lundi 8 novembre 2010

[pour la photo ça viendra plus tard, je dois aller en cours d'allemand, pour la relecture aussi d'ailleurs]

Le festival des Inrocks à l'Olympic, c'est depuis 2006 une grande tradition chez moi, alors quand pour sa dernière édition avant un changement de locaux, celui-ci annonce Carl Barât et les Drums, je programme sans attendre plus qu'hésiter mon aller-retour Montpellier-Nantes, avec quand même quelques regrets à louper les Coral le dimanche soir (que je ne pourrais même pas consoler en y allant à Toulouse le mardi parce que pas de co-voiturage et un TP le lendemain, donc insêchable).

Comme chaque année, le premier groupe doit se contenter d'un concert riquiqui de 20_30 minutes, cette année c'est à Free Energy qu'incombe cette tâche, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils portent bien leur nom : c'est ultra-basique mais diablement efficace, enfin, on est plus en 2006 quand on venait voir le Spinto Band et les Kooks, donc on se contente de faire nos vieux cons en se disant : "Tiens, ils viennent encore nous faire une resucée du riff de Louie Louie".

Ça devient un poil plus intéressant avec les Surfer Blood, dont j'ai pas mal écouté l'album, mais dont j'aurais été incapable de chantonner une chanson avant le concert, j'ai tout de même reconnu chaque intro malgré ce désagrément. Le groupe est très bon, cependant il leur un tube pour faire franchement bouger le public et lancer véritablement leur concert, même si avec Swim en avant-dernière chanson et l'invasion de la scène par les Free Energy (en les voyant, je m'étais dit qu'ils avaient de bonnes tronches de branleurs aussi) ils ont commencé à amorcer quelque-chose mais un poil trop tard.

Après ce début reposant s'entame la bagarre pour Carl Barât, je suis désolé de m'interposer au milieu de jeunes mineurs, mais ce type a tout de même contribué à changer ma vie à une période où certains d'entre eux écoutaient encore NRJ (raisonnement de vieux con encore, même si j'ai perdu au moins 5 ans pendant le concert). Il arrive donc en veste de costume (donc sans l'éternel blouson en cuir) avec un groupe dont certains membres ressemblent franchement à des tueurs à gages et qui comporte violoncelle et contrebasse. Il entame avec Je regrette, je regrette, un des meilleurs titres de son album et qui passe plutôt bien sur nos terres, puis un Run With The Boys assez proche aussi de la version album et qui conduira aux premières invasion de scène, avant que la folie débarque dans le public avec The Man Who Would Be King, assez surprenant quand on sait qu'ap priori Doherty ne voulait pas qu'il la joue sans lui à l'époque des derniers concerts des Libertines, là encore invasions de scène qui ont un côté un peu lourd tant elles donnent l'impression d'être uniquement pour la paraître (au final, on est content que les vigiles veillent au grain pour la suite des évènements).
Le concert est divisé assez équitablement entre chansons des Libertines/Dirty Pretty Things et titres de son album, ce qui au final donne un concert assez peu homogène dans lequel certains membres du public gueulent "libertine" sur l'intro de The Fall. Au final il jouera aussi entre autre The Magus, Carve My Name, She's Something et le très bon Death Fires Burn At Night d'un côté, tandis que de l'autre, son guitariste lui réapprendra Death On The Stairs, il jouera aussi Deadwood et Up The Bracket avant de terminer avec Bang Bang et Don't Look Back Into The Sun.
très bon concert au final même si, avec la présence d'une violoncelliste, j'aurais encore plus apprécié qu'il nous serve quelque-chose de plus proche des Libertines des tous débuts comme un Music When the Lights Go Out voir même un (soyons fous) Pay The Lady, ou encore un truc dans l'esprit de la Violin Version de Bloodthirsty Bastards en face B de Bang Bang. Mais de toute façon j'ai toujours préféré les premiers Libertines sans jamais être satisfait.

