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mercredi 26 février 2014

They say that the world was built for two, ou comment je n'ai rien compris à Fauve

J'aime le débat, les choses qui ne font pas l'unanimité, et en général j'aime donner mon avis, tranché ou non (en général tranchant) sur le sujet, même si c'est rarement sur ce blog (à l'exception peut-être de mon article d'il y a deux ans sur la fermeture de Megaupload). Et si il y a un groupe qui fait débat et ne laisse pas indifférent ces derniers temps, c'est bien Fauve.

Ma découverte du groupe remonte à environ un an. Comme beaucoup, la première écoute des Nuits Fauves a déclenché une grosse curiosité, je n'avais pas mordu à l'hameçon pour d'autres avant eux qui avaient joué la carte de l'indépendance : pas de presse, pas de label, mais là, leurs références rap et foot m'avaient eues au moins temporairement, parce que si la musique intrigue très vite, elle lasse rapidement aussi.

Au moment de la sortie de l'EP, je prévoyais un article que je n'ai jamais écrit opposant deux aspects développés sur sa vingtaine de minutes. D'une part le groupe était un peu aux adolescents ce que Marc Lévy est aux ménagères : un contenu pas éblouissant et chargé de poncifs mais auquel on ne reproche rien parce qu'il les fait se sentir mieux (et avec le trou de la sécu, tout ce qui réduit le nombre de consultations de psychologues et la consommation d'anti-dépresseurs est bon à prendre). D'autre part, l'album se conjuguait vraiment au pluriel, avec un franc encouragement aux auditeurs : Osez !

J'avais des éléments de compréhension, mais au fond, il m'en manquait énormément, et ça, je l'ai constaté juste avant la sortie de l'album : j'ai fêté mon anniversaire que je partage avec ma cousine, de six ans ma cadette. On s'entend à merveille, mais force est de constater que ce n'est pas grâce à nos goûts communs en matière de musique : elle a assisté au concert des Jonas Brothers et m'a offert un poster de Justin Bieber, auquel elle reste fidèle malgré ses frasques, tout comme à Miley Cyrus. Du coup quand elle m'a dit qu'il fallait que je retrouve un boulot à Paris, et par extension, un logement là-bas d'ici mai, la dernière réponse que j'attendais à mon "Pourquoi ?" était bien entendu "Pour m'héberger pour le concert de Fauve".
D'un seul coup, ma sous-estimation complète de la portée du groupe éclatait au grand jour. Il faut bien avouer que j'avais déjà eu des surprises sur Facebook : ça ne me viendrait pas vraiment à l'esprit d'inviter mes différents amis fans du groupe à une même soirée.

En réalité, malgré une musique pas évidente d'accès et en décalage avec la pop aussi bien francophone qu'internationale, Fauve a une visibilité énorme qui leur permet de s'inscrire dans l'exception culturelle française mais avec une transversalité assez rare. Une chose est sûre : le fait que leur musique draine un public d'influences aussi diverses, tout en étant à ce point éloignée des conventions ne peut qu'annoncer du positif, et ce sans même parler d'apprécier les chansons.

Les chansons, parlons-en justement, il y a deux degrés d'écoute : au casque pour constater l'efficacité instrumentale, sans trop d'originalité mais avec des lignes de basse entêtantes. Ce premier degré est vraisemblablement assez peu privilégié face au second : l'écoute avec un système d'enceintes bien mais pas trop énorme, voir avec un portable, qui oblige à se concentrer sur le texte, et c'est là que ça se mitige, avec certains passages où l'on s'attend d'un moment à un autre à entendre le mot aware, tant ils font penser aux élucubrations de Jean-Claude Van Damme. Le côté "brut de décoffrage" du texte emprunté au fauvisme peut vite lasser, mais surtout, l'adhésion suppose d'accepter l'existence de certains concepts comme celui d'âme sœur, en filigrane sur une partie des morceaux. Il faut avoir choisi comme protection face à l'adversité, l'idéalisme qui ne censure pas mais incite à la passivité, plutôt que le cynisme qui pousse à ne compter que sur soi-même pour avancer. Car cet album exprime un idéalisme quasi-sectaire, et divise donc autant qu'il rassemble des gens que l'on n'imaginait pas rassembler.

Reste donc à voir ce que deviendra le groupe : parviendra-t-il à gérer un public aussi diversifié ? Et qu'est ce que deviendra ce public ? les portes s'ouvriront-t-elles pour ceux parmi eux qui créent, et oseront-ils les enfoncer ?

lundi 3 février 2014

Handle with care

J'ai toujours eu plein de bonnes excuses pour ne pas écrire d'articles j'en ai manqué pour cet énième article de retour.
Pourtant j'étais en recherche d'emploi, je manquais donc quelque peu d'excuses, et pourtant j'ai bougé un peu, j'ai revu les Sparks et Wire à Paris, j'ai vécu mon festival des Inrocks à la plus haute moyenne d'âge dans le public à Nantes et j'ai suivi Anna Calvi dans sa tournée des villes moisies en allant jusqu'à Angers (ville où, au passage je passe les premiers mois de 2014, et qui doit encore me convaincre de sa qualité culturelle, parce qu'une ville qui met des enceintes pour diffuser de la soupe dans son centre-ville, y a comme un problème ...). J'ai aussi pris de vraies vacances, pour la première fois depuis plus d'un an, ce qui va m'amener à la suite de l'article.

Car l'idée de cet article, c'est de parler, parmi toutes les soirées que j'ai vécues ces derniers mois, de celle où je me suis retrouvé quelque-part entre l'Europe de l'Est et Leipzig, à Berlin.
En tant que monomaniaque convaincu, je suis allé voir sur LastFM ce qu'il se passait, et l'occasion s'est présentée de rattraper mon passé avec les Wave Pictures, dans cette même ville.
En effet, si techniquement, j'avais déjà vu le groupe lors d'un festival magique ici même, dans les faits, le charme sombre des maturités estivales, associé à l'ambiance au top niveau de la night (ouais, j'associe Verlaine à Willy Denzey sans aucun scrupule) m'avaient amenés à boire un peu plus que de raison ce soir là, et avaient de ce fait pas mal limité mes souvenirs du concert. Revenir sur les lieux du crime pour revoir le groupe à plus de 50% de mes capacités, ça n'avait pas de prix (et puis, même au guichet c'était pas bien cher).



