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dimanche 8 septembre 2013

Back to the Future : récidive

8 septembre 2005 :

Le titre Fireman qui a commencé leur concert de juillet dernier sur la place de la République à Paris et qui constitue également l'ouverture de Sequel to the Prequel ne peut laisser aucun doute : les Babyshambles sont de retour avec la furie et la foi.

Ce qui fait plaisir, c'est de voir que quelques mois après la fin des Libertines et après divers séjours en prison, Pete Doherty a réussi à faire les bons choix : proposer une énergie punk, mais sans sacrifier pour autant la production en proposant quelque-chose qui ne ferait pas vraiment justice au titre solo de Pete, comme la production de Mick Jones, parfaite pour la fougue des Libertines mais qui aurait pu nous laisser circonspects. On n'ose pas pour autant imaginer une production trop fine, qui en voulant trop complexifier le son perdrait les chansons pour donner un résultat trop linéaire et vraisemblablement ennuyeux.

Ainsi, l'énergie explose sur Fireman, précédemment cité, sur Maybelline ou encore Picture me in a Hospital, mais le passage à des morceaux plus calmes comme New Pair ou Penguins se fait assez bien.
D'autre part le groupe parvient aussi à aller chercher des influences autre part, plusieurs titres, Dr. No en tête de file vont piocher allégrement du côté du reggae, mais l'ensemble reste cohérent, car le groupe le fait à sa façon, là où on aurait pu s'attendre au pire connaissant un peu Pete : pourquoi pas tiens un ex-codétenu en featuring ?

Et puis il y a Cuckoo, morceau brillant qui parvient à faire un patchwork des différents éléments qui constituent l'album, et qui nous convainc si besoin était encore.

Cet album annonce donc un bel avenir à Pete Doherty et aux Babyshambles.





8 septembre 2013

Le titre Fuck Forever, qui a mis fin à la vingtaine de minutes du  concert de juillet dernier sur la place de la République à Paris ne peut laisser aucun doute : les Babyshambles n'ont plus grand chose à dire, et d'ailleurs ils nous emmerdent.

Ce qui fait plaisir, c'est de voir qu'on n'avait pas totalement raison en affirmant ça ce soir là.

 On ne va pas non plus se voiler la face : ce Sequel to the Prequel est très loin d'être à la hauteur de ce que l'on pourrait attendre du troisième albm d'un groupe dont le leader a presque 15 ans de carrière derrière lui.

Après, ce disque a le mérite de ne pas tomber dans les travers de ses prédécesseurs : on échappe à la production finie au pétard de Mick Jones sur Down in Albion, ou à la repentance fade de Shotter's Nation.
L'album est diversifié et plus direct, mais très franchement, pas grand chose de marquant à part la perle Cuckoo, le seul titre des Bumfest Demos de 2006 qui n'avait pas encore été porté sur album : une ballade lunaire mais lucide, qui prend des envolées toniques, le temps d'un interlude plein de guitares saccadées et de "oh yeah".

Et c'est à ça qu'il va falloir s'habituer avec Pete Doherty, Babyshambles, et même avec un hypothétique retour des Libertines : des albums mi-figue, mi-raisin avec un titre un peu au-dessus du lot de temps à autre.

Si j'ai envoyé cet album à mon alter-égo de 2005, c'était pour que quelqu'un puisse s'ébahir un peu dessus, parce qu'en tant que premier album, ce disque aurait annoncé de bonnes choses, en tant que troisième, il nous indique le standard auquel on pourra s'attendre dans les années à venir, et ça casse pas 3 pattes à un canard ...

mardi 15 mars 2011

Angles morts ou Angles d'attaque ?


cette image est en même temps la meilleure explication à la pochette d'Angles et le pire photomontage au monde


Aujourd'hui lecteur, je vais t'expliquer pourquoi ce nouveau Strokes est l'album le plus réussi de l'année, pourquoi il va très certainement le rester, mais aussi pourquoi il était condamné à l'être.


