jeudi 21 mai 2009

Running in the dark


Le concert de Bat For Lashes d'hier soir fut de loin mon deuxième meilleur de l'année, si sur album, ses chansons sont très bonnes, en concert elles sont fantastiques.

Ceci dit, la plus grande performance revient à David Walters, la première partie, si l'écoute de quelques unes de ses chansons via myspace m'avait déjà laissé très sceptique, sur scène c'est encore plus impressionnant, réussir à avoir un son aussi mal réglé avec des INSTRUMENTAUX PRÉENREGISTRES tient même de l'exploit. Au bout d'environ 2 chanson et demi, la meilleure solution pour échapper à ce calvaire auditif semble être le repli vers le bar du bas, avançant ainsi l'heure de la traditionnelle bière post-première partie.

Et c'est au moment que l'on revient dans la salle que ça devient magnifique, voici Bat For Lashes et la combinaison de Natasha Khan nous fait immédiatement aimer les rayures.
Ça commence plutôt timidement par les 2 premières chansons du deuxième album, mais très rapidement, on est emportés par le flot des chansons, qui s'enchainent de manière si fluide que l'on ne peut les compter.

Et on est séduits par les timides "merci" entre les chansons de Natasha, et par la grâce de cette dernière, autant vocale que par sa tenue qui évoque Pierrot et colle tout à fait à l'aspect lunaire de sa musique.

Il semblerait même que nous ne soyons pas les seuls à vraiment apprécier l'instant et à ne pas vouloir qu'il s'arrête, puisque le groupe, après un premier rappel de 3 ou 4 chansons, reviendra même une seconde fois pour conclure par un second, mais magistral Daniel, plus proche de l'album que le premier qu'ils ont joué, vraiment très bon avec sa basse omniprésente, mais rendu à ce stade du concert, qui viendra se plaindre que le groupe rejoue une chanson de manière moins originale ? ils auraient même pu jouer une deuxième fois chaque chanson que ça ne m'aurais pas déplu.

Natasha Khan, je t'aime.

dimanche 26 avril 2009

You're moving fast but you're going nowhere


Que faire quand on a dépassé la quarantaine et que l'on est un chanteur britannique qui a toujours brillé par la finesse de sa plume, y gagnant au passage une image de chanteur intellectuel et pour intellectuels ?
Hé bien il ne reste plus qu'à sortir un album bourré de grosses guitares, il y'a quelques mois, on a eu le cas de Years Of Refusal de Morrissey, voilà que c'est au tour de Jarvis Cocker, après le premier album duquel on pensait qu'on ne l'entendrais jamais chanter sur une guitare plus saturée que celle de Disco 2000, Morrissey à la limite on peut comprendre, de toute façon un mec qui semble développer autant d'efforts pour qu'on le déteste sortira forcément des albums comme son dernier, mais Jarvis ...
Première surprise avec cet album donc, sur la pochette, il arbore une barbe, déjà relativement bien fournie, et quand on écoute, bah, c'est du rock pour barbus, à quelques lieues de son premier opus et de Girls Like It Too, qui devait figurer et donner son nom à ce deuxième album, qui s'appelle finalement Further Complications, un esprit totalement différent donc (ou pas ?)

