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mercredi 1 août 2012

Our home is bigger than a mountain view

Cher Eugene,

Pour commencer je tiens à te féliciter, si je ne suis pas tout à fait un fan de la première heure, ne t'ayant découvert qu'avec ton album auto-intitulé, je suis un auditeur fidèle de ta musique qui jusque là ne m'a jamais déçu.

Du coup j'étais heureux quand j'ai appris que tu lâchais Miles Kane pour reprendre ta carrière, en plus j'aimais plutôt bien Lion, qui offrait quelque-chose d'un peu différent mais dans lequel on reconnaissait le ton un peu décalé que j'aime dans tes chansons (après, je dois avouer qu'il m'a fallu un certain temps pour me rendre compte que le bellâtre gominé de ton clip c'était toi), j'avais aussi aimé Thunderbolt, qui s'éloignait encore plus de tes titres habituels, mais la qualité de la chanson et l'accord entre texte et musique n'étaient pas pour me déplaire donc je ne me suis pas plains. Par contre Shotgun j'ai pas compris : un instrumental vu et revu sur une chanson plate et sans âme, enfin, 2 bonnes chansons sur les 3, ça laissait tout de même augurer de bonnes choses pour ton nouvel album.

Alors je l'ai écouté, ton disque, à commencer par Harlequinade, quand le clavier ridicule a commencé, j'ai vérifié qu'aucun pop-up ne s'était ouvert mais la vérité était là, tu commençais ton album avec une chanson qui, si je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle m'a fait chier, m'a laissé de marbre comme jamais une des tes chansons ne l'avait fait, j'avais l'unique envie de déclarer, à l'instar de mon ancien prof de chimie "Bon bah y a rien quoi".
Et puis au début de Sugarplum je me suis dit que ça allait mieux, qu'en fait c'était juste un mauvais départ, mais là tu as balancé ce "I want you as you are" mielleux qui pue le singalong facile, alors que la vérité Eugene, c'est que pour chanter tes chansons, on n'a jamais eu besoin que tu nous casses les couilles en éternisant ton morceau pour pouvoir nous répéter plus de 15 fois ton refrain à la con, regarde les violons d'Atlas qu'on chantonnait la tête dans les étoiles alors qu'il n'y avait même pas de paroles.
Je t'ai déjà dit ce que je pensais de Lion alors je passe tout de suite à Videogame, dès le début ça sonne complètement ridicule avec ta musique de film d'action cheap visible sur la TNT avec par dessus une voix qui dit "regarde, je vais monter en intensité dans tout le morceau et ça va tourner à l'hymne", j'ai eu envie de me dire, ouais, c'est du remplissage entre 2 singles, pas à prendre au sérieux, mais LÀ, tu as choisi de balancer l'orgue de Sea Within a Sea des Horrors, paie ta blague ! on t'as dit que si ça avait marché pour eux ça marcherait pour toi, on s'est foutu de ta gueule Eugene, on s'est FOUTU DE TA GUEULE. Et pas qu'une seule fois, parce qu'a priori tu as aussi tout gobé quand on t'as dit que la boîte à rythme grotesque de Concrete Moon ajouterait quelque-chose de sympa à ta musique, d'ailleurs cette chanson est marrante, au départ je me suis dit "chouette, si j'arrive à faire abstraction de la boîte à rythme j'obtiens une de tes balades agréables" sauf qu'au fur et à mesure de la chanson ton melon gonfle peu à peu avec l'arrivée des violons, et là tu te mets à pousser un "ouuuuhhhh" qui dit "là auditeur c'est là que tu vas prendre ton pied" et ton melon explose. On t'as perdu Eugene. Et rendu là, même Thunderbolt fini par sonner fade. Le grotesque d'Invitation to the Voyage et Joshua ne m'affecte même plus, et j'ai à peine l'énergie de te hurler, en entendant Japanese Cars "MAIS PUTAIN, ON T'A PAS DEMANDÉ DE FAIRE UNE CHANSON DISCO POUR PASSER AU PMU LES SOIRS DE FÊTE BORDEL !".