Après ce rajeunissement, je retrouve la fatigue et le mal de dos dus à une nuit passée dans un siège inclinable. Donc j'aborde plus calmement les Drums, de toute façon je m'attends à un groupe assez froid et stoïque (comme le sont assez souvent les groupes américains qui jouent une musique un minimum intelligente) et à une setlist assez proche de leur album (comme le font assez souvent les groupes qui font autant parler d'eux aussi vite). Une fois de plus, j'avais tout faux et j'ai pris une vraie grosse claque. Dès Best Friend le chanteur fait montre d'une grande activité, que le ridicule des poses fait paraître honnête, au final, c'est à peine plus de la moitié dela setlist qui sera composée de l'album éponyme, ils n'ont donc pas joué It Will All End In Tears, que j'attendais pourtant avec impatience, je me suis donc contenté de Down By The Water en conclusion, soit le seul moment où le concert s'est passé à peu près comme je l'imaginais.
Je suis donc confirmé que, sauf gros plantage sur leur prochain album, séparation ou overdose, les Drums pourraient bien devenir un des groupes majeurs des prochaines années, il est vrai qu'ils n'ont pas inventé la poudre, mais en même temps c'est pas comme si on se pissait dessus depuis 2001 avec les Strokes alors que leur premier disque n'apportait pas grand chose de nouveau non plus.


Sinon quand j'avais été au festival l'année dernière, je n'avais pas fait de reviews, principalement parce que je n'avais pas la tête à ça et aussi parce qu'à part faire remarquer qu'en 2 ans le nombre de personnes à venir voir Ebony Bones avait été au moins multiplié par 5 (ce que j'avais dit, je crois) et que c'était drôle.
Une chose est sûre, j'aurais dit du mal des Violens, qui nous avaient gratifiés d'une prestation plutôt bruyante dans laquelle seul se détachait le jeu de scène de leur bassiste, en même temps ils n'auraient pas été pionniers en la matière (qui a parlé des Manic Street Preachers). En tout cas, après écoute de l'album, je confirme que c'est encore un des désagréments du son Olympic, enfin, on regrettera la salle quand même.

samedi 6 novembre 2010

You Got To Make The Change


Après deux mois passés à Montpellier et à peine une visite dans une boutique de disques (et encore) dans laquelle j'ai failli rester enfermé; il convenait de me rattraper en assistant à mon premier concert ici (à vrai dire j'avais déjà été voir les Urges à Nîmes, mais ce n'était pas à Montpellier puisque c'était à Nîmes, et puis je ne vais pas compter non plus les 2 concerts dans la cafèt de mon école) et en plus, Caribou à 5€ ça ne se refuse pas. Même si il est vrai qu'après quelques écoutes leur dernier album ne m'avait pas transcendé, avec de bonnes doses d'Andorra et pas mal d'écoutes de Swim, j'avais reconsidéré mon avis sur le groupe.

Arrivé là-bas, passée la surprise de voir que le concert est complet (c'est pas cher mais tout de même), je dois avouer ne pas avoir été réellement dépaysé tant la salle Victoire 2 ressemble à l'Olympic du point de vue mensurations.

Première partie : Iaross, alors d'une, les groupes qui utilisent des boucles de guitares pré-enregistrées à côté d'instruments réels, ça a une très forte tendance à m'énerver, et de deux, un "chanteur" qui se contente de scander une poésie assez inégale par dessus le tout, ça a une très forte tendance à m'emmerder, à proscrire donc.

Seconde première partie : Andromakers, il faut avouer que ça passe beaucoup mieux. Après une lecture bien trop rapide de leur description sur internet, je m'attendais à un groupe d'électropunk féminin et vaguement féministe, soit un truc drôle, mais pas trop longtemps, et bien j'avais tout faux : la chanteuse porte jean, cheveux assez courts et chemise de bûcheron mais la musique du duo ressemble beaucoup plus à du Au Revoir Simone, ce qui est fort agréable, je te recommande d'ailleurs d'aller fortement d'aller jeter une oreille ici.