Je vais commencer par te donner brièvement mon avis sur le disque, honnêtement, à l'image de ma précédente chronique, je m'attendais à ce que la mauvaise digestion des albums solos conduise à un album bordélique et d'assez mauvais goût.
En fait les Strokes ont bel et bien sorti leur Sandinista! comme à moitié annoncé ici, sauf qu'eux se sont accordés la pause que les Clash ne se sont jamais permis (ce qui conduisit à la fin du groupe) et sortent par conséquent un album un peu plus convenu et beaucoup plus compact.
Mais vu que j'adore ça quand un groupe s'égare un peu, je suis forcé d'avouer que ce disque est bien au dessus de mes espérances.

Les choses avaient pourtant mal commencées avec 'Under Cover Of Darkness', sur lequel les Strokes semblaient refuser le fait que Is This It?, ça remonte à 10 ans maintenant.
Et surtout, il y avait la voix de Julian.
On entend beaucoup parler du décalage entre musique et voix sur le disque dû aux compositions et enregistrements séparés des 2 parties. En réalité, il y a bien un décalage, mais celui-ci tient plutôt au fait que, si l'évolution du jeu des différents membres est plus difficilement décelable, celle de la voix de Julian saute aux oreilles : Julian n'est a priori plus capable de crier et pousser sa voix autant qu'avant, ce qui est tout à fait compréhensible si on réécoute des chansons comme Last Nite ou Juicebox, même avec un bon échauffement à chaque fois, on ne garde pas sa voix intacte quand on chante de telles chansons en tournée pendant plusieurs années, et si on rajoute à ça une consommation d'alcool pas toujours raisonnable semble-t-il, on finirait presque par penser que la voix de Julian aujourd'hui tient tout de même du miracle.


J'en viens donc à l'album en lui-même et à ma réponse à la question.

Comme je l'ai dit, ce disque est le Sandinista! du groupe, ce qui signifie qu'aujourd'hui, une moitié des auditeurs va l'apprécier tandis que l'autre le vomira, qu'il en sera de même pour la critique et que dans 30 ans, on continuera à voir des divisions sur cet album.

Et c'est là que réside toute la force d'Angles : il crée le débat et ouvre la porte à d'autres groupes, dans le sens où une évolution de la part de groupes qui en sont au 3ème ou 4ème album sera mieux admise maintenant.
Et au final, ce qui a toujours fait la force des albums des Strokes, c'est bien plus leurs impacts que leurs qualité musicale, pour preuve, First Impressions Of Earth, seul album faisant exception à cette règle est aujourd'hui le plus critiqué. Is This It? est certes un bon disque, mais aurait-il réellement eu sa place dans le haut des classements des meilleurs albums des années 2000 si il n'était pas arrivé au bon moment en traçant la route à bon nombre de groupes ? Personnellement j'en ai toujours très fortement douté.

Angles crée des réactions extrêmes, mais cela tient plus à sa très forte demande. Aucun groupe de rock autre que les Strokes ne peut aujourd'hui susciter une telle attente : tous les autres sont soit trop vieux pour susciter l'excitation, soit trop anonymes (il y a bien les Libertines qui pourraient rivaliser du point de vue attente, mais un nouveau disque ne semble pas sur les tables).
Cet album était le plus attendu de 2011, et l'encre qu'il avait fait couler avant l'année commencée, dépasse déjà celle que feront couler la majorité des disques de cette année. Il était donc condamné à décevoir.

On tient un disque qui soulève des tonnes de questions, et c'était véritablement ça qu'il fallait attendre d'un album des Strokes 5 ans après First Impressions Of Earth. Une bonne partie du disque consiste en des enchaînements qui sonnent comme des "Et là ? tu m'aimes encore ?" avec 'Taken For A Fool', titre auquel on pouvait le plus s'attendre mais qui suit 'You're So Right', qui n'aurait pas tranché sur un album des These New Puritans; ou encore le pompeux à l'excès 'Metabolism' qui s'enchaîne avec le très posé 'Life Is Simple In The Moonlight', qui exprime peut-être l'envie d'un monde plus simple où les gens comprendraient que si ils veulent entendre la même chose que sur les anciens albums, ils n'ont qu'à continuer à les écouter plutôt que critiquer les nouveaux.