La première partie, sur laquelle je vais m'étendre, Skiing, est du cru, on sent d'ailleurs qu'ils ont des potes dans la salle, et la montée sur scène de ma voisine de fosse, que j'avais particulièrement soupçonnée (Susanna du groupe Brabrabra, pour la petite histoire), m'a confirmé la qualité de mon instinct en la matière.
On sent dans leur musique une assez importante influence Game Theory (ou alors c'est juste que ça m'a marqué puisque c'est aussi une de mes découvertes de ces derniers mois ...), autant dans la voix de fausset que dans le son de guitare. Mais ce qui marque c'est la recherche dans le jeu, terme qui doit ici être compris aussi bien dans son sens technique que ludique : on a parfois l'impression de voir des enfants se dire : "tiens, et si je fais ça, ça donne quoi ?", sauf que toutes ces expérimentations servent la musique sans divergences, tant elles s’inscrivent dans une composition de qualité.

De mes vagues souvenirs concernant le premier concert , je me souvenais quasi uniquement d'avoir chanté Spaghetti et Seagulls, sur l'album Long Black Cars. Ces souvenirs devaient au moins être de qualité, puisque le concert commence avec le dit Spaghetti, la suite fait regretter les souvenirs parcellaires : les titres de Long Black Cars fonctionnent tous à merveille, que ce soit Stay Here & Take Care of the Chickens, My Head Gets Screwed On Tighter Every Year (mon boulot en ce moment c'est de faire rentrer des articles dans une limite de caractères assez pesante, donc quand je peux sortir des titres de chanson à rallonge à côté, j'en profite !), ou encore Give Me A Second Chance, l'un des titres où le groupe lâche son arme secrète : le batteur chantant !
Même si les morceaux du dernier album sont un peu en deçà du reste, l'engagement total du groupe est partagé avec le public : les frissons montent au moment où toute la salle reprend en chœur le refrain de Strange Fruit For David.

Un concert qui laisse donc heureux, avec quelques regrets toutefois, parce que ça aurait même pu être la deuxième vague de souvenirs, donc retenez bien la leçon les enfants : même si l'ambiance s'y prête, consommez toujours avec modération !



dimanche 8 septembre 2013

Back to the Future : récidive

8 septembre 2005 :

Le titre Fireman qui a commencé leur concert de juillet dernier sur la place de la République à Paris et qui constitue également l'ouverture de Sequel to the Prequel ne peut laisser aucun doute : les Babyshambles sont de retour avec la furie et la foi.

Ce qui fait plaisir, c'est de voir que quelques mois après la fin des Libertines et après divers séjours en prison, Pete Doherty a réussi à faire les bons choix : proposer une énergie punk, mais sans sacrifier pour autant la production en proposant quelque-chose qui ne ferait pas vraiment justice au titre solo de Pete, comme la production de Mick Jones, parfaite pour la fougue des Libertines mais qui aurait pu nous laisser circonspects. On n'ose pas pour autant imaginer une production trop fine, qui en voulant trop complexifier le son perdrait les chansons pour donner un résultat trop linéaire et vraisemblablement ennuyeux.

Ainsi, l'énergie explose sur Fireman, précédemment cité, sur Maybelline ou encore Picture me in a Hospital, mais le passage à des morceaux plus calmes comme New Pair ou Penguins se fait assez bien.
D'autre part le groupe parvient aussi à aller chercher des influences autre part, plusieurs titres, Dr. No en tête de file vont piocher allégrement du côté du reggae, mais l'ensemble reste cohérent, car le groupe le fait à sa façon, là où on aurait pu s'attendre au pire connaissant un peu Pete : pourquoi pas tiens un ex-codétenu en featuring ?

Et puis il y a Cuckoo, morceau brillant qui parvient à faire un patchwork des différents éléments qui constituent l'album, et qui nous convainc si besoin était encore.

Cet album annonce donc un bel avenir à Pete Doherty et aux Babyshambles.





8 septembre 2013

Le titre Fuck Forever, qui a mis fin à la vingtaine de minutes du  concert de juillet dernier sur la place de la République à Paris ne peut laisser aucun doute : les Babyshambles n'ont plus grand chose à dire, et d'ailleurs ils nous emmerdent.

Ce qui fait plaisir, c'est de voir qu'on n'avait pas totalement raison en affirmant ça ce soir là.

 On ne va pas non plus se voiler la face : ce Sequel to the Prequel est très loin d'être à la hauteur de ce que l'on pourrait attendre du troisième albm d'un groupe dont le leader a presque 15 ans de carrière derrière lui.

Après, ce disque a le mérite de ne pas tomber dans les travers de ses prédécesseurs : on échappe à la production finie au pétard de Mick Jones sur Down in Albion, ou à la repentance fade de Shotter's Nation.
L'album est diversifié et plus direct, mais très franchement, pas grand chose de marquant à part la perle Cuckoo, le seul titre des Bumfest Demos de 2006 qui n'avait pas encore été porté sur album : une ballade lunaire mais lucide, qui prend des envolées toniques, le temps d'un interlude plein de guitares saccadées et de "oh yeah".

Et c'est à ça qu'il va falloir s'habituer avec Pete Doherty, Babyshambles, et même avec un hypothétique retour des Libertines : des albums mi-figue, mi-raisin avec un titre un peu au-dessus du lot de temps à autre.

Si j'ai envoyé cet album à mon alter-égo de 2005, c'était pour que quelqu'un puisse s'ébahir un peu dessus, parce qu'en tant que premier album, ce disque aurait annoncé de bonnes choses, en tant que troisième, il nous indique le standard auquel on pourra s'attendre dans les années à venir, et ça casse pas 3 pattes à un canard ...

dimanche 10 mars 2013

You'll never be 19 again


Dans ma dernière revue de concert, ce que j'évoquais, outre le fait que je n'aimais définitivement pas l'évolution de la carrière d'Eugene McGuinness, c'était aussi que parfois, on se dit qu'on ne voit pas forcément les concerts au bon moment : on aurait sûrement plus apprécié de voir tel groupe au moment de son premier album, ou encore on aime mieux les versions retravaillée de certaines chansons, qu'on n'a malheureusement pu voir qu'en vidéo.