Après cette bonne surprise qui pourrait déjà justifier la somme faramineuse investie dans le concert, la scène est préparée pour Caribou, avec une organisation assez inhabituelle puisque devant au centre sont placées deux batteries face-à-face, l'une d'elle ayant été partiellement amputée pour laisser place à un clavier, la basse et la guitare sont elles reléguées au second plan (cela dit heureusement qu'elles étaient là quand même étant donné que j'avais dit à la fille du Crous qu'en concert il devrait quand même y avoir des bouts de guitare alors qu'en fait j'en avais aucune idée, donc y aurait juste eu des types avec des synthés, j'aurais eu l'air d'un con en allant acheter mes places de concert). Rendus là, les Caribou rentrent directement dans le vif du sujet avec Kaili, puis un concert principalement constitué de titres de Swim, avec tout de même un joli Melody Day.
Et là, on comprend quand même pourquoi c'est complet, une partie du public est venue parce que c'était pas cher et sans connaître les groupes, le brouhaha constant des discussions pendant les premières parties, je tolère encore, mais les applaudissements à chaque pause du groupe dans une chanson, je suis contre, bien que j'ai suivi la masse sur Jamelia, qui est tellement la meilleure chanson de l'année et qui est tellement bonne en concert que je me suis totalement oublié. Après m'avoir fait perdre mes esprits, le groupe a conclu avec un Odessa que l'on pouvait voir arriver à environ 6179km à la ronde (soit à peu près la distance entre Montpellier et Odessa,Ontario d'après google maps) avant un rappel avec Sun, mais la messe était déjà dite.

À bientôt pour une review du festival des Inrocks qui devrait envoyer du bois (le festival, la review je garantis rien), pour d'autre articles ça attendra que je retrouve une connexion internet régulière.

dimanche 3 octobre 2010

I Carve My Name On The Liver Of My Lover


Ce qui est drôle parfois, c'est que certains disques, on a déjà une idée plus que précise de ce à quoi ils vont ressembler bien avant de les avoir entendus, des fois on est surpris, d'autre non, et parfois on oscille entre la surprise et le « ouais, prévisible » accompagné de sa légère moue.

Tout ça définit assez bien le premier album solo de Carl Barât, qu'il est je pense inutile de présenter, album qui au fond n'a pas grand chose d'étonnant, de la pop assez sucrée dans l'ensemble, comme le bonhomme l'avait plus ou moins annoncé.
Ce qui n'empêche pas un certain nombre de personnes de s'annoncer déçues, alors je vais passer assez vite sur le sujet : bande d'abrutis ! le disque que vous écoutez c'est un album de Carl Barât : CARL BARÂT ! le mec dont le projet post-Libertines était un groupe de bon vieux rock qui tâche, donc quand il annonce un album solo composé avec pianos, renfort de violons et de chœurs, je ne vois pas à quoi vous pouvez vous attendre à part un album pop comme celui-ci. Si vous voulez de la 'sensibilité à fleur de peau', retournez écouter les titres insipides de l'album de Pete (ouais, le mec qui n'a à peu près rien montré de nouveau sur les 5-6 dernières années), mais très franchement, y a encore quelqu'un ici qui le trouve crédible quand il parle d'Arcadie et d'Albion ? (même lui n'y croit plus d'ailleurs, ou alors la drogue l'a vraiment attaqué).

J'en viens donc à un des points forts de ce disque, d'accord c'est de la pop 'gros sabots', d'accord on voit venir la moitié des titres et d'accord, les thèmes sont usés jusqu'à la moelle, mais au moins ce disque sonne vrai, pas de poses pseudo-romantiques ni rien dans ce genre là, le type vient se montrer en toute honnêteté, et rien que ça, ça aide déjà beaucoup.

Ensuite, le disque n'est pas non plus prévisible de bout en bout, pour prendre quelques exemples, la voix de Carl sur le premier couplet du single Run With The Boys me rappelle vraiment celle de Morrissey, ce qui est assez ironique si on pense à la légende urbaine sur les débuts des Libertines, à savoir : Pete aurait demandé à Carl de jouer This Charming Man des Smiths à la guitare, et celui-ci aurait alors exécuté Charmless Man de Blur. En ce qui concerne Blur, on ressent également leur influence, sauf que ça va beaucoup plus chercher du côté de Swamp Song, extrait de 13, un des albums les plus expérimentaux du groupe, que de celui d'un single quelconque. Et puis les sons assez lourds de The Magus surprennent tout de même pas mal, même si passée la première écoute on s'y habitue.

En bref, ce disque ne va probablement pas changer quoique ce soit, dans ta vie ou ta manière de voir la musique, je ne peux absolument pas garantir que tu vas l'apprécier, mais par contre je t'interdis formellement de dire que tu as été déçu. Au final, c'est un bon disque de pop anglaise, dans lequel Carl s'affirme comme un songwriter plutôt bon, pas encore au niveau des meilleurs artisans du genre, mais qui pourrait y prétendre un jour.

