dimanche 25 septembre 2011

Back to school



Cet article est un article de reprise, il aurait du paraitre il y a une semaine mais mes problèmes avec les fournisseurs internet m'en ont empêché. Ça devait être une sorte d'échauffement avant la reprise des concerts, qui commençait par un match amical jeudi dernier avant la première rencontre de la saison ce lundi, l'idée étant de réussir à être plus lisible que dans mon article sur la route du rock.

Pas vraiment de sujet, assez peu de contenu, mais au point de départ une actualité qui elle aussi commence à dater : la mort de DJ Medhi, honnêtement, j'en ai rien à carer des ses dernières production électro et je ne vais pas non plus écrire une nécrologie, je laisse ça à d'autres blogs, à MC Solaar et à Frédéric Mitterand.
Je vais juste parler de mon expérience avec le travail du monsieur, qui remonte à environ 10 ans et a refait surface avec le premier album du 113, qui fait partie de ma liste de disques que je regrette toujours d'avoir revendu pour des cacahuètes sur ebay.
Je me suis toujours plus ou moins demandé ce qui me plaisait dans le rap sans jamais réussir à trouver de réponse. Est-ce que c'était de l'esprit de contradiction ? est-ce que c'était parce qu'il s'agissait de la seule musique récente accessible à l'époque ou est-ce que c'était par véritable goût ?

Une chose est sure, une chanson comme Les Princes de la Ville sur l'album auto-intitulé me faisait fortement douter : tout le monde présentait le rap comme un style musical intéressant uniquement pour le texte, et je tenais une chanson dont la partie instrumentale m'accrochait bien plus, j'avais l'impression de n'avoir rien compris, mais aujourd'hui je me rend compte qu'à l'époque j'étais déjà dans le vrai.



Ce qui est fort c'est qu'au final l'actualité prolonge mes pensées du moment sur la musique : y en a ras-le-cul du garage, du lo-fi et des albums mal produits. RENDONS LE POUVOIR SUR LES DISQUES AUX PRODUCTEURS ! Il suffit d'écouter le dernier Dum Dum Girls à la suite du premier pour se rendre compte que le son "honnête" c'est de la daube, que l'honnêteté c'est d'enregistrer correctement son disque pour filer au public un quelque-chose qui lui fait des trucs, et pas un quelconque album abrupt.
À ce niveau là, je rejoins totalement le point de vue de Gonzales, qui est l'un des plus grands génies musicaux actuels, cumulant virtuosité instrumentale (je ne me suis toujours pas remis de son concert Solo Piano d'il y a 5 ans), érudition impressionnante et sens de la production hyper-pointu. Son dernier opus, The Unspeakable est un de mes disques de l'année : il y rappe comme un professeur, à des lieues des concours de vitesse pale kid rapping, mais là encore, le texte est secondaire, même si son ironie est hilarante; le disque se distingue particulièrement par ses instrumentaux ultra-pompeux mais pleinement assumés et surtout qui sonnent justes. Même si il n'aura pas l'exposition médiatique nécessaire pour faire des émules, The Unspeakable met une énorme claque au rap actuel, à l'image de ce "Party In My Mind", réponse déviante au mantra "I Got A Feeling" des Black Eyed Peas.

vendredi 19 août 2011

YOU WANNA GO HOME !

les festivals c'est la merde, t'as l'air con et t'écris de mauvais articles, preuves à suivre

Le gros problème quand tu écris une revue de concert, c'est que dès que tu te mets à parler de ce qu'il y a à côté, tu tombes très rapidement dans le racontage de vie.

L'énorme problème quand tu écris une revue de festival, c'est qu'il est impossible d'y donner du sens sans parler de ce qui s'y passe à côté.

Du coup je n'avais encore jamais réussi à écrire sur des festivals ici, même si ça s'explique par le fait que mon seul festival depuis l'ouverture de ce blog, c'était Sziget, là où tu ne vas pas pour la musique sous peine de t'emmerder (et c'est l'expérience qui parle), donc je n'avais pas pu dire les vagues d'amour intense que j'avais ressenties pendant que Calexico avait repris Alone Again Or. La déception quand j'avais vu que Maxïmo Park c'était devenu nul à chier, même en concert. Le côté terriblement amusant à faire le cas social en emmerdant les gens autour pendant Offspring ou Placebo. Ou encore à quel point j'avais été impressionné par la classe de Nicky Wire.