Cet album est une réussite, avant tout parce que, qu'on l'apprécie ou pas, il marque, mais au final, est-ce que la musique du groupe a vraiment de l'importance dans ce processus ?

jeudi 27 mai 2010

My friend, this is the end



Bonjour, aujourd'hui je m'adresse à toi, fan des Strokes. Je sais que tu te languis depuis longtemps de ne pas voir ce 4ème album tant attendu pointer le bout de son nez. Tu penses surement que ce retard est du à la flemmardise et à la vie de famille de ses membres, mais je suis au grand dam de t'annoncer que la vérité est bien plus douloureuse.
En effet, mon grand oncle suisse, ancien professeur à l'institut de Rosey et qui a gardé de très bons rapports avec son ancien élève Julian (avec Nelson Monfort, passé par l'établissement une vingtaine d'années auparavant aussi, mais ici ça n'a que peu d'intérêt) m'a récemment fait suivre un courrier de ce dernier (Julian, j'ai dit que Nelson Monfort on s'en foutait); courrier qui contenait notamment une version provisoire de leur 4ème disque, mais tu ne vas pas tarder à comprendre que cette version risque fort d'être définitive.

Mais je préfère ne pas te parler de ça tout de suite, je vais d'abord te parler du disque en lui-même : Changing Opportunities qui se démarque de ses prédécesseurs pour plusieurs raisons.

Tout d'abord son thème, depuis First Impressions Of Earth, les Strokes ont vieilli, se sont casés, se sont décasés, ont eu des enfants, se sont recasés, sont partis en désintox ... bref, une partie des membres sont désormais mariés avec enfants et leurs vies suivent un chemin tout tracé : ils se doivent d'être responsables, mais ne savent pas encore tout à fait comment s'y prendre, à l'image des "What should I doooo now ?" scandés par Julian Casablancas sur la chanson qui donne son nom au disque; ou encore ce We've Got To Stay In A Strange Way, et ses longues notes de mellotron, qui témoigne de la difficulté à concilier tournées, promotions et vie de famille.
Au sujet de la vie de famille, l'émotion qu'a suscitée chez lui la naissance de son fils : Cal, a poussé Julian à enregistrer la première reprise appelée à figurer sur un album des Strokes : une version de Call Me de Blondie, débordante de claviers et rebaptisée Cal Me pour l'occasion.

Tu te doutes bien qu'avec entre autre les quelques tensions dans le groupe qui avaient été évoquées il y a quelques mois, Julian n'a pas pu faire 15 chansons parlant de son fils avec clavier constipatoire, les autres membres ont aussi voulu y mettre du leur.
À commencer par Nick Valensi, jeune papa lui aussi, et surtout seul Strokes a avoir passé ces 5 dernières années sans avoir sorti d'album. Pour se rattraper, il a décidé d'envoyer du solo de guitare à tout va, et ce, dès Reasons Don't Mean A Thing, la seconde chanson du disque : quasiment 6 minutes de solo sur une chanson de 8 minutes 22, ça fait tout de même beaucoup. Par la suite, le groupe est parvenu à le canaliser en le convaincant qu'il aurait tout de même une bien meilleure acoustique dans le placard à balais du studio.
Fab Moretti, a quand à lui passé un coup de fil à Devendra Banhart, pour l'inviter dans le studio afin de partager des idées, il faut avouer, que réaliser les effets sonores de Can't Go Away Anymore en amenant une vraie mobylette dans le studio, c'était osé, et plutôt réussi.
Passons maintenant à un cas plus difficile : Albert Hammond Jr., en plus d'avoir sorti 2 albums solos, a aussi connu d'autres expériences comme la désintox, il a donc cherché à en parler en donnant des textes sur le sujet à Julian, malheureusement, celui-ci a transformé toutes les références à la drogue en casablancismes : sur Regrets Rediscovered, le "never anymore have a prick" d'Albert devient "never anymore feel conic", pire encore, la chanson I Wish I Could Be Clean Again devient I Wish I Could Be Wishful Again, sans commentaires ...