[Bon, pour l'image j'avais pas d'idées, donc j'ai mis celle là, parce que les Libertines dans le top 10 des recherches yahoo, c'est pas un truc qu'on risque de revoir de sitôt (et désolé pour Avatar)]

vendredi 24 septembre 2010

Sunday's Pretty Icons

Aujourd'hui, le programme c'est mes tribulations dominicales, alors que j'avais la crève et pas encore de travail, soit au final pas grand chose à faire, d'où, glandage sur Youtube, après avoir revu une demi-douzaine de reprises de chansons indie par des groupes vocaux américains, je retombe sur la géniale reprise de Leaf House par Momo & The Coop, qui va m'amener sur d'autres vidéos de gosses fous d'Animal Collective et tous plus ou moins détraqués, je tenais quand même à ce que tu voies celle-ci



C'est totalement inutile mais c'est la magie d'internet, les autres sont pas mal non plus mais un cran en dessous, là je m'inquiète vraiment pour l'avenir de la demoiselle, déjà condamnée à scruter l'internet jour et nuit en attendant le leak du prochain album d'Animal Collective ou d'un de ses membres. Enfin, tout ça c'était pour m'amener à une autre demoiselle un poil plus âgée, elle est canadienne, s'appelle Charlotte Oleena et fait des reprises à tomber, souvent Animal Collective donc, mais elle s'y prend tellement bien que même sa reprise de Cindy Lauper devient énorme, et ce malgré la qualité du son plus que médiocre. De toute façon, les mots ont leurs limites, il vaut donc mieux que je poste sa reprise de Winter Wonderland, puisque, demoiselle de bon goût, elle reprend en plus une de mes chansons favorites du collectif des animaux, je compte d'ailleurs la demander en mariage dès que possible.



Outre ses reprises, on lui doit aussi 2 minis albums sous le nom de Sea Oleena, où l'on retrouve sa fort jolie voix dans de magnifiques compositions éthérées. Les 2 albums sont en écoute gratuite et téléchargement à prix libre ici.

Pour ne pas m'étendre sur les bons goûts de la jeune fille, je dirais que dans sa sélection de vidéos, on peut aussi retrouver des clips de Portugal. The Man, dont je t'avais déjà parlé, je vais donc conclure avec The Dead Dog, leur dernier clip, qui est un peu une nouvelle version du clip de Stress par les irritants Jus "on ne comprend vraiment pas que ce clip ait choqué les gens" tice et Romain "dans mes clips, j'y mets de la violence gratuite et des minorités visibles, et tout le monde tombe dans le panneau à chaque fois" Gavras, sauf que là le clip est drôle et la musique réélement enthousiasmante, et ça me semble un bon mot de la fin.



Merci et à bientôt.

dimanche 19 septembre 2010

De l'art des comparaisons pertinentes


Ça va faire un petit moment que je n'ai pas écrit d'article mais j'ai de bonnes excuses, mais j'ai de bonnes excuses :
a) 2 articles en période estivale, c'est déjà un bon chiffre
b) j'ai eu une rentrée pour le moins chargée donc pas vraiment le temps de penser articles, voir musique en général (j'ai plus entendu les chansons paillardes à mon intégration que les 15 disques en attente d'être écoutés et que je n'ai même pas encore dézippés)
Par conséquent, l'introduction de cet article est restée un petit moment orpheline, et si je le publie aujourd'hui, c'est plus parce que l'idée même me faisait rire que parce que j'ai vraiment réussi à en faire ce que je voulais, enfin, dans tous les cas il faut le lire avant de fuir.

Aujourd'hui, je vais donc parler de 3 disques qui ont pour premier point commun d'être sortis cet été, et comme second point commun d'avoir subi à peu près les mêmes critiques, à savoir que c'étaient de bons albums mais en dessous de ce que les groupes avaient fait avant.
Alors avant toute chose, très franchement, qu'est-ce qu'on en a à carrer qu'un disque soit meilleur ou moins bon que son prédécesseur ? C'est pas ça qui en fera un bon ou un mauvais album.

Rendu là, il faudrait quand même que je précise qu'aujourd'hui je fais plutôt dans le gros tirage, avec The Suburbs d'Arcade Fire, Butterfly House des Coral et Surfing The Void des Klaxons.

