mardi 11 janvier 2011

Teen Age Ziggy

Ça commence à faire un petit moment que je n'ai pas pondu un article qui ne soit pas une review, la réalité c'est que ces derniers temps, à part des disques des années 80 dont j'aurais eu plus moins honte à une époque, et la discographie de Syd Barrett, il n'y a pas grand chose qui me marque vraiment musicalement.

J'envisageais de faire une compilation de mes chansons de l'année comme en 2008, mais d'une part j'ai vraiment du mal à établir une liste pour l'instant, d'autre part, la moitié des chansons que j'ai pour le moment envie de mettre a une durée qui flirte avec les 10 minutes, donc si c'est pour faire une compilation d'une quinzaine de titres qui au final dure 2 heures, c'est pas la peine. En attendant, tu vas avoir droit à un article-clips, ma spécialité quand je n'ai pas trop d'idées.

L'inspiration de tout ça, c'est qu'en me baladant dans les magasins plus ou moins au hasard, je suis tombé sur le dernier bouquin de Philippe Manœuvre consacré aux 100 et quelques plus grands disques du rock français. Il faut savoir que je suis possesseur d'un exemplaire dédicacé de sa discothèque idéale, il l'avait présenté à la Fnac de Nantes, et vu que ce jour là j'avais fait ma JAPD et que tous mes potes étaient passés aux infos (nationales) dans le cadre du blocus de mon lycée, j'avais eu besoin de rattraper un peu ma journée, et ça m'avait semblé un bon moyen. Et au final, ce livre avait quand même eu une importance dans ma "construction musicale" et me faisant découvrir des disques vraiment bons et en étant un point de départ à l'élargissement de ma culture musicale.
Pour le dernier, je l'ai juste feuilleté et on a quand même parfois l'impression qu'il cherche à combler des trous, avec certains disques dont on peut vraiment se demander la raison de la présence, MAIS, car il y a un MAIS qui à lui tout seul donne un intérêt au livre (bon, y en a aussi quelques autres à côté) : on y trouve l'album Formidable de Oui Oui, excellent groupe de la fin des années 80 (au passage, ne vas pas penser que j'ai honteusement omis le nom du disque, c'est Formidable, c'est tout) et tout à fait différent d'à peu près tout ce qui s'est jamais fait en France : ici, les textes sont en français mais le sens importe peu, en fait non, le sens n'importe pas du tout, mais peu importe puisque la musique est là. Toujours est-il qu'à cette époque les gens ont préféré écouter Noir Désir, du coup, devine qui a ressorti ce groupe de derrière les fagots avec l'arrivée de l'internet, je te le donne en milles : des anglo-saxons. Sans développer de complexe d'infériorité, il faut avouer que du point de vue musical, on est tellement à la masse qu'on est incapables de déceler la qualité (le soin constant apporté à la variété renouvelée, tout ça tout ça) chez nous.
Je vais arrêter là le pamphlet et passer au clip des Cailloux, extrait de Chacun tout le monde, leur premier album. Ce clip a été réalisé par leur batteur mais ne te dis pas trop vite "bordel, ils nous les brisent ces groupes alternatifs des années 80 qui refusent même un réalisateur digne de ce nom pour leur clip parce que c'est pas DIY", parce que ce batteur s'appelait Michel Gondry.



Pour la suite, je vais continuer à parler de mes premières années en rock et en roll. J'ai déjà du dire que les Libertines avaient été un peu fondamentaux dans ma fameuse "construction musicale", sauf que le jour où j'avais acheté leur deuxième album, j'avais aussi acheté le premier album des Déportivo, à l'époque, du rock français qui a pas mal à voir avec celui que je critique facilement aujourd'hui, sauf que contrairement à la majorité des représentants de ce style, ils ont réussi à évoluer, déjà leur deuxième album produit par Gordon Raphael (à qui on doit notamment les 2 premiers Strokes, pas totalement un branleur donc) offrait un son bien plus clair et travaillé. Bon, en réécoutant ces 2 disques dernièrement, je me disais quand même que si ils en faisaient un prochain, ça serait sans moi, mais c'était sans compter sur une évolution continuelle du groupe : avec Ivres & Débutants, on a droit à une guitare utilisée plus intelligemment et à des incursions de clavier de très bon ton. Les Dép' continuent donc d'évoluer avec leur public, et ça, c'est admirable.