Observez bien l'homme à droite :


Enfin, vient le cas difficile de Nikolai Fraiture, qui est un peu à l'opposé de Nick Valensi : on lui doit le meilleur album conçu par un membre des Strokes seul, et surtout, il a l'air beaucoup plus cool dans Nickel Eye que dans les Strokes.
Autant dire qu'entre son side-project et son poste de vice-président du CUBI (Comité Unifié des Bassistes à Iroquoise), fonction qu'il partage avec Drew McConnell, il a un peu autre chose à faire que jouer dans un groupe ou de toute façon, il peut faire n'importe quoi, le public en a rien à faire de lui.
Il a donc mis en place un plan machiavélique, visant à pousser le groupe à sa fin : ce plan s'applique sur Time For Revelations, dernier titre de l'album. La première étape consiste à aller donner un bon paquet d'herbe à Moretti et Banhart, ce pour s'assurer de l'absence d'une section rythmique qui tienne la route, puis, il va dire à Julian, sur le ton de la confidence, qu'il ne doit pas se laisser empêcher par les autres de mettre des claviers partout si il pense que c'est ce qu'il y a de mieux, enfin, il va chercher Nick Valensi et l'interrompt dans son solo pour lui dire qu'Albert vient de déclarer qu'il était bien meilleur guitariste que lui. Puis il retourne dans la salle d'enregistrement en se frottant les mains : "hé hé hé, cette chanson devrait être à elle seule plus inécoutable que tout Metal Machine Music, après ça, le groupe ne pourra pas décemment faire un disque de plus".

Et là, c'est le drame, tu te doutes bien que la chanson est affreuse et chiante au possible mais te souviens-tu de la mobylette de Fabrizio Moretti et Devendra Banhart ? et bien après un énième joint, les deux compères ont décidé d'essayer de la conduire dans le studio, Devendra monte en passager et met son casque (mais uniquement pour pouvoir faire un aquarium), et Fab Moretti prend le guidon.
Comme toi et Albert Hammond Jr. le savent, la drogue c'est mal, et Fab Moretti a vite fait de heurter un ampli, projetant Devendra Banhart, qui vient de s'endormir, sur Nikolai Fraiture. Si le choc ne blesse gravement aucun des deux hommes, il est néanmoins suffisant pour immobiliser Nikolai sous Devendra, qui ne s'est pas réveillé. Et si quand il est en tournée, ce dernier se lave pour dire qu'il sent moins mauvais qu'un hippie, sa nature profonde reprend le dessus dès qu'il rentre au bercail. Nikolai Fraiture est donc pris au nez par une forte odeur, et il étouffe peu à peu, les autres membres ne parvenant pas à surmonter l'odeur pour s'approcher et dégager Devendra. Nikolai perd peu à peu ses forces à cause de l'odeur, et il finit par succomber, il parviendra seulement à déclarer entre deux râles : "les Beatles avaient trouvé un sosie pour McCartney, mais jamais personne n'acceptera de me remplacer ha ha ha ha harrr hargh".

Sa famille et ses amis se souviendront de lui comme d'un homme capable de rester classe en toute situation :



Les dates estivales du groupe n'ayant pas été annulées, on peut penser qu'une solution provisoire pour pallier à l'absence de bassiste a été trouvée, mais cette solution risque fort de ne pas durer, et je ne donne pas plus de 3 mois au groupe pour annoncer la mort de Nikolai Fraiture et la fin des Strokes (bien que selon une rumeur, Julian envisage d'initier Cal à la basse), on pourra regretter que le dernier album qu'ils laissent ait été gâché par l'absence de consensus, et s'avère au final plutôt médiocre, cela dit, je compte sur vous pour rendre un dernier hommage à Nikolai en vous procurant ce disque dès sa sortie, en 2011 ou en 2017.

dimanche 10 janvier 2010

Tu veux être hype en 2030 ?



Bonjour, alors que la période musicale des années 2000 touche tout juste à sa fin, avant de se poser des questions telles que "Est-ce que les jeunes dans 30 ans nous envieront d'avoir connu cette période ?" (possible, avec la crise du disque, les éditeurs ne produiront plus de nouveautés et les groupes qui tourneront, seront ceux qui marchent le mieux en ce moment, mais en plus vieux), "Quel groupe sera considéré comme LE groupe qui a influencé plein de beau monde entre temps ?" (bon, c'est pas cohérent puisque je viens de dire qu'il n'y aurait pas de beau monde, mais en admettant qu'il y en aura, je répond Animal Collective); posons plutôt la question : " Mais dis-moi, quelles chansons d'aujourd'hui seront devenues des hymnes demain ?".