Je crois que je t'ai tout dit, je suis bien conscient que tes trois premiers disques ne t'ont pas apporté le succès escompté, que tu as besoin de manger, comme tout le monde, et que c'est sûrement plus sympa de gagner sa croûte en jouant le BG au service de sa majesté qu'en faisant partie du backing-band de Miles Kane, et j'espère que ça va marcher pour toi, mais c'est plus la peine de compter sur moi, je prêterais une oreille pour voir si jamais tu décides de revenir aux sources, celles où ta musique avait une âme, en attendant, bonnes continuations et bonne chance.

Un ancien fan anonyme.




(et si jamais tu veux te faire votre propre idée, le streaming de l'album)

samedi 5 février 2011

No, I believe there’s a thing or two going right with the equation and the process


Bonjour, alors aujourd'hui je reviens à mes premiers amours : à savoir un repas à l'arrache qui fera encore monter mon taux de cholestérol déjà bien trop important et un article que je ne devrais pas avoir le temps d'écrire étant donné que j'ai partiels la semaine prochaine, mais qu'importe.

La raison profonde de cet article, c'est que je viens d'écouter les caquètements de Julian sur les 30 secondes injugeables de Under Cover Of Darkness premier extrait du prochain album, mais qui fera sans aucun doute couler beaucoup de caractères quand même. Enfin, plus honnêtement la raison profonde de cet article c'est que je viens de réécouter Yes Yes Yes d'Elsinore, que je me rend compte qu'à part un post-it en fin d'article je n'ai jamais parlé de ce groupe, ce qui est à peu près aussi honteux que l'indifférence qu'ils suscitent un peu partout et particulièrement en France. Si je te parle des Strokes, c'est juste pour te faire croire que je maitrise un peu l'actualité (mais ça tu le sais déjà, puisque j'ai chroniqué l'album depuis un moment, enfin).

Trêve de plaisanterie, le fait est que si jamais tu googlise "Elsinore", il vaut mieux que tu cherches des informations sur la Honda Elsinore ou sur le Lac Elsinore que du contenu constructif sur le groupe de Champaign, Illinois (au cas où les Bewitched Hands ne t'aient pas encore convaincu que la Champagne c'est chouette, les Elsinore s'en chargeront), tu me diras "bien fait pour eux, ça veux faire ses malins en mode "on a lu Shakespeare" mais au final seul les tarés peuvent se renseigner sur ton groupe", peut-être, mais en attendant leur album est un des meilleurs de 2010 tant il propose une pop de qualité mais qui en même temps ne ressemble pas à grand chose de déjà entendu.

Pour faire court, le fait que ce disque propose autant de tubes potentiels tout en parvenant à rester cohérent tient du miracle, il y a quelque chose de très agréablement surprenant dans le passage des cordes et des "I wanna be loved" de Lines aux notes de guitare saccadées et aux "You're not fooling anybody" de Chemicals, ou encore dans ce final un peu parfait où s'enchainent un The General à la ligne de clavier sur-entrainante, un Yes Yes Yes d'une simplicité assommante, mais qui séduit quand même et un Wooden House qui est un album closer largement à la hauteur du disque, ce qui en fait déjà une très bonne chanson.
En fait ce qui fait la force de ce disque, c'est que les chansons parviennent à durer et à ne pas être simple sans jamais devenir ennuyantes ou en faire trop, par exemple Gasoline, qui pourrait être une ballade ennuyante si en plein milieu elle ne nous emmenait pas complétement ailleurs en partant dans un instrumental qui apporte son lot de saturation bien loin d'être hors de propos; ou alors Chemicals, dont je parle beaucoup trop mais qui pourrait être une bonne chanson indie assez basique sans son intermède planant qui fait d'elle un titre passionnant qui justifie à lui seul l'écoute de ce disque.

En résumé cet album parvient à être sophistiqué tout en étant juste, en imaginant une bonne partie des passages de ce disque sortis de leur contexte, on peut penser à un disque plutôt lourdingue, mais ceux-ci sont tellement bien assemblés qu'on se surprend très vite à y succomber.