Enfin, pour ce dernier clip, je dois te l'avouer : j'ai honte, très honte. Oui, honte de ma tricherie, car en réalité, Les Enfants du Paradis de World's End Girlfriend n'a de français que son titre, en même temps un instrumental peut difficilement avoir des paroles dans quelque langue que ce soit.
Cependant, Katsuhiko Maeda, membre unique du groupe, étant japonais, il ne fait pas vraiment partie de la scène française.
Enfin, cette chanson est méchamment géniale, ce qui excuse ma tricherie. Seven Idiots, l'album dont elle est extraite, est de ces disques qui ne ressemblent à rien de déjà entendu, c'est mon gros coup de cœur de la fin d'année 2010, ça va faire 3 mois que j'ai commencé à écrire un article sur ce disque, mais je ne l'ai jamais fini, il te faudra donc te contenter du clip.

vendredi 3 décembre 2010

Mateurs de pompes !

Bonjour, alors étant donné que ça fait quelques temps que je n'ai pas écrit, tu aurais pu penser que ces derniers temps, j'avais été assez peu occupé au sens musical du terme, que nenni ! En vrai je suis juste en rade d'internet à ma résidence depuis environ 2 mois et en rade de temps pour écrire/ retaper mes articles depuis environ 2 semaines. Le programme du jour est donc simple : DE LA REVIEW EN BARRES.


Pour commencer, j'ai continué ma découverte des salles de Montpellier le jeudi 11 novembre au soir en me rendant aux Bewitched Hands à Secret Place, salle qui porte plutôt bien son nom puisqu'elle est totalement perdue dans une zone industrielle en banlieue de Montpellier, et qui a pour autre particularité de vaincre à plate couture l'Ubu en matière de pilier mal placé (phrase à ne pas sortir de son contexte).

La première partie est assurée par les montpellierains de Grand Nocturne, dont le disque s'appelle Un singe sur le dos, , tu serais tenté de te dire qu'un groupe qui a lu Burroughs ne peut pas faire de mauvaise musique, malheureux ! Ce groupe constitue un contre-exemple saisissant à cette ébauche de théorie, pour ne pas m'étendre sur le sujet, je me contenterais de citer ma voisine de concert qui ne lit probablement pas ce blog : "Hé ! y a que moi qui trouve que c'est à chier ?".

En comparaison les Bewitched Hands sont non seulement 2 fois plus nombreux, mais surtout 20 fois meilleurs. Après, ils sont gracieux comme seul un groupe français sait l'être (comprendre, ils sont un peu dégarnis, maitrisent le port de la casquette autrement que pour le style et ne pourraient probablement pas tous rentrer dans un jean slim) et n'ont pas grand chose à dire entre leurs chansons, mais honnêtement, on en a rien à carrer non ?
Et on en a rien à foutre justement parce que les chansons sont à la hauteur, déjà très bonnes sur disque, elles deviennent encore meilleures sur scène, le refrain de Work devient encore plus explosif, Staying Around devient beaucoup plus supportable, et les voix partent en général encore plus dans toutes les directions mais ça reste harmonieux et puis quand l'ensemble du groupe vient se placer sur le devant de la scène minuscule, instruments laissés derrière pour interpréter Out Of Myself, c'est quand même très chouette, finalement, ils jouent quasiment tout leur album, le très attendu Hard To Cry compris, qu'ils prévoyaient, à les entendre, de ne pas jouer (mon oeil ouais).
Au final, c'est toujours bien ce genre de groupes qui donnent foi en la musique française.


Ensuite, histoire d'avoir un peu fait le tour, j'ai aussi découvert le Rockstore car Scout Niblett, dont j'ai déjà dit du bien, s'y produisait le lundi suivant.
Et décidément, c'est vraiment une première partie sur 2 qui vaut le coût, puisque l'entrée en matière avec Scarlett O'Hanna est très plaisante, la jeune femme, seule sur scène, tantôt une guitare entre les mains, tantôt un clavier sous les doigts nous enchante avec ses chansons légères mais de qualité.