Personnellement, j'ai déjà réfléchi à la question, donc je t'ai concocté une petite liste, pour pas que tu passes pour un con devant ta descendance (quand t'en aura une) qui te demandera si quand t'étais jeune, t'écoutais les bons titres, ceux qui seront devenus cultes entre temps.

-I Remember Learning How To Dive (Animal Collective) : En plus de donner son nom à ce blog, ce qui est déjà une bonne raison pour l'écouter, cette chanson sera d'une importance première dans le monde de demain, en effet, avec la montée des océans, apprendre à plonger deviendra presque aussi important qu'apprendre à marcher, car sinon, impossible de sortir de chez papa-maman, et impossible de devenir indépendant. Cette chanson sera donc dans le même temps, le remplaçant de I Get Around des Beach Boys pour le côté voyageur, mais aussi celui de My Generation, puisqu'il s'avèrera encore plus criant de liberté et d'indépendance que le titre des Who (ma génération PLONGE à moi, MA GÉNÉRATION, hé ouais!).

-On The Mountain (Angels Of Light)
: Montée des eaux oblige, une bonne partie des grandes villes que nous connaissons sera immergée, donc exit London Calling ou les chansons sur New York, et bienvenue en haut de la montagne.

-Stormy Weather (Jarvis Cocker) : Parce que tu crois vraiment qu'avec un climat de plus en plus extrême il sera possible de chanter Singin' In The Rain sans mourir emporté par une tornade ?

-Funny Like The Moon (Bunky) : Avec les années s'enchainent les revivals, je peux donc affirmer qu'avec un nouveau retour du vintage à la fin des années 2030, cette chanson sera un tube, puisqu'il n'y aura plus de motos nulle part, donc les gosses chanteront cette chanson sans réfléchir et sans trop savoir de quoi ça parle. Comme Take A Walk On The Wild Side, pour ne donner qu'un seul exemple.

-Don't Look Back Into The Sun (The Libertines) : Parce qu'entre la pollution et les nuages de l'accident atomique Irano-Nepalo-Israelo-Americano-Timor Orientalo-Russo-Sino-Nord Coréen (oui, celui qui mis fin à la 3ème guerre mondiale), le soleil ne sera plus que rarement visible, ça sera donc la chanson pleine d'espoir chantée les yeux larmoyants en en rajoutant sur les mimiques à la manière de Imagine ou We Are The World.

-Love In A Trashcan (The Raveonettes): Avec l'utilisation toujours croissante de l'électricité et par la même de l'énergie nucléaire, de nombreux gouvernements ont décidé de réagir en chargeant les populations de stocker elles mêmes les déchets nucléaires, à raison de d'abord 1, puis 2 bidons par foyer, en 2031, le minimum est fixé à 5, mais tout bidon supplémentaire rapportant des primes, nombreux sont les foyers qui entassent plusieurs dizaines de bidons, devenant ainsi une poubelles, Love In A Trashcan remplace donc Quand on a que l'amour (et pourtant, c'est le cas) et toutes les chansons d'amour dans les karaokés.

-Happy Alone (Twisted Charms)
: Oui, c'est bien connu, les déchets radioactifs, c'est pas ce qui se fait de mieux pour la vitalité, son association avec la pollution de l'air toujours grandissante aura donc des effets très néfastes sur la sexualité (en 2037, on dénombre 1278 naissances dans le monde), et par ailleurs, la majorité des histoires d'amour étant désormais motivées par l'élimination de la concurrence, et l'avancement dans l'entreprise, le titre des Twisted Charms remplacera donc le Happy Together des Turtles et celui des Jam.

-Basket Ball Get Your Groove Back (Deerhoof)
: Comme on l'a vu, du point de vue santé,c'est pas la joie et avec ça, il devient difficile d'envisager de faire du sport, étant donné que la moindre course s'avère épuisante, c'est pourquoi, après une première étape de légalisation officieuse du dopage, ce afin de maintenir les standards des générations précédentes, le sport a désormais pris une autre tournure : l'ADN des plus grands athlètes est conservé, et utilisé pour créer de nouveaux sportifs qui seront élevés sous atmosphère énergisante, loin des déchets radioactifs. En tout cas, plus moyen pour le commun des mortels de faire du sport. Chanter Deerhoof, revient donc à chanter l'impossible, de la même façon que chanter J'aurais voulu être un artiste de Daniel Balavoine de nos jours.