L'objectif de cet article est donc de mettre fin au blocage festivalier, je risque d'y raconter ma vie plus que nécessaire, passe donc ton chemin si ça ne t'intéresse pas, cela dit, si tu lis encore ce blog, c'est que ça ne dois pas t'emmerder complétement, ou bien que les bouts de musique entre les morceaux de vie pathétiques trouvent grâce à tes yeux.


Dans un premier temps, je dois expliquer à quel point la route jusqu'à Saint-Malo a été longue. Je ne pouvais pas faire le vendredi soir à cause du travail, c'est une chose, sauf que ne pas encore avoir reçu ma place le dit-vendredi soir, c'en est une autre que je n'avais pas réellement prévue. Fort heureusement, en écoutant suffisamment peu le gardien de mon ex-résidence, je suis parvenu à le récupérer à La Poste. Et là, arrive le sens même de l'article. Tu t'imagines bien qu'alors que je venais juste de récupérer ma place alors que j’étais au désespoir, tout autour de moi me paraissait beau. Il te semblera donc logique, que j'étais alors prêt à aimer n'importe quelle chanson que la radio passerait en montant dans ma voiture. Les probabilités faisant, le risque de devenir fan de Stromae était extrêmement élevé, et tout scientifique que je suis, l'émotion m'avait totalement empêché de le prendre en compte. Du coup, c'est sans aucun frisson, que j'ai mis le contact ...



... et là je suis devenu fan de Pulp.



Parce que si tu suis un peu, le titre de l'article c'est Do You Remember The First Time ? Donc tu t'attendais à ça depuis 3 paragraphes environ, enfin bon, je n'ai jamais dit non plus que j'étais quelqu'un de surprenant hein.


Bon, les choses s'enchaînent, je ne dors quasiment pas de la nuit du vendredi au samedi parce qu'il fallait que je range suffisamment mon appart pour être sur que mon ex-gardien soit mon ex-gardien (et accessoirement pour déménager dans 2 fois plus grand et mieux placé, sans payer plus cher), je loupe mon train parce que j'ai un sac moisi qui s'avère une galère pas possible à déplacer, surtout alourdi par une dizaine de litres de vin acquis à des tarifs compétitifs.




Et là j'arrive à Saint-Malo (tu remarqueras l'art de l'ellipse, qui t'évite 8h de voyage que je vais te raconter quand même entre parenthèse, elles incluent un gosse sadique, qui veut ta mort et te le montre en jetant régulièrement des gâteaux ou son doudou sur toi, s'arrange pour te mettre des claques sur les genoux dès qu'il en a l'occasion, et surtout, te montre à quel point il est vicieux, quand il te fixe droit dans les yeux tout en désignant son biberon (je n'expliquerai pas comment c'est possible, ce gosse était taré, c'est tout), avant de le lever d'un coup sec pour l'envoyer droit dans l’œil de son père, avec un regard entendu "un jour, tu subiras le même sort", glaçant; elles incluent aussi un voyage en wagon-bar pour cause de train complet, aux côtés d'un serveur mateur et dragueur, assez fatiguant à la longue, et encore, je suis même pas une fille; elles incluent enfin 50 minutes de TER jusqu'à Saint-Malo, seul moment où je tente un peu de dormir, assez vainement, parce que le TER ça s'arrête tout le temps, et qu'en plus je ne peux pas m'empêcher de me demander comment ça se fait que l'article de Magic sur Wu Lyf que lit la fille devant moi puisse faire autant de pages), je sors de la gare, et là, bonheur intense, un léger crachin me frappe le visage.

À ce moment là de l'article, je me dois de préciser qu'après avoir passé 20 ans de ma vie à Nantes, j'ai acquis un certain goût pour la pluie : ça adoucît les températures : si il faisait trop froid, il fait plus chaud, si il faisait trop chaud, il fait plus froid; ma principale inquiétude en partant à Montpellier était d'ailleurs "Vais-je résister au manque de pluie ?" avant même "Mais y a des concerts à Montpellier à part les 2 ou 3 supers chers que j'ai vus sur internet ?" (seconde inquiétude soulevée assez vite d'ailleurs). Donc quand je parle de bonheur, c'est véritable : à mon dernier retour à Nantes, il n'avait pas plu, ma dernière expérience avec une pluie légère remontait au moins à Mars, d'un seul coup, je me suis donc senti chez moi.

