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mardi 20 novembre 2012

REPONDS !

Alors histoire de repartir sur de bonnes bases, pour ma rentrée 2012-2013, j'avais encore commencé à accumuler un retard monstre dans mes reviews, sauf que finalement j'ai un gros tas de temps à tuer qui m'est tombé dessus plus ou moins sans prévenir, il est donc possible que tu aies droit à plus qu'un post-it concernant les concerts de ces 2 derniers mois.

Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir passé 3 mois et demi loin de mes bases, mais toujours est-il que cet article va continuer à te parler de musique française plus que je ne l'ai jamais fait.
Ouais, parce qu'en gros tu es en train de lire l'article qui était sensé marquer la reprise de la saison des concerts, mais un mois et demi après. Il faut savoir que le bilan des 2 premières journées était franco-français, même si les concerts qui ont suivi ont ramené l'ensemble de l'effectif (et pourquoi pas ?) sur des terrains plus connus.

C'était pas vraiment prévu, mais grâce à des places offertes par Voxpop, je me suis retrouvé le 13 octobre dernier, à aller voir Odezenne au Rockstore. Mis à part quelques clips regardés à la va-vite sur youtube, mes connaissances les concernant étaient inexistantes, tout juste je m'attendais à arriver dans un Rockstore relativement vide et avec beaucoup moins de casquettes qu'au concert de Sniper il y a un an.
J'avais pas totalement tort, le groupe a beau faire une musique très orientée hip hop, le public reste relativement proche de celui que l'on retrouve habituellement sur les concerts de rock indépendant, en plus déguisé et moins habitué (en témoigne ce jeune homme aux grosses lunettes qui est allé demander un cognac au bar du Rockstore). Cela dit, la salle est bien remplie.
L'organisation du groupe est assez surprenante : un guitariste/claviériste qui s'active, souvent dos à nous, sur de grosses machines placées à la verticale de manière à nous faire face, et qui occupe presque la moitié de la scène, un DJ et 2 MC. On retrouve l'honnêteté et l'énergie propre aux concerts rap que je décrivais toujours dans ma revue de Sniper, sauf que le groupe en est à sa première tournée, donc se donne vraiment sans compter dans un spectacle tout sauf calibré. À l'écoute, on peut reprocher au groupe une certaine facilité dans les textes, mais sur scène, leur fraîcheur balaie toute les critiques.

Moins d'une semaine plus tard, j'allais profiter de la fraîcheur d'un autre artiste : j'ai nommé Didier Super.
Dans un premier temps, les locaux de Iaross ont balayé tous les a priori négatifs que j'avais sur eux après la dernière fois que j'avais eu l'occasion de les voir en concert, toujours quelques passages qui semblent un peu prétentieux au niveau du texte, mais un contenu musical bien plus étoffé qui fait qu'on a beaucoup moins l'impression de devoir venir, s'asseoir et écouter, pour le coup c'est beaucoup plus proche de ce que j'attends d'un groupe.
Ensuite vint Dimoné, un autre artiste local dont je n'avais encore jamais entendu parler : le genre de type qui sait qu'il ne fera rien d'autre que des concerts en première parties dans des petites salles de la ville, mais que ça n’empêche pas de sur-développer son égo pour jouer une sorte de Freddy Mercury à la française. Ça pourrait s'avérer lourd à la longue mais sur un concert court assis dans des sièges de cinéma ça passe plutôt bien.
Enfin arrive Didier, la star de la soirée, qui ne semble pas plus affecté que ça de jouer après ces poètes. Il nous met tout de suite dans l'ambiance en accrochant sa guitare avec un rouleau de gros scotch. Là encore un show tout ce qu'il y a de plus honnête, des tentatives de chansons entrecoupés de sketchs d'un goût douteux et d'agressions d'enfants, de noirs, de mecs avec du gel, de photographes, ou encore de membres de son équipe technique. Il n'hésite pas non plus à pratiquer ouvertement le play-back dès lors qu'on tombe dans les tubes éternels qu'il en a marre de se voir réclamer à chaque fois tel l'énorme Y en a des biens. Cela dit il nous montrera toute l'ampleur de son engagement en terminant son concert dans la rue avec plusieurs inédits, il prendra tout de même la peine de préciser aux passants qu'ils n'ont pas le droit de rester écouter parce qu'ils n'ont pas payé. Le genre d'artiste trop rare dans notre pays !

dimanche 15 juillet 2012

Pas des chaussettes entre les deux oreilles

J'ai déjà eu l'occasion de te parler de Disiz, jamais encore avec un article entier, je comble donc ce manque avec celui d'aujourd'hui qui traitera de son dernier EP : Lucide, sorti fin mars, mais que j'avais loupé jusque là (en même temps c'est pas le genre de disque qui leake sur nodata, donc c'est plus dur à suivre).