-I Must Belong Somewhere (Bright Eyes) : Avec l'augmentation impressionnante du chômage et la nouvelle réforme des universités, les jeunes savent que leurs menus espoirs en l'avenir sont vains. En plus avec la crise du disque, ils ne peuvent même plus espérer devenir rock star ou sportif professionnel. Alors pour se dire que tout n'est pas perdu, ils chantent du Bright Eyes. Même si, avec la bourse désormais centrée à Shanghai et le fait que les concerts, par souci de rentabilité, n'aient plus lieu que dans les stades, ils ne comprennent pas vraiment le "Soundstage in California, televisions in Timesquare", cependant, ils n'hésitent pas à la chanter quand ils revendiquent à la place de l'Internationale.

-Dying Is Fine (Ra Ra Riot) : Tu comprends bien qu'avec ce qu'est devenu le monde, il est désormais difficile de danser sur des chansons qui respirent la joie de vivre, Dying Is Fine remplacera donc au pied levé Born To Be Alive dans les soirées.

Des mauvaises langues pourraient te dire qu'en fait j'ai choisi des chansons qui me plaisaient et que j'ai brodé des explications autour, enfin, moi je fais ça pour ton bien, si tu préfères écouter les autres, pas de problème, mais faudra pas venir te plaindre quand ton gosse aura honte de ramener des amis à la maison parce que tu seras trop has been.

mercredi 6 janvier 2010

Joue là comme Albert


Parfois, quand tu entends la composition d'un groupe, t'as pas mais alors vraiment pas envie de l'aimer, d'autres fois, tu découvres leurs disques par hasard, tu télécharges parce que le nom te plait, et là, même si tu trouves que la voix ressemble vachement à celle du chanteur des Fratellis, tu trouves quand même ça bien meilleur que les Fratellis. Tu fais une recherche rapide sur Wikipédia, pour te renseigner sur qui sont ces Codeine Velvet Club, et là le CHOC, c'est en fait le side-project du chanteur des Fratellis avec une amie de sa femme, le genre de truc qui crée l'incompréhension, comment peut on faire une aussi bonne musique que l'on peut écouter sans poser le cerveau sur le bord de la table ?

L'album est vraiment éloigné des Fratellis, musicalement ça va bien plus loin que le trio "guitare-basse-batterie, jouons vite et fort mais surtout, vite et fort" et ce dès le Hollywood introductif, la voix du type des Fratellis passe presque sans problèmes et la chanteuse a une vraie voix qui compense largement, et les harmonies à la Last Shadow Puppets rendent vraiment super bien, et puis, le meilleur est pour la fin, derrière une intro bossa nova t'attends une reprise de I Am The Resurrection, où tu regretteras que l'album soit sorti fin 2009, parce que du coup tu pourras pas la mettre dans tes chansons de l'année 2010.

Au final, je terminerais par donner un conseil à Mr Fratellis : joue là comme Albert Hammond Jr., et sort plusieurs albums avec ton side-project avant de reprendre (peut être) avec ton groupe.

