mardi 7 août 2012

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Alors à la base c'était un article qui devait paraître la semaine dernière, mais la fatigue du type qui meurt dès qu'il fait plus de 20°C (mais qui vit à Montpellier, cherche l'erreur) et la soirée guet-apens qui m'a été tendue samedi ont contrarié mes plans.

L'idée était donc de faire un récapitulatif de la semaine dernière, puisque tout le monde s'était passé le mot "hé vas-y, on sort tous de nouvelles chansons qui déchirent la même semaine".

Je commence sans surprise par Today's Supernatural d'Animal Collective, en écoute lors de la première transmission de la fréquence diplopode, le titre était l'un des plus entrainants de la série de concerts de 2011, je lui prédisait un avenir de "single raté", c'est à dire de titre super-efficace mais qui va trop vite pour que les gens puissent comprendre les paroles, à l'instar de Brother Sport, que les foules boudent souvent pour Summertime Clothes ou My Girls. Pour Today's Supernatural je l'imagine bien dans ce même rôle face à Mercury Man.
En ce qui concerne le titre en lui même, comme pour Honeycomb/Gotham, la prouesse de garder l'énergie live est réussie avec brio. En plus de ça, il y a un très gros travail de production qui fait sonner la voix d'Avey Tare comme jamais on ne l'avais entendue, il découle une très grosse puissance sonore de ce morceau, mais puissance contrebalancée avec tous les sons plus en arrière plan, qui agisse inconsciemment pour soulager l'oreille aux premières écoutes, et qu'on fini par adorer après un  peu plus de temps.


Les Dum Dum Girls nous ont aussi gratifiés d'un nouveau morceau exactement de la même longueur, dans la veine de leur excellent second opus, avec un son propre et carré, sur lequel Dee Dee pose des mots que l'on imagine sortis d'une bouche faisant la moue au début, mais qui se libèrent peu à peu à l'instar d'une confession, et puis les chœurs arrivent, mais on reste dans la justesse.

 

Deerhoof est un groupe qui a tout de même pas mal de bouteille, bientôt 20 ans d'existence et 11 albums, à chaque fois on retrouve la patte du groupe : une musique totalement désordonnée et la voix quelque peu atone de Satomi Matsuzaki, mais avec malgré tout un aspect qui nous surprend à chaque fois, ici ça pourrait être l'instrumental sur lequel on danserait volontiers la salsa.


Pour rester dans le groupe avec de la bouteille et plein d'albums, Calexico. Je les associe personnellement à leur performance à Sziget qui m'avait émue presque aux larmes, notamment avec leur magnifique reprise de Alone Again Or de Love, et avec cette musique profondément cliché, mais qui nous emmène magnifiquement dans des déserts au ciel étoilé quand on ferme les yeux lors de leurs concerts. Rien que pour ça j'étais décidé à louper le festival des Inrocks à Nantes une première fois depuis 2006 pour les voir à Montpellier, ce Splitter m'en convainc encore plus tellement on y trouve tout ce qui rend la musique de Calexico si particulière.


Sinon les Yeasayer ont mis leur album en stream, sauf qu'ils se sont amusés à faire ça avec des vidéos qu'ils ont supprimé après un certain temps. Pourquoi pas, sauf que du coup je n'ai pas pu les voir, puisque, sans blague de mauvais goût, les allemands sont tout de même un peu nazis en ce qui concerne la musique sur internet, et n'autorise donc que les contenus dont les droits musicaux ont été accordés par la GEMA (l'équivalent allemand de la SACEM), du coup je n'ai pas vu ces vidéos et je comptais te faire profiter de mon aigreur en déclarant que toi non plus tu ne les verrais pas parce que c'était trop tard et que tu devrais attendre le leak ... qui est arrivé il y a quelques jours. Je ne l'ai pas encore beaucoup écouté (faut dire qu'il y a pas mal de choses à côté) mais jusque là c'est un album dans le direct prolongement de Odd Blood musicalement (et va toujours plus loin dans la laideur des pochettes), mais en beaucoup plus plat et oubliable, mis à part Henrietta pas de titres vraiment marquants.