Au programme, un retour aux sources avec à nouveau du rap. D'entrée, la reprise des vocalises de l'intro de J'pète les plombs nous cueille, comme une manière de montrer que si il est plus aujourd'hui un apatride musical, il fait tout de même partie de la "scène" rap française depuis une quinzaine d'année, et peu de rappeurs actifs à ses débuts peuvent se targuer de produire aujourd'hui une musique d'aussi bonne qualité.

Pourtant on était en droit de se dire que c'était pas gagné, comme il le dit dans Un frigo, un cœur et des couilles (et l'explicite dans cette interview), l'échec commercial du projet Peter Punk est une des raisons de ce retour au rap ; comme tout retour pour des raisons pécuniaires, des inquiétudes pouvaient pointer sur la qualité. 

Ici, que nenni.

En filigrane, on voit d'ailleurs facilement  que les motivations de son retour résident ailleurs : dans une France où Marine Le Pen fait 18% et où l'intolérance est devenu banale (voir les "messages d'amour qui feraient passer Hitler pour bisounours" lâchés sur des forum, yahoo au hasard, évoqués dans La Haine), il est effarant de voir qu'il n'y a plus à proprement parler ni de scène ne de public rap français : entre ceux concentrés sur un revival payant auprès d'un public qui ne s'intéresse pas/plus au message, les paroliers du "rap conscient" (appellation d'ailleurs rejetée Dans Un frigo ...) qui prêchent pour un petit cercle de convertis et ceux qui malgré la crise continuent à faire du bling-bling (Toussa Toussa cible assez clairement Booba). Pour résumer, l'enjeu de ce retour est exprimé dans Moïse avec le "je reprend ma place", d'ailleurs encore plus mis en valeur dans le clip, au cas où la version sans image ne nous aurait pas suffi. L'objectif est ici est d'éviter que l'avenir qu'il annonce à la France dans René, roman d'anticipation d'une France gouvernée par Marine Le Pen depuis 2017, ne devienne réalité.


Au programme donc 6 titres qui couvrent des thématiques assez larges et 2 featurings moins convaincants. Le tout avec une production et un flow toujours ultra-carrés, mais surtout une richesse musicale encore plus importante permise par la "pause" Peter Punk, que ce soit le final instrumental "fondu" de Moïse, le riff et les transitions couplet/refrains de Mon Amour ou la main de velours dans un gant de fer de J'ai la haine.
Du point de vue des textes, j'ai beau ne pas spécialement aimer m'étendre dessus mais il faut en souligner la finesse et la justesse, l'idéalisme à la naïveté assumée mais salvatrice, l'importance des questions soulevées, mais toujours cette ironie qu'on appréciera particulièrement sur Bête de bombe 5 ("Ma mère elle fait les meilleurs gâteaux du monde", ou comment s'imposer dans le rap game avant ses 10 ans).

Au fond, c'est cette ironie, qui nous permet de garder la tête froide malgré tout le poids que peut avoir le message. Nous aussi on reste Lucides.

dimanche 25 septembre 2011

Back to school



Cet article est un article de reprise, il aurait du paraitre il y a une semaine mais mes problèmes avec les fournisseurs internet m'en ont empêché. Ça devait être une sorte d'échauffement avant la reprise des concerts, qui commençait par un match amical jeudi dernier avant la première rencontre de la saison ce lundi, l'idée étant de réussir à être plus lisible que dans mon article sur la route du rock.