Ouais, sauf que pendant ce temps là, mon incapacité à trouver les navettes de festival a encore frappé, j'ai fini par monter dans un bus juste avant qu'il parte, n'ai même pas pu mettre mon sac dans la soute et ait donc fait mon cas-social en empêchant tous les gens de passer avec un sac énorme.

Et là on est dimanche un peu avant 21h45 (tu remarqueras là encore l'ellipse parenthésée, qui inclut un retrouvage de gens parmi lesquels je ne connais qu'un quart des personnes, auxquels je ne comprend rien aux conversations quand je ne discute pas avec le dit-quart, avec qui on parle musique, sauf que là ce sont les trois autres quarts qui ne nous comprennent pas; une fouille au corps ratée par un vigile qui me laisse rentrer avec un cubi sous le T-shirt qu'il a pourtant tâté; un concert de Still Corners raté parce qu'attendre des gens c'est une chose, attendre des gens qui sont déjà à l'intérieur ça en est une autre; un bonheur intense encore sur Low, parce qu'un concert sous une pluie encore agréable, avec un verre de vin dans la main et pas mal derrière la cravate; un moment de "mince, j'aurais mieux fait de ne pas oublier mon ciré à Montpellier" pendant Cults; un moment de "je peux plus tenir, j'ai dormi une heure dans la nuit et je suis détrempé, je suis dégouté mais je vais dormir" avant Blonde Redhead; un moment de "pourquôôôaaa ?" alors que je rentre, loupant juste Blonde Redhead, les Kills et Battles; un questionnement intense quand tu es dans ta tente, avec un pantalon plus qu'humide, sans rechange, avec une énorme envie de pisser et que tu sais qu'à un moment tu vas devoir sortir, et que pour ça il va falloir enfiler la serpillère; la meilleure conversation entendue du festival "putain y a trop de hipsters" "chuis pas un hipster" "attends, t'as un legging vert" *pas de souvenirs mais ça se termine par* "en attendant chuis pas un beauf" "et nous on est pas pédés" qui te fait rire tout seul dans ta tente; une confiance énorme accordée au karma, quand tu laisses les autres aller acheter bottes et cirés à Saint-Malo mais préfère attendre que ton pantalon sèche, t’apprêtant à nouveau à n'affronter la pluie avec rien d'autre qu'un pull; un bref épisode de "la vie d'une stagiaire accréditation à la Route du Rock"; un autre de "back to la navette"; un moment où tu te rends compte que connaître qu'une seule plage à Saint-Malo (mais avoir des trucs sympas à raconter dessus) ne va pas t'aider à trouver celle où joue François & The Atlas Mountain, heureusement vite suivi d'un autre où tu te rends compte que quand même, tu sais lire un plan et c'est pas dur à trouver; François & The Atlas Mountain qui chante "je suis de l'eau" alors que tu as les pieds dans l'eau (ce qui ne leur enlève pas la couleur noir qu'ils ont prise de manière inexpliquée, probablement la décoloration des chaussures); le quart connu qui passe le reste de l'après-midi à chanter "je suis de l'eau je suis de l'eau" pendant que tu réponds avec Heart of Love de Crocodiles, ou encore White Winter Hymnal de Fleet Foxes, seule chanson dont tu connais un bout de parole (à savoir "I was following the I was following the I was ...") et que tu chanteras en boucle tout l'après-midi; un retour au camping qui inclue un loupage de Here We Go Magic, parce que 19h15 c'est un horaire triste pour commencer les concerts : tu veux manger avant, tant qu'à faire ça t'épargne la bouffe de festival au faible rapport qualité-prix qui pèse sérieusement sur le ventre, mais du coup, le repapéro s'attarde et tu arrives c'est commencé, et tu te dis que les Okkervil River ils ont des têtes qui vont pas avec leur musique), en attendant Cat's Eyes, sans trop savoir si Faris sera là puisque l'épisode de "la vie d'une stagiaire accréditation à la Route du Rock" nous a appris qu'il aurait tout juste 4 heures pour faire Paris - Saint-Malo, que retentit dans la sono de la scène ? Je te le donne en mille, c'est encore Do You Remember The First Time ? qui marque un peu le début du festival pour moi, puisque juste après débarquent Cat's Eyes au complet, même si absence de balances oblige, on n'entend d'abord ni Faris Badwan ni Rachel Zeffira.