Tu pourras écouter l'album ici
Ou alors être convaincu par le talent de composition du groupe en écoutant leurs chansons en version acoustique bien plus minimaliste ici

Et si tu n'es toujours pas fan je te met aussi un peu d'images qui bougent (peut-être peu judicieux si on considère que le physique de ses membres est loin d'être le meilleur argument de vente du groupe) :







Et cette dernière vidéo est particulièrement importante à mes yeux, parce qu'il faut que tu comprennes que si je suis en train de te parler d'un groupe en faisant "oh, c'est trop injuste qu'ils soient autant ignorés", attitude qui m'énerve au plus haut point, et qu'il se trouve que ce groupe reprend Radiohead, qui m'énervent au plus haut point aussi, alors ça veut dire qu'il vaut réellement le détour.

vendredi 9 juillet 2010

Somehow I stay thin, while the other guys go fat


Puisqu'il y a des groupes dont on ne peut toucher un mot que quand ils ont droit à des rééditions, aujourd'hui, je vais te parler de Big Audio Dynamite, groupe formé par Mick Jones à son éviction des Clash et dont le premier disque This Is Big Audio Dynamite est ressorti il y a quelques semaines.

Je sais pas si je te l'ai déjà dit mais mon disque préféré des Clash est Sandinista!, pour sa liberté et son absence totale de limite : faire chanter le batteur pour la seule fois sur un disque des Clash, ouvrir l'album avec un enchaînement entre un titre qui dit coucou au hip hop et un autre qui fait bonjour à la Motown, balancer plusieurs titres qui tendent sérieusement vers le rockabilly, puis 4 ou 5 dubs, faire chanter à des enfants une de leurs chansons sur le chômage, amener un chien dans le studio pour enregistrer le final d'un titre ... Sur ce disque, absolument tout est possible, tout.
Après la suite est connue, le groupe a mis au moins 10 ans avant de toucher un seul centime grâce aux ventes de l'album (en même temps, quand tu sors un triple vinyle au prix d'un simple, faut pas t'attendre à gagner beaucoup), la presse l'a descendu en flèche, seule une moitié s'est rétractée depuis. Enfin, le groupe a continué son bonhomme de chemin en sortant un disque avec de bons gros tubes de derrière les fagots.

Si je te parle de Sandinista!, c'est parce que chez BAD, on retrouve complétement cette liberté, à la différence près que Mick Jones étant tout seul, on a d'un côté plus de trouvailles à partir de samples, de plus grandes similitudes avec le hip hop; et de l'autre on n'a plus de traces ni de rockabilly dans les chansons, ni de Joe Strummer ou de Paul Simonon dans les clips du groupe, enfin si, admettons, mais sachant qu'ils jouent des flics empêcheurs de tourner en rond, au final c'est une façon de plus d'affirmer sa liberté tout en envoyant indirectement à son ancien groupe le message : "vous êtes quand même pas drôles" (par la suite, la formule retard/pétards à l'origine de son renvoi a d'ailleurs fait des miracles en matière de production, débouchant sur de très grands disques comme Down In Albion de Babyshambles).

En ce qui concerne l'album en lui même, on peut déjà repérer que grâce à cette réédition, l'album est passé dans les rayons variété internationale de chez Leclerc, ce qui réserve d'agréables moments : quand tu fouilles dans les bacs à vinyle, avec du BAD en bande son et que tu entends des pré-pubères se balader dans le rayon en se demandant où elles peuvent trouver les disques de Lady Gaga, le choc quoi.
À part ça il est composé de titres imprévisibles, avec des sons qui sortent de nulle part, comme les extraits de Western sur Medicine Show (dont tu retrouveras le clip en dessous), après plusieurs écoutes, c'est vraiment cette impression de liberté qui reste en mémoire, ainsi qui le tube E=MC² qui a le bon goût de parler de relativité (et qui est au passage beaucoup plus exact du point de vue de la physique que le Speed X Distance = Time des Blonde Redhead).