Pendant que j'attends ma bière de milieu de concert, une femme en gilet de chantier orange et une bouteille de rouge à la main débarque pour demander un tire-bouchon, Mme Niblett, quoi de plus normal.
Ouais sauf que son rouge, ça devait être de la piquette parce qu'elle grimace à chaque gorgée. Du point de vue du concert, c'est moins bon que sur disque, une fois portées sur scène, les chansons paraissent trop longues, et c'est encore pire sur les premières qu'elle a jouées sans son batteur, cela dit, il y a tout de même de grands moments, comme son 'Meet And Greet' ou quand elle se met à chanter 'We Are The World' toute seule derrière la batterie. Elle rattrape donc un peu les longueurs de son concert avec sa personnalité, en entrecoupant ses chansons de rires tonitruants et en discutant avec le public (qui n'a pas grand chose à dire).


Enfin, pour terminer sur une note positive, je vais parler du foutage de gueule de cette fin d'année : le concert des Warlocks, tout juste une semaine après, dans le même Rockstore.

Foutage de gueule parce que quand on fait un concert de 40 minutes (et je suis généreux) alors qu'on est tête d'affiche de la soirée, je ne vois pas comment appeler ça autrement. Rendu là, c'est même plus laisser le public sur sa faim, c'est agiter un paquet de chips devant une bande de somaliens, avant de le balancer au fond d'un puits asséché, tout ça avant de renverser un bidon d'eau de javel par dessus.

Le pire c'est que sur les 6 ou 7 chansons du concert (non mais bordel, la dernière fois que j'ai vu une tête d'affiche jouer aussi peu de titres, c'était A Silver Mt. Zion, sauf que eux leurs chansons durent 20 minutes), c'était vraiment bon : un très très gros son, limite dès les balances t'en prend déjà plein la tronche, et puis il y a le très bon enchaînement 'Shake The Dope Out'/'The Dope Feels Good' qui en dit long sur les préoccupations du groupe; et puis le jeu de scène est réellement convaincant : entre un chanteur statique sous la lumière et le reste du groupe actif dans l'ombre : 2 guitaristes dont l'un arbore une coupe digne d'Indochine (en fait on aurait du se dire tout de suite qu'il y avait un problème), un batteur et une bassiste, sorte de Kim Deal du point de vue du jeu et de l'asiatisme, mais en jeune, plus mignonne et pas encore complètement alcoolique. Vraiment, un tel jeu de scène impressionne tant il colle à leur musique, même si avec un groupe différent ça aurait pu ne pas du tout le faire.

Tout de même une mention spéciale pour Mars Red Sky, la première partie, parce que si on m'avait dit que j'allais voir un groupe composé d'une batterie, d'un accordéon et d'une guitare en première partie des Warlocks, j'aurais bien rigolé, sauf qu'au final le mélange donne un truc aux accents stoner vraiment cohérent dans lequel la composition du groupe apparait comme une évidence.
Pour le coup, j'ai regretté d'avoir généralisé aussi vite mon théorème sur les premières parties et d'être arrivé en retard, surtout en considérant la durée du concert des autres types.


Pareil que pour les Inrocks, en ce qui concerne les images et l'arrangement de l'article, si ça vient, ça sera plus tard, pour des articles autres que des reviews pareil (ça fait notamment 3 mois que j'ai commencé à écrire un papier sur Seven Idiot des World's End Girlfriend et je l'ai toujours pas fini ou recopié) de toute façon, dans 2 semaines je retourne à Nantes pour un mois et demi, et là je pense que je réussirais à trouver un peu plus de temps pour terminer mes articles (et accessoirement j'aurais à nouveau internet).

lundi 8 novembre 2010

[pour la photo ça viendra plus tard, je dois aller en cours d'allemand, pour la relecture aussi d'ailleurs]

Le festival des Inrocks à l'Olympic, c'est depuis 2006 une grande tradition chez moi, alors quand pour sa dernière édition avant un changement de locaux, celui-ci annonce Carl Barât et les Drums, je programme sans attendre plus qu'hésiter mon aller-retour Montpellier-Nantes, avec quand même quelques regrets à louper les Coral le dimanche soir (que je ne pourrais même pas consoler en y allant à Toulouse le mardi parce que pas de co-voiturage et un TP le lendemain, donc insêchable).