ICI

Et puis y a un nouveau Grizzly Bear mais j'en ai marre d'être le seul à pas accrocher à chaque fois donc je l'ai pas écouté.

Normalement après ça je me remets à poster un article tous les 15 mois, rassure-toi.

mercredi 1 août 2012

Our home is bigger than a mountain view

Cher Eugene,

Pour commencer je tiens à te féliciter, si je ne suis pas tout à fait un fan de la première heure, ne t'ayant découvert qu'avec ton album auto-intitulé, je suis un auditeur fidèle de ta musique qui jusque là ne m'a jamais déçu.

Du coup j'étais heureux quand j'ai appris que tu lâchais Miles Kane pour reprendre ta carrière, en plus j'aimais plutôt bien Lion, qui offrait quelque-chose d'un peu différent mais dans lequel on reconnaissait le ton un peu décalé que j'aime dans tes chansons (après, je dois avouer qu'il m'a fallu un certain temps pour me rendre compte que le bellâtre gominé de ton clip c'était toi), j'avais aussi aimé Thunderbolt, qui s'éloignait encore plus de tes titres habituels, mais la qualité de la chanson et l'accord entre texte et musique n'étaient pas pour me déplaire donc je ne me suis pas plains. Par contre Shotgun j'ai pas compris : un instrumental vu et revu sur une chanson plate et sans âme, enfin, 2 bonnes chansons sur les 3, ça laissait tout de même augurer de bonnes choses pour ton nouvel album.

Alors je l'ai écouté, ton disque, à commencer par Harlequinade, quand le clavier ridicule a commencé, j'ai vérifié qu'aucun pop-up ne s'était ouvert mais la vérité était là, tu commençais ton album avec une chanson qui, si je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle m'a fait chier, m'a laissé de marbre comme jamais une des tes chansons ne l'avait fait, j'avais l'unique envie de déclarer, à l'instar de mon ancien prof de chimie "Bon bah y a rien quoi".
Et puis au début de Sugarplum je me suis dit que ça allait mieux, qu'en fait c'était juste un mauvais départ, mais là tu as balancé ce "I want you as you are" mielleux qui pue le singalong facile, alors que la vérité Eugene, c'est que pour chanter tes chansons, on n'a jamais eu besoin que tu nous casses les couilles en éternisant ton morceau pour pouvoir nous répéter plus de 15 fois ton refrain à la con, regarde les violons d'Atlas qu'on chantonnait la tête dans les étoiles alors qu'il n'y avait même pas de paroles.
Je t'ai déjà dit ce que je pensais de Lion alors je passe tout de suite à Videogame, dès le début ça sonne complètement ridicule avec ta musique de film d'action cheap visible sur la TNT avec par dessus une voix qui dit "regarde, je vais monter en intensité dans tout le morceau et ça va tourner à l'hymne", j'ai eu envie de me dire, ouais, c'est du remplissage entre 2 singles, pas à prendre au sérieux, mais LÀ, tu as choisi de balancer l'orgue de Sea Within a Sea des Horrors, paie ta blague ! on t'as dit que si ça avait marché pour eux ça marcherait pour toi, on s'est foutu de ta gueule Eugene, on s'est FOUTU DE TA GUEULE. Et pas qu'une seule fois, parce qu'a priori tu as aussi tout gobé quand on t'as dit que la boîte à rythme grotesque de Concrete Moon ajouterait quelque-chose de sympa à ta musique, d'ailleurs cette chanson est marrante, au départ je me suis dit "chouette, si j'arrive à faire abstraction de la boîte à rythme j'obtiens une de tes balades agréables" sauf qu'au fur et à mesure de la chanson ton melon gonfle peu à peu avec l'arrivée des violons, et là tu te mets à pousser un "ouuuuhhhh" qui dit "là auditeur c'est là que tu vas prendre ton pied" et ton melon explose. On t'as perdu Eugene. Et rendu là, même Thunderbolt fini par sonner fade. Le grotesque d'Invitation to the Voyage et Joshua ne m'affecte même plus, et j'ai à peine l'énergie de te hurler, en entendant Japanese Cars "MAIS PUTAIN, ON T'A PAS DEMANDÉ DE FAIRE UNE CHANSON DISCO POUR PASSER AU PMU LES SOIRS DE FÊTE BORDEL !".