mardi 7 avril 2009

It's Too Late For Peace And Love


Comme évoqué dans l'article précédent, je me suis mis à écouter de la musique plutôt indie et souvent rock sur le tard. Il y'eut de nombreuses années complètement chaotiques du point de vue musical auparavant, je commence comme tout le monde par écouter la même chose que mes parents, puis arrivé à l'âge où l'on décide de ne plus faire comme eux, et de choisir ce que l'on écoute, je me mettrais à écouter un peu tout ce qui marche, même pas volontairement, je me contente d'écouter la radio qui diffuse en direct les matchs de foot du FC Nantes ...
Mais l'époque n'est pas exactement à ça, à l'école, tout le monde écoute Skyrock, donc énervé d'entendre pour la 20ème fois une chanson qui m'insupporte, je finirais par tomber dedans pour 4 ans à écouter du rap, et quand je dis rap c'est un peu tout et n'importe quoi, le bon, le moins bon, le carrément indécent ... Enfin, toujours est-il que l'enchaînement de ces années à n'écouter que ça, peut être autant que la diffusion de plus en plus fréquente de titres R'n'B-gnognotte chiants, auront raison de mon goût (?) pour le rap. A partir de là, je vais enchaîner tous les styles au sein du rock en moins de 6mois-un an. Du "rock français à texte chiant" au "métal symphonique inconnu" en passant par le "rock sentimentalo-gnognotteux", avant que les Libertines m'écartent pour un temps de ces errances et qu'Animal Collective m'en éloigne définitivement.
Mais ici, c'est sur ma période rap que je veux m'étendre, ça m'a certes pris quelques années, mais je me suis remis à apprécier certaines de ces "errances" que j'avais reniées. Ça a commencé par Outkast et le Saïan Supa Crew, puis, encore plus récemment, j'en suis venu à regretter d'avoir vendu pour une bouchée de pain sur ebay une partie de ma collection de l'époque. J'ai donc ressorti mes vieilles, autant qu'invendables cassettes, et le pauvre baladeur qui va avec, et je me suis remis à écouter, et, peut être par pure nostalgie, peut être parce qu'une partie des enregistrements sont bons, à apprécier. Sauf qu'une des choses que l'on a oublié, depuis le temps qu'on a pas écouté de cassettes, c'est que quand le baladeur a consommé ses piles, le phrasé d'Eminem est ralenti au point de devenir complètement ridicule. Donc dans ces moments de dèche de batteries, je reviens en 2009, et j'écoute Mongrel.

Avec Mongrel, passé la première surprise d'entendre un album dans sa généralité Hip Hop, étonnant étant donnée la composition du groupe, on se rend vite compte qu'à l'image de sa pochette, il présente plusieurs visages. Au départ, on ne sait pas trop si cette pensée est influencée ou non par la composition du groupe, mais on a un peu l'impression avec Barcode d'entendre une chanson des Arctic Monkeys avec plus d'électronique, mais rapidement les couplets rappés prennent le dessus, et ce son Hip Hop plus dense, dominera le disque, bien qu'on y décèle une instrumentation à base de guitare basse et batterie bien plus classique en arrière plan. A vrai dire il n'y a que Alphabet Assassin sur laquelle, on a plus rien, ni de cette instrumentation, ni de ces refrains quelque peu lunaires que l'on trouve sur Hit From The Morning Sun, Lies ou bien All Your Ever Afters, refrains qui évoqueraient presque Gorillaz, si on était pas à 100 lieues de l'aspect "groupe vaguement gag, jouant autant sur l'imagerie que sur la musique". A la manière de la majorité des albums rap, et malheureusement d'une très faible minorité d'album plus rock, les intermèdes instrumentaux ne sont pas négligés avec Off The Leash et d'une certaine manière Better Than Heavy, le morceau qui part dans tous les sens à l'image de l'album (je sais, c'est hyper facile de dire que le morceau éponyme est à l'image de l'album). Enfin, le groupe sait aussi se faire bien plus hargneux, avec un Act Like That ou un Better Them Than Us, qui n'est pas sans rappeler le "nous contre eux" de certains de nos rappeurs hexagonaux, en même temps je trouve à ce morceau quelque chose de presque dansant, il y'aurait quasiment de quoi en faire un hymne.
On tient donc là un album qui, si on fait l'effort de rentrer dedans, est loin d'être le moins bon d'une année déjà très bien fournie (alors qu'on en est pas encore à la moitié).

Dans un monde idéal, plusieurs autres bons albums du groupe nous attendraient, les Arctic Monkeys s'arrêteraient et Alex Turner se consacrerait uniquement aux Last Shadow Puppets, les Babyshambles se sépareraient au profit d'une reformation des Libertines qui enverrait chier les gros chèques des festivals et le plan A pour revenir à l'esprit de leurs premières chansons, John Hassall reviendrait pour chanter Sister Sister et tout irait pour le mieux ...
Mais nous ne sommes pas dans le monde idéal, et les side projects qui durent sont les Raconteurs dont chaque album nous désole un peu plus quand on sait que Jack White peut faire bien mieux. Better Than Heavy restera donc probablement le seul album de Mongrel, ce qui semble une bonne raison de plus de ne pas passer à côté.

mercredi 18 février 2009

le retour de Noir Désir, non, non, et non !!