Une solution efficace pour s'épargner ces éventuels regrets, c'est d'aller voir Pete Doherty. Ce que j'ai fait ce samedi, après quelques hésitations, c'est finalement le "OK, son album solo ne t'a absolument pas convaincu, mais pense au toi d'il y a 5 ans qui avait planifié un aller-retour Nantes-Paris pour aller le voir, mais qui avait été déçu de l'annulation. Et puis entre nous, hier soir tu as failli te faire renverser par une voiture, et casser la gueule 2 fois, c'est peut-être pas plus mal si tu t'éloignes un peu de Montpellier aujourd'hui" (oui, j'ai en général des pensées simples et claires).

Comme j'aime bien parler salles, je vais commencer avec Paloma, puisque pour le coup c'était la chose la plus récente de la soirée. Sa disposition est un peu surprenante puisqu'elle paraît plus large que longue. Le son était relativement moyen, je ne sais pas si c'était du à un travail passable des ingé son ou à du matériel de piètre qualité (on pouvait entendre les amplis siffler entre les chansons), cela dit l'ambiance est chaleureuse, et donne envie de rester pour un peu plus longtemps que le concert puisqu'on peut manger et le bar extérieur séparé de la salle n'est pas sans rappeler le concept du "bar du bas" du toujours regretté Olympic.

Une fois n'est pas coutume je passerais en vitesse sur l’embarrassante première partie : The Circles. Pas très originaux, pas assez concis dans leurs compositions et pas du tout à l'aise.

L'installation scène de Pete Doherty est impressionnante : un micro, une guitare, deux amplis ... deux bouteilles de vin rouge et quatre canettes de bière.
Premier fait marquant. Il ne fait pas vraiment ses 33 ans, il a encore la même tête qu'au début des années 2000, et les mêmes chansons aussi, puisqu'il commence avec What A Waster, en fait, le concert est plutôt bien adapté pour quiconque n'a pas trop suivi l'actualité du bonhomme depuis disons ... 5 ou 6 ans, il faut attendre le sixième titre du set pour entendre une chanson écrite il y a moins de 10 ans, qui sera d'ailleurs le seul nouveau titre qu'on entendra, le second plus récent étant A Fool There Was (qui remonte tout de même à 2007).
Apport notable à noter toutefois, la violoniste à l'air prépubère dont le jeu apporte beaucoup, autant sur les titres ou il est évident (Music When The Lights Go Out) que sur ceux où on l'attend beaucoup moins (Fuck Forever). Deux danseuses interviennent aussi sur For Lovers et Last of the English Roses, qui permet de voir que le public du gars a changé, puisqu'il réagit plus sur ce morceau qu'à Time for Heroes ou Can't Stand Me Now.

Au final malgré les 2-3 problèmes de son évoqués, on passe un bon moment, mais il est tout de même extrêmement dommage qu'il n'y ait presque aucune volonté de nous présenter du nouveau, surtout venant d'un type dont des concerts ou des sessions truffés d'inédits apparaissaient encore régulièrement sur la toile il n'y a pas si longtemps. Là, on a l'impression de voir un artiste retraité, qui ne s'aventure pas à jouer autre chose que ses anciens succès : bien triste pour quelqu'un qui aura 34 ans dans 2 jours.

lundi 7 janvier 2013

If your heart is broken





Aujourd'hui je suis venu écrire mon premier article de 2013, pas pour dire que je m'en vais comme le font certains en ce moment, il est vrai que l'idée m'a parfois plus qu'effleuré ces derniers temps, tant la blogosphère est devenue moribonde et suscite peu d'intérêt (c'est en ce moment que je m'investis le plus dans mes articles mais mon nombre de visites n'a jamais été aussi bas).

Non, en 2013 je resterais, probablement avec encore moins d'articles, vu que je suis actuellement sur le point de terminer mes études et m’apprête à entrer dans ce qu'on appelle la vie active, je t'avouerais qu'il y a plus rassurant et que, même si sans un minimum d'inconfort je suis incapable d'écrire des articles, je n'ai aucune idée ce qu'il en adviendra dans le monde du travail.
L'autre raison c'est que plus le temps passe, et plus j'ai davantage envie de vivre la musique que d'en parler. Désormais, je joue plus facilement une chanson que j'écris un article dessus, du coup je cherche à voir si j'arriverais à parler d'autre chose.

Enfin, assez parlé de moi, ce qui me sort aujourd'hui de mon mutisme, c'est l'album de Christopher Owens.
J'avais parlé de Girls dans des lignes autres que celles-ci et j'étais déjà frappé par la simplicité de l'expression musicale du personnage, ses textes sont à la fois immédiats et développés et sa musique transmet à elle seule le sentiment des chansons (et j'ose espérer que si je me sens concerné par ce qu'il dit, ce n'est pas seulement parce que je rentre dans la catégorie osseux aux cheveux sales de Honey Bunny).

Cet album solo qui débarque après son abasourdissant départ du groupe qu'il avait lui-même fondé était l'un de mes disques les plus attendus de ce début d'année. Le thème et Here We Go m'avaient déjà mis l'eau à la bouche. Cette simplicité apparente touchait une fois de plus.
Car ce thème, c'est juste quelques accords simples, le genre de chose que l'on devrait trouver rapidement irritant après quelques répétitions, et pourtant, chacune de ses nombreuses apparitions tout au long des chansons est enthousiasmante. L'album pourrait se passer d'un fil conducteur, mais le thème en remplit quand même le rôle, comme ça à première vue, le seul album relativement récent que je vois utiliser ce genre de procédés, c'est Speakerboxxx de Outkast, rien à voir donc, non, si cette utilisation du thème m'amène à une référence, elle est ancienne et cinématographique, c'est le leaning on the everlasting arms de Harry Powell/Robert Mitchum dans The Night of the Hunter qui nous maintient à lui seul dans le film, car ne plus l'entendre c'est perdre le personnage central et le sens même du film. J'avais trouvé cet aspect parfaitement bien retranscrit par Pierre Fablet et son groupe, The Night of the Hunter Project, vus en première partie de A Silver Mt. Zion il y a quelques années, qui réinterprétait instrumentalement ce film, là encore ce sont les retours réguliers des leanings qui étaient les moments les plus forts. Christopher Owens parvient à reproduire cet effet sans se baser sur rien, admirable.