Je crois que je t'ai tout dit, je suis bien conscient que tes trois premiers disques ne t'ont pas apporté le succès escompté, que tu as besoin de manger, comme tout le monde, et que c'est sûrement plus sympa de gagner sa croûte en jouant le BG au service de sa majesté qu'en faisant partie du backing-band de Miles Kane, et j'espère que ça va marcher pour toi, mais c'est plus la peine de compter sur moi, je prêterais une oreille pour voir si jamais tu décides de revenir aux sources, celles où ta musique avait une âme, en attendant, bonnes continuations et bonne chance.

Un ancien fan anonyme.




(et si jamais tu veux te faire votre propre idée, le streaming de l'album)

mardi 31 juillet 2012

Careful with that axe


Comme je l'ai déjà dit entre les lignes lors de ces 3 derniers articles, je suis actuellement en stage à Leipzig en Allemagne. L'occasion pour moi de voir si ils sont musicalement mieux lotis que nous de l'autre côté du Rhin.

Jusque là j'avais juste assisté à un festival étudiant, assez proche des festivals étudiants francais, sauf que les campus sont plus jolis, les gens mieux habillés et la bière et la musique meilleures. Ça casse pas toujours des briques hein, mais quand tu vois que sur un festival étudiant francais tu te retrouves systematiquement à voir La Ruda, Dub Incorporation ou La Ruda et Dub Incorporation alors que là les groupes ont des noms aussi cools que Fuck Art Let's Dance (en réalité c'est de la pop à guitare pas d'une folle innovation mais ça reste rafraichissant) ou que tu peux voir des groupes de Math Rock dans des amphithéâtres (une expérience très recommandable, bian placé tu peux apprécier un splendide mélange de musique et de résonance, on ne devrait faire jouer tous ces groupes instrumentaux bruitistes que dans des amphithéâtres).

Ça c'était encore aux premiers jours de mon stage, soit début juin. 2 mois plus tard, j'ai eu confirmation de 2 choses dont je me doutais sur moi : la première, je ne suis pas fait pour travailler dans la recherche, la seconde, je suis incapable de vivre en colocation.
Pour éviter un pétage de plomb assez désagréable, je suis parti à Berlin, il y avait le Down By The River Festival, où je ne connaissais que les Wave Pictures et Coming Soon, qui ne jouaient pas en personne mais étaient representés par 3 de leurs side-projects (que je n'avais cependant jamais entendus).

Alors je t'épargne un voyage pas trépidant, j'arrive vers 15h sur le festival, soit une heure après le début, y a un mec qui joue de la guitare tout seul devant une toute petite cabane, je fais un rapide tour : y a plus de bars que de scènes, et ceux-ci sont même plus grands, puisque la "Main Stage" doit être d'une largeur d'environ 4m. Sinon le lieu est on ne peut plus idyllique, comme le nom du festival l'indique au bord d'une rivière, ce qui donne des scènes un peu surréalistes avec les touristes en bateau qui font coucou à des festivaliers plus ou moins poilus et alcoolisés (il y a même eu des gens en train de faire la fête avec techno en musique de fond), festivaliers qui sont vivement encouragés par le speaker. Oui parce que ce qui surprend dans ce festival c'est le speaker, au départ j'avais lu que le "programme" était animé par MC David Deery, j'avais compris ça comme un mec qui passait des disques, quelle ne fut pas ma surprise quand à la fin du bout de concert auquel je venais d'assister, un mec avec un short et des bretelles est arrivé devant la scène avec un mégaphone pour crier "allez, c'était super cool, maintenant on va tous à la grande scène allez suivez-moi *WOUHOUHOUHOUH* (sirène en option sur le mégaphone)", bon, en réalité si j'avais regardé son site ou l'une de ses vidéos j'aurais su à quoi m'attendre, mais en même temps quand tu décides la veille pour le lendemain d'aller à un festival tu prends le parti d'être surpris. Pour revenir sur le surréalisme du festival, il faut d'imaginer le lieu (des photos peuvent aider éventuellement), on est coincés entre des immeubles délabrés de l'ancien Berlin Est, dans un espèce de parc avec des structures en bois de différentes hauteur, un peu coupés du monde comme si on était aussi sur un bateau, pour ajouter au tableau, des "sculptures" d'animaux d'inspiration vaguement manga surplombent un immeuble ou encore la cabane qui constitue la petite scène.