Pas vraiment de sujet, assez peu de contenu, mais au point de départ une actualité qui elle aussi commence à dater : la mort de DJ Medhi, honnêtement, j'en ai rien à carer des ses dernières production électro et je ne vais pas non plus écrire une nécrologie, je laisse ça à d'autres blogs, à MC Solaar et à Frédéric Mitterand.
Je vais juste parler de mon expérience avec le travail du monsieur, qui remonte à environ 10 ans et a refait surface avec le premier album du 113, qui fait partie de ma liste de disques que je regrette toujours d'avoir revendu pour des cacahuètes sur ebay.
Je me suis toujours plus ou moins demandé ce qui me plaisait dans le rap sans jamais réussir à trouver de réponse. Est-ce que c'était de l'esprit de contradiction ? est-ce que c'était parce qu'il s'agissait de la seule musique récente accessible à l'époque ou est-ce que c'était par véritable goût ?

Une chose est sure, une chanson comme Les Princes de la Ville sur l'album auto-intitulé me faisait fortement douter : tout le monde présentait le rap comme un style musical intéressant uniquement pour le texte, et je tenais une chanson dont la partie instrumentale m'accrochait bien plus, j'avais l'impression de n'avoir rien compris, mais aujourd'hui je me rend compte qu'à l'époque j'étais déjà dans le vrai.



Ce qui est fort c'est qu'au final l'actualité prolonge mes pensées du moment sur la musique : y en a ras-le-cul du garage, du lo-fi et des albums mal produits. RENDONS LE POUVOIR SUR LES DISQUES AUX PRODUCTEURS ! Il suffit d'écouter le dernier Dum Dum Girls à la suite du premier pour se rendre compte que le son "honnête" c'est de la daube, que l'honnêteté c'est d'enregistrer correctement son disque pour filer au public un quelque-chose qui lui fait des trucs, et pas un quelconque album abrupt.
À ce niveau là, je rejoins totalement le point de vue de Gonzales, qui est l'un des plus grands génies musicaux actuels, cumulant virtuosité instrumentale (je ne me suis toujours pas remis de son concert Solo Piano d'il y a 5 ans), érudition impressionnante et sens de la production hyper-pointu. Son dernier opus, The Unspeakable est un de mes disques de l'année : il y rappe comme un professeur, à des lieues des concours de vitesse pale kid rapping, mais là encore, le texte est secondaire, même si son ironie est hilarante; le disque se distingue particulièrement par ses instrumentaux ultra-pompeux mais pleinement assumés et surtout qui sonnent justes. Même si il n'aura pas l'exposition médiatique nécessaire pour faire des émules, The Unspeakable met une énorme claque au rap actuel, à l'image de ce "Party In My Mind", réponse déviante au mantra "I Got A Feeling" des Black Eyed Peas.

jeudi 16 juin 2011

Just cause we can't see the bars don't mean we aren't in prison


Il y a un paquet de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent parfaitement débiles, mais aucune n'est absolument mauvaise.

Des fois, tu dois beaucoup à la presse, c'était déjà un peu le cas pour Yuck, puisque sans Magic je n'aurais jamais su qui étaient les membres du groupe. De même sans Voxpop je ne me serais probablement jamais intéressé à Sound Of Rum.

Et ça aurait été sacrément dommage, car des albums de la trempe de Balance, ça ne court pas les boutiques.
Il enthousiasme de la première à la dernière note, Rumba est l'un des meilleurs albums-opener qu'il m'ait été donné d'entendre ces dernières années : il présente d'entrée la recette qui va nous combler sur 12 chansons : à savoir le flow super accrocheur de Kate Tempest, rapide mais sans tomber dans le ridicule du Pale Kid Rapping, où elle pourrait pourtant mettre une rouste à la plupart des concurrents; flow auquel s'ajoutent et la guitare d'Archie Marsh, qui tout au long de l'album montre que, malgré sa préférence pour le jazz, il peut jouer dans à peu près tous les registres, et la batterie de Ferry Laurenson, qui non content d'enterrer tous les samples imaginables, parvient à donner une fluidité remarquable et tout en roulements au son du groupe.