Derrière cette répétition de quelques notes, le disque est à cent lieues de se répéter, sur seulement 28 minutes il me donne l'impression d'un Sandinista! de poche, ça fait plusieurs fois que je te parle de cet album, mais c'est parce qu'il constitue pour moi l'un des plus aboutis artistiquement du siècle dernier, à un point tel que je l'aimais avant de l'avoir entendu, rien qu'en entendant parler du concept, mais je ne vais pas m'étendre sur mon amour pour les Clash, j'ai déjà commencé un article sur le sujet (et d'une certaine manière sur pourquoi j'aime la musique) après avoir lu celui-ci.

On pourrait tenter de résumer ce disque à un quart de Sandinista! polarisé par Riviera Rock, instrumental assez anodin aux premières écoutes, mais dont la position centrale prend tout son sens par la suite, il apporte un désordre sans lequel la seconde partie, instrumentalement moins chargée ne se tiendrait pas, l'alternance de richesse et de sobriété instrumentale donne une fluidité à l'album qui était la seule chose qui manquait à Sandinista!. Love Is In The Hear Of The Listener et Everywhere You Knew s'appuient sur le titre Lysandre tout en lui permettant d'exister. Et c'est cette fluidité encore qui permet à l'album de se terminer sur un définitif et déprimant "that part of me is gone" sans couper l'envie de le réécouter.

Pour faire court, on est le 6 Janvier et, même si au final je ne fais jamais de listes, j'ai déjà un disque dans mon top de fin d'année.

samedi 13 octobre 2012

Tout ce que je fais est kaléidoscope

Histoire de rester dans le joyeux de l'article précédent, je suis venu te parler des Pirouettes, que j'avais découverts à Berlin lors du festival Down By The River et qui avaient fait une forte impression. Malgré la durée assez courte de leur concert (quand ils avaient annoncé leur dernière chanson, le speaker leur avait annoncé "mais non, vous pouvez encore en jouer 3") et l'aspect relativement loisir d'un groupe qui semblait parfois plus faire mumuse avec des bruits électroniques, on se sentait tout de même bien intégrés à la fête.

Le couple a sorti son premier EP le 8 octobre dernier, 4 chansons, de la guimauve et du cliché à rabord, peut-être, mais j'ai quand même envie de demander "et alors ? ça t'embête ?".
Le matin l'été indien est prévisible à souhait : des centaines de chansons françaises ont déjà été écrites sur des histoires d'amour naissantes, avec à chaque fois les même ficelles, là il y a plus d’électronique, ça sonne plus 2012, en gros c'est pas nouveau mais c'est chouette.
Le groupe nous parle encore d'amour sur Danser dans les boîtes de nuit, le titre le plus surprenant des 4 (avec du sample de Star Wars dedans), et surtout avec Hortensia Summer, ici c'est celui de nos étés adolescents, où l'on boit trop tous les soirs, on parle à n'importe qui et on rentre tard en ruminant ses pensées. Et puis il y a cette subtilité du groupe, qui utilise la consonance Summer/se meure(nt), mais se contente d'en faire une ligne de texte, là où d'autres (Julien Doré pour ne pas citer d'exemples) en font toute une chansonette.

Enfin, moi c'est surtout Autoroute/Opéra que je trouve frais et délicat à souhait, même si on se doute que le texte tiens plus de la vision romantique imaginaire de Paris que de l'expérience réelle : les 2 jeunes gens sont à peine majeurs et parlent de conduire dans une ville dans laquelle au moins l'un des 2 n'a pas du passer tant d'années. Mais au fond c'est sucré, ça sonne, ça va même jusqu'à nous rajeunir, et ça reste en tête.

Cet EP est un remède plein de vitalité à tous les maux possibles de ce début d'automne, avec lui, finis le cœur malade et le nez bouché, tu écoutes ces 4 chansons toutes douces et tu retournes conter fleurette !

mardi 7 août 2012

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Alors à la base c'était un article qui devait paraître la semaine dernière, mais la fatigue du type qui meurt dès qu'il fait plus de 20°C (mais qui vit à Montpellier, cherche l'erreur) et la soirée guet-apens qui m'a été tendue samedi ont contrarié mes plans.

L'idée était donc de faire un récapitulatif de la semaine dernière, puisque tout le monde s'était passé le mot "hé vas-y, on sort tous de nouvelles chansons qui déchirent la même semaine".

Je commence sans surprise par Today's Supernatural d'Animal Collective, en écoute lors de la première transmission de la fréquence diplopode, le titre était l'un des plus entrainants de la série de concerts de 2011, je lui prédisait un avenir de "single raté", c'est à dire de titre super-efficace mais qui va trop vite pour que les gens puissent comprendre les paroles, à l'instar de Brother Sport, que les foules boudent souvent pour Summertime Clothes ou My Girls. Pour Today's Supernatural je l'imagine bien dans ce même rôle face à Mercury Man.
En ce qui concerne le titre en lui même, comme pour Honeycomb/Gotham, la prouesse de garder l'énergie live est réussie avec brio. En plus de ça, il y a un très gros travail de production qui fait sonner la voix d'Avey Tare comme jamais on ne l'avais entendue, il découle une très grosse puissance sonore de ce morceau, mais puissance contrebalancée avec tous les sons plus en arrière plan, qui agisse inconsciemment pour soulager l'oreille aux premières écoutes, et qu'on fini par adorer après un  peu plus de temps.


Les Dum Dum Girls nous ont aussi gratifiés d'un nouveau morceau exactement de la même longueur, dans la veine de leur excellent second opus, avec un son propre et carré, sur lequel Dee Dee pose des mots que l'on imagine sortis d'une bouche faisant la moue au début, mais qui se libèrent peu à peu à l'instar d'une confession, et puis les chœurs arrivent, mais on reste dans la justesse.