Sur le titre éponyme qui ouvre l'album, Jarvis conclut sur un "do you follow me ?", on doit confesser quelques hésitations, après cette chanson, qui, si elle n'est pas désagréable, tranche franchement avec ce qu'on aurait pu attendre. Angela est du même ressort avec un inhabituel solo de guitare, et en entendant Pilchard, on commence à avoir envie de dire "mais putain, Jarvis, tu nous fais quoi comme conneries avec ton vieil instrumental là".
A croire qu'il nous entend, puisqu'on revient à du plus habituel avec Leftovers, même si on se fait à l'idée que l'on va devoir aimer la guitare, qui a relégué au second plan le piano omniprésent du premier album, mais toujours est-il qu'on retrouve le Jarvis qu'on aime le plus : qui propose à des filles dans des musées de rencontrer des dinosaures, jouant une fois de plus avec son image d'intellectuel; image qu'il va envoyer bouler avec I Never Said I Was Deep. Et ce avant de nous balancer un Homewrecker, sur lequel un doit attendre une bonne minute d'intro pleine de cuivres avant d'être certains que l'on écoute une chanson de Jarvis Cocker, suivi de Hold Still, qui fait chanson oubliée du premier album. Grosse guitare à nouveau avec Fucking Song, dont le "I will never get to touch you, so I wrote this song instead" introductif annonce plutôt bien la couleur, enfin, de toute façon, on commence à s'habituer à la guitare, et puis le pire est à venir avec Caucasian Blues, enfin, quand je dis le pire, c'est typiquement la chanson dont je suis incapable de dire si j'aime où je déteste, on dirait une tentative de reprise des Sex Pistols, et on a par moments l'impression d'entendre le chanteur des Hives, donc on ressort forcément avec un sentiment mitigé. On pense ensuite entendre Glory Days avec Slush, sauf que c'est quand même beaucoup moins bien, et puis la conclusion est laissée à You're In My Eyes (Discosong), enfin, disco veut dire que l'on entend effectivement en arrière plan des instrumentaux à consonance disco, mais avec Jarvis qui chante par dessus ça ne peut définitivement pas être aussi mauvais que du disco.

Voilà, je pense que je serais en mesure de vous dire si j'aime ou non cet album dans 2 ou 3 mois, en attendant, jetez quand même une oreille dessus, même si vous devez déjà réécouter respectivement pour la 41ème et 37ème fois les derniers Horrors et Patrick Wolf (ce qui est compréhensible, je vous l'accorde).

vendredi 17 avril 2009

I Was Born To Be ...


Lester Bangs déclarait que la nullité était le critère le plus authentique du rock'n'roll. A partir de là la question est donc de savoir ce qu'il aurait pu penser d'un album comme Born To Be A Motorcycle de Bunky.
Leur unique album à ce jour est sortie en 2005, à l'époque, notre principale préoccupation était de chercher un successeur aux Libertines, enfin, je dis notre, mais ma préoccupation de l'époque était plutôt de savoir quelque chose de ces Libertines, ma grande fierté, est que quand j'ai acheté le 2ème album, le groupe était encore vivant, enfin, par vivant, j'entends que Pete Doherty jouait avec les Babyshambles et que Carl Barât allait officialiser la séparation du groupe la plus définitive jusqu'à aujourd'hui 4 jours plus tard. Enfin, bref, toujours est-il qu'à cette époque, l'intégralité de la planète, à l'exception de ma pauvre pomme, en retard une fois de plus cherchait qui seraient les nouveaux Libertines. Parmi les plus sérieux, on pouvait trouver Bloc Party, les Rakes, les Kills, Kaiser Chiefs ... on parlait aussi des Subways, Kill The Young, des Others, des Paddingtons, de Louis XIV, de Hard-fi, de Art Brut, d'Editors des Dead 60's, de Maxïmo Park ou encore des Test Icicles, on ne parlait pas assez des Dogs, et on allait bientôt beaucoup parler des Arctic Monkeys.