On parle souvent des festivals en disant qu'il leur manque l'ambiance intimiste des petites salles, sur ce festival l'ambiance intimiste elle est pleinement là, puisqu'en plus de la proximité pendant les concerts, les groupes se mélangent volontiers au public par la suite (ce qui arrive aussi dans d'autres festivals, il est vrai, mais ici le festival est tellement petit que c'en est d'autant plus flagrant).


Du point de vue musical, il y avait donc à voir des groupes pop-rock à guitare basique mais joyeux (Frozy ou The Gondors) du one-woman-band à guitare pas joyeux (Breaking The Bell Jar), des riot grrrls d'Amérique du Sud (Las Kellies) des groupes qui réussiront à convaincre David (The Pirouettes, au sujet desquels il déclarera "je ne savais pas que les français pouvaient faire de la bonne musique" ou l'excellent Seth Faergolzia qu'il demandera en mariage après nous avoir encouragés à réclamer 3 rappels) et nous aussi par la même occasion, du flamenco auquel je ne prêterais aucune attention, ayant bu quelques verres de trop et étant trop occupé à manger des tacos hors de prix (mais quand tu ne t'es nourri que de bière depuis le midi tu fais pas la fine bouche), des one-man-band qui font un peu comme Dustin Wong, mais avec plus de sons différents (en gros qui usent et abusent de boucles pour faire leurs chanson, comme SJ Esau) et puis les excellents Lobster Boat, projet croisé des Wave Pictures et des Coming Soon, que je ne connaissais pas mais fort appréciables. D'autant plus que leur concert a peut-être été plus long que celui des Wave Pictures, qui jouaient en dernier en extérieur avec pas loin d'une heure de retard sur l'horaire prévu (en même temps faut s'imaginer que les temps de passage des groupes sont fixés par le nombre de chansons restantes à jouer que les membres de l'organisation indiquent au groupe, va tenir un planning), peut-être pour ça qu'on a eu droit à un faux rappel (mais David Tattersall qui te joue 15 secondes de chansons et s’arrête net, c'est tout de même cruel). En ce qui concerne la suite, je commençais à ne plus trop tenir debout avec la fatigue et les quelques bières qui étaient passées derrières la cravate, donc quand j'ai vu que Mount Analogue ne jouaient finalement pas directement après la fille qui tentait de parler de Woody Guthrie pendant que la moitié du public gueulait "on veut de la musique", j'ai préféré rentrer que prendre le risque de me faire réveiller à la fin d'un concert par un type avec un regard inquiet.

Cet article est assez bâclé, et crois-bien que j'en suis désolé, mais si j'avais tenu à l'écrire correctement je ne l'aurais jamais terminé et il n'aurait pas non plus décrit correctement l'ambiance du festival. Et puis accessoirement j'ai d'autres articles sur les rails qui attendaient que celui-ci soit publié.

vendredi 27 juillet 2012

If you fall asleep

Alors qu'à mes 48 reviews en retard, déjà tapées mais non mises en forme (i.e. encore plus chiantes à lire que l'article lambda de ce blog, et accessoirement je doute de l'intérêt de les publier maintenant) s'est ajouté le week-end dernier l'un des festivals les plus cools du monde (tu pourras trouver des photos ici et qui donnent une idée de la chose, et crois-moi, c'est pas parce que je tire la gueule sur la seule photo où l'on m'aperçoit, que j'ai pas kiffé la vibe).

En attendant je te refais le coup classique de l'article à clips, symptomatique d'une certaine flemme, et aussi du gros "il fait 3000°C dehors, au moins 2 fois plus dans le labo où je travaille, je dors pas la nuit et je me paie des Kopfschmerzen monstres" (se plaindre reste une solution sûre pour parer à toute remarque quand à la créativité de cet article).