si tu vois où je veux en venir avec ce montage moisi, alors ton sens de l'humour est aussi mauvais que le mien

Le concert est assez intéressant parce qu'il inverse la tendance de l'album du point de vue des voix, on entend surtout Faris, beaucoup moins Rachel, après, à savoir si c'est pour des raisons d'endurance ou de présence scénique, difficile de le dire, mais il est clair que vu le charisme de Faris, le concert tournerait à la farce si on l'entendait juste chanter derrière de temps en temps alors que sur scène on ne voit que lui.
Autre point intéressant, ce n'est définitivement pas le même qu'avec les Horrors (bon, les choses ont peut être bien changées aussi avec les Horrors) : il est totalement apaisé, pas de gestes de violence envers le public (le premier rang de l'Olympic doit encore se souvenir de son coup de savate) et comble : IL REMERCIE LE PUBLIC ! Peut être enfin la satisfaction d'avoir un public qui l'attend pour ses chansons, plutôt que pour l'ex-image gotho-punko-blague des Horrors.
En tout cas, ce concert soulève un regret de plus à louper Rock en Seine : pas possible de voir comment il arrive à passer d'un visage à l'autre tout en restant cohérent.

Après un aller-retour des toilettes à la scène, qui permettra de converser avec un fan des Horrors sur le sens de la musique, et sur ce que l'on retiendra de ce que l'on vit aujourd'hui (j'étais un peu ivre, j'ai vite amené la discussion sur Animal Collective), je me replace pour Fleet Foxes, prêt à chanter mon unique ligne de textes à chaque chanson. Le concert est une réussite, on retrouve les harmonies magnifiques des albums, mais le groupe a su adapter le son au festival, pour éviter de voir son concert dévoré dans nos souvenirs par la puissance de Cat's Eyes ou Crocodiles qui viennent ensuite. Et c'est réussi, la nuit tout juste tombée, on passe l'un des meilleurs moments du festival, même si l'on est pas autant sur un nuage qu'on pourrait l'être en voyant le groupe dans une salle avec un son plus fin.

Puis arrivent les Crocodiles, chose amusante : leur horaire programmé est plus long que la durée de leur concert en tête d'affiche à Montpellier. En passant après Fleet Foxes, le groupe a le défaut d'avoir une musique plus pauvre instrumentalement, ceux qui caricaturent le shoe-gaze diraient "impossible de différencier les chansons en concert", sans tomber dans cet extrême, ils jouent la carte du gros son à fond, pour résumer les choses simplement "ça envoie". Et puis ils ne se limitent pas à Sleep Forever, ce qui est plutôt bien, malgré ma connaissance limitée de Summer of Hate, il m'a semblé distinguer plusieurs nouveautés (même si comme qui dirait tout se ressemble).

Là, vient le moment totalement étrange du festival : Dan Deacon, j'avais vu quelques vidéos du type, mais je ne m'attendais pas du tout à ce que ça donne ça. Alors que pendant tout le festival, à l'image de la querelle du dimanche matin rapportée dans ma 2ème parenthèse elliptique, on avait une certaine opposition entre les "festivaliers lambda" qui sont là pour boire et sauter partout, peu importe la musique, et les "hipsters" qui comptent bien rester exigeants et élégants en toute situation (je caricature à peine), c'est comme si d'un seul coup tout était oublié pour justement s'oublier sur ce concert, devant la minuscule scène de la tour, on tient la plus grosse ambiance depuis le début : c'est un bordel monstre.
Et puis du coup Dan Deacon s'improvise gourou, nous lançant dans un rituel consistant à fermer les yeux et poser les mains sur les têtes de ses voisins et libérer totalement ses pensées : unique.



Et puis vient Mondkopf, j'ai écouté de loin, y a eu un moment drôle où il a fait le truc du "je coupe le son" cher à Philippe Katerine, mais à part ça, l'électro pure et dure ça reste pas mon truc.

Finalement je n'aurais fait véritablement qu'un seul jour à la Route du Rock cette année, mais le plus important, c'est que j'ai réussi à vaincre la malédiction qui m’empêche d'assister au festival depuis 2007 à chaque fois pour des raisons variées, et que dans le même temps, j'ai aussi vaincu le piège de l'article de festival en me jetant droit dedans et en pondant un de mes articles peut-être les plus illisibles à ce jour.

