vendredi 24 septembre 2010

Sunday's Pretty Icons

Aujourd'hui, le programme c'est mes tribulations dominicales, alors que j'avais la crève et pas encore de travail, soit au final pas grand chose à faire, d'où, glandage sur Youtube, après avoir revu une demi-douzaine de reprises de chansons indie par des groupes vocaux américains, je retombe sur la géniale reprise de Leaf House par Momo & The Coop, qui va m'amener sur d'autres vidéos de gosses fous d'Animal Collective et tous plus ou moins détraqués, je tenais quand même à ce que tu voies celle-ci



C'est totalement inutile mais c'est la magie d'internet, les autres sont pas mal non plus mais un cran en dessous, là je m'inquiète vraiment pour l'avenir de la demoiselle, déjà condamnée à scruter l'internet jour et nuit en attendant le leak du prochain album d'Animal Collective ou d'un de ses membres. Enfin, tout ça c'était pour m'amener à une autre demoiselle un poil plus âgée, elle est canadienne, s'appelle Charlotte Oleena et fait des reprises à tomber, souvent Animal Collective donc, mais elle s'y prend tellement bien que même sa reprise de Cindy Lauper devient énorme, et ce malgré la qualité du son plus que médiocre. De toute façon, les mots ont leurs limites, il vaut donc mieux que je poste sa reprise de Winter Wonderland, puisque, demoiselle de bon goût, elle reprend en plus une de mes chansons favorites du collectif des animaux, je compte d'ailleurs la demander en mariage dès que possible.



Outre ses reprises, on lui doit aussi 2 minis albums sous le nom de Sea Oleena, où l'on retrouve sa fort jolie voix dans de magnifiques compositions éthérées. Les 2 albums sont en écoute gratuite et téléchargement à prix libre ici.

Pour ne pas m'étendre sur les bons goûts de la jeune fille, je dirais que dans sa sélection de vidéos, on peut aussi retrouver des clips de Portugal. The Man, dont je t'avais déjà parlé, je vais donc conclure avec The Dead Dog, leur dernier clip, qui est un peu une nouvelle version du clip de Stress par les irritants Jus "on ne comprend vraiment pas que ce clip ait choqué les gens" tice et Romain "dans mes clips, j'y mets de la violence gratuite et des minorités visibles, et tout le monde tombe dans le panneau à chaque fois" Gavras, sauf que là le clip est drôle et la musique réélement enthousiasmante, et ça me semble un bon mot de la fin.



Merci et à bientôt.

dimanche 19 septembre 2010

De l'art des comparaisons pertinentes


Ça va faire un petit moment que je n'ai pas écrit d'article mais j'ai de bonnes excuses, mais j'ai de bonnes excuses :
a) 2 articles en période estivale, c'est déjà un bon chiffre
b) j'ai eu une rentrée pour le moins chargée donc pas vraiment le temps de penser articles, voir musique en général (j'ai plus entendu les chansons paillardes à mon intégration que les 15 disques en attente d'être écoutés et que je n'ai même pas encore dézippés)
Par conséquent, l'introduction de cet article est restée un petit moment orpheline, et si je le publie aujourd'hui, c'est plus parce que l'idée même me faisait rire que parce que j'ai vraiment réussi à en faire ce que je voulais, enfin, dans tous les cas il faut le lire avant de fuir.

Aujourd'hui, je vais donc parler de 3 disques qui ont pour premier point commun d'être sortis cet été, et comme second point commun d'avoir subi à peu près les mêmes critiques, à savoir que c'étaient de bons albums mais en dessous de ce que les groupes avaient fait avant.
Alors avant toute chose, très franchement, qu'est-ce qu'on en a à carrer qu'un disque soit meilleur ou moins bon que son prédécesseur ? C'est pas ça qui en fera un bon ou un mauvais album.

Rendu là, il faudrait quand même que je précise qu'aujourd'hui je fais plutôt dans le gros tirage, avec The Suburbs d'Arcade Fire, Butterfly House des Coral et Surfing The Void des Klaxons.