Ensuite puisque ces points communs sont plutôt moyens, une autre façon de lier ces 3 disques m'est venue alors que je lisais un papier sur Surfing The Void qui comparais le groupe à ... MGMT. Là, je dois t'avouer que j'ai été un peu surpris, les Klaxons ayant écrit des chansons parlant d'aller en soirée avec Jules César et Lady Diana bien avant que les MGMT traversent l'Atlantique pour raconter qu'ils ont un cœur en phosphore.
En même temps avec les Klaxons on s'est plus ou moins habitué au n'importe quoi journalistique : on parle quand même d'un groupe pour lequel un mouvement musical a été créé, ce spécialement afin qu'il y ait des choses à dire à leur sujet. Passe encore donc, mais ce qu'il faut savoir que, même si l'on est en France en 2010, on peut lire dans certains journaux que des groupes comme Animal Collective naviguent dans le sillage de MGMT, ce qui est plus qu'aberrant. Tu me diras "C'est bien fait pour ta gueule, qu'est ce qui t'as pris aussi d'ouvrir un journal gratuit à une page autre que celle des horoscopes ou des mots croisés ?" mais tu avoueras néanmoins que comme comparaison, c'est tout de même un peu fort de café, personnellement, ça a tendance à me faire penser à cet article sur Oasis qui n'existe plus mais qui commençait par quelque chose comme "Oasis sont célèbres pour avoir influencé entre autres les Beatles et les Who", sur ce coup là, c'était plutôt drôle, dans la situation présente ça ne l'est pas (ou en tout cas le sujet est trop sensible pour que je puisse en rire).

J'imagine que tu me vois venir ? Et bien tu ne te trompes pas, le projet initial de cet article était de chroniquer les 3 disques sus-cités en cherchant le plus grand nombre de comparaisons HS avec MGMT, cela dit, vu qu'il est un peu bâclé, tu n'en trouveras pas non plus pléthore et j'ai par ailleurs zappé les Klaxons sinon ça risquais de faire beaucoup trop, au pire, toute la presse a déjà fait la comparaison, donc c'est pas trop compliqué à trouver.

Pour commencer, les Arcade Fire viennent du même continent que les MGMT, ce qui donne tout son intérêt à leur musique et explique leur succès, on peut d'ailleurs constater que contrairement à Funeral, tous les textes de The Suburbs sont écrits dans la même langue que ceux de MGMT, ce qui rend l'influence plus qu'évidente, influence que l'on retrouve d'ailleurs chez les Coral et les Klaxons, puisqu'eux aussi chantent dans la langue d'Andrew Van Wyngarden (langue de Shakespeare c'est définitivement hors du coup).
Par ailleurs, les 2 albums de MGMT et Arcade Fire ont des ouvertures assez similaires, même si sur The Suburbs, le fait d'ouvrir avec la chanson-titre donne un effet de faux-départ surprenant mais pas du tout déplaisant, toujours est il que l'album part réellement avec Ready To Start, et je pense que personne ici ne me contredira si je dis qu'une machine qui fonctionne est prête à démarrer, lien évident avec le It's Working qui ouvre Congratulations donc.
Mais l'influence ne s'arrête pas là, car avec le très agréable Rococo, les Canadiens écrivent une chanson en hommage à un machin artistique européen qui des fois rend pas mal mais qui peut s'avérer totalement indigeste et dont on est quand même content que ça n'ait pas été recréé aux États Unis, soit un sujet au final assez similaire au Brian Eno des New Yorkais. New York, ville qui a par ailleurs poussé les Coral à intituler une des chansons de leur dernier album Coney Island, ce pour rendre hommage au groupe qui leur a montré la vérité et qui les a poussés à se séparer de Bill Ryder-Jones, en effet, il n'y a pas de trompette chez MGMT; de ce point de vue là, les Arcade Fire n'ont pas fait ce qu'il faut, puisqu'il y a encore dans leurs disques des cordes et des voix féminines, alors qu'à ma connaissance les MGMT n'ont pas prévu d'en mettre sur leur prochain disque, on peut donc juste espérer que Win Butler cessera d'être aveuglé par son amour et laissera de côté Régine Chassagne sur leur prochain disque.
Il y a un autre point sur lequel autant les Coral qu'Arcade Fire sont loin des MGMT, c'est celui des chansons marquantes comme Siberian Break, là où Arcade Fire ne sont parvenus qu'à faire 2 morceaux en 2 parties, les Coral ont essayé de faire leur Siberian Break avec North Parade, mais celui-ci est 2 fois plus court que leur influence, le thème septentrional a encore moins fonctionné avec Walking In The Winter, dommage pour eux, ils resteront encore longtemps des artistes maudits, alors que dans 30 ans ils seront considérés comme LE groupe oublié des années 2000.