Et puis aussi je suis devenu fan de Pulp grâce aux circonstances du festival (même si les gens sympas qui m'ont ramené à Nantes alors que j'essuyais des refus depuis une heure n'écoutaient pas Pulp, ça aurait été un peu trop en même temps, j'ai du me contenter de Foals et des Walkmen, ce qui est déjà bien, et a évité que je me soulage sur leurs sièges de joie), et je dois avouer que ça m'arrange plutôt bien, parce que non seulement j'ai déjà tous les albums, au moins sur mon ordinateur (ce qui est bien pour les écouter, vu que je n'ai pas trop internet en ce moment, déménagement oblige), que je les ai déjà pas mal écoutés, ce qui fait que les fans pédants ne pourront pas se foutre de ma gueule parce que je connais pas tout, et comme j'ai déjà vu le groupe en concert, je ne regretterais jamais de les avoir loupés parce que je les connaissais pas. Et en plus j'ai déjà This Is Hardcore en vinyle, ça m'évite d'avoir à chercher mon album préféré chez les disquaires : je l'ai déjà.
Ça peut sembler évident comme ça, mais si j'étais devenu fan de Muse ou Tryo par accident les choses auraient été bien plus compliquées.

Moralité, je vais conclure cet article en reparlant de Sziget, puisque pour le mot de la fin, je mettrais celui, hautement philosophique que Lily Allen nous avait fait partager ce soir là :

" When you love it's better to know each other *rire alcoolisé* "

Merci Lily !



dimanche 31 juillet 2011

L'été ne passera pas.



Il y a des tonnes de bonnes raisons d'...

Non, je vais arrêter un peu avec cette série d'article qui aurait du n'être qu'un seul article, mais comme je fais rarement ce que je prévois ici, j'en ai fait cinq, ça permettait de continuer à publier en période de [foirage de] partiels (non parce qu'écouter des chansons qui parlent de l'Amylase ne permet pas d'avoir des notes à deux chiffres en biochimie, contrairement à ce que l'on eut pu penser), et donc de ne pas faire de coupure dans la parution.

OK, dur.

Enfin, je reviens avec une inspiration tout ce qu'il y a de plus estivale pour publier une compilation comme pour le premier trimestre, mais pour le deuxième, oui parce que du coup, j'avais voulu mettre du The Gift et du Cass McCombs sur ce blog sans avoir le courage d'écrire un article entier (non mais de toute façon je vais pas écrire un article entier sur un groupe portugais, faut arrêter avec les pays à la con, déjà qu'on en fait beaucoup trop avec la Nouvelle-Zélande ces derniers temps), ce qui fait que maintenant, ma bonne foi légendaire et ma volonté de maintenir une cohérence ici m’empêchent de publier un article qui ne contienne pas une compilation secundo-trimestrielle.

Je pourrais te faire un truc idéal pour aller à la plage avec, ça serait sympa, sauf qu'en fait l'été c'est quand même daubesque comme saison, une fois qu'on s'est habitué aux lunettes de soleil, on se rend compte qu'en fait on est vachement limité au niveau vêtements (même si c'est l'occasion de sortir ses T-shirts de groupes); et puis surtout il y a cette abomination que sont les festivals de l'été, où on tente de se convaincre qu'on y va pour la musique, mais au final on occupe la moitié de notre journée à endormir toutes considérations musicales avec de l'alcool (ou autre), pour au final terminer devant des concerts qu'on trouvera bons, jusqu'à ce que l'on revoit le même groupe net et qu'on se rende compte qu'on avait vraiment trop bu la dernière fois.
Sauf que le pire, c'est que si on ne fait pas de festivals, on ne peut pas s'empêcher de se sentir coupable (pour preuve, je risque de terminer à La Route du Rock alors que je suis en stage environ 1000km plus au sud).

Dans ces titres, tu l'auras compris, tu ne trouveras ni le dernier CSS pour t'agiter, ni des groupes qui n'ont pas vraiment de sens une fois l'été fini comme Fool's Gold ou I'm From Barcelona, tu ne trouveras pas non plus de Connan Mockasin pour te détendre, et puis de toute façon ma préférence pour 'Egon Hosford' aurait rendu les choses difficiles.