Encore une fois, 3 clips au programme, parce que 2 c'est pas un "article à clips" et 4 c'est Youtube.

Pour commencer, le clip de 2012 (même si on est en juillet et qu'il est à la lutte avec Simple Song des Shins) : True Trush de Dan Deacon, le concept est simple : diffuser une saynète d'une dizaine de secondes à une équipe qui devra la reproduire en une heure et une prise, cette prise sera alors diffusée à l'équipe suivante et ainsi de suite. 
Outre les défauts de mémoire, les accidents de tournage et les tics des acteurs se voient systématiquement répétés et amplifiés, jusqu'à ce qu'une autre erreur corrige la première ou l'emmène encore ailleurs, tout ça pour se finir dans le chaos le plus total avec les derniers duos qui préfèrent batifoler dans la montagne de papiers issus des précédents tournages que s'occuper de la fidélité à la scène originale, qu'ils savent de toute façon totalement transformée. Au final la fidélité de la reproduction a peu d'importances, ce sont les idées et les papiers qui s’amassent qui conduisent à quelque-chose de nouveau et bien plus excitant.



L'important, dans les articles à clips, c'est les transitions, on va donc rester à Baltimore avec (ta-dah !) Animal Collective (cette transition a été inspirée par l'article de Punk Ryden sur True Trush, rendons à César ...). Alors comme tu le sais sûrement si tu suis un peu l'actualité ou encore si tu fais partie des tarés de Collected Animals. Le collectif a un album prévu pour début septembre et vient d'annoncer une série de "transmissions" les dimanche soir (ou nuit ici avec le décalage horaire) jusqu'au 19 aout, qui permettront peut-être d'entendre des extraits de ce Centipede Hz (ou alors des bruits désagréables, on peut s'attendre à tout). 
Pour patienter ils ont sorti il y a maintenant quelques mois un single compilant 2 titres familiers pour ceux qui ont écouté avec attention d'autres titres que Summertime Clothes ou Brother Sport lors des concerts du groupe l'an dernier.
Honeycomb est le morceau typique qui dit "on revient et on envoie du bouzin", pas tellement surprenant au niveau du son et de la structure de la chanson, mais une énergie live qui nous traverse : on ferme les yeux et on voit la lampe frontale de Geologist s'agiter.
Gotham est le morceau typique du travail d'Animal Collective sur les face B. Exercice qu'ils pratiquent assez sporadiquement puisque leur dernier single avec un inédit en B était Peacebone en 2007. De la même façon qu'avec Safer, on a une version plus dilatée de la face A, avec une piste qui se laisse plus le temps, à l'image de cette tension qui retombe doucement après le "refrain".
Pas (encore ?) de clip officiel, donc de l'amateur à la place : l'inspiration du clip de My Girls est un peu trop évidente, il est néanmoins sympathique et colle bien à la chanson et au thème de l'album (et puis c'était ça ou un gosse obèse qui joue avec un ballon de façon lubrique, alors estimes-toi heureux).



Et puis pour une transition foireuse de plus, une autre artiste qui n'a rien sorti non plus à part un projet visuel depuis 2009 : j'ai nommée Natasha Khan, j'ai déjà dit tout le bien que je pensais d'elle, mais il faut quand même avouer qu'avec pour seul nouveau titre depuis 2009 un duo avec Beck pour la BO de Twilight. Là elle permet aux fans hardcore de continuer à jouer au fameux "ton gosse va naître ? mets tes titres de Bat for Lashes en shuffle et donne lui le premier nom qui tombe". Rien de vraiment nouveau, mais une belle chanson accompagnée d'un beau clip avec une belle Natasha dedans, c'est l'essentiel non ?

dimanche 15 juillet 2012

Pas des chaussettes entre les deux oreilles

J'ai déjà eu l'occasion de te parler de Disiz, jamais encore avec un article entier, je comble donc ce manque avec celui d'aujourd'hui qui traitera de son dernier EP : Lucide, sorti fin mars, mais que j'avais loupé jusque là (en même temps c'est pas le genre de disque qui leake sur nodata, donc c'est plus dur à suivre).