Autant dire que perdu dans cette jungle, un album avec un nom loufoque, une pochette avec des dessins bizarres (pour ne pas dire moches) et des chansons qui parlent d'être aussi drôle que la Lune, d'avoir envie de pisser, ou encore une chanson de plus de 3 minutes pour réclamer un verre d'eau (!), avait bien peu de chance d'être considéré comme il le méritait.
Profondément débile, quand on veut parler rock, on dit primal, mais là on ne peut pas dire primal, leur guitariste a de la barbe, parfois des lunettes, et un début de calvitie, donc ça ne peut pas être primal, d'ailleurs, si on met de côté cette nullité chère à Lester Bangs, on ne pourra dire que du bout des lèvres que c'est du rock'n'roll, bien que Funny Like The Moon, et son refrain qui donne son nom à l'album mériterait d'être érigé au rang des hymnes rocks, juste à côté de Gloria, surtout quand un tel titre est suivi d'une des chansons les plus basiques jamais écrites : Gotta Pee et son refrain qui se base sur un seul accord répété le plus vite possible et pour seul texte un philosophique "1,2,3,4". En fait, cette chanson est un appel à une démocratisation extrême de la musique, puisqu'il suffit d'avoir des bras pour pouvoir jouer ce morceau (et encore on doit pouvoir se débrouiller sans, mais c'est un peu plus dur), avec ce morceau, c'est la disparition des types qui friment avec une guitare dans les soirées (souvent en jouant de la merde en plus), n'importe qui peut taper sur la caisse en braillant GOTTA PEE SO SO SO et en balançant son accord derrière.
Soyons fou, et allons encore plus loin, sur le morceau d'ouverture Baba, les saxophones en totale liberté, puisque basse et guitare ont cessé la surveillance, nous rappellent presque le saxophone de Andy Mackay sur le premier Roxy Music. le groupe est aussi capable d'ironiser sur ses contemporains, en revendiquant l'inutilité des textes avec une chanson dont les paroles se limitent à des "ah" et des "ouhh", interrompus seulement par 2 "Baby I Love You" au milieu de la chanson, qui en disent encore moins que le reste du 'texte'; donc la chanson renvoie chez leur mère tout ceux qui font de cette maxime l'essence même de leur texte, bon sauf les Ramones, de un parce qu'ils sont morts (leurs mères j'en sait rien, et à vrai dire, j'ai d'autres préoccupations dans la vie) de deux, c'est une reprise sur leur meilleur album et de trois, ils l'ont faite à cause de Phil Spector, qui est un bien plus gros psychopathe que la plupart des personnes que j'ai pu considérer comme telles (mais j'informe ces personnes que je ne retire pas ce que j'ai eu l'occasion de dire pour autant). Bunky nous font aussi des ballades, mais quand ils le font, c'est encore une fois avec des textes débiles et une flûte atroce sur le final. Et puis il y'a aussi Glass Of Water, là on atteint des sommets, des trompettes clownesques et un mec qui beugle "I WANT A GLASS OF WAaaATER" sur tous les tons, et des gens osent faire des chansons avec ça ! non mais vraiment ... après ça plus rien ne peut nous surprendre, et justement, plus rien ne nous surprend puisque l'album se termine tout gentiment.

Moralité, depuis 2005, j'ai rattrapé une bonne partie de mon retard, mais des albums comme Born To Be A Motorcycle, j'en ai pas rencontré des milles et des cents, donc plutôt qu'écouter ceux qui ont fait parler d'eux à l'époque en se contentant de reproduire des groupes dont le meilleur album est sorti en 1979, allez donc danser sur Funny Like The Moon.

mardi 7 avril 2009

It's Too Late For Peace And Love


Comme évoqué dans l'article précédent, je me suis mis à écouter de la musique plutôt indie et souvent rock sur le tard. Il y'eut de nombreuses années complètement chaotiques du point de vue musical auparavant, je commence comme tout le monde par écouter la même chose que mes parents, puis arrivé à l'âge où l'on décide de ne plus faire comme eux, et de choisir ce que l'on écoute, je me mettrais à écouter un peu tout ce qui marche, même pas volontairement, je me contente d'écouter la radio qui diffuse en direct les matchs de foot du FC Nantes ...
Mais l'époque n'est pas exactement à ça, à l'école, tout le monde écoute Skyrock, donc énervé d'entendre pour la 20ème fois une chanson qui m'insupporte, je finirais par tomber dedans pour 4 ans à écouter du rap, et quand je dis rap c'est un peu tout et n'importe quoi, le bon, le moins bon, le carrément indécent ... Enfin, toujours est-il que l'enchaînement de ces années à n'écouter que ça, peut être autant que la diffusion de plus en plus fréquente de titres R'n'B-gnognotte chiants, auront raison de mon goût (?) pour le rap. A partir de là, je vais enchaîner tous les styles au sein du rock en moins de 6mois-un an. Du "rock français à texte chiant" au "métal symphonique inconnu" en passant par le "rock sentimentalo-gnognotteux", avant que les Libertines m'écartent pour un temps de ces errances et qu'Animal Collective m'en éloigne définitivement.
Mais ici, c'est sur ma période rap que je veux m'étendre, ça m'a certes pris quelques années, mais je me suis remis à apprécier certaines de ces "errances" que j'avais reniées. Ça a commencé par Outkast et le Saïan Supa Crew, puis, encore plus récemment, j'en suis venu à regretter d'avoir vendu pour une bouchée de pain sur ebay une partie de ma collection de l'époque. J'ai donc ressorti mes vieilles, autant qu'invendables cassettes, et le pauvre baladeur qui va avec, et je me suis remis à écouter, et, peut être par pure nostalgie, peut être parce qu'une partie des enregistrements sont bons, à apprécier. Sauf qu'une des choses que l'on a oublié, depuis le temps qu'on a pas écouté de cassettes, c'est que quand le baladeur a consommé ses piles, le phrasé d'Eminem est ralenti au point de devenir complètement ridicule. Donc dans ces moments de dèche de batteries, je reviens en 2009, et j'écoute Mongrel.