Ensuite puisque ces points communs sont plutôt moyens, une autre façon de lier ces 3 disques m'est venue alors que je lisais un papier sur Surfing The Void qui comparais le groupe à ... MGMT. Là, je dois t'avouer que j'ai été un peu surpris, les Klaxons ayant écrit des chansons parlant d'aller en soirée avec Jules César et Lady Diana bien avant que les MGMT traversent l'Atlantique pour raconter qu'ils ont un cœur en phosphore.
En même temps avec les Klaxons on s'est plus ou moins habitué au n'importe quoi journalistique : on parle quand même d'un groupe pour lequel un mouvement musical a été créé, ce spécialement afin qu'il y ait des choses à dire à leur sujet. Passe encore donc, mais ce qu'il faut savoir que, même si l'on est en France en 2010, on peut lire dans certains journaux que des groupes comme Animal Collective naviguent dans le sillage de MGMT, ce qui est plus qu'aberrant. Tu me diras "C'est bien fait pour ta gueule, qu'est ce qui t'as pris aussi d'ouvrir un journal gratuit à une page autre que celle des horoscopes ou des mots croisés ?" mais tu avoueras néanmoins que comme comparaison, c'est tout de même un peu fort de café, personnellement, ça a tendance à me faire penser à cet article sur Oasis qui n'existe plus mais qui commençait par quelque chose comme "Oasis sont célèbres pour avoir influencé entre autres les Beatles et les Who", sur ce coup là, c'était plutôt drôle, dans la situation présente ça ne l'est pas (ou en tout cas le sujet est trop sensible pour que je puisse en rire).

J'imagine que tu me vois venir ? Et bien tu ne te trompes pas, le projet initial de cet article était de chroniquer les 3 disques sus-cités en cherchant le plus grand nombre de comparaisons HS avec MGMT, cela dit, vu qu'il est un peu bâclé, tu n'en trouveras pas non plus pléthore et j'ai par ailleurs zappé les Klaxons sinon ça risquais de faire beaucoup trop, au pire, toute la presse a déjà fait la comparaison, donc c'est pas trop compliqué à trouver.

Pour commencer, les Arcade Fire viennent du même continent que les MGMT, ce qui donne tout son intérêt à leur musique et explique leur succès, on peut d'ailleurs constater que contrairement à Funeral, tous les textes de The Suburbs sont écrits dans la même langue que ceux de MGMT, ce qui rend l'influence plus qu'évidente, influence que l'on retrouve d'ailleurs chez les Coral et les Klaxons, puisqu'eux aussi chantent dans la langue d'Andrew Van Wyngarden (langue de Shakespeare c'est définitivement hors du coup).
Par ailleurs, les 2 albums de MGMT et Arcade Fire ont des ouvertures assez similaires, même si sur The Suburbs, le fait d'ouvrir avec la chanson-titre donne un effet de faux-départ surprenant mais pas du tout déplaisant, toujours est il que l'album part réellement avec Ready To Start, et je pense que personne ici ne me contredira si je dis qu'une machine qui fonctionne est prête à démarrer, lien évident avec le It's Working qui ouvre Congratulations donc.
Mais l'influence ne s'arrête pas là, car avec le très agréable Rococo, les Canadiens écrivent une chanson en hommage à un machin artistique européen qui des fois rend pas mal mais qui peut s'avérer totalement indigeste et dont on est quand même content que ça n'ait pas été recréé aux États Unis, soit un sujet au final assez similaire au Brian Eno des New Yorkais. New York, ville qui a par ailleurs poussé les Coral à intituler une des chansons de leur dernier album Coney Island, ce pour rendre hommage au groupe qui leur a montré la vérité et qui les a poussés à se séparer de Bill Ryder-Jones, en effet, il n'y a pas de trompette chez MGMT; de ce point de vue là, les Arcade Fire n'ont pas fait ce qu'il faut, puisqu'il y a encore dans leurs disques des cordes et des voix féminines, alors qu'à ma connaissance les MGMT n'ont pas prévu d'en mettre sur leur prochain disque, on peut donc juste espérer que Win Butler cessera d'être aveuglé par son amour et laissera de côté Régine Chassagne sur leur prochain disque.
Il y a un autre point sur lequel autant les Coral qu'Arcade Fire sont loin des MGMT, c'est celui des chansons marquantes comme Siberian Break, là où Arcade Fire ne sont parvenus qu'à faire 2 morceaux en 2 parties, les Coral ont essayé de faire leur Siberian Break avec North Parade, mais celui-ci est 2 fois plus court que leur influence, le thème septentrional a encore moins fonctionné avec Walking In The Winter, dommage pour eux, ils resteront encore longtemps des artistes maudits, alors que dans 30 ans ils seront considérés comme LE groupe oublié des années 2000.