Au programme, un retour aux sources avec à nouveau du rap. D'entrée, la reprise des vocalises de l'intro de J'pète les plombs nous cueille, comme une manière de montrer que si il est plus aujourd'hui un apatride musical, il fait tout de même partie de la "scène" rap française depuis une quinzaine d'année, et peu de rappeurs actifs à ses débuts peuvent se targuer de produire aujourd'hui une musique d'aussi bonne qualité.

Pourtant on était en droit de se dire que c'était pas gagné, comme il le dit dans Un frigo, un cœur et des couilles (et l'explicite dans cette interview), l'échec commercial du projet Peter Punk est une des raisons de ce retour au rap ; comme tout retour pour des raisons pécuniaires, des inquiétudes pouvaient pointer sur la qualité. 

Ici, que nenni.

En filigrane, on voit d'ailleurs facilement  que les motivations de son retour résident ailleurs : dans une France où Marine Le Pen fait 18% et où l'intolérance est devenu banale (voir les "messages d'amour qui feraient passer Hitler pour bisounours" lâchés sur des forum, yahoo au hasard, évoqués dans La Haine), il est effarant de voir qu'il n'y a plus à proprement parler ni de scène ne de public rap français : entre ceux concentrés sur un revival payant auprès d'un public qui ne s'intéresse pas/plus au message, les paroliers du "rap conscient" (appellation d'ailleurs rejetée Dans Un frigo ...) qui prêchent pour un petit cercle de convertis et ceux qui malgré la crise continuent à faire du bling-bling (Toussa Toussa cible assez clairement Booba). Pour résumer, l'enjeu de ce retour est exprimé dans Moïse avec le "je reprend ma place", d'ailleurs encore plus mis en valeur dans le clip, au cas où la version sans image ne nous aurait pas suffi. L'objectif est ici est d'éviter que l'avenir qu'il annonce à la France dans René, roman d'anticipation d'une France gouvernée par Marine Le Pen depuis 2017, ne devienne réalité.


Au programme donc 6 titres qui couvrent des thématiques assez larges et 2 featurings moins convaincants. Le tout avec une production et un flow toujours ultra-carrés, mais surtout une richesse musicale encore plus importante permise par la "pause" Peter Punk, que ce soit le final instrumental "fondu" de Moïse, le riff et les transitions couplet/refrains de Mon Amour ou la main de velours dans un gant de fer de J'ai la haine.
Du point de vue des textes, j'ai beau ne pas spécialement aimer m'étendre dessus mais il faut en souligner la finesse et la justesse, l'idéalisme à la naïveté assumée mais salvatrice, l'importance des questions soulevées, mais toujours cette ironie qu'on appréciera particulièrement sur Bête de bombe 5 ("Ma mère elle fait les meilleurs gâteaux du monde", ou comment s'imposer dans le rap game avant ses 10 ans).

Au fond, c'est cette ironie, qui nous permet de garder la tête froide malgré tout le poids que peut avoir le message. Nous aussi on reste Lucides.

vendredi 6 juillet 2012

I Know It's Over

Voilà, ça va faire un sérieux moment que je n'ai pas écrit, j'en suis à au moins 4 débuts d'articles de retour sur lesquels je dépasse rarement le paragraphe, alors on va emmerder les explications et les tentatives de rattrapage de ce qui s'est passé ces quelques derniers mois, ça viendra peut-être à un autre moment.

Comme il y a maintenant 3 ans, je suis revenu te parler des ExLovers, j'avais été très évasif à l'époque parce qu'il n'y avait pas grand chose à dire. Aujourd'hui non plus il n'y a pas grand chose à dire, mais on va quand même essayer de déchiffrer ensemble quel avenir attend les ExLovers ?