Promis la prochaine fois j'essaye de faire mieux.

jeudi 12 août 2010

Monstrueux Bazar


Bonjour, comme avec mon rythme estival, je mets à peu près un mois pour écrire un article (et ça encore c'est quand je me met des claques pour me motiver, sinon c'est pire), aujourd'hui, je vais terminer celui qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois, à savoir un top des albums de la moitié d'année.
Entre nous, on sait tous très bien ce que veux dire ce genre d'article, sous couvert d'objectivité, on se contente de balancer en vrac des disques dont on n'a pas parlé lors de leurs sorties, soit parce qu'à ce moment là on ne les a pas écoutés, soit parce qu'on a mis un certain temps à les apprécier.

Je vais donc m'étendre sur Life Is Sweet ! Nice To Meet You, second album de Lightspeed Champion, que je m'étais contenté d'évoquer en coup de vent dans mon "article" sur Caribou (dont je te conseille d'écouter quand même le précédent album Andorra, même si tu n'as pas trop apprécié Swim).
Il faut avouer qu'après avoir écouté le premier essai du bonhomme, ce qu'on retenait surtout c'était : "Mais bordel, c'est un ancien Test Icicles qui a fait ce disque là !", et pas tellement les chansons, non pas qu'elles fussent mauvaises, juste qu'au final il n'y avait pas vraiment de refrains viraux qui restaient en tête pendant des jours et des jours. Son second disque connaît le problème inverse, impossible de l'écouter sérieusement sans prendre le risque que les refrains te reviennent en tête dans des moments inopportuns que ce soit les "Hurt to be the one ..." de Romart quand on veut se plaindre un peu, les "Kill me, babe won't you kill me" en rentrant de soirée dans les rues vides, I Don't Want To Wake Up Alone (qui n'a absolument rien du titre vaguement machiste que l'on pourrait poindre) quand tu croises des regards insistants de loin seulement avec une jolie fille, ou encore "It's the faculty of FEAR" dans n'importe quelle situation incongrue.

Sinon il y a aussi l'album des Patriotic Sunday dont j'avais parlé dans mon article sur Why ? que j'ai écouté depuis et qui vaut le coup d'oreille.
Et puis Everybody Was In The French Resistance ... Now !, duo composé de Eddie Argos, chanteur de Art Brut et de Dian Valdes, clavier des Blood Arms, dont je n'avais pas plus parlé parce que j'aurais fait un remake de mon article sur Codeine Velvet Club, bien que Art Brut soient bien meilleurs que les Fratellis (les Blood Arms on va dire qu'on s'en fout), on retrouve tout ce qu'on aime chez Art Brut : la non-voix d'Eddie Argos qui scande plus qu'il ne chante, l'ironie mordante et l'absence totale de prise au sérieux. Le clip est en bas.

Enfin, j'ai aussi reçu mon DVD d'Oddsac, album visuel de Animal Collective et Danny Perez (auteur notamment du clip de Who Could Win A Rabbit ? que tu as pu voir ici). Et autant dire qu'il dissipe toutes les inquiétudes que j'avais après Fall Be Kind, en même temps c'est un projet qui date d'avant Merriweather Post Pavilion, mais même, c'est à nouveau un Animal Collective inattendu même si le film ne l'est pas toujours. Pour décrire, c'est un peu un film de monstre, mais dans lequel le spectateur est du côté du monstre, il y a beaucoup d'images floues où l'on ne fait que deviner les choses, et pas mal d'images nettes où l'on ne fait aussi que deviner. Le pari de faire un film qui montrerait les images que l'on voit quand on écoute un album d'Animal Collective les yeux fermés est plutôt réussi, c'est un album à voir au moins une fois.