Bon, y aura quand même du Beirut parce que le dernier album est vachement bon. J'aurais aussi envie de te mettre 'Let Go' d'Animal Collective, ou bien du Kakkmaddafakka mais ça ferait abus de joie de vivre.

Donc une compilation qui aura pour thème "L’Été ne passera pas !", et je t'épargnerais Wu Lyf parce que ça a beau être assez anti-estival, j'accroche pas du tout à la voix, et puis je ne peux m'empêcher de me questionner sur l’honnêteté d'un tel groupe (le "on veut pas être hype, mais on fait tout pour" me dépasse), tu n'auras pas le droit non plus au dernier Horrors qui refroidi bien comme il faut, et permet de constater que Faris Badwan n'hésite pas à violenter son public autant avec sa musique que physiquement sur un concert, mais bon, il a leaké un poil trop tard donc ça sera non.


Ces images de leur concert au Merriweather Post Pavilion font que la tentation est grande de les intégrer, mais tu ne trouveras pas Animal Collective dans cette compilation.

Bien, maintenant que j'ai perdu tout ceux qui étaient un temps soit peu motivé en commençant l'article, autant que j'attaque la raison principale de son écriture.


Ça commence avec 'A Title' de Brian Eno, soit le mec à propos de qui tout le monde se contente d'écrire "personne n'ose dire qu'il trouve ça mauvais" sans jamais nous dire si ça l'est ou pas, comme si on était en enocratie et que l'on ne pouvait pas dire ce qu'on pense sur les enorques (ceux qui sont approuvés par le messie, pas simplement des gens qui sont passés par l’École Nationale de l'Onanisme) qui nous gouvernent. Bon, il faut l'avouer que quand le type qui est déjà un poids lourd, se permet d'avoir aussi les textes d'une beauté hallucinante (et ce même avec une compréhension orale de l'anglais assez bancale) de Rick Holland, ça donne un contenu imbitable aux premières écoutes et difficile aux suivantes. À l'image de cet article, la compilation élimine donc d'entrée les moins courageux (ou les plus intelligents, question de points de vue).

Sinon Brian Eno il est gentil, mais va mettre une chanson après une des siennes sur une compilation ... Du coup j'ai du intercaler 'Peace On The Rise' de Chad VanGaalen (parce qu'un mec qui réussit aussi bien le mélange entre folk et bruitisme, ça ne court définitivement pas assez les rues pour que je le snobe, et puis il a fait un clip beau mais bizarre pour cette chanson, comme à son habitude, c'est donc une bonne raison de plus) avant 'Speaking In Tongues' (pour montrer que David Byrne, après avoir pas mal bossé avec Brian Eno sait toujours bien s'entourer, comme avec Arcade Fire cette fois-ci, et aussi parce que j'écoute beaucoup 1977 des Talking Heads en ce moment).




Après ça j'envoie deux très grosses chansons des trois derniers mois : 'Swallowing The Decibels' de Yeasayer parce qu'on peut dire ce qu'on veut comme quoi c'était mieux sur le premier album, tout ça tout ça, le titre reste énorme, et ce "We're going nowhere but we won't stop trying swallowing the decibels" c'est tellement le sens de la vie ... Love Inks sur Skeleton Key arrivent à produire une chanson tellement hypnotique avec aussi peu de moyens qu'ils méritent définitivement que l'on s'intéresse à eux. Après ça une grosse redescente en intensité mais pas en qualité avec les Favourite Sons et leur Great Deal Of Love : une formule simple vue et revue : du folk traditionnel avec des textes qui font mouche, mais ils le font bien, donc pas de problèmes.

Je te parlais de néo-zélandais un peu plus tôt, en évoquant Connan Mockasin dont je n'ai jamais parlé sur ce blog, ce qui tombe plutôt bien puisque je met uniquement des artistes dont je n'ai jamais parlé dans ma compilation, c'est pour ça que je t'ai mis Flying Machine par Battle Circus, soit en une fois une chanson presque aussi longue que celles de Cass McCombs et The Gift rassemblées : une chanson très réussie car sa pop peu linéaire et bancale fait son charme, à l'image des "machines volantes" que l'on peut voir dans le clip.




