eux ont franchement déçu ?
Certains ont apporté un net changement par rapport à leur prédecesseur, comme Couples des Long Blondes, dont on était en droit d'attendre le pire après avoir entendu le groupe déclarer vouloir faire un second album plus électronique, le résultat est certe original, mais on ne peut pas dire qu'il soit en dessous du premier, tellement il en est différent. Il en va de même pour Who Killed Harry Houdini? de I'm From Barcelona, qui en s'éloignant du côté chorale a certe perdu l'aspect "youpi, tralala, si on faisait tous un calin géant" mais a gagné un album plus diversifié et plus profond. Et là encore, personne ne dira que c'était mieux avant.
Ensuite, que celui ou celle qui n'a jamais fredonné "One night of love ...", mais avec leur 2ème album 21 (logique non ?) les Mystery Jets ont sorti un des albums qui nous a agités tout l'été. Il en va de même pour Donkey des CSS, il est probable qu'à ce stade, certains s'offusquent, il est possible que je sois la seule personne à trouver insupportable leur premier album, il est probable que je sois aussi le seul qui ait pris pour habitude de dansonner (mélange de danser et de chantonner) sur Left Behind dans des aires d'autoroutes à pas d'heure sur des aires d'autoroutes polonaises ou autre, entre 2 arrêts de car (oui, parce que quand tu es assis à côté d'un polonais au physique d'ancien homme de main du KGB qui mange des sandwiches douteux, tu évites de trop te tortiller sur ton siège).
Passons à du moins évident : les Dirty Pretty Things ont eux aussi sorti un 2ème album cette année qui est certes décevant, mais par rapport à quoi ? par rapport à ce que l'on pensais pouvoir attendre d'un ancien Libertines, éventuellement par rapport aux quelques chansons qu'on avait entendues entre les 2 albums (comme les B-faces de Deadwood, qui m'avaient un temps redonné un peu d'espoir en ce groupe); mais au final, si on compare les 2 albums du groupe, on en arrive vite à cette conclusion : on a rien retenu de Waterloo To Anywhere, on retiendra Truth Begins sur Romance at Short Notice, progrès notable donc. Pour les Raconteurs c'est un peu pareil, on attend beaucoup de Jack White, mais au final, Consolers of the Lonely se retrouve rangé à côté de Broken Boy Soldier pendant qu'on réécouté un album des White Stripes.
Les Kooks ont sorti un 2ème album de pop facile, les Fratellis, un album pour remuer sa tête sans trop en utiliser le contenu, les Towers of London, un album dont on a rien à foutre, l'ordre est respecté : ces 2èmes albums ne décoivent pas puisqu'on en attendait pas grand chose.
Il y'a aussi plusieurs "faux deuxièmes albums", cas assez pratique, puisque selon les opinions, on pourra les considérer comme premier ou comme deuxième, pratique donc si vous n'êtes pas d'accord avec moi. On parlait de Carl Barât, mais il se trouve qu'un autre ex-Libertines a sorti un 2ème album bien loin d'être mauvais, et surtout forcément meilleur que le premier, étant donné qu'il s'agissait en réalité d'une compilation destinée au marché japonais. John Hassall et Yeti ont fait très fort en réussissant à caser sur le même album une chanson qui donne envie d'aller danser en pagne à Hawaii, une autre qui emmène les Last Shadow Puppet en excursion dans le désert du Mexique, et en osant reprendre une des premières chansons des Libertines, le tout avec intro, interlude et outro plus ou moins débiles (une reprise du passage le plus célebre de l'Empire contre attaque avec des voix ridicules par exemple, et ce après avoir réalisé probablement le seul clip comprenant une référence à Dune à l'intérieur); sinon dans la catégorie "pensez en ce que vous voulez, de toute façon leur premier album n'en est pas vraiment un" il y'a Tokyo Police Club et Eugene McGuinness aux sujets desquels je ne m'étendrais pas (j'en aurais bien envie pour Eugene, mais je ne suis pas satisfait du début de message que j'ai à son sujet).
Et en France alors, là où on se cache quand on commence à parler musique, on pourra quand même remarquer le très bon 2ème album de Neimo. Le raté des Hushpuppies, mais ceux là de toute façon, depuis qu'ils ont écrit et renié CPPDCC (hiarrr, comprenne qui pourra), on a plus rien à attendre d'eux. Et puis si un artiste français a fait de gros progrès avec son 2ème album, c'est Didier Super, qui tout en étant servi par une production léchée, digne des plus grands artistes américains, réussit à signer un album encore plus subversif que le premier. On pourra uniquement lui reprocher son aspect bordélique, que l'on attribuera à l'influence de Sandinista! des Clash pour le côté "je pioche dedans ce que je veux". Véritablement l'album de la maturité.
Enfin, on conclura avec les ponctués Los Campesinos! sur lequel on dira à peu près la même chose que pour I'm From Barcelona en ajoutant qu'ils méritent d'être cités parce qu'ils ont sorti 2 albums cette année; et on terminera par Why?, personnellement mon groupe de l'année, mais au sujet desquels je ne m'étendrais pas puisque ce message est d'ores et déjà long et chiant.