Ces 3 là ont l'habitude de jouer ensemble et ça s'entend. Pour tenter de te donner des éléments de comparaison je vais te parler de ma première journée au Sziget Festival il y a bientôt 2 ans :

C'était ce qu'on appelle le Day 0, à savoir, presque que des groupes locaux, et une grosse tête d'affiche, généralement surprise. Ouais, sauf que cette année là la tête d'affiche était remplacée par un concert 'Love Music, Hate Racism' qui rassemblait un certain nombre de musiciens britanniques, avec entre autres Drew McConnell, Lee Mavers et une pelletée de rappeurs dont je ne connais pas le nom.
Avant ça, il y avait un autre concert intitulé 'Miles In India' : l'ancien backing band de Miles Davis qui jouait avec quelques musiciens indiens qui avaient ramenés leurs instruments traditionnels. Ce qui impressionnait le plus, ce n'était pas les mélodies de sitar qui donnaient envie de chanter 'Within You And Without You', c'était la capacité qu'avaient les musiciens à improviser aussi longtemps sans en donner l'impression : sans entendre aucune pause ou changement, tu pouvais quand même voir que le rythme était différent à chaque fois que tu te concentrais dessus. Les musiciens avaient tellement l'habitude de jouer ensemble qu'ils se comprenaient instantanément sans un mot.
J'eus à peine le temps de me remettre de ce concert, puisque le 'Love Music' avait déjà commencé sur la grande scène, et qu'en tant que fan de Mongrel, je ne voulais pas en louper une miette sachant que la majorité des membres du groupe était présente, et puis si jamais Lee Mavers chantait 'There She Goes' je voulais voir ça aussi. Sauf qu'en fait le set se composait principalement de reprises de gros tubes rock, quand je suis arrivé, ils étaient en train de jouer 'White Riot', j'ai alors profité de l'agitation dans la foule due au titre pour lâcher mes potes qui mettaient trois plombes à bouger leur cul à chaque fois (que j'ai d'ailleurs retrouvés par un hasard le plus total 2h30 plus tard) et atteindre les premiers rangs (pour les premiers rangs, j'ai surtout dû beaucoup à mon sans-gène décuplé par l'association alcool-Clash période punk). Et la vue du concert à cette distance m'a permis de constater que l'énergie de titres, pourtant rock à la base, ce n'est pas de la présence d'un groupe rock derrière qu'elle venait, encore moins de celle de Lee Mavers qui faisait plus penser à une grand-mère à qui on aurait mal indiqué la localisation du club tricot, mais bien des quelques MC et beatboxers qui s'agitaient sur le devant de la scène.
Et j'en ai vu pas mal des groupes cette semaine là, mais à aucun moment je n'ai trouvé une harmonie entre les membres du niveau de celle du Miles Davis Band, ni une énergie comparable à celle du 'Love Music'.

Ce qui est beau, c'est qu'avec Sound Of Rum, on retrouve les 2 éléments que je viens de décrire : on pourrait parfois penser à une entité à 6 bras tant les instruments sont organisés, mais l'énergie déployée ne peut venir que d'un groupe aussi libéré musicalement.

Et puis l'album est à la fois diversifié et équilibré (et porte donc parfaitement son nom), l'interlude Balance, d'apparence assez légère est on ne peut plus éloigné de l'épique 'Prometheus' (oui, parce que le groupe fait aussi volontiers dans le mythologique : on retrouve aussi 'Icarus' sur l'album, à se demander si la véritable orthographe ne serait pas Sound Of Rome).
Best Intentions enchaîne à merveille arpèges de guitares lumineux qui pour un peu rappelleraient Johnny Marr et rythmiques denses portées par l'association voix-batterie.
En écoutant le disque tu auras aussi droit aux tubesques 'Slow Slow' ou 'End Times', au featuring on ne peut plus convaincant avec Polar Bear 'Concrete Pigeons', au quasi-punk 'Breakthrough'. Et à chaque fois avec des textes de qualité, même si c'est franchement pas évident à saisir si on est pas du cru : après pas mal d'écoute j'ai encore beaucoup de mal à comprendre ne serais-ce qu'un mot sur 2, mais au fond c'est même pas ça le plus important.