Alors l'article remonte à 2009, soit leurs premiers concerts en France avec Peter, Bjorn & John dans le cadre du Inrocks Indie Club, ils n'ont alors qu'un EP, pas trop mal dans son époque, mais déjà un peu en retard, puisqu'on l'aurait aussi bien imaginé quelques années plus tôt en pleine folie du "retour du rock". Autant dire une chose, à ce moment là, la scène ça semblait pas tellement leur truc, ils avaient l'air tellement peu à l'aise qu'on était embarrassé pour eux. 
Qu'est-ce que l'on pouvait attendre alors pour leur avenir ? Probablement un album assez passable en 2010 et un oubli progressif, comme pour environ 75% des groupes soutenus par les Inrocks (et par la plupart des magazines d'ailleurs).

quand même quand tu tourne un clip tu oses à peine regarder autre chose que tes pieds, c'est que ça va mal

Oui mais voilà, ils ont préféré disparaître de la circulation, ressortir un single efficace en 2011 et ce premier album, Moth, avec une fille à poil en guise de pochette en 2012.
Pour leurs clips, ils sont passés à des images d'archives chiantes :


Et sur scène il faut croire qu'ils se sont améliorés même si trouver une vidéo de concert pour se faire sa propre idée relève du jeu de piste, on peut quand même trouver une vidéo studio où les attitudes du groupe sont relativement proches de celles du concert que j'évoquais, ils ont changé de coiffures et ont plus de tatouages par contre.



Bon, on peut voir le truc venir assez facilement "Ok, leur album aurait pu sortir en 2005, ils ne sont pas spécialement doués sur scène et leur musique manque cruellement de profondeur, ils sont foutus", sauf que ça ne peut tout de même pas être seulement un hasard si, même en se disant que le concert ne nous avait pas convaincus, on a écouté l'EP You Forget So Easily en 2009, si en se disant que l'EP ne nous avait pas transcendé on a quand même prêté une oreille à Blowing Kisses en 2011 et si en se disant que dans le domaine de la pop à guitare ils ne sont même pas les meilleurs, on a quand même écouté cet album. ExLovers seraient un peu la Tortue (pas Christophe Willem, la Tortue de La Fontaine) et progresseraient plus lentement dans nos cœurs que d'autres, mais pourraient finir par arriver à leurs fins
À une époque où le public s'insurge devant l'artificialité de Lana Del Rey et consorts, ExLovers pourraient être le naturel qui revient au petit trot et qui pourrait s'imposer contre toute attente et logique.


Ou sinon peut-être que dans 2 mois on en entendra plus jamais parler.

lundi 23 janvier 2012

I Fought In A War



Avant un vrai retour aux affaires que j'ai déjà plus ou moins rédigé, un article plus "rapide".

Bon en fait ces derniers temps j'ai connu à la suite des problèmes avec internet et des problèmes avec mon ordinateur (j'ai notamment perdu le plus gros de mes dizaines de Go de musique soigneusement rassemblés ces dernières années) qui m'ont maintenu éloigné de tout ce qui a trait au bloguesque. Et puis je dois avouer que même avant ces problèmes il n'y avait pas grand chose qui me bottait suffisamment pour me donner envie d'écrire dessus.

Ça m'a amené pas mal à réfléchir sur le bombardement de nouveautés qu'on s'inflige, et il se trouve qu'avec les événements actuels tout le monde tend à avoir les mêmes problèmes que moi vu qu'un certain nombres d'hébergeurs de direct download sont menacés.
Au fond est-ce qu'en voulant coller autant à la nouveauté on ne passe pas à côté de tout ?
Je me suis mis à sérieusement suivre tout ce qui est leak depuis environ 2009, je ne saurais dire combien de disques j'ai écoutés sur cette période (et je ne peux pas essayer de les compter, vu l'état de mon disque dur). Mais si sur tous ces disques, il y en avait un sur quatre que j'ai retenu, ça serait déjà beaucoup. Et les trois autres qui ne me reviennent pas, est-ce qu'ils sont moins bons ? Pas forcément, pour preuve en récupérant ce que je pouvais des fichiers de mon disque dur, un bon nombre de chansons sont sorties juste avec un numéro ne permettant aucune identification, et sur celles-ci il y en a plusieurs que j'ai vraiment aimé sans être capable de me souvenir de les avoir déjà écouté, alors que c'est forcément le cas, puisque je ne dézippe pas les disques avant de les écouter.
En gros j'écoute un maximum de disques pour être sur de ne pas louper le meilleur, sauf qu'au final je ne profite pas vraiment de ce que j'écoute, et en plus, j'arrive quand même à passer à côté de disques qui me plaisent. Et encore de ce point de vue là je m'estime plutôt chanceux puisque je me tiens relativement éloigné des blogs et que du coup je n'écoute pas le dixième de ce qu'ils proposent.