Sans doute un des événements musicaux les plus importants en France de la fin d'année dernière : Noir Désir a mis en ligne 2 nouveaux morceaux. S'en est suivi le désormais habituel et inutile débat : Bertrand Cantat devrait-il être autorisé à continuer dans la musique et autres questions aussi futiles qu'inintéressantes.

Car en vérité, on passe complètement à côté de la vraie question : Le retour de Noir Désir est-il souhaitable pour le rock français ?
Loin de moi l'idée de critiquer la musique de Noir Désir, bien au contraire, des bonnes chansons, ils en ont écrite, et il y'en aura d'autres; mais il faut reconnaître que leur influence sur la musique française et plus particulièrement sur la façon dont elle est perçue par les français est tout simplement désastreuse.

En effet, avec Noir Désir, les français ont pour la première fois eu l'impression d'avoir un groupe de rock bien de chez eux. Ils n'étaient pas de ces imposteurs parisiens qui percent facilement en se contentant de faire une version française des tubes anglais et américains, leurs textes ne se contentaient pas d'être musicaux, non, eux au moins ils donnaient un coup de pied dans la fourmilière en osant des textes politisés, en plus, c'était des gens méritants, qui avaient galeré avant de réussir.

Le groupe est certes louable, mais le schéma dans lequel les groupes français sont enfermés depuis est atroce. Car depuis "Noir Dèz'", tenons nous le pour dit, tout groupe n'ayant pas passé au minimum 5 ans à galérer dans une cave (se nourrissant des rats et autres cafards de cette cave, manque d'argent oblige) avant de connaître le succès, ne pourra pas être honnête, donc sera forcément mauvais. Un contraste saisissant avec ce qui se passe de l'autre côté de la Manche, où des groupes peuvent connaître facilement le succès, le temps d'un single ou 2, ce qui d'ailleurs a plutôt tendance à entraîner un certain cynisme de leur part.

Il est donc établi qu'un groupe n'ayant pas galeré ne peut être qu'un groupe sans talent qui a usé de pistons pour réussir. Mais attention ! le cas de ce groupe sera en plus aggravé si il se permet de venir de la capitale, une ville qui, c'est bien connu, regorge de producteurs avides qui, cela semble évident, ne connaissent rien à la musique et se contentent de signer les enfants de leurs amis. Ainsi, les groupes définis sous l'appellation "nouvelle scène parisienne" étaient, et sont condamnés à être considérés comme mauvais (certains le sont, il est vrai), ils n'ont pas fabriqué leurs guitares avec des bouts de ficelle et de bois, donc sont des fifils et fifilles à papa qui ont piqué leurs crises pour avoir leurs instruments (on pourra noter que dans le même temps, un jeune de la Creuse avec une guitare sera "un musicien prometteur que l'injuste monde de la musique ne reconnaitra jamais à sa juste valeur").

Résumons, nous avons à faire à un groupe qui depuis 10 ans galère dans la Lozère, cela dit, pour faire partie des bons groupes de rock français, il lui faut encore remplir une condition très importante : avoir des textes en politique qui remettront en cause, aux minimum tous les politiciens autrement appelés, les "pourris au pouvoir". Ça tombe bien, notre groupe est composé de membres de groupuscules d'extrême gauche, et après de longues hésitations, ils ont préféré jouer de la musique plutôt que saboter les chemins de fer. Tout semble donc parfait, mais là, c'est le drame, notre groupe, pourtant parfait en tout point : il est honnête, engagé, et les membres sont même gentils, mais horreur, leur musique est au mieux insipide, au pire inaudible, à force de crier dans les manifs, leur chanteur n'a plus, ne serait-ce qu'un semblant de voix, et puis les textes se limitent à un meeting d'Arlette Laguiller auquel on aura pris soin d'ajouter une ou 2 métaphores ô combien subtiles et sur lequel on aura plaqué 2 accords répétés avec saturation, oui, parce qu'après Noir Désir "Ouais Noir Dèz' on leur doit tout, on a pris une Kanter avec leur guitariste, il a dit qu'on ferait leur première partie, un type bien", l'influence principale est Nirvana, au sujet desquels je m'abstiendrais de tout commentaires, ça serait trop long, et en plus j'aurais plus rien à dire dans mon article sur leur retour.