Comme chaque année, le premier groupe doit se contenter d'un concert riquiqui de 20_30 minutes, cette année c'est à Free Energy qu'incombe cette tâche, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils portent bien leur nom : c'est ultra-basique mais diablement efficace, enfin, on est plus en 2006 quand on venait voir le Spinto Band et les Kooks, donc on se contente de faire nos vieux cons en se disant : "Tiens, ils viennent encore nous faire une resucée du riff de Louie Louie".

Ça devient un poil plus intéressant avec les Surfer Blood, dont j'ai pas mal écouté l'album, mais dont j'aurais été incapable de chantonner une chanson avant le concert, j'ai tout de même reconnu chaque intro malgré ce désagrément. Le groupe est très bon, cependant il leur un tube pour faire franchement bouger le public et lancer véritablement leur concert, même si avec Swim en avant-dernière chanson et l'invasion de la scène par les Free Energy (en les voyant, je m'étais dit qu'ils avaient de bonnes tronches de branleurs aussi) ils ont commencé à amorcer quelque-chose mais un poil trop tard.

Après ce début reposant s'entame la bagarre pour Carl Barât, je suis désolé de m'interposer au milieu de jeunes mineurs, mais ce type a tout de même contribué à changer ma vie à une période où certains d'entre eux écoutaient encore NRJ (raisonnement de vieux con encore, même si j'ai perdu au moins 5 ans pendant le concert). Il arrive donc en veste de costume (donc sans l'éternel blouson en cuir) avec un groupe dont certains membres ressemblent franchement à des tueurs à gages et qui comporte violoncelle et contrebasse. Il entame avec Je regrette, je regrette, un des meilleurs titres de son album et qui passe plutôt bien sur nos terres, puis un Run With The Boys assez proche aussi de la version album et qui conduira aux premières invasion de scène, avant que la folie débarque dans le public avec The Man Who Would Be King, assez surprenant quand on sait qu'ap priori Doherty ne voulait pas qu'il la joue sans lui à l'époque des derniers concerts des Libertines, là encore invasions de scène qui ont un côté un peu lourd tant elles donnent l'impression d'être uniquement pour la paraître (au final, on est content que les vigiles veillent au grain pour la suite des évènements).
Le concert est divisé assez équitablement entre chansons des Libertines/Dirty Pretty Things et titres de son album, ce qui au final donne un concert assez peu homogène dans lequel certains membres du public gueulent "libertine" sur l'intro de The Fall. Au final il jouera aussi entre autre The Magus, Carve My Name, She's Something et le très bon Death Fires Burn At Night d'un côté, tandis que de l'autre, son guitariste lui réapprendra Death On The Stairs, il jouera aussi Deadwood et Up The Bracket avant de terminer avec Bang Bang et Don't Look Back Into The Sun.
très bon concert au final même si, avec la présence d'une violoncelliste, j'aurais encore plus apprécié qu'il nous serve quelque-chose de plus proche des Libertines des tous débuts comme un Music When the Lights Go Out voir même un (soyons fous) Pay The Lady, ou encore un truc dans l'esprit de la Violin Version de Bloodthirsty Bastards en face B de Bang Bang. Mais de toute façon j'ai toujours préféré les premiers Libertines sans jamais être satisfait.

Après ce rajeunissement, je retrouve la fatigue et le mal de dos dus à une nuit passée dans un siège inclinable. Donc j'aborde plus calmement les Drums, de toute façon je m'attends à un groupe assez froid et stoïque (comme le sont assez souvent les groupes américains qui jouent une musique un minimum intelligente) et à une setlist assez proche de leur album (comme le font assez souvent les groupes qui font autant parler d'eux aussi vite). Une fois de plus, j'avais tout faux et j'ai pris une vraie grosse claque. Dès Best Friend le chanteur fait montre d'une grande activité, que le ridicule des poses fait paraître honnête, au final, c'est à peine plus de la moitié dela setlist qui sera composée de l'album éponyme, ils n'ont donc pas joué It Will All End In Tears, que j'attendais pourtant avec impatience, je me suis donc contenté de Down By The Water en conclusion, soit le seul moment où le concert s'est passé à peu près comme je l'imaginais.
Je suis donc confirmé que, sauf gros plantage sur leur prochain album, séparation ou overdose, les Drums pourraient bien devenir un des groupes majeurs des prochaines années, il est vrai qu'ils n'ont pas inventé la poudre, mais en même temps c'est pas comme si on se pissait dessus depuis 2001 avec les Strokes alors que leur premier disque n'apportait pas grand chose de nouveau non plus.