Promis la prochaine fois j'essaye de faire mieux.

jeudi 12 août 2010

Monstrueux Bazar


Bonjour, comme avec mon rythme estival, je mets à peu près un mois pour écrire un article (et ça encore c'est quand je me met des claques pour me motiver, sinon c'est pire), aujourd'hui, je vais terminer celui qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois, à savoir un top des albums de la moitié d'année.
Entre nous, on sait tous très bien ce que veux dire ce genre d'article, sous couvert d'objectivité, on se contente de balancer en vrac des disques dont on n'a pas parlé lors de leurs sorties, soit parce qu'à ce moment là on ne les a pas écoutés, soit parce qu'on a mis un certain temps à les apprécier.

Je vais donc m'étendre sur Life Is Sweet ! Nice To Meet You, second album de Lightspeed Champion, que je m'étais contenté d'évoquer en coup de vent dans mon "article" sur Caribou (dont je te conseille d'écouter quand même le précédent album Andorra, même si tu n'as pas trop apprécié Swim).
Il faut avouer qu'après avoir écouté le premier essai du bonhomme, ce qu'on retenait surtout c'était : "Mais bordel, c'est un ancien Test Icicles qui a fait ce disque là !", et pas tellement les chansons, non pas qu'elles fussent mauvaises, juste qu'au final il n'y avait pas vraiment de refrains viraux qui restaient en tête pendant des jours et des jours. Son second disque connaît le problème inverse, impossible de l'écouter sérieusement sans prendre le risque que les refrains te reviennent en tête dans des moments inopportuns que ce soit les "Hurt to be the one ..." de Romart quand on veut se plaindre un peu, les "Kill me, babe won't you kill me" en rentrant de soirée dans les rues vides, I Don't Want To Wake Up Alone (qui n'a absolument rien du titre vaguement machiste que l'on pourrait poindre) quand tu croises des regards insistants de loin seulement avec une jolie fille, ou encore "It's the faculty of FEAR" dans n'importe quelle situation incongrue.

Sinon il y a aussi l'album des Patriotic Sunday dont j'avais parlé dans mon article sur Why ? que j'ai écouté depuis et qui vaut le coup d'oreille.
Et puis Everybody Was In The French Resistance ... Now !, duo composé de Eddie Argos, chanteur de Art Brut et de Dian Valdes, clavier des Blood Arms, dont je n'avais pas plus parlé parce que j'aurais fait un remake de mon article sur Codeine Velvet Club, bien que Art Brut soient bien meilleurs que les Fratellis (les Blood Arms on va dire qu'on s'en fout), on retrouve tout ce qu'on aime chez Art Brut : la non-voix d'Eddie Argos qui scande plus qu'il ne chante, l'ironie mordante et l'absence totale de prise au sérieux. Le clip est en bas.

Enfin, j'ai aussi reçu mon DVD d'Oddsac, album visuel de Animal Collective et Danny Perez (auteur notamment du clip de Who Could Win A Rabbit ? que tu as pu voir ici). Et autant dire qu'il dissipe toutes les inquiétudes que j'avais après Fall Be Kind, en même temps c'est un projet qui date d'avant Merriweather Post Pavilion, mais même, c'est à nouveau un Animal Collective inattendu même si le film ne l'est pas toujours. Pour décrire, c'est un peu un film de monstre, mais dans lequel le spectateur est du côté du monstre, il y a beaucoup d'images floues où l'on ne fait que deviner les choses, et pas mal d'images nettes où l'on ne fait aussi que deviner. Le pari de faire un film qui montrerait les images que l'on voit quand on écoute un album d'Animal Collective les yeux fermés est plutôt réussi, c'est un album à voir au moins une fois.