Un album qui amène une fois de plus à s’interroger sur l'injustice anglaise : alors que Mike Skinner a à peine annoncé la fin de The Streets, la relève est déjà plus que bien assurée (puisque les Sound Of Rum ne sont pas seuls), le jour où ça se passera aussi facilement chez nous ...

mardi 19 avril 2011

It's Just A Papercut



Après m'être cassé les dents pour pécho des disques au Record Store Day (ou plus exactement avoir laissé un bout de résine sur un chewing-gum en en revenant, mais ça faisait une bien moins bonne intro), sans même réussir à mettre la main sur Swallowing The Decibels des Yeasayer l'idée m'est venue de faire une sorte de top des 3 premiers mois de 2011, d'une part parce qu'il y a eu nombre de sorties énormes, d'autre part parce que comme d'hab j'ai pas pu parler de la moitié des disques dont j'aurais souhaité te toucher un mot.
Je le ferais sous la forme d'une compilation qui, mauvaise foi oblige se basera aussi bien sur la date de sortie physique du disque que sur celle du leak (et parfois même ni sur l'un ni sur l'autre), en fonction de ce qui m'arrange. De toute façon c'est surtout l'occasion de m'étendre sur certains albums sur lesquels je n'ai jamais écrit de chronique entière.

Je commence avec Erland & Carnival, des anglais dont le premier album fait pas mal penser aux Coral de Nightfreak & The Sons Of Becker, avec des claviers et des guitares qui sont tantôt sombres tantôt barrés, ce 'This Night' met assez bien en valeur la ressemblance.
Ensuite, 'Rolling In The Deep' d'Adele qui est tout simplement la chanson la plus efficace de ce début d'année, et puis, même si il n'est pas encore exclu que je te fasse l'éloge de Tomboy dans un article entier, je te met quand même 'Alsatian Darn', qui était déjà l'un des titres les plus magnifiques des 45 tours qui ont précédé l'album et qui est aussi l'un des (nombreux) grands moments de Tomboy.
Et comme j'aime bien les enchaînements improbables , je t'ai mis à la suite Fergus & Geronimo : des petits cousins des Black Lips, et Lykke Li qui non contente d'avoir sorti un très bon second album, s'était aussi attaquée au 'Will You Still Love Me Tomorrow' des Shirelles, déjà repris par les Zombies, Brian Ferry ou plus récemment Amy Winehouse, c'est dire si la barre était haute, pourtant sa version toute en fragilité ne manque pas de nous toucher elle aussi.



J'avais commencé une chronique de Gimme Some de Peter, Bjorn & John en disant qu'ils étaient un peu l'équivalent de Régis Chen (oui, dans Pokémon le mec où tu pouvais faire n'importe quoi, il était toujours devant toi) pour l'indie rock, en effet, avec des titres comme 'Dig A Little Deeper' ou '(Don't Let Them) Cool Off', ils font respectivement du Vampire Weekend ou du Blood Red Shoes mieux que les intéressés. Le groupe est tellement au sommet du point de vue technique et composition qu'on est incapables de leur reprocher leurs quelques emprunts (la basse de 'Eyes', c'est 'His Latest Flame' d'Elvis et le refrain de 'Down Like Me' c'est 'Into My Arms' de Nick Cave). Ce 'May Seem Macabre' quand à lui se base sur une guitare aux accents Math Rock portée par une section rythmique au top : un des nombreux indispensables de l'album donc.

Après je me suis dit que si je te mettais seulement 9 chansons, il fallait au moins que je t'en mette des longues, rassemblées, les 2 suivantes dépassent donc les 20 minutes : au programme, un groupe portugais dans une tentative réussie de 'Bohemian Rhapsody' Indie (je te promet que ça ne sera pas ce à quoi tu t'attends), et un poignant A 'Knock Upon The Door' interprété par l'excellent Cass McCombs; en tout cas 2 chansons qui même en flirtant avec les 10 minutes nous font nous dire "déjà ?!?" quand elles finissent.

Pour conclure, 'Can't Be Saved', la face B de Slow Slow, premier single des Sound Of Rum, groupe anglais qui joue un Spoken Word/Hip Hop avec des musiciens en chair et en os. Ce qui fait que la guitare contrebalance à merveille le flow de Kate Tempest, 'Slow Slow', dans un style totalement différent vaut aussi le détour, à vrai dire je me suis décidé entre les 2 titres à pile ou face, du coup je te met quand même le clip du perdant.



Et pour écouter tout ça c'est ici.


Irlhtd A Sélectionné Pour Vous (1er Trimestre 2011) by Heard on Mixcloud




Ou alors vu qu'il semblerait que je sois un des seuls à pouvoir l'écouter sur Mixcloud, tu peux essayer la version 8tracks ici.

lundi 3 mai 2010

Sometimes I Can't Find My Good Habit.