Avec Mongrel, passé la première surprise d'entendre un album dans sa généralité Hip Hop, étonnant étant donnée la composition du groupe, on se rend vite compte qu'à l'image de sa pochette, il présente plusieurs visages. Au départ, on ne sait pas trop si cette pensée est influencée ou non par la composition du groupe, mais on a un peu l'impression avec Barcode d'entendre une chanson des Arctic Monkeys avec plus d'électronique, mais rapidement les couplets rappés prennent le dessus, et ce son Hip Hop plus dense, dominera le disque, bien qu'on y décèle une instrumentation à base de guitare basse et batterie bien plus classique en arrière plan. A vrai dire il n'y a que Alphabet Assassin sur laquelle, on a plus rien, ni de cette instrumentation, ni de ces refrains quelque peu lunaires que l'on trouve sur Hit From The Morning Sun, Lies ou bien All Your Ever Afters, refrains qui évoqueraient presque Gorillaz, si on était pas à 100 lieues de l'aspect "groupe vaguement gag, jouant autant sur l'imagerie que sur la musique". A la manière de la majorité des albums rap, et malheureusement d'une très faible minorité d'album plus rock, les intermèdes instrumentaux ne sont pas négligés avec Off The Leash et d'une certaine manière Better Than Heavy, le morceau qui part dans tous les sens à l'image de l'album (je sais, c'est hyper facile de dire que le morceau éponyme est à l'image de l'album). Enfin, le groupe sait aussi se faire bien plus hargneux, avec un Act Like That ou un Better Them Than Us, qui n'est pas sans rappeler le "nous contre eux" de certains de nos rappeurs hexagonaux, en même temps je trouve à ce morceau quelque chose de presque dansant, il y'aurait quasiment de quoi en faire un hymne.
On tient donc là un album qui, si on fait l'effort de rentrer dedans, est loin d'être le moins bon d'une année déjà très bien fournie (alors qu'on en est pas encore à la moitié).

Dans un monde idéal, plusieurs autres bons albums du groupe nous attendraient, les Arctic Monkeys s'arrêteraient et Alex Turner se consacrerait uniquement aux Last Shadow Puppets, les Babyshambles se sépareraient au profit d'une reformation des Libertines qui enverrait chier les gros chèques des festivals et le plan A pour revenir à l'esprit de leurs premières chansons, John Hassall reviendrait pour chanter Sister Sister et tout irait pour le mieux ...
Mais nous ne sommes pas dans le monde idéal, et les side projects qui durent sont les Raconteurs dont chaque album nous désole un peu plus quand on sait que Jack White peut faire bien mieux. Better Than Heavy restera donc probablement le seul album de Mongrel, ce qui semble une bonne raison de plus de ne pas passer à côté.

samedi 28 mars 2009

SLIPPI


Animal Collective sont présents d'une manière ou d'une autre, sur à peu près chacun des articles à parutions dispersées de ce blog, cela dit, aucun ne leur est pleinement consacré. Après leur concert du 20 mars, je me dois de palier à cette absence.