Rien à voir, mais j'envisage de changer des trucs sur ce blog dans les mois à venir, ça va faire 2 ans que je l'ai lancé, à l'époque j'avais pas vraiment d'idée de ce que j'allais écrire, j'avais juste une review du concert de CSS écrite au crayon sur un morceau de papier et quelques vagues idées d'un article sur Eugene McGuinness (idées tellement vagues que je n'ai jamais réussi à tourner l'article comme je voulais, donc il est resté dans les brouillons). J'avais donc choisi un nom qui reflétait plutôt bien la manière dont j'imaginais les débuts de ce blog et je ne m'étais pas non plus préoccupé de son apparence mais il faut avouer qu'il est quand même très moche. Donc si vous connaissez des adresses d'éditeurs blogspot pas trop compliqué, voir éventuellement des gens qui sont bons en dessin/infographie et qui sauraient trouver des idées pour une bannière, mailez moi (haerdalis18-at-gmail.com).

Et à part ça l'année prochaine je quitte Nantes (et Rennes aussi du coup) pour partir à Montpellier, donc si vous connaissez les bons endroits pour trouver des concerts dans la ville où aux alentours, ou encore si vous connaissez des fanzines locaux qui chercheraient des gens, faites tourner, j'ai envie d'écrire un peu plus sur du vrai papier.

vendredi 9 juillet 2010

Somehow I stay thin, while the other guys go fat


Puisqu'il y a des groupes dont on ne peut toucher un mot que quand ils ont droit à des rééditions, aujourd'hui, je vais te parler de Big Audio Dynamite, groupe formé par Mick Jones à son éviction des Clash et dont le premier disque This Is Big Audio Dynamite est ressorti il y a quelques semaines.

Je sais pas si je te l'ai déjà dit mais mon disque préféré des Clash est Sandinista!, pour sa liberté et son absence totale de limite : faire chanter le batteur pour la seule fois sur un disque des Clash, ouvrir l'album avec un enchaînement entre un titre qui dit coucou au hip hop et un autre qui fait bonjour à la Motown, balancer plusieurs titres qui tendent sérieusement vers le rockabilly, puis 4 ou 5 dubs, faire chanter à des enfants une de leurs chansons sur le chômage, amener un chien dans le studio pour enregistrer le final d'un titre ... Sur ce disque, absolument tout est possible, tout.
Après la suite est connue, le groupe a mis au moins 10 ans avant de toucher un seul centime grâce aux ventes de l'album (en même temps, quand tu sors un triple vinyle au prix d'un simple, faut pas t'attendre à gagner beaucoup), la presse l'a descendu en flèche, seule une moitié s'est rétractée depuis. Enfin, le groupe a continué son bonhomme de chemin en sortant un disque avec de bons gros tubes de derrière les fagots.

Si je te parle de Sandinista!, c'est parce que chez BAD, on retrouve complétement cette liberté, à la différence près que Mick Jones étant tout seul, on a d'un côté plus de trouvailles à partir de samples, de plus grandes similitudes avec le hip hop; et de l'autre on n'a plus de traces ni de rockabilly dans les chansons, ni de Joe Strummer ou de Paul Simonon dans les clips du groupe, enfin si, admettons, mais sachant qu'ils jouent des flics empêcheurs de tourner en rond, au final c'est une façon de plus d'affirmer sa liberté tout en envoyant indirectement à son ancien groupe le message : "vous êtes quand même pas drôles" (par la suite, la formule retard/pétards à l'origine de son renvoi a d'ailleurs fait des miracles en matière de production, débouchant sur de très grands disques comme Down In Albion de Babyshambles).

En ce qui concerne l'album en lui même, on peut déjà repérer que grâce à cette réédition, l'album est passé dans les rayons variété internationale de chez Leclerc, ce qui réserve d'agréables moments : quand tu fouilles dans les bacs à vinyle, avec du BAD en bande son et que tu entends des pré-pubères se balader dans le rayon en se demandant où elles peuvent trouver les disques de Lady Gaga, le choc quoi.
À part ça il est composé de titres imprévisibles, avec des sons qui sortent de nulle part, comme les extraits de Western sur Medicine Show (dont tu retrouveras le clip en dessous), après plusieurs écoutes, c'est vraiment cette impression de liberté qui reste en mémoire, ainsi qui le tube E=MC² qui a le bon goût de parler de relativité (et qui est au passage beaucoup plus exact du point de vue de la physique que le Speed X Distance = Time des Blonde Redhead).