L'objectif du jour est de pousser l'art de la transition foireuse à son paroxysme, l'excuse pour y parvenir, ce sera 3 clips.

Je vais commencer par Surprise Hotel, de Fool's Gold, parce que je les ai découvert en concert il y a 2 semaines, ça fait un moment que j'avais entendu parler de leur disque en fait, mais jusque là je croyais que c'était une compilation de faces B des Stone Roses sortie pour le 20ème anniversaire du premier album du groupe avec un peu de retard...
Toujours est-il que quand j'ai appris qu'ils passaient en concert à Nantes et que celui-ci était gratuit pour les détenteurs de la carte Olympic (inutile ici de préciser que je suis détenteur de la carte Olympic), j'y suis allé, en ayant uniquement vu le clip qui suit. Comme tu peux le voir sur la photo d'au-dessus, c'était quand même vachement bien, au passage je te lance un défi "Où est Charlie", si tu arrives à me trouver sans aide sur la photo, tu gagnes un cadeau-surprise. Sinon, en résumé Fool's Gold, je recommande, autant en concert que sur album, et le clip est très bien aussi, ils ont donc tout pour plaire (ouais, sauf qu'ils vendent pas de vinyles à la sortie de leurs concerts, mais personne n'est parfait).





Ensuite je vais enchaîner avec Dans le Ventre du Crocodile de Peter Punk/Disiz. J'ai déjà évoqué ma période rap, et bien il se trouve qu'au début des années 2000, un des albums que j'écoutai le plus était justement Le Poisson Rouge, premier album du bonhomme qui s'appelait encore Disiz la Peste à l'époque, et toujours un très bon disque au demeurant, aujourd'hui je n'écoute presque plus vraiment de rap mais toujours un peu des fois quand même, ce qui tombe plutôt bien puisque lui ne fait plus vraiment de rap mais toujours un peu des fois quand même.
Son changement de style semble en surprendre certains mais c'est parce qu'ils n'avaient surement pas beaucoup écouté le premier album, plein d'auto-dérision et avec déjà, une mention d'Oasis, référence pas forcément évidente à assumer dans le milieu du rap français, sur ce titre, Disiz se contente d'évoquer Cobain et Hendrix. Derrière, l'album est mitigé, on y trouve du bon et du moins bon, mais ça vaut le coût de tenter.
Et le rapport avec Fool's Gold dans tout ça ? Hé bien il faut bien se concentrer, et aux alentours des 2 minutes, vous le verrez.





Pour terminer, j'ai pris un clip un peu plus vieux, puisque toute la dernière partie du clip montre des images d'un concert au Gibus, j'ai décidé de vous mettre une vidéo des Naast ...
Non, en fait je vais rester sur les gens déguisés en animaux qui courent, avec Who Could Win A Rabbit d'Animal Collective. C'est vrai que c'est aussi parce que ça va bien faire 3 ou 4 articles que je n'ai pas parlé d'eux, mais le clip reste très bon, et il me permet de toucher un mot de Oddsac, l'album visuel en collaboration avec Danny Perez, qui est aussi le monsieur qui a fait ce clip. À vrai dire je peux juste parler rapidement de la partie audio, c'est certes peu, mais ça écarte les inquiétudes que j'avais avec Fall Be Kind, ici rien à voir avec Merriweather Post Pavilion, si il fallait rapprocher ce qu'on entend à ce que le groupe a fait par le passé, ça serait éventuellement à des faces B un peu obscures comme Baby Day, et puis de toute façon avec la partie visuelle ça devrait être intéressant, maintenant faudrait juste qu'ils se décident à faire des projections par chez nous, au pire un DVD sort en Juillet mais quand même, quelques dates en France ça serait pas superflu.