Sinon quand j'avais été au festival l'année dernière, je n'avais pas fait de reviews, principalement parce que je n'avais pas la tête à ça et aussi parce qu'à part faire remarquer qu'en 2 ans le nombre de personnes à venir voir Ebony Bones avait été au moins multiplié par 5 (ce que j'avais dit, je crois) et que c'était drôle.
Une chose est sûre, j'aurais dit du mal des Violens, qui nous avaient gratifiés d'une prestation plutôt bruyante dans laquelle seul se détachait le jeu de scène de leur bassiste, en même temps ils n'auraient pas été pionniers en la matière (qui a parlé des Manic Street Preachers). En tout cas, après écoute de l'album, je confirme que c'est encore un des désagréments du son Olympic, enfin, on regrettera la salle quand même.

samedi 6 novembre 2010

You Got To Make The Change


Après deux mois passés à Montpellier et à peine une visite dans une boutique de disques (et encore) dans laquelle j'ai failli rester enfermé; il convenait de me rattraper en assistant à mon premier concert ici (à vrai dire j'avais déjà été voir les Urges à Nîmes, mais ce n'était pas à Montpellier puisque c'était à Nîmes, et puis je ne vais pas compter non plus les 2 concerts dans la cafèt de mon école) et en plus, Caribou à 5€ ça ne se refuse pas. Même si il est vrai qu'après quelques écoutes leur dernier album ne m'avait pas transcendé, avec de bonnes doses d'Andorra et pas mal d'écoutes de Swim, j'avais reconsidéré mon avis sur le groupe.

Arrivé là-bas, passée la surprise de voir que le concert est complet (c'est pas cher mais tout de même), je dois avouer ne pas avoir été réellement dépaysé tant la salle Victoire 2 ressemble à l'Olympic du point de vue mensurations.

Première partie : Iaross, alors d'une, les groupes qui utilisent des boucles de guitares pré-enregistrées à côté d'instruments réels, ça a une très forte tendance à m'énerver, et de deux, un "chanteur" qui se contente de scander une poésie assez inégale par dessus le tout, ça a une très forte tendance à m'emmerder, à proscrire donc.

Seconde première partie : Andromakers, il faut avouer que ça passe beaucoup mieux. Après une lecture bien trop rapide de leur description sur internet, je m'attendais à un groupe d'électropunk féminin et vaguement féministe, soit un truc drôle, mais pas trop longtemps, et bien j'avais tout faux : la chanteuse porte jean, cheveux assez courts et chemise de bûcheron mais la musique du duo ressemble beaucoup plus à du Au Revoir Simone, ce qui est fort agréable, je te recommande d'ailleurs d'aller fortement d'aller jeter une oreille ici.

Après cette bonne surprise qui pourrait déjà justifier la somme faramineuse investie dans le concert, la scène est préparée pour Caribou, avec une organisation assez inhabituelle puisque devant au centre sont placées deux batteries face-à-face, l'une d'elle ayant été partiellement amputée pour laisser place à un clavier, la basse et la guitare sont elles reléguées au second plan (cela dit heureusement qu'elles étaient là quand même étant donné que j'avais dit à la fille du Crous qu'en concert il devrait quand même y avoir des bouts de guitare alors qu'en fait j'en avais aucune idée, donc y aurait juste eu des types avec des synthés, j'aurais eu l'air d'un con en allant acheter mes places de concert). Rendus là, les Caribou rentrent directement dans le vif du sujet avec Kaili, puis un concert principalement constitué de titres de Swim, avec tout de même un joli Melody Day.
Et là, on comprend quand même pourquoi c'est complet, une partie du public est venue parce que c'était pas cher et sans connaître les groupes, le brouhaha constant des discussions pendant les premières parties, je tolère encore, mais les applaudissements à chaque pause du groupe dans une chanson, je suis contre, bien que j'ai suivi la masse sur Jamelia, qui est tellement la meilleure chanson de l'année et qui est tellement bonne en concert que je me suis totalement oublié. Après m'avoir fait perdre mes esprits, le groupe a conclu avec un Odessa que l'on pouvait voir arriver à environ 6179km à la ronde (soit à peu près la distance entre Montpellier et Odessa,Ontario d'après google maps) avant un rappel avec Sun, mais la messe était déjà dite.