Rien à voir, mais j'envisage de changer des trucs sur ce blog dans les mois à venir, ça va faire 2 ans que je l'ai lancé, à l'époque j'avais pas vraiment d'idée de ce que j'allais écrire, j'avais juste une review du concert de CSS écrite au crayon sur un morceau de papier et quelques vagues idées d'un article sur Eugene McGuinness (idées tellement vagues que je n'ai jamais réussi à tourner l'article comme je voulais, donc il est resté dans les brouillons). J'avais donc choisi un nom qui reflétait plutôt bien la manière dont j'imaginais les débuts de ce blog et je ne m'étais pas non plus préoccupé de son apparence mais il faut avouer qu'il est quand même très moche. Donc si vous connaissez des adresses d'éditeurs blogspot pas trop compliqué, voir éventuellement des gens qui sont bons en dessin/infographie et qui sauraient trouver des idées pour une bannière, mailez moi (haerdalis18-at-gmail.com).

Et à part ça l'année prochaine je quitte Nantes (et Rennes aussi du coup) pour partir à Montpellier, donc si vous connaissez les bons endroits pour trouver des concerts dans la ville où aux alentours, ou encore si vous connaissez des fanzines locaux qui chercheraient des gens, faites tourner, j'ai envie d'écrire un peu plus sur du vrai papier.

vendredi 9 juillet 2010

Somehow I stay thin, while the other guys go fat


Puisqu'il y a des groupes dont on ne peut toucher un mot que quand ils ont droit à des rééditions, aujourd'hui, je vais te parler de Big Audio Dynamite, groupe formé par Mick Jones à son éviction des Clash et dont le premier disque This Is Big Audio Dynamite est ressorti il y a quelques semaines.

Je sais pas si je te l'ai déjà dit mais mon disque préféré des Clash est Sandinista!, pour sa liberté et son absence totale de limite : faire chanter le batteur pour la seule fois sur un disque des Clash, ouvrir l'album avec un enchaînement entre un titre qui dit coucou au hip hop et un autre qui fait bonjour à la Motown, balancer plusieurs titres qui tendent sérieusement vers le rockabilly, puis 4 ou 5 dubs, faire chanter à des enfants une de leurs chansons sur le chômage, amener un chien dans le studio pour enregistrer le final d'un titre ... Sur ce disque, absolument tout est possible, tout.
Après la suite est connue, le groupe a mis au moins 10 ans avant de toucher un seul centime grâce aux ventes de l'album (en même temps, quand tu sors un triple vinyle au prix d'un simple, faut pas t'attendre à gagner beaucoup), la presse l'a descendu en flèche, seule une moitié s'est rétractée depuis. Enfin, le groupe a continué son bonhomme de chemin en sortant un disque avec de bons gros tubes de derrière les fagots.

Si je te parle de Sandinista!, c'est parce que chez BAD, on retrouve complétement cette liberté, à la différence près que Mick Jones étant tout seul, on a d'un côté plus de trouvailles à partir de samples, de plus grandes similitudes avec le hip hop; et de l'autre on n'a plus de traces ni de rockabilly dans les chansons, ni de Joe Strummer ou de Paul Simonon dans les clips du groupe, enfin si, admettons, mais sachant qu'ils jouent des flics empêcheurs de tourner en rond, au final c'est une façon de plus d'affirmer sa liberté tout en envoyant indirectement à son ancien groupe le message : "vous êtes quand même pas drôles" (par la suite, la formule retard/pétards à l'origine de son renvoi a d'ailleurs fait des miracles en matière de production, débouchant sur de très grands disques comme Down In Albion de Babyshambles).

En ce qui concerne l'album en lui même, on peut déjà repérer que grâce à cette réédition, l'album est passé dans les rayons variété internationale de chez Leclerc, ce qui réserve d'agréables moments : quand tu fouilles dans les bacs à vinyle, avec du BAD en bande son et que tu entends des pré-pubères se balader dans le rayon en se demandant où elles peuvent trouver les disques de Lady Gaga, le choc quoi.
À part ça il est composé de titres imprévisibles, avec des sons qui sortent de nulle part, comme les extraits de Western sur Medicine Show (dont tu retrouveras le clip en dessous), après plusieurs écoutes, c'est vraiment cette impression de liberté qui reste en mémoire, ainsi qui le tube E=MC² qui a le bon goût de parler de relativité (et qui est au passage beaucoup plus exact du point de vue de la physique que le Speed X Distance = Time des Blonde Redhead).

Sur ce je te laisse avec le fameux clip, j'aurais plein de choses à dire qui n'ont rien à voir avec le groupe, mais elles attendront un prochain article.