J'aurais pu chercher encore d'autres transitions, mais après, ça risque de paraître vraiment tiré par les cheveux. Je tiens juste à dire aux Animal Collective si ils passent par là (ouais, je suis quelqu'un de réaliste) que la salle qu'ils peuvent voir en photo en haut de l'article est un ancien cinéma, et qu'en plus elle va fermer dans moins d'un an, donc une projection d'Oddsac là-bas, ça enverrait du bois.

jeudi 11 mars 2010

Some Kind Of Plastic I Could Wrap Around You



Comme je t'en avais déjà parlé dans mon article sur les bâtards qui sont pas foutus de jouer une chanson de leur album dans un festival hongrois alors que plus de la moitié du groupe est là. Je fais régulièrement des rechutes hip hop, mais en fait c'est pas de ça dont je vais te parler aujourd'hui, puisque je vais te parler de Portugal. The Man, cela dit, comme je trouve que le nom du groupe fait un peu hip hop (ouais, faut se l'imaginer en Porrrrtugal da Manzzz, c'est élégant et distingué), que leur album s'appelle American Ghetto, et qu'ils ont des rythmiques lourdes dans le bon sens du terme (du genre lourd comme les basses de Humbug plutôt que comme les boîtes à rythme de 2/3 des chansons des années 80), et bien je vais quand même les introduire en parlant hip hop, ça sera toujours mieux que "Bon, en fait le Portugal j'y ai jamais été, j'ai été en Espagne mais juste pour 20 minutes, et puis ...", introduction qui serait encore plus moisie que moisie, donc on va arrêter les frais.

Première indication, de grande importance, les Portugal. The Man ne viennent pas du Portugal mais de Portland, même nombre de lettres, ça commence pareil, mais l'un des deux lieux a tout de même beaucoup plus fait ses preuves en matière de bons groupes.

Seconde indication, puisque je suis quand même sensé causer musique à la base, comme je l'ai déjà évoqué, les rythmiques envoient du pâté, et s'alternent et se mélangent à merveille avec des chœurs plus lunaires, et tout un tas de choses jolies qui forment une sorte de tissu musical développé et complexe. Mais sans aller chercher la qualité dans le compliqué, une chanson comme Do What We Do, c'est juste beau, des titres comme The Dead Dog, ou encore l'enchaînement 60 Years/All My People/1000 Years (le groupe doit d'ailleurs verser des droits aux Tri Yann pour cet enchaînement, avoir mis 60 et 1000 Years sur un même album ayant été pris pour un plagiat de La Jument de Michaud), c'est juste diablement efficace pour te faire bouger le bassin tout en te faisant agiter le bras de haut en bas et de droite à gauche (je doute que tu visualises le mouvement, mais tant pis) sur le refrain, et ce particulièrement sur All My People. Un vrai bon disque quoi, en plus, je suis sur que toi aussi tu aimes la pochette.

Enfin, pour terminer, tout de même deux mots avec de vrais morceaux de hip hop dedans, je vais parler rapidement du dernier Gorillaz. Quand le "casting" a été annoncé il y a quelques mois, il y avait plus de quoi être inquiet qu'autre chose, on pouvait craindre d'être déçu, à ça n'aurait pas été la première déception du genre. Mais c'était sans compter sur le talent encore plus énorme que ce que l'on croyait de Damon Albarn, qui fait qu'au final le disque est excellent, très cohérent, et puis les featurings ne font jamais "de trop", en bref, le disque a tout pour lui, ce qui est une bonne raison de l'écouter en boucle et d'ignorer tout ce qui sort autour, mais jette quand même une oreille à Portugal. The Man, tu verras, ça la vaut.