À bientôt pour une review du festival des Inrocks qui devrait envoyer du bois (le festival, la review je garantis rien), pour d'autre articles ça attendra que je retrouve une connexion internet régulière.

dimanche 3 octobre 2010

I Carve My Name On The Liver Of My Lover


Ce qui est drôle parfois, c'est que certains disques, on a déjà une idée plus que précise de ce à quoi ils vont ressembler bien avant de les avoir entendus, des fois on est surpris, d'autre non, et parfois on oscille entre la surprise et le « ouais, prévisible » accompagné de sa légère moue.

Tout ça définit assez bien le premier album solo de Carl Barât, qu'il est je pense inutile de présenter, album qui au fond n'a pas grand chose d'étonnant, de la pop assez sucrée dans l'ensemble, comme le bonhomme l'avait plus ou moins annoncé.
Ce qui n'empêche pas un certain nombre de personnes de s'annoncer déçues, alors je vais passer assez vite sur le sujet : bande d'abrutis ! le disque que vous écoutez c'est un album de Carl Barât : CARL BARÂT ! le mec dont le projet post-Libertines était un groupe de bon vieux rock qui tâche, donc quand il annonce un album solo composé avec pianos, renfort de violons et de chœurs, je ne vois pas à quoi vous pouvez vous attendre à part un album pop comme celui-ci. Si vous voulez de la 'sensibilité à fleur de peau', retournez écouter les titres insipides de l'album de Pete (ouais, le mec qui n'a à peu près rien montré de nouveau sur les 5-6 dernières années), mais très franchement, y a encore quelqu'un ici qui le trouve crédible quand il parle d'Arcadie et d'Albion ? (même lui n'y croit plus d'ailleurs, ou alors la drogue l'a vraiment attaqué).

J'en viens donc à un des points forts de ce disque, d'accord c'est de la pop 'gros sabots', d'accord on voit venir la moitié des titres et d'accord, les thèmes sont usés jusqu'à la moelle, mais au moins ce disque sonne vrai, pas de poses pseudo-romantiques ni rien dans ce genre là, le type vient se montrer en toute honnêteté, et rien que ça, ça aide déjà beaucoup.

Ensuite, le disque n'est pas non plus prévisible de bout en bout, pour prendre quelques exemples, la voix de Carl sur le premier couplet du single Run With The Boys me rappelle vraiment celle de Morrissey, ce qui est assez ironique si on pense à la légende urbaine sur les débuts des Libertines, à savoir : Pete aurait demandé à Carl de jouer This Charming Man des Smiths à la guitare, et celui-ci aurait alors exécuté Charmless Man de Blur. En ce qui concerne Blur, on ressent également leur influence, sauf que ça va beaucoup plus chercher du côté de Swamp Song, extrait de 13, un des albums les plus expérimentaux du groupe, que de celui d'un single quelconque. Et puis les sons assez lourds de The Magus surprennent tout de même pas mal, même si passée la première écoute on s'y habitue.

En bref, ce disque ne va probablement pas changer quoique ce soit, dans ta vie ou ta manière de voir la musique, je ne peux absolument pas garantir que tu vas l'apprécier, mais par contre je t'interdis formellement de dire que tu as été déçu. Au final, c'est un bon disque de pop anglaise, dans lequel Carl s'affirme comme un songwriter plutôt bon, pas encore au niveau des meilleurs artisans du genre, mais qui pourrait y prétendre un jour.