Ensuite un type dont je t'ai déjà parlé et dont j'apprécie beaucoup le travail : Devonte Hynes. Gros problème, sa dernière actualité vaguement lié à la musique était une apparition aux côté de Macaulay Culkin dans Wrong Ferrari, le très dispensable film d'Adam Green qui ferait mieux de reconnaitre que ses talents pour la photographie et le cinéma sont inexistants. Blood Orange c'est un peu décevant au début quand on s'attend à du Lightspeed Champion, mais passé cette première impression on succombe aux chansons qui vont chercher beaucoup plus loin : ça va régulièrement taquiner le math rock et on entend toujours au minimum trois trucs en même temps, ce qui fait qu'on met souvent en pause en se disant "putain, j'ai encore une vidéo qui s'est lancée sur une fenêtre ... attend voir, je suis même pas connecté à internet".




Comme annoncé au début, je n'ai donc pas pu m’empêcher de mettre 'East Harlem' de Beirut, parce que c'est un réel plaisir de voir le groupe revenir à son meilleur niveau, après un précédent album un peu décevant car pas vraiment nouveau, avec ce single on a du très bon Beirut, enfin, ça vaudra jamais 'Nantes' à mes yeux mais mon point de vue sur la question est assez biaisé en fait.

Et puis pour terminer j'ai mis 'We Are Young' d'Ennui (parce que tu sais, des fois on écoute un groupe seulement à cause de son nom) : une voix légère sur un instrumental bien dense, là encore une formule pas vraiment neuve mais qui marche à merveille.

Et pour écouter tout ça c'est sur 8tracks (parce qu'avec Mixcloud ça marchait moyennement : concaténer des chansons au bloc-note étant une idée moyenne).


Et je ne pouvais pas conclure sans te mettre ma chanson du moment : la reprise de 'Only Girl (In The World)' de Rihanna par Xiu Xiu, parce que la voix paranoïaque de Jamie Stewart sur un tel texte, c'est juste du bonheur en barre.

lundi 20 juin 2011

If only all men had the courage they too could be cowards


Il y a une pelletée de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent infiniment débiles, mais aucune n'est fondamentalement mauvaise.

Enfin, il y a ma technique préférée qui fait mouche à chaque fois bien qu'elle serve dans peu de situations. Il suffit de repérer les pochettes avec des gens en tenue d'escrime.

Puzzle Muteson réussit le coup double, non seulement en portant la tenue, mais aussi en appelant son album En Garde.
Sur cette pochette, il arbore un sabre : l'arme des cavaliers, son album commence donc avec la chanson 'I Was Once A Horse', qui nous fait découvrir à la fois sa guitare subtile et sa voix délicate. Tout au long de l'album on croit entendre le fils caché de Joanna Newsom et Neil Young : les chansons montent doucement tout en gardant une justesse rare. Sauf que du coup, c'est un disque pas du tout évident à écouter en 2011 : il demande une pleine attention, que l'on accorde de plus en plus rarement à de la musique.

Le titre éponyme en est la parfaite illustration : quelques notes de guitare et une voix qui s'imposent d'entrée comme les constantes de la chanson, quelques touches de piano, qui tout au long des 4 minutes que dure la chanson, s'organisent peu à peu pour soutenir la mélodie.
Puis des cordes s'élèvent, le morceau s'intensifie, des percussions, et puis des chœurs apparaissent pour faire atteindre son pic à la chanson, celui-ci est maintenu pendant seulement quelques secondes avant que la chanson redescende mais avec des cordes plus présentes. Et puis la chanson s'achève sur ce discret motif de guitare qui l'air de rien, a contribué à nous faire traverser toutes les émotions. Cela dit, en écoutant la chanson qu'à moitié, on est certain de ne rien saisir de ce pic émotionnel.

Là où l'artiste a bien choisi son nom, c'est qu'à l'écoute de cet album, on ressort puzzled : on est pas vraiment capables de dire si on a aimé ou pas, et ce sentiment perdure pendant encore quelques écoutes tant l'album est subtil et sensible.

Et en bonus, vu que c'est mon cinquième article (et dernier, si ça peu te rassurer) qui commence pareil, je vais terminer différemment avec un clip : celui de 'En Garde', simple et fascinant, et qui colle donc parfaitement à la chanson.

jeudi 16 juin 2011

Just cause we can't see the bars don't mean we aren't in prison


Il y a un paquet de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent parfaitement débiles, mais aucune n'est absolument mauvaise.