mardi 7 avril 2009

It's Too Late For Peace And Love


Comme évoqué dans l'article précédent, je me suis mis à écouter de la musique plutôt indie et souvent rock sur le tard. Il y'eut de nombreuses années complètement chaotiques du point de vue musical auparavant, je commence comme tout le monde par écouter la même chose que mes parents, puis arrivé à l'âge où l'on décide de ne plus faire comme eux, et de choisir ce que l'on écoute, je me mettrais à écouter un peu tout ce qui marche, même pas volontairement, je me contente d'écouter la radio qui diffuse en direct les matchs de foot du FC Nantes ...
Mais l'époque n'est pas exactement à ça, à l'école, tout le monde écoute Skyrock, donc énervé d'entendre pour la 20ème fois une chanson qui m'insupporte, je finirais par tomber dedans pour 4 ans à écouter du rap, et quand je dis rap c'est un peu tout et n'importe quoi, le bon, le moins bon, le carrément indécent ... Enfin, toujours est-il que l'enchaînement de ces années à n'écouter que ça, peut être autant que la diffusion de plus en plus fréquente de titres R'n'B-gnognotte chiants, auront raison de mon goût (?) pour le rap. A partir de là, je vais enchaîner tous les styles au sein du rock en moins de 6mois-un an. Du "rock français à texte chiant" au "métal symphonique inconnu" en passant par le "rock sentimentalo-gnognotteux", avant que les Libertines m'écartent pour un temps de ces errances et qu'Animal Collective m'en éloigne définitivement.
Mais ici, c'est sur ma période rap que je veux m'étendre, ça m'a certes pris quelques années, mais je me suis remis à apprécier certaines de ces "errances" que j'avais reniées. Ça a commencé par Outkast et le Saïan Supa Crew, puis, encore plus récemment, j'en suis venu à regretter d'avoir vendu pour une bouchée de pain sur ebay une partie de ma collection de l'époque. J'ai donc ressorti mes vieilles, autant qu'invendables cassettes, et le pauvre baladeur qui va avec, et je me suis remis à écouter, et, peut être par pure nostalgie, peut être parce qu'une partie des enregistrements sont bons, à apprécier. Sauf qu'une des choses que l'on a oublié, depuis le temps qu'on a pas écouté de cassettes, c'est que quand le baladeur a consommé ses piles, le phrasé d'Eminem est ralenti au point de devenir complètement ridicule. Donc dans ces moments de dèche de batteries, je reviens en 2009, et j'écoute Mongrel.

Avec Mongrel, passé la première surprise d'entendre un album dans sa généralité Hip Hop, étonnant étant donnée la composition du groupe, on se rend vite compte qu'à l'image de sa pochette, il présente plusieurs visages. Au départ, on ne sait pas trop si cette pensée est influencée ou non par la composition du groupe, mais on a un peu l'impression avec Barcode d'entendre une chanson des Arctic Monkeys avec plus d'électronique, mais rapidement les couplets rappés prennent le dessus, et ce son Hip Hop plus dense, dominera le disque, bien qu'on y décèle une instrumentation à base de guitare basse et batterie bien plus classique en arrière plan. A vrai dire il n'y a que Alphabet Assassin sur laquelle, on a plus rien, ni de cette instrumentation, ni de ces refrains quelque peu lunaires que l'on trouve sur Hit From The Morning Sun, Lies ou bien All Your Ever Afters, refrains qui évoqueraient presque Gorillaz, si on était pas à 100 lieues de l'aspect "groupe vaguement gag, jouant autant sur l'imagerie que sur la musique". A la manière de la majorité des albums rap, et malheureusement d'une très faible minorité d'album plus rock, les intermèdes instrumentaux ne sont pas négligés avec Off The Leash et d'une certaine manière Better Than Heavy, le morceau qui part dans tous les sens à l'image de l'album (je sais, c'est hyper facile de dire que le morceau éponyme est à l'image de l'album). Enfin, le groupe sait aussi se faire bien plus hargneux, avec un Act Like That ou un Better Them Than Us, qui n'est pas sans rappeler le "nous contre eux" de certains de nos rappeurs hexagonaux, en même temps je trouve à ce morceau quelque chose de presque dansant, il y'aurait quasiment de quoi en faire un hymne.
On tient donc là un album qui, si on fait l'effort de rentrer dedans, est loin d'être le moins bon d'une année déjà très bien fournie (alors qu'on en est pas encore à la moitié).

Dans un monde idéal, plusieurs autres bons albums du groupe nous attendraient, les Arctic Monkeys s'arrêteraient et Alex Turner se consacrerait uniquement aux Last Shadow Puppets, les Babyshambles se sépareraient au profit d'une reformation des Libertines qui enverrait chier les gros chèques des festivals et le plan A pour revenir à l'esprit de leurs premières chansons, John Hassall reviendrait pour chanter Sister Sister et tout irait pour le mieux ...
Mais nous ne sommes pas dans le monde idéal, et les side projects qui durent sont les Raconteurs dont chaque album nous désole un peu plus quand on sait que Jack White peut faire bien mieux. Better Than Heavy restera donc probablement le seul album de Mongrel, ce qui semble une bonne raison de plus de ne pas passer à côté.