Sur ce je te laisse avec le fameux clip, j'aurais plein de choses à dire qui n'ont rien à voir avec le groupe, mais elles attendront un prochain article.

mardi 8 juin 2010

Do You Remember Summer Days ?



Puisque je fais mes reviews de concert de plus en plus tard, aujourd'hui, je vais te parler d'un concert qui a eu lieu le 22 mai, ce coup-ci j'ai une excuse, j'avais du travail et d'autres articles à publier. Il y a plus de 2 semaines, j'ai donc été voir Spirit Of Moondog, tribute-band à Moondog donc, pour plus d'informations sur le personnage, rendez-vous , moi je n'ai pas envie d'en parler dans cet article.

Bref, Spirit of Moondog tente de reprendre, comme son nom l'indique, l'esprit de Moondog, puisque le groupe est constitué du suédois Stefan Lakatos l'un de ses anciens musiciens qui joue sur un instrument de son invention (un instrument à percussion on suppose, bien que ce soit difficile à saisir), ainsi que d'une section de saxophones impressionnante.

À vrai dire en arrivant au Château des Ducs de Bretagne, on flippe un peu parce que la première partie est assurée par une école de musique, ce qui n'est pas sans rappeler l'époque où tu allais voir les spectacles de tes petits frères et que où tu applaudissais poliment à la fin. Heureusement, là on a du breuvage goûtu pour s'occuper, et puis, il faut avouer que le cadre du Château est assez idyllique : il y a de la verdure, du soleil, et une légère brise qui te touche les cheveux et t'embrasse le visage, c'est beau.

Et surtout, quand le groupe arrive, ça devient grand : les sons sont invraisemblables, on pourrait croire que les saxophones jouent avec un synthétiseur, mais tout est naturel et bien plus beau qu'un synthétiseur. Le reste de la section instrumentale sait aussi s'effacer quand il faut, parfois même en quittant la scène en plein morceau, et dans ces moments là, seul le talent de Stefan Lakatos et les inventions géniales de Moondog, qu'elles soient dans la musique ou dans les instruments s'expriment, en temps normal je suis incapable d'écouter seulement des percussions pendant plus de 2 minutes, mais là elles emportent tellement loin que c'est avec plaisir qu'on répond à l'invitation de fermer les yeux pour mieux apprécier le moment.
Du reste, les anecdotes font rêver, et la voix, même juste un murmure derrière les instruments, fait passer des messages d'importances tels "down is up and up is down because the world is wrong". Ces paroles résument d'ailleurs à elle seules le concert : on est davantage dans le domaine du rêve que dans l'ancienne demeure d'Anne de Bretagne, ce qui explique d'ailleurs que j'ai bien du mal à trouver des mots qui m'apparaissent justes pour en parler.

mardi 1 juin 2010

You're Not Foolin' Anybody


Bonjour, le programme du jour est de poursuivre l'hommage à Nikolai Fraiture avec un article sur Scout Niblett, qui est tout de même un peu son sosie en version féminine, et qui en plus se permet d'être beaucoup plus active que les Strokes, puisqu'après avoir elle aussi sorti son premier album en 2001, elle nous en a offert pas moins de 4 autres (agrémentés de 3 EP). Je vais te parler du dernier d'entre eux : The Calculation Of Scout Niblett.

Ce disque, c'est typiquement l'album qui déborde d'énergie même sur les chansons calmes, surement parce qu'autant sur les titres énervés que sur ceux plus calme, on joue pas mal avec tous les clichés du grunge : voix éraillée, guitare saturée comme il faut, Steve Albini à la production ... Sauf que la musique va plus chercher dans le blues que le grunge, et accessoirement, le fait qu'on ait une voix féminine plutôt que les braillements d'un ventre à bière à cheveux gras en chemise de bucheron, apporte aussi pas mal.
La demoiselle a beaucoup été comparée à PJ Harvey, ça se comprend facilement, un peu à Cat Power, pourquoi pas, enfin, moi ce qui me marque c'est Kings, une chanson qui autant sur la voix que sur les guitares fait penser à du Jefferson Airplane une fois le trip acide terminé, c'est d'ailleurs un de mes titres favoris du disque, le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est qu'il est suivi par Lucy Lucifer, une chanson vraiment insupportable, même pour quelqu'un comme moi qui d'habitude apprécie les chansons de moins de 2 minutes.