 

Deerhoof est un groupe qui a tout de même pas mal de bouteille, bientôt 20 ans d'existence et 11 albums, à chaque fois on retrouve la patte du groupe : une musique totalement désordonnée et la voix quelque peu atone de Satomi Matsuzaki, mais avec malgré tout un aspect qui nous surprend à chaque fois, ici ça pourrait être l'instrumental sur lequel on danserait volontiers la salsa.


Pour rester dans le groupe avec de la bouteille et plein d'albums, Calexico. Je les associe personnellement à leur performance à Sziget qui m'avait émue presque aux larmes, notamment avec leur magnifique reprise de Alone Again Or de Love, et avec cette musique profondément cliché, mais qui nous emmène magnifiquement dans des déserts au ciel étoilé quand on ferme les yeux lors de leurs concerts. Rien que pour ça j'étais décidé à louper le festival des Inrocks à Nantes une première fois depuis 2006 pour les voir à Montpellier, ce Splitter m'en convainc encore plus tellement on y trouve tout ce qui rend la musique de Calexico si particulière.


Sinon les Yeasayer ont mis leur album en stream, sauf qu'ils se sont amusés à faire ça avec des vidéos qu'ils ont supprimé après un certain temps. Pourquoi pas, sauf que du coup je n'ai pas pu les voir, puisque, sans blague de mauvais goût, les allemands sont tout de même un peu nazis en ce qui concerne la musique sur internet, et n'autorise donc que les contenus dont les droits musicaux ont été accordés par la GEMA (l'équivalent allemand de la SACEM), du coup je n'ai pas vu ces vidéos et je comptais te faire profiter de mon aigreur en déclarant que toi non plus tu ne les verrais pas parce que c'était trop tard et que tu devrais attendre le leak ... qui est arrivé il y a quelques jours. Je ne l'ai pas encore beaucoup écouté (faut dire qu'il y a pas mal de choses à côté) mais jusque là c'est un album dans le direct prolongement de Odd Blood musicalement (et va toujours plus loin dans la laideur des pochettes), mais en beaucoup plus plat et oubliable, mis à part Henrietta pas de titres vraiment marquants.

ICI

Et puis y a un nouveau Grizzly Bear mais j'en ai marre d'être le seul à pas accrocher à chaque fois donc je l'ai pas écouté.

Normalement après ça je me remets à poster un article tous les 15 mois, rassure-toi.

jeudi 24 mars 2011

Territorial Pissing


À moins que tu aies encore une connexion 56k, que tu sois atteint d'une pathologie rare de la vue t'empêchant de voir autre chose que des textes, ou plus simplement, que tu me lises via Paperblog ou facebook; le changement de template de ce blog (si tant est que l'on puisse considérer que la version précédente disposait d'un template), une fois encore à base de mauvais jeux de mots et de photomontages foireux (ou l'inverse) ne t'auras pas échappé.


Sinon je venais chroniquer mon troisième concert au Rockstore en l'espace d'une semaine, à savoir Déportivo mercredi soir.

La première partie était assurée par The Neighborhood, dont la musique n'a rien de vraiment désagréable, mais rien de franchement intéressant non plus, cela dit leur motivation fait qu'on ne s'emmerde qu'à moitié : ils ont l'air vraiment heureux d'être là, peut-être même trop pour leur chanteur, vu qu'on a parfois du mal à comprendre ce qu'il veut nous dire entre les chansons. Après, le groupe peut tout de même avoir un avenir : ils mettent une mini-jupe à leur bassiste et ils perceront, méthode testée et approuvée par The Subways.


Les Déportivo, comme je te le disais il y a peu, ça commence à être une longue histoire, en concert aussi puisque je les voyais pour la quatrième fois, mais pour la seconde fois seulement sur un concert en tête d'affiche. La dernière fois c'était en 2008, ce jour là, j'avais vécu avec eux quelque chose comme ma huitième heure de concert de la journée, étant donné que j'avais passé mon après-midi déguisé en Merlin l'Enchanteur à la fête de mon lycée. Je te fais un aparté sur celui-ci qui devrait te faire entrevoir où je veux en venir.



Ouvert en septembre 1989, le lycée Nicolas Appert d'Orvault (44) se distingue par sa longueur (450m) rendant le passage du restaurant au salle de sciences étape majeure de la digestion ou encore par sa légendaire rivalité hôteliers/industriels.
Mais par dessus tout, ce qui fait la particularité de ce lycée, c'est l'hommage qu'ont voulu rendre les architectes à l'inventeur de la boîte de conserve : par un ingénieux système de toiles tendues (aussi utilisées au
Zénith de Paris), ils sont parvenus à créer le "son coupole", "coupole" étant le nom couramment utilisé pour désigner la rotonde au centre du bâtiment, centre névralgique du lycée où furent organisées de 2005 à 2008 4 fêtes du lycée qui se rendirent célèbres, moins par leurs programmations que par ce son unique : imaginez une démocratisation de la musique poussée à l'extrême où toutes les voix seraient placées au même niveau : celui du non-audible, et où il n'y aurait pas besoin d'être un virtuose de la guitare pour sonner comme le virtuose qui jouait juste avant. Ce rêve, le "son coupole" en a fait une réalité.
L'organisation d'un tremplin rock est sur le point de faire revenir le lycée à ses premiers amours. L'adaptation à ce son coupole sera en même temps un challenge pour les jeunes groupes et pour le public qui devra réussir à distinguer la voix et la guitare derrière ce mur du son
spectorien.

Ce qu'il y a à retenir de tout ça c'est que : a) un jour il faudra que j'arrête de raconter n'importe quoi b) des concerts avec un son pourri, j'en ai fait un certain nombre c) si la dernière fois que j'ai vu Déportivo, j'aurais pu apprécier à peu près n'importe quelle son vu l'après-midi que j'avais passé, mais là, l'écoute de mon double vinyle de Louder Than Bombs avant de partir ne m'avais vraiment pas préparé au son atroce dont nous a gratifié le groupe : sans déconner, on fait des frappes aériennes en Libye mais avant ça il aurait fallu régler certains problèmes intérieurs, comme ce réglage totalement criminel du son du Rockstore.