Des fois, tu dois beaucoup à la presse, c'était déjà un peu le cas pour Yuck, puisque sans Magic je n'aurais jamais su qui étaient les membres du groupe. De même sans Voxpop je ne me serais probablement jamais intéressé à Sound Of Rum.

Et ça aurait été sacrément dommage, car des albums de la trempe de Balance, ça ne court pas les boutiques.
Il enthousiasme de la première à la dernière note, Rumba est l'un des meilleurs albums-opener qu'il m'ait été donné d'entendre ces dernières années : il présente d'entrée la recette qui va nous combler sur 12 chansons : à savoir le flow super accrocheur de Kate Tempest, rapide mais sans tomber dans le ridicule du Pale Kid Rapping, où elle pourrait pourtant mettre une rouste à la plupart des concurrents; flow auquel s'ajoutent et la guitare d'Archie Marsh, qui tout au long de l'album montre que, malgré sa préférence pour le jazz, il peut jouer dans à peu près tous les registres, et la batterie de Ferry Laurenson, qui non content d'enterrer tous les samples imaginables, parvient à donner une fluidité remarquable et tout en roulements au son du groupe.

Ces 3 là ont l'habitude de jouer ensemble et ça s'entend. Pour tenter de te donner des éléments de comparaison je vais te parler de ma première journée au Sziget Festival il y a bientôt 2 ans :

C'était ce qu'on appelle le Day 0, à savoir, presque que des groupes locaux, et une grosse tête d'affiche, généralement surprise. Ouais, sauf que cette année là la tête d'affiche était remplacée par un concert 'Love Music, Hate Racism' qui rassemblait un certain nombre de musiciens britanniques, avec entre autres Drew McConnell, Lee Mavers et une pelletée de rappeurs dont je ne connais pas le nom.
Avant ça, il y avait un autre concert intitulé 'Miles In India' : l'ancien backing band de Miles Davis qui jouait avec quelques musiciens indiens qui avaient ramenés leurs instruments traditionnels. Ce qui impressionnait le plus, ce n'était pas les mélodies de sitar qui donnaient envie de chanter 'Within You And Without You', c'était la capacité qu'avaient les musiciens à improviser aussi longtemps sans en donner l'impression : sans entendre aucune pause ou changement, tu pouvais quand même voir que le rythme était différent à chaque fois que tu te concentrais dessus. Les musiciens avaient tellement l'habitude de jouer ensemble qu'ils se comprenaient instantanément sans un mot.
J'eus à peine le temps de me remettre de ce concert, puisque le 'Love Music' avait déjà commencé sur la grande scène, et qu'en tant que fan de Mongrel, je ne voulais pas en louper une miette sachant que la majorité des membres du groupe était présente, et puis si jamais Lee Mavers chantait 'There She Goes' je voulais voir ça aussi. Sauf qu'en fait le set se composait principalement de reprises de gros tubes rock, quand je suis arrivé, ils étaient en train de jouer 'White Riot', j'ai alors profité de l'agitation dans la foule due au titre pour lâcher mes potes qui mettaient trois plombes à bouger leur cul à chaque fois (que j'ai d'ailleurs retrouvés par un hasard le plus total 2h30 plus tard) et atteindre les premiers rangs (pour les premiers rangs, j'ai surtout dû beaucoup à mon sans-gène décuplé par l'association alcool-Clash période punk). Et la vue du concert à cette distance m'a permis de constater que l'énergie de titres, pourtant rock à la base, ce n'est pas de la présence d'un groupe rock derrière qu'elle venait, encore moins de celle de Lee Mavers qui faisait plus penser à une grand-mère à qui on aurait mal indiqué la localisation du club tricot, mais bien des quelques MC et beatboxers qui s'agitaient sur le devant de la scène.
Et j'en ai vu pas mal des groupes cette semaine là, mais à aucun moment je n'ai trouvé une harmonie entre les membres du niveau de celle du Miles Davis Band, ni une énergie comparable à celle du 'Love Music'.

Ce qui est beau, c'est qu'avec Sound Of Rum, on retrouve les 2 éléments que je viens de décrire : on pourrait parfois penser à une entité à 6 bras tant les instruments sont organisés, mais l'énergie déployée ne peut venir que d'un groupe aussi libéré musicalement.

Et puis l'album est à la fois diversifié et équilibré