[Bon, pour l'image j'avais pas d'idées, donc j'ai mis celle là, parce que les Libertines dans le top 10 des recherches yahoo, c'est pas un truc qu'on risque de revoir de sitôt (et désolé pour Avatar)]

vendredi 24 septembre 2010

Sunday's Pretty Icons

Aujourd'hui, le programme c'est mes tribulations dominicales, alors que j'avais la crève et pas encore de travail, soit au final pas grand chose à faire, d'où, glandage sur Youtube, après avoir revu une demi-douzaine de reprises de chansons indie par des groupes vocaux américains, je retombe sur la géniale reprise de Leaf House par Momo & The Coop, qui va m'amener sur d'autres vidéos de gosses fous d'Animal Collective et tous plus ou moins détraqués, je tenais quand même à ce que tu voies celle-ci



C'est totalement inutile mais c'est la magie d'internet, les autres sont pas mal non plus mais un cran en dessous, là je m'inquiète vraiment pour l'avenir de la demoiselle, déjà condamnée à scruter l'internet jour et nuit en attendant le leak du prochain album d'Animal Collective ou d'un de ses membres. Enfin, tout ça c'était pour m'amener à une autre demoiselle un poil plus âgée, elle est canadienne, s'appelle Charlotte Oleena et fait des reprises à tomber, souvent Animal Collective donc, mais elle s'y prend tellement bien que même sa reprise de Cindy Lauper devient énorme, et ce malgré la qualité du son plus que médiocre. De toute façon, les mots ont leurs limites, il vaut donc mieux que je poste sa reprise de Winter Wonderland, puisque, demoiselle de bon goût, elle reprend en plus une de mes chansons favorites du collectif des animaux, je compte d'ailleurs la demander en mariage dès que possible.



Outre ses reprises, on lui doit aussi 2 minis albums sous le nom de Sea Oleena, où l'on retrouve sa fort jolie voix dans de magnifiques compositions éthérées. Les 2 albums sont en écoute gratuite et téléchargement à prix libre ici.

Pour ne pas m'étendre sur les bons goûts de la jeune fille, je dirais que dans sa sélection de vidéos, on peut aussi retrouver des clips de Portugal. The Man, dont je t'avais déjà parlé, je vais donc conclure avec The Dead Dog, leur dernier clip, qui est un peu une nouvelle version du clip de Stress par les irritants Jus "on ne comprend vraiment pas que ce clip ait choqué les gens" tice et Romain "dans mes clips, j'y mets de la violence gratuite et des minorités visibles, et tout le monde tombe dans le panneau à chaque fois" Gavras, sauf que là le clip est drôle et la musique réélement enthousiasmante, et ça me semble un bon mot de la fin.



Merci et à bientôt.

dimanche 19 septembre 2010

De l'art des comparaisons pertinentes


Ça va faire un petit moment que je n'ai pas écrit d'article mais j'ai de bonnes excuses, mais j'ai de bonnes excuses :
a) 2 articles en période estivale, c'est déjà un bon chiffre
b) j'ai eu une rentrée pour le moins chargée donc pas vraiment le temps de penser articles, voir musique en général (j'ai plus entendu les chansons paillardes à mon intégration que les 15 disques en attente d'être écoutés et que je n'ai même pas encore dézippés)
Par conséquent, l'introduction de cet article est restée un petit moment orpheline, et si je le publie aujourd'hui, c'est plus parce que l'idée même me faisait rire que parce que j'ai vraiment réussi à en faire ce que je voulais, enfin, dans tous les cas il faut le lire avant de fuir.

Aujourd'hui, je vais donc parler de 3 disques qui ont pour premier point commun d'être sortis cet été, et comme second point commun d'avoir subi à peu près les mêmes critiques, à savoir que c'étaient de bons albums mais en dessous de ce que les groupes avaient fait avant.
Alors avant toute chose, très franchement, qu'est-ce qu'on en a à carrer qu'un disque soit meilleur ou moins bon que son prédécesseur ? C'est pas ça qui en fera un bon ou un mauvais album.

Rendu là, il faudrait quand même que je précise qu'aujourd'hui je fais plutôt dans le gros tirage, avec The Suburbs d'Arcade Fire, Butterfly House des Coral et Surfing The Void des Klaxons.