Comprenons-nous bien, j'apprécie beaucoup le dernier disque du groupe, et par ailleurs, j'ai toujours été sensible aux lignes de basse de leurs chansons, mais de là à apprécier un concert où l'on entend UNIQUEMENT la basse jouée au médiator (je ne fais pas partie des puristes-casses-couilles de la basse jouée au doigt, mais là, le jeu au médiator n'était pas adapté tant la basse n'avait pas besoin de sonner plus agressive). C'était tout simplement ATROCE. Si l'on ajoute à ça une voix inaudible et une batterie qui ne semble pas en phase avec la musique, car on ne peut pas l'écouter sans l'isoler mentalement; on obtient un concert où même en connaissant bien les chansons, les reconnaître tient de l'exploit.
Un seul instant pour souffler : le rappel avec un 'Pistolet à eau' joué en acoustique, là je me dis "oh, c'est presque dommage, sur ce titre y a aussi un clavier sympa et une bonne ligne de ... ah oui c'est vrai merde", et le pire dans tout ça c'est qu'ils ne jouent même pas leur reprise de Guns Of Brixton pour exploiter le réglage.

En bref, les Déportivo sont d'abord un groupe live, mais avec des concerts qui s'apparentent à des crimes contre la sonorité, on peut commencer à avoir des doutes.



Et sinon je termine par une photo kikoo, juste parce que j'ai pas envie que tu termines cet article avec dans la tête une photo de mon ancien lycée et les mots "crimes contre la sonorité". Et puis comme c'est la set-liste de Richard le bassiste, on peut considérer que c'est la seule set-liste du concert : les autres ils pouvaient ne pas savoir quelle chanson jouer ça changeait rien, on les entendait pas.

mardi 15 mars 2011

Angles morts ou Angles d'attaque ?


cette image est en même temps la meilleure explication à la pochette d'Angles et le pire photomontage au monde


Aujourd'hui lecteur, je vais t'expliquer pourquoi ce nouveau Strokes est l'album le plus réussi de l'année, pourquoi il va très certainement le rester, mais aussi pourquoi il était condamné à l'être.


Je vais commencer par te donner brièvement mon avis sur le disque, honnêtement, à l'image de ma précédente chronique, je m'attendais à ce que la mauvaise digestion des albums solos conduise à un album bordélique et d'assez mauvais goût.
En fait les Strokes ont bel et bien sorti leur Sandinista! comme à moitié annoncé ici, sauf qu'eux se sont accordés la pause que les Clash ne se sont jamais permis (ce qui conduisit à la fin du groupe) et sortent par conséquent un album un peu plus convenu et beaucoup plus compact.
Mais vu que j'adore ça quand un groupe s'égare un peu, je suis forcé d'avouer que ce disque est bien au dessus de mes espérances.

Les choses avaient pourtant mal commencées avec 'Under Cover Of Darkness', sur lequel les Strokes semblaient refuser le fait que Is This It?, ça remonte à 10 ans maintenant.
Et surtout, il y avait la voix de Julian.
On entend beaucoup parler du décalage entre musique et voix sur le disque dû aux compositions et enregistrements séparés des 2 parties. En réalité, il y a bien un décalage, mais celui-ci tient plutôt au fait que, si l'évolution du jeu des différents membres est plus difficilement décelable, celle de la voix de Julian saute aux oreilles : Julian n'est a priori plus capable de crier et pousser sa voix autant qu'avant, ce qui est tout à fait compréhensible si on réécoute des chansons comme Last Nite ou Juicebox, même avec un bon échauffement à chaque fois, on ne garde pas sa voix intacte quand on chante de telles chansons en tournée pendant plusieurs années, et si on rajoute à ça une consommation d'alcool pas toujours raisonnable semble-t-il, on finirait presque par penser que la voix de Julian aujourd'hui tient tout de même du miracle.


J'en viens donc à l'album en lui-même et à ma réponse à la question.

Comme je l'ai dit, ce disque est le Sandinista! du groupe, ce qui signifie qu'aujourd'hui, une moitié des auditeurs va l'apprécier tandis que l'autre le vomira, qu'il en sera de même pour la critique et que dans 30 ans, on continuera à voir des divisions sur cet album.

Et c'est là que réside toute la force d'Angles : il crée le débat et ouvre la porte à d'autres groupes, dans le sens où une évolution de la part de groupes qui en sont au 3ème ou 4ème album sera mieux admise maintenant.
Et au final, ce qui a toujours fait la force des albums des Strokes, c'est bien plus leurs impacts que leurs qualité musicale, pour preuve, First Impressions Of Earth, seul album faisant exception à cette règle est aujourd'hui le plus critiqué. Is This It? est certes un bon disque, mais aurait-il réellement eu sa place dans le haut des classements des meilleurs albums des années 2000 si il n'était pas arrivé au bon moment en traçant la route à bon nombre de groupes ? Personnellement j'en ai toujours très fortement douté.

Angles crée des réactions extrêmes, mais cela tient plus à sa très forte demande. Aucun groupe de rock autre que les Strokes ne peut aujourd'hui susciter une telle attente : tous les autres sont soit trop vieux pour susciter l'excitation, soit trop anonymes (il y a bien les Libertines qui pourraient rivaliser du point de vue attente, mais un nouveau disque ne semble pas sur les tables).
Cet album était le plus attendu de 2011, et l'encre qu'il avait fait couler avant l'année commencée, dépasse déjà celle que feront couler la majorité des disques de cette année. Il était donc condamné à décevoir.

On tient un disque qui soulève des tonnes de questions, et c'était véritablement ça qu'il fallait attendre d'un album des Strokes 5 ans après First Impressions Of Earth. Une bonne partie du disque consiste en des enchaînements qui sonnent comme des "Et là ? tu m'aimes encore ?" avec 'Taken For A Fool', titre auquel on pouvait le plus s'attendre mais qui suit 'You're So Right', qui n'aurait pas tranché sur un album des These New Puritans; ou encore le pompeux à l'excès 'Metabolism' qui s'enchaîne avec le très posé 'Life Is Simple In The Moonlight', qui exprime peut-être l'envie d'un monde plus simple où les gens comprendraient que si ils veulent entendre la même chose que sur les anciens albums, ils n'ont qu'à continuer à les écouter plutôt que critiquer les nouveaux.