Sur ce je te laisse avec le fameux clip, j'aurais plein de choses à dire qui n'ont rien à voir avec le groupe, mais elles attendront un prochain article.

mardi 1 juin 2010

You're Not Foolin' Anybody


Bonjour, le programme du jour est de poursuivre l'hommage à Nikolai Fraiture avec un article sur Scout Niblett, qui est tout de même un peu son sosie en version féminine, et qui en plus se permet d'être beaucoup plus active que les Strokes, puisqu'après avoir elle aussi sorti son premier album en 2001, elle nous en a offert pas moins de 4 autres (agrémentés de 3 EP). Je vais te parler du dernier d'entre eux : The Calculation Of Scout Niblett.

Ce disque, c'est typiquement l'album qui déborde d'énergie même sur les chansons calmes, surement parce qu'autant sur les titres énervés que sur ceux plus calme, on joue pas mal avec tous les clichés du grunge : voix éraillée, guitare saturée comme il faut, Steve Albini à la production ... Sauf que la musique va plus chercher dans le blues que le grunge, et accessoirement, le fait qu'on ait une voix féminine plutôt que les braillements d'un ventre à bière à cheveux gras en chemise de bucheron, apporte aussi pas mal.
La demoiselle a beaucoup été comparée à PJ Harvey, ça se comprend facilement, un peu à Cat Power, pourquoi pas, enfin, moi ce qui me marque c'est Kings, une chanson qui autant sur la voix que sur les guitares fait penser à du Jefferson Airplane une fois le trip acide terminé, c'est d'ailleurs un de mes titres favoris du disque, le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est qu'il est suivi par Lucy Lucifer, une chanson vraiment insupportable, même pour quelqu'un comme moi qui d'habitude apprécie les chansons de moins de 2 minutes.

Mis à part cette chanson, on a un disque fort sympathique, donc tu peux même l'écouter autrement qu'en pensant à feu Fraiture (très mauvais, je suis désolé).


Et autrement, je dois aussi te parler d'Elsinore, parce qu'un EP qui s'appelle The Chemicals, ça ne s'invente pas, que le clip de la chanson éponyme est très cool, bien qu'ils manipulent les produits chimiques n'importe comment et que je suis un peu sceptique quand à l'existence du ballon rodé en pyrex au début du XXème siècle, même si il devait quand même y en avoir quelques-uns, sinon je vois pas trop comment Victor Grignard aurait pu synthétiser des Organo-magnésiens en 1912 ... enfin bref, regarde ce clip et chope le EP.

mercredi 6 janvier 2010

Joue là comme Albert


Parfois, quand tu entends la composition d'un groupe, t'as pas mais alors vraiment pas envie de l'aimer, d'autres fois, tu découvres leurs disques par hasard, tu télécharges parce que le nom te plait, et là, même si tu trouves que la voix ressemble vachement à celle du chanteur des Fratellis, tu trouves quand même ça bien meilleur que les Fratellis. Tu fais une recherche rapide sur Wikipédia, pour te renseigner sur qui sont ces Codeine Velvet Club, et là le CHOC, c'est en fait le side-project du chanteur des Fratellis avec une amie de sa femme, le genre de truc qui crée l'incompréhension, comment peut on faire une aussi bonne musique que l'on peut écouter sans poser le cerveau sur le bord de la table ?

L'album est vraiment éloigné des Fratellis, musicalement ça va bien plus loin que le trio "guitare-basse-batterie, jouons vite et fort mais surtout, vite et fort" et ce dès le Hollywood introductif, la voix du type des Fratellis passe presque sans problèmes et la chanteuse a une vraie voix qui compense largement, et les harmonies à la Last Shadow Puppets rendent vraiment super bien, et puis, le meilleur est pour la fin, derrière une intro bossa nova t'attends une reprise de I Am The Resurrection, où tu regretteras que l'album soit sorti fin 2009, parce que du coup tu pourras pas la mettre dans tes chansons de l'année 2010.

Au final, je terminerais par donner un conseil à Mr Fratellis : joue là comme Albert Hammond Jr., et sort plusieurs albums avec ton side-project avant de reprendre (peut être) avec ton groupe.