Il y'a plus de 3 ans déjà, alors que les Libertines avaient marqué mon véritable passage à la musique convenable un an auparavant. Je m'achetais, ou me faisait acheter un exemplaire de Rock'n'Folk, j'en avais entendu parler, mais n'avais jamais lu, y'avais les Strokes en couverture et un "Beatles, Naast, Stones" du plus bel effet sur le côté, et puis en plus, trop cool, ils filaient un CD avec, aux premières écoutes, ce seront les Babyshambles, Strokes, Arctic Monkeys ou autres Franz Ferdinand qui m'intéresseront. Mais ma vie musicale n'est pas loin de basculer, puisque quelques semaines plus tard, au cours d'une discussion inintéressante dans un bus, cette compile dans les oreilles, c'est le choc, la révélation. Cette chanson qui parle de bouteille violette, sur une rythmique démente avec des cris avant les refrains est tout simplement géniale, l'achat de Feels se fera donc peu attendre. A partir de là, je reviens régulièrement à cet album, sans pour autant l'écouter souvent, je fais quelques tentatives plutôt infructueuses avec ses prédécesseurs ... à vrai dire, jusque là, Animal Collective est juste un groupe que j'écoute un peu, mais que j'aime bien ressortir quand on me demande des idées de trucs pas classiques à écouter.
Le déclic se fera vraiment avec Strawberry Jam, à partir de là, j'écoute Animal Collective plus que n'importe quel autre groupe. C'est donc logiquement que j'attends avec impatience Merriweather Post Pavilion, j'écoute Brother Sport en boucle un nombre de fois que frise sans doute l'indécence, ne me privant pas d'exécuter à loisir de joyeuses danses tribales.

L'album entier étant aussi très très bon, les voir en concert devient le sens profond de ma vie (euh ...) et alors que je suis en train de chercher un moyen pour être à Nantes à 8h en passant la nuit à Paris, j'apprends qu'il passeront en mars, joie intense donc. Il n'échappera à personne que ce concert était un des plus attendus de ma vie.

Pantha du Prince en première partie ne me convaincra pas, j'arrive (rarement) à apprécier la musique électronique dans le cas où l'on peut retrouver une structure derrière, ou une âme ou quelque chose, là ce n'est pas le cas, pas marquant donc.

Après l'habituelle bière post-première partie, je commence à paniquer, la salle est pleine, impossible d'avancer pour rejoindre les premiers rangs. Ce qui voudrais dire, qu'à cause de la bière, un de mes grands amours, je ne pourrais pas être placé correctement pour un concert d'Animal Collective (dont je ne suis pas sur que je parviendrais à me passer plus facilement que de la bière), l'idée d'avoir inconsciemment eu à faire ce choix me trouble, heureusement, des mouvements de foule me permettent d'assister au concert, certes plus seul, mais bien placé.

Le groupe se fait peu attendre et, devant la pochette de leur dernier album et sous une boule de 2m de diamètre, commence par Lion In A Coma, loin de faire partie de mes préférées sur MPP, mais là, je prends vraiment une claque et me réjouit d'avance à l'idée que des chansons encore meilleures sont à venir. S'en suit Also Frightened, là encore, bien meilleure sur scène (peu difficile, étant donné que sur album, elle me donne inexplicablement envie de vomir ...). Puis, vient un titre qui fera sans doute partie d'un prochain enregistrement, vraiment magnifique. Un Guys Eyes très bien exécuté , et là, on atteint le sommet du concert, ils vont enfin dans le totalement fou et inattendu, avec Slippi, extrait de Here Comes The Indian, leur album le plus taré, là je suis vraiment ébloui, s'en suit un Leaf House, sur l'album suivant Sung Tongs, remarquable là encore, cependant, le public commence à applaudir alors que la chansons n'est normalement pas terminée, on ne saura sans doute jamais si le groupe avait prévu ou non de l'abréger.

C'est ici que viennent les reproches, puisque plutôt que de poursuivre dans le dément, ils jouent un Daily Routine bien trop convenu, qui ne rend pas grand chose sur scène, ils enchaînent avec une autre chanson inconnue (qui m'a d'abord fait penser à Banshee Beat en fait). Par la suite, ils perdent une partie du public sur un très beau, mais peut être trop long Fireworks, avant de conclure sur un Brother Sport, qui, quand il arrive me déçoit presque, puisqu'il veut dire pas de We Tigers. Mais la chanson reste géniale dans sa folie, sublimée par la projection de danses traditionnelles en costume sur le globe déjà évoqué.
Ils nous gratifieront d'un rappel My Girls/Summertime Clothes, très bon, mais là encore un peu trop convenu car peu éloigné des versions de l'album.