Cet album est une réussite, avant tout parce que, qu'on l'apprécie ou pas, il marque, mais au final, est-ce que la musique du groupe a vraiment de l'importance dans ce processus ?

lundi 21 février 2011

So if you have 15 minutes to spare.


L'article du jour devait être à la base une chronique assez courte de He Gets Me High, dernier EP des Dum Dum Girls, mais en fait, son écriture a complétement dérapé, ce qui fait qu'au final j'ai juste écrit un article trop long de plus et je m'en excuse.
Au pire si tu veux juste lire une chronique du EP, arrête toi à la fin du premier paragraphe (t'auras que 3 chansons sur 4 par contre).

Honnêtement, les Dum Dum Girls, la première fois que je les ai entendues, j'ai fait "bon OK, ça passe, mais Hey Sis ça fait quand même très resucée des Raveonettes". Je n'avais pas non plus été spécialement marqué par l'album.
Par contre ce dernier EP a vraiment le truc en plus. La production (Raveonettes inside là encore, puisque c'est Sune Rose Wagner qui produit) rend vraiment cet EP intéressant, on a plus vraiment l'impression d'entendre le même groupe que sur I Will Be, particulièrement au niveau de la voix.
En fait tous les morceaux sonnent comme des classiques, mais des classiques qui auraient été suffisamment remis au goût du jour par le groupe, puis suffisamment dopés au niveau instrumentation et voix dans un second temps, le tout nous emmène au final beaucoup plus loin qu'un "Bhang Bhang, I'm A Burnout", assez quelconque en comparaison. Les "I wonder if it's right" de Wrong Feels Right résonnent parfaitement avec les "He gets me high" sur la chanson suivante. Et puis on imagine tout à fait Take Care Of My Baby comme une reprise d'un standard soul un peu oublié mais néanmoins magnifique.

Et puis il y a la vraie reprise avec There Is A Light That Would Never Goes Out, si un jour je rencontre un gosse qui me fait "Hé, dis, c'est quoi une bonne reprise ?" (ce qui est assez peu probable si on considère que le dernier gosse avec qui j'aurais pu engager une conversation était plus intéressé par son sabre laser en plastique que par la conférence de Philippe Manœuvre qui se déroulait pendant ce temps). Je lui répondrais que tu vois petit, une bonne reprise, c'est d'abord une bonne chanson, d'accord, si tu demandes à d'autres gens, ils te diront qu'il y a de bonnes reprises de mauvaises chansons, mais dans ce cas c'est soit que les chansons reprises n'étaient pas réellement mauvaises à l'origine, soit c'est juste une reprise intéressante mais pas une bonne reprise.
Avant de m'auto-interrompre pour parer d'avance aux détracteurs, je te disais donc qu'il fallait avant tout une bonne chanson pour faire une bonne reprise, mais ne vas pas t'imaginer pour autant que si tu débarques avec tes amis et que vous chantez une bonne chanson vous allez forcément faire une bonne reprise "..." quoi ? tu me dis que t'as été chercher 2-3 potes, que vous avez mis des Tshirts bleus et verts, et que pour pas vous emmerder à chercher une bonne chanson vous avez juste pris la meilleure chanson de 2010 selon Pitchfork "..." OK, je me tais, j'écoute et on en reparle.


... bon ça me fait mal de te l'avouer mais sur ce coup là tu marques un point petit, enfin, j'étais donc en train de te faire un exposé passionnant sur "..." non c'est pas parce que t'as marqué un point que tu as le droit de me couper la parole pour faire des remarques, je te faisais donc un exposé si ce n'est passionnant, néanmoins intéressant sur "C'est quoi une bonne reprise ?" donc plutôt que tergiverser je vais prendre un exemple : tu vois les Smiths ? oui, ce groupe avec un chanteur un peu bizarre qui se balade avec des branches qui sortent de l'arrière de son pantalon dans ses clips. Donc ce groupe a été pas mal repris, parfois bien, parfois moins. Par exemple quand Jeff Buckley reprend I Know It's Over, c'est beau, c'est même très beau, mais on peut lui reprocher (enfin, on pourrait si il n'était pas mort) d'être resté un peu trop proche de l'original, alors qu'au contraire, si tu prend Some Girls Are Bigger Than Others de Supergrass, tu vois plus du tout le rapport avec les Smiths vu que la chanson est juste jouée 2 fois plus vite.

Mais quand tu écoutes There Is A Light par les Dum Dum Girls, là tu te rends compte que c'est juste parfait, on sent bien que les demoiselles ont déposé leur patte sur la chanson, mais l'esprit de l'original reste entier. Ce qui est magnifique, c'est qu'une bonne reprise, ça peut même rendre l'original encore meilleur, et ici c'est le cas, puisque le côté punk des Smiths, discret mais néanmoins existant sur disque, est ici mis en valeur "..." quoi encore "..." du punk dans les Smiths c'est n'importe quoi ? bah écoute, la prochaine fois que tes parents sont partis, plutôt qu'essayer de voir où ils ont planqué ta console ou bien si ton père a des magazines de cul, t'as qu'à regarder sa platine vinyle et passer ses 33 tours des Smiths en vitesse 45, et après on en reparle. En attendant regarde cette version live de la reprise des Dum Dum Girls.



Ouais, je t'ai mis un live parce que ça met encore plus en valeur ce que je te disais juste avant, et puis tu admettras qu'un vrai direct bien filmé ça change un peu des vidéos de cassos' que tu regardais l'autre jour, tu sais, celles où des groupes font les cons parce qu'ils jouent en playback alors qu'ils n'en ont pas envie.



Hé ouais petit, t'as cru m'avoir, mais t'es tombé sur plus fort que toi désolé.

dimanche 23 janvier 2011

I Will Assume Cheese


J'ai toujours été nul en gymnastique, dès la maternelle, mon absence quasi-totale de souplesse m'a toujours mis à l'écart de bons nombres d'exercices. Je pense qu'il est donc inutile de préciser que je n'ai jamais su faire le grand écart. Alors quand l'occasion se présente de s'adonner à un "grand écart concertistique", je ne manque pas l'occasion. C'est pourquoi j'ai été voir à 3 jours d'intervalle Joanna Newsom et les Klaxons.
Seulement je ne pensais pas que l'écart en qualité serait si grand.