Je ne dis pas que je suis pour les fermetures des sites de direct download. Je suis de toute façon très attaché à la manière de faire les choses (déjà quand j'étais lycéen j'avais manifesté contre le CPE sans avoir lu le texte, juste parce que l'utilisation de l'article 49.3 me dérangeait sur le principe). Mais on pourrait aussi y voir la chance de faire plus attention aux choses; et j'ai appliqué mon discours à la musique mais je pense que ça peut aussi s'appliquer aux séries. J'ai beau ne pas en regarder, je me rappelle qu'à une époque, on regardait juste Pokémon et le cliffhanger de l'épisode à Cramois'île (celui ou Pikachu était accroché au bord d'un rocher, près à tomber dans la lave), ça suffisait à nous tenir en haleine pendant un moment, alors qu'aujourd'hui on ressent le besoin de suivre 15 séries en même temps pour avoir sa dose, et la manière dont on les regarde fait qu'on pourrait lire le script seulement pour savoir ce qu'il se passe, que ça serait suffisant.

En gros, j'ai beau être totalement contre les suppressions arbitraires des sites d'hébergement, je ne peux m'empêcher d'y voir un mal pour un bien tant la facilité d'accès aux contenus nous conduisait à notre abrutissement, il existera toujours des sites pour télécharger, on aura juste plus de mal à trouver ce qu'on veut, ce qui fait qu'on ne cherchera plus que ce qu'on veut vraiment.



Et j'en arrive là où je voulais (de toute façon ma mauvaise foi m'amène toujours à parler de ce que je veux avec des liens capillotractés) puisqu'avec cette offre de téléchargement restreinte que je me suis à moitié imposé (à un moment j'envisageais de ne pas écouter un seul nouveau disque cette année justement pour re-prêter attention à tous ces disques loupés quelque part dans mon disque dur, et puis je me suis souvenu qu'Animal Collective avaient un disque de prévu en 2012), je me retrouve à devoir écouter plus attentivement les nouveaux disques, surtout que je ne peux pas actuellement les écouter avec mon propre ordinateur. Les claques sont d'autant plus grandes.

Je viens d'écouter le dernier Xiu Xiu et le disque est vraiment impressionnant : au niveau de la production, c'est digne du dernier Coldplay : des sons accrocheurs, une densité enveloppante, des détails mais pas de superflu. Comme on dit par chez moi, c'est fat. Mais le talent de Jamie Stewart, c'est de réussir à court-circuiter violemment là chose, comme il le fait sur sa reprise de Rihanna que j'avais déjà évoquée.
Avec Hi, on entend un tube radiophonique saupoudré de suffisamment de paranoïa pour n'avoir aucune chance de passer un joue en radio, même si il est composé de la manière la plus putassière possible. La paranoïa c'est ce qui vient à l'esprit sur à peu près tout l'album, comme d'habitude avec Xiu Xiu : on se sent dérangés alors qu'en écoutant bien l'album, on se dit qu'il n'y a aucune raison rationnelle à ça. Et vu qu'on cherche généralement à critiquer la musique sur ce qu'on arrive à rationaliser, on est à peu près certain de se casser les dents avec un disque de Xiu Xiu, et ça Jamie Stewart semble l'avoir compris donc fait tout pour nous désarçonner encore plus. Enchainer une chanson une chanson toute douce en duo féminin-masculin parlant d'allaitement avec un titre abrupt au possible intitulé I Luv Abortion, si ce n'est pas dire à l'auditeur qu'il ne va pas s'en sortir si facilement que ça ...

Écouter Xiu Xiu en 2012, c'est se poser contre l'absurdité de la facilité qui a fini par nous sembler normale.