C'est donc en sifflant Slippi que je rentrerais chez moi, ou plutôt, tenterais de rentrer chez moi, étant donné que je me suis payé le gros flip; phares qui éclairent de moins en moins, plus de clignotants, et finalement voiture arrêtée sur le bord de la route. Ce qui explique la précision de la setlist (bon, je suis pas sur de l'ordre Daily Routine/chanson inconnue), vives les pannes donc.

mercredi 18 février 2009

le retour de Noir Désir, non, non, et non !!

Sans doute un des événements musicaux les plus importants en France de la fin d'année dernière : Noir Désir a mis en ligne 2 nouveaux morceaux. S'en est suivi le désormais habituel et inutile débat : Bertrand Cantat devrait-il être autorisé à continuer dans la musique et autres questions aussi futiles qu'inintéressantes.

Car en vérité, on passe complètement à côté de la vraie question : Le retour de Noir Désir est-il souhaitable pour le rock français ?
Loin de moi l'idée de critiquer la musique de Noir Désir, bien au contraire, des bonnes chansons, ils en ont écrite, et il y'en aura d'autres; mais il faut reconnaître que leur influence sur la musique française et plus particulièrement sur la façon dont elle est perçue par les français est tout simplement désastreuse.

En effet, avec Noir Désir, les français ont pour la première fois eu l'impression d'avoir un groupe de rock bien de chez eux. Ils n'étaient pas de ces imposteurs parisiens qui percent facilement en se contentant de faire une version française des tubes anglais et américains, leurs textes ne se contentaient pas d'être musicaux, non, eux au moins ils donnaient un coup de pied dans la fourmilière en osant des textes politisés, en plus, c'était des gens méritants, qui avaient galeré avant de réussir.

Le groupe est certes louable, mais le schéma dans lequel les groupes français sont enfermés depuis est atroce. Car depuis "Noir Dèz'", tenons nous le pour dit, tout groupe n'ayant pas passé au minimum 5 ans à galérer dans une cave (se nourrissant des rats et autres cafards de cette cave, manque d'argent oblige) avant de connaître le succès, ne pourra pas être honnête, donc sera forcément mauvais. Un contraste saisissant avec ce qui se passe de l'autre côté de la Manche, où des groupes peuvent connaître facilement le succès, le temps d'un single ou 2, ce qui d'ailleurs a plutôt tendance à entraîner un certain cynisme de leur part.

Il est donc établi qu'un groupe n'ayant pas galeré ne peut être qu'un groupe sans talent qui a usé de pistons pour réussir. Mais attention ! le cas de ce groupe sera en plus aggravé si il se permet de venir de la capitale, une ville qui, c'est bien connu, regorge de producteurs avides qui, cela semble évident, ne connaissent rien à la musique et se contentent de signer les enfants de leurs amis. Ainsi, les groupes définis sous l'appellation "nouvelle scène parisienne" étaient, et sont condamnés à être considérés comme mauvais (certains le sont, il est vrai), ils n'ont pas fabriqué leurs guitares avec des bouts de ficelle et de bois, donc sont des fifils et fifilles à papa qui ont piqué leurs crises pour avoir leurs instruments (on pourra noter que dans le même temps, un jeune de la Creuse avec une guitare sera "un musicien prometteur que l'injuste monde de la musique ne reconnaitra jamais à sa juste valeur").

Résumons, nous avons à faire à un groupe qui depuis 10 ans galère dans la Lozère, cela dit, pour faire partie des bons groupes de rock français, il lui faut encore remplir une condition très importante : avoir des textes en politique qui remettront en cause, aux minimum tous les politiciens autrement appelés, les "pourris au pouvoir". Ça tombe bien, notre groupe est composé de membres de groupuscules d'extrême gauche, et après de longues hésitations, ils ont préféré jouer de la musique plutôt que saboter les chemins de fer. Tout semble donc parfait, mais là, c'est le drame, notre groupe, pourtant parfait en tout point : il est honnête, engagé, et les membres sont même gentils, mais horreur, leur musique est au mieux insipide, au pire inaudible, à force de crier dans les manifs, leur chanteur n'a plus, ne serait-ce qu'un semblant de voix, et puis les textes se limitent à un meeting d'Arlette Laguiller auquel on aura pris soin d'ajouter une ou 2 métaphores ô combien subtiles et sur lequel on aura plaqué 2 accords répétés avec saturation, oui, parce qu'après Noir Désir "Ouais Noir Dèz' on leur doit tout, on a pris une Kanter avec leur guitariste, il a dit qu'on ferait leur première partie, un type bien", l'influence principale est Nirvana, au sujet desquels je m'abstiendrais de tout commentaires, ça serait trop long, et en plus j'aurais plus rien à dire dans mon article sur leur retour.