Ensuite puisque ces points communs sont plutôt moyens, une autre façon de lier ces 3 disques m'est venue alors que je lisais un papier sur Surfing The Void qui comparais le groupe à ... MGMT. Là, je dois t'avouer que j'ai été un peu surpris, les Klaxons ayant écrit des chansons parlant d'aller en soirée avec Jules César et Lady Diana bien avant que les MGMT traversent l'Atlantique pour raconter qu'ils ont un cœur en phosphore.
En même temps avec les Klaxons on s'est plus ou moins habitué au n'importe quoi journalistique : on parle quand même d'un groupe pour lequel un mouvement musical a été créé, ce spécialement afin qu'il y ait des choses à dire à leur sujet. Passe encore donc, mais ce qu'il faut savoir que, même si l'on est en France en 2010, on peut lire dans certains journaux que des groupes comme Animal Collective naviguent dans le sillage de MGMT, ce qui est plus qu'aberrant. Tu me diras "C'est bien fait pour ta gueule, qu'est ce qui t'as pris aussi d'ouvrir un journal gratuit à une page autre que celle des horoscopes ou des mots croisés ?" mais tu avoueras néanmoins que comme comparaison, c'est tout de même un peu fort de café, personnellement, ça a tendance à me faire penser à cet article sur Oasis qui n'existe plus mais qui commençait par quelque chose comme "Oasis sont célèbres pour avoir influencé entre autres les Beatles et les Who", sur ce coup là, c'était plutôt drôle, dans la situation présente ça ne l'est pas (ou en tout cas le sujet est trop sensible pour que je puisse en rire).

J'imagine que tu me vois venir ? Et bien tu ne te trompes pas, le projet initial de cet article était de chroniquer les 3 disques sus-cités en cherchant le plus grand nombre de comparaisons HS avec MGMT, cela dit, vu qu'il est un peu bâclé, tu n'en trouveras pas non plus pléthore et j'ai par ailleurs zappé les Klaxons sinon ça risquais de faire beaucoup trop, au pire, toute la presse a déjà fait la comparaison, donc c'est pas trop compliqué à trouver.

Pour commencer, les Arcade Fire viennent du même continent que les MGMT, ce qui donne tout son intérêt à leur musique et explique leur succès, on peut d'ailleurs constater que contrairement à Funeral, tous les textes de The Suburbs sont écrits dans la même langue que ceux de MGMT, ce qui rend l'influence plus qu'évidente, influence que l'on retrouve d'ailleurs chez les Coral et les Klaxons, puisqu'eux aussi chantent dans la langue d'Andrew Van Wyngarden (langue de Shakespeare c'est définitivement hors du coup).
Par ailleurs, les 2 albums de MGMT et Arcade Fire ont des ouvertures assez similaires, même si sur The Suburbs, le fait d'ouvrir avec la chanson-titre donne un effet de faux-départ surprenant mais pas du tout déplaisant, toujours est il que l'album part réellement avec Ready To Start, et je pense que personne ici ne me contredira si je dis qu'une machine qui fonctionne est prête à démarrer, lien évident avec le It's Working qui ouvre Congratulations donc.
Mais l'influence ne s'arrête pas là, car avec le très agréable Rococo, les Canadiens écrivent une chanson en hommage à un machin artistique européen qui des fois rend pas mal mais qui peut s'avérer totalement indigeste et dont on est quand même content que ça n'ait pas été recréé aux États Unis, soit un sujet au final assez similaire au Brian Eno des New Yorkais. New York, ville qui a par ailleurs poussé les Coral à intituler une des chansons de leur dernier album Coney Island, ce pour rendre hommage au groupe qui leur a montré la vérité et qui les a poussés à se séparer de Bill Ryder-Jones, en effet, il n'y a pas de trompette chez MGMT; de ce point de vue là, les Arcade Fire n'ont pas fait ce qu'il faut, puisqu'il y a encore dans leurs disques des cordes et des voix féminines, alors qu'à ma connaissance les MGMT n'ont pas prévu d'en mettre sur leur prochain disque, on peut donc juste espérer que Win Butler cessera d'être aveuglé par son amour et laissera de côté Régine Chassagne sur leur prochain disque.
Il y a un autre point sur lequel autant les Coral qu'Arcade Fire sont loin des MGMT, c'est celui des chansons marquantes comme Siberian Break, là où Arcade Fire ne sont parvenus qu'à faire 2 morceaux en 2 parties, les Coral ont essayé de faire leur Siberian Break avec North Parade, mais celui-ci est 2 fois plus court que leur influence, le thème septentrional a encore moins fonctionné avec Walking In The Winter, dommage pour eux, ils resteront encore longtemps des artistes maudits, alors que dans 30 ans ils seront considérés comme LE groupe oublié des années 2000.

Promis la prochaine fois j'essaye de faire mieux.