Je vais commencer par Joanna Newsom, salle Paul Fort, je savais que ça risquait d'être un "concert de vieux", en effet, quand j'arrive un peu en retard (mais avec une excuse : les concerts à 19h parce que c'est dimanche, ça reste beaucoup trop tôt) et une dame m'accueille avec sa lampe de poche pour me placer. Ce retard me fait donc louper une bonne partie du concert d'Alasdair Roberts, écossais avec une très belle voix mais dont l'absence totale de communication avec le public rend le concert quelque peu plan-plan. Il terminera son concert a capella pour nous prouver (si il devait encore le faire) que sa voix est magnifique et touchante.

En comparaison, Joanna Newsom fait chargée de communication, elle parle beaucoup, nous explique qu'elle boit de la réglisse parce qu'elle a "cassé sa voix" la veille, le tout dans un français approximatif mais charmant, plus tard elle nous demande qu'est ce qui rend Nantes célèbre, n'entendant parler que de l'éléphant (I think you say l'éléphant), elle décidera que c'est le fromage.
Et ses interventions ont quelque-chose d'indispensable, car c'est le genre de concert dans lequel il n'est pas facile de "rentrer", mais une fois qu'on est dedans, on est tellement emportés par la grâce que sans les pauses bienvenues, on perdrait totalement prise et il deviendrait impossible d'apprécier le reste du concert. En réalité, j'ai rarement entendu autant de ferveur dans la musique d'un artiste en "live" (seulement 2 fois : Calexico et A Silver Mt. Zion). À partir du moment où elle est passée derrière son piano pour interpréter Easy (j'ai en général plus été touché par ses titres au piano qu'à la harpe), je n'était plus vraiment ni sur mon siège ni dans la salle, donc je n'ai pas vraiment de mots à mettre dessus.
Après avoir fait se lever toute la salle, la demoiselle et son groupe (un batteur en chaussette, un tromboniste qui passe son temps à frapper dans ses mains, 2 violonistes qui sont aussi choristes et un guitariste/banjoïste/mandoliniste/tout ce qui a des cordiste, tous semblant prêts à presque tout pour soutenir Joanna Newsom) reviennent pour un rappel qui nous permettra de constater que ce qu'elle nous disait sur sa gorge, c'était pas du foin, elle s'excuse pleine de sincérité de ne pas pouvoir chanter le morceau qu'on lui réclame, et on sent bien qu'elle pousse sa voix jusqu'au limites pour terminer ce rappel.
C'est le genre de concert où, quand on en sort, tout paraît beau, même le bruit du moteur de la clio que te ramène à la maison.


Après mon introduction, tu t'imagines bien que je risque d'être moins tendre en parlant du concert des Klaxons et Is Tropical le mercredi suivant.
J'avais un peu peur à la base, car je m'attendais à un public très jeune et très "m'a-tu-vu" comme sur mes concerts précédents à l'Olympic, au final, ils n'étaient pas si nombreux, et surtout ils étaient très peu à s'être déguisés comme si ils étaient en 2007.

Is Tropical en première partie, vu de loin le groupe fait penser à un trio composé de 2 enfants illégitimes des ZZ Top accompagné à la batterie du chaînon manquant cher à Darwin. Vu de moins loin c'est juste des mecs avec des foulards sur la gueule.
Musicalement, je suis moyennement convaincu, et puis un de leurs titres m'a tellement fait penser à une parodie de The Look Of Love d'ABC que j'ai eu du mal à me concentrer sur la fin de leur concert (mais c'est mon côté vieux con).

Ensuite, les Klaxons ont certes ajouté Anthony Rossomando (Dirty Pretty Things) sur certaines photos de promo, mais ils le laissent caché derrière pendant tout le concert, peut-être qu'il attirerait trop l'attention autrement.
Ils commencent le concert sans faire de chichis avec un imparable enchaînement Atlantis To Interzone/Flashover, enfin, imparable sur le papier, donc si le groupe n'avait pas laissé sa motivation avec ses cachets d'ecstasy dans les loges. Ça sonne lent et balourd, et ça sera comme ça pendant les 4 chansons qui suivent, jusqu'à ce que le groupe joue Golden Skanks, là ils donnent enfin l'impression d'avoir un peu d'envie (ce qui est plutôt surprenant d'ailleurs, généralement les groupes sont plutôt blasés par les gros tubes qu'on leur réclame à chaque fois). Je commence à reprendre espoir, mais hélas, milles fois hélas, c'est le moment qu'ils choisissent pour jouer Twin Flames, qui est une de mes chansons favorites de Surfing The Void, sauf que là, Jamie Reynolds (qui est déjà assez énervant par son attitude depuis de le début du concert : réclamer des réactions du public, c'est bien, les mériter c'est mieux) réussit l'exploit de transformer le titre en horreur à lui tout seul : sa voix est vraiment affreuse et à partir de là, pour apprécier le concert, il faut réussir à faire abstraction de sa voix (ouais, réussir à oublier la voix du lead singer dans un concert, un jeu d'enfant) ou alors que le groupe joue des titres qui ne nécessitent pas de savoir vraiment chanter comme Magick ou Echoes, c'est d'ailleurs ce dernier qui clôturera le concert, avant un rappel que le groupe aura la sagesse de conclure par un It's Not Over Yet chanté par James Righton, autant nous laisser sur une impression pas trop mauvaise. Bon, comme d'habitude maintenant à l'Olympic, la scène est envahie sur le rappel, mais ça vaut même plus la peine d'être souligné tellement c'est la routine (personnellement, je serais monté, j'aurais frappé Jamie Reynolds pour s'être comporté de manière aussi prétentieuse tout en chantant aussi mal, mais je devais vraiment être le seul à me rendre compte que c'était de la merde, puisque personne ne l'a fait).

Le vieux con qui pense que c'était mieux avant (non mais c'est vrai, les Klaxons c'était vachement mieux en 2007) te remercie de ta lecture et te dis à bientot.