samedi 17 janvier 2009

L'année 2009 commence putainement bien au niveau des albums, j'aurais pu parler des derniers Animal Collective, Morrissey, ou encore Franz Ferdinand, mais étant donné que ma flemme chronique fait que je mets toujours au moins 3 semaines de décalage entre le moment où j'écris et celui ou je tape, vous en entendrez peut être parler le mois prochain.
Non, là je veux faire mon original en postant mes chansons de l'année.

Donc l'année commence avec le fantastique EP d'Animal Collective, "petit frère" du non moins dément Strawberry Jam, j'ai nommé Water Curses. J'ai réfléchi longtemps pour savoir laquelle des 4 chansons mettre, mais au final la chanson-titre s'est imposée d'elle même, étant la plus immédiate. Ensuite j'ai décidé de mettre un extrait de Super Mario (si vous ne l'entendez pas, alors vous n'écoutez pas assez fort), extrait qui annonce Monsters Under The Bed de Eugene McGuinness, qui, s'il est quelque peu plus pop qu'Animal Collective, laisse quand même une folie certaine dans ses chansons, et c'est ça qui est excellent. Le clip est aussi très recommandable, même si on pourra regretter d'y voir aussi peu d'escrimeurs. Ensuite Vampire Weekend, pas mes favoris de l'année, mais M79 nous maintient dans un certain climat de n'importe quoi, donc c'est tout bon. Viens la chansons avec le refrain que, si ce n'est pas encore le cas, vous fredonnerez plus ou moins volontairement dans 2h, Young Love est assez imparable en la matière. Ensuite le temps est venu de sombrer aux rythmes cinglés des Dodos (Fools, le titre de la chanson est d'ailleurs annonciateur), avant de tenter de se raccrocher au titre à rallonge des Los Campesinos!, puis de vous agenouiller en écoutant Fatalist Palmistry de Why?, et tout ça avant de revoir votre chimie pour lundi avec les Cajun Dance Party.

Bien, maintenant, imaginez que vous aviez à faire à un vinyle, vous mettez donc en pause quelques instants le temps de changer virtuellement de face.

Maintenant que vous avez la tête reposée, passez donc à Yeasayer, leur album est sorti un peu trop fin 2007 pour être dans les tops 2008, mais Final Path est de 2008, donc pas de problèmes, d'autant plus qu'elle vaut vraiment le détour.
On a passé la moitié de l'année à dire que David Bowie allait mourir (alors qu'en fait on en sait strictement rien), donc autant mettre la reprise de son In The Heat Of The Morning par les Last Shadow Puppets.
Ce que les Dirty Pretty Things savaient faire le mieux, c'étaient les chansons pompeuses avec trompettes et tout ce qui va bien, il serait donc dommage de se priver de Truth Begins qui restera leur meilleure chanson.
Passons à la "sensation" de l'année : les Late of the Pier avec peut être la chanson la plus cinglée (et ce n'est pas chose aisée) de l'album : The Enemy Are the Future. La transition avec la nouvelle année est vite trouvée, et donc pour les voeux, ça sera In The New Year des Walkmen; avant d'enchaîner avec la batterie toujours aussi intrigante de Fire In The Ocean des Organ, donc on ne sait toujours pas si elle constitue un hommage à Smoke On The Water, en tout cas, comme le savent surement les Cajun Dance Party, si il y'a un feu dans l'océan, c'est surement parce qu'on y a jeté un gros bout de sodium (je vais arrêter là avant que le peu de lecteurs soit parti). Et puisqu'on a commencé avec Animal Collective, autant terminer avec eux, sachant que Brother Sport est sur internet au moins depuis novembre, aucune raison de ne pas finir avec, même si elle est avant tout sur le meilleur album de 2009.