Mis à part cette chanson, on a un disque fort sympathique, donc tu peux même l'écouter autrement qu'en pensant à feu Fraiture (très mauvais, je suis désolé).


Et autrement, je dois aussi te parler d'Elsinore, parce qu'un EP qui s'appelle The Chemicals, ça ne s'invente pas, que le clip de la chanson éponyme est très cool, bien qu'ils manipulent les produits chimiques n'importe comment et que je suis un peu sceptique quand à l'existence du ballon rodé en pyrex au début du XXème siècle, même si il devait quand même y en avoir quelques-uns, sinon je vois pas trop comment Victor Grignard aurait pu synthétiser des Organo-magnésiens en 1912 ... enfin bref, regarde ce clip et chope le EP.

jeudi 27 mai 2010

My friend, this is the end



Bonjour, aujourd'hui je m'adresse à toi, fan des Strokes. Je sais que tu te languis depuis longtemps de ne pas voir ce 4ème album tant attendu pointer le bout de son nez. Tu penses surement que ce retard est du à la flemmardise et à la vie de famille de ses membres, mais je suis au grand dam de t'annoncer que la vérité est bien plus douloureuse.
En effet, mon grand oncle suisse, ancien professeur à l'institut de Rosey et qui a gardé de très bons rapports avec son ancien élève Julian (avec Nelson Monfort, passé par l'établissement une vingtaine d'années auparavant aussi, mais ici ça n'a que peu d'intérêt) m'a récemment fait suivre un courrier de ce dernier (Julian, j'ai dit que Nelson Monfort on s'en foutait); courrier qui contenait notamment une version provisoire de leur 4ème disque, mais tu ne vas pas tarder à comprendre que cette version risque fort d'être définitive.

Mais je préfère ne pas te parler de ça tout de suite, je vais d'abord te parler du disque en lui-même : Changing Opportunities qui se démarque de ses prédécesseurs pour plusieurs raisons.

Tout d'abord son thème, depuis First Impressions Of Earth, les Strokes ont vieilli, se sont casés, se sont décasés, ont eu des enfants, se sont recasés, sont partis en désintox ... bref, une partie des membres sont désormais mariés avec enfants et leurs vies suivent un chemin tout tracé : ils se doivent d'être responsables, mais ne savent pas encore tout à fait comment s'y prendre, à l'image des "What should I doooo now ?" scandés par Julian Casablancas sur la chanson qui donne son nom au disque; ou encore ce We've Got To Stay In A Strange Way, et ses longues notes de mellotron, qui témoigne de la difficulté à concilier tournées, promotions et vie de famille.
Au sujet de la vie de famille, l'émotion qu'a suscitée chez lui la naissance de son fils : Cal, a poussé Julian à enregistrer la première reprise appelée à figurer sur un album des Strokes : une version de Call Me de Blondie, débordante de claviers et rebaptisée Cal Me pour l'occasion.

Tu te doutes bien qu'avec entre autre les quelques tensions dans le groupe qui avaient été évoquées il y a quelques mois, Julian n'a pas pu faire 15 chansons parlant de son fils avec clavier constipatoire, les autres membres ont aussi voulu y mettre du leur.
À commencer par Nick Valensi, jeune papa lui aussi, et surtout seul Strokes a avoir passé ces 5 dernières années sans avoir sorti d'album. Pour se rattraper, il a décidé d'envoyer du solo de guitare à tout va, et ce, dès Reasons Don't Mean A Thing, la seconde chanson du disque : quasiment 6 minutes de solo sur une chanson de 8 minutes 22, ça fait tout de même beaucoup. Par la suite, le groupe est parvenu à le canaliser en le convaincant qu'il aurait tout de même une bien meilleure acoustique dans le placard à balais du studio.
Fab Moretti, a quand à lui passé un coup de fil à Devendra Banhart, pour l'inviter dans le studio afin de partager des idées, il faut avouer, que réaliser les effets sonores de Can't Go Away Anymore en amenant une vraie mobylette dans le studio, c'était osé, et plutôt réussi.
Passons maintenant à un cas plus difficile : Albert Hammond Jr., en plus d'avoir sorti 2 albums solos, a aussi connu d'autres expériences comme la désintox, il a donc cherché à en parler en donnant des textes sur le sujet à Julian, malheureusement, celui-ci a transformé toutes les références à la drogue en casablancismes : sur Regrets Rediscovered, le "never anymore have a prick" d'Albert devient "never anymore feel conic", pire encore, la chanson I Wish I Could Be Clean Again devient I Wish I Could Be Wishful Again, sans commentaires ...

Observez bien l'homme à droite :


Enfin, vient le cas difficile de Nikolai Fraiture, qui est un peu à l'opposé de Nick Valensi : on lui doit le meilleur album conçu par un membre des Strokes seul, et surtout, il a l'air beaucoup plus cool dans Nickel Eye que dans les Strokes.
Autant dire qu'entre son side-project et son poste de vice-président du CUBI (Comité Unifié des Bassistes à Iroquoise), fonction qu'il partage avec Drew McConnell, il a un peu autre chose à faire que jouer dans un groupe ou de toute façon, il peut faire n'importe quoi, le public en a rien à faire de lui.
Il a donc mis en place un plan machiavélique, visant à pousser le groupe à sa fin : ce plan s'applique sur Time For Revelations, dernier titre de l'album. La première étape consiste à aller donner un bon paquet d'herbe à Moretti et Banhart, ce pour s'assurer de l'absence d'une section rythmique qui tienne la route, puis, il va dire à Julian, sur le ton de la confidence, qu'il ne doit pas se laisser empêcher par les autres de mettre des claviers partout si il pense que c'est ce qu'il y a de mieux, enfin, il va chercher Nick Valensi et l'interrompt dans son solo pour lui dire qu'Albert vient de déclarer qu'il était bien meilleur guitariste que lui. Puis il retourne dans la salle d'enregistrement en se frottant les mains : "hé hé hé, cette chanson devrait être à elle seule plus inécoutable que tout Metal Machine Music, après ça, le groupe ne pourra pas décemment faire un disque de plus".

Et là, c'est le drame, tu te doutes bien que la chanson est affreuse et chiante au possible mais te souviens-tu de la mobylette de Fabrizio Moretti et Devendra Banhart ? et bien après un énième joint, les deux compères ont décidé d'essayer de la conduire dans le studio, Devendra monte en passager et met son casque (mais uniquement pour pouvoir faire un aquarium), et Fab Moretti prend le guidon.
Comme toi et Albert Hammond Jr. le savent, la drogue c'est mal, et Fab Moretti a vite fait de heurter un ampli, projetant Devendra Banhart, qui vient de s'endormir, sur Nikolai Fraiture. Si le choc ne blesse gravement aucun des deux hommes, il est néanmoins suffisant pour immobiliser Nikolai sous Devendra, qui ne s'est pas réveillé. Et si quand il est en tournée, ce dernier se lave pour dire qu'il sent moins mauvais qu'un hippie, sa nature profonde reprend le dessus dès qu'il rentre au bercail. Nikolai Fraiture est donc pris au nez par une forte odeur, et il étouffe peu à peu, les autres membres ne parvenant pas à surmonter l'odeur pour s'approcher et dégager Devendra. Nikolai perd peu à peu ses forces à cause de l'odeur, et il finit par succomber, il parviendra seulement à déclarer entre deux râles : "les Beatles avaient trouvé un sosie pour McCartney, mais jamais personne n'acceptera de me remplacer ha ha ha ha harrr hargh".

Sa famille et ses amis se souviendront de lui comme d'un homme capable de rester classe en toute situation :



Les dates estivales du groupe n'ayant pas été annulées, on peut penser qu'une solution provisoire pour pallier à l'absence de bassiste a été trouvée, mais cette solution risque fort de ne pas durer, et je ne donne pas plus de 3 mois au groupe pour annoncer la mort de Nikolai Fraiture et la fin des Strokes (bien que selon une rumeur, Julian envisage d'initier Cal à la basse), on pourra regretter que le dernier album qu'ils laissent ait été gâché par l'absence de consensus, et s'avère au final plutôt médiocre, cela dit, je compte sur vous pour rendre un dernier hommage à Nikolai en vous procurant ce disque dès sa sortie, en 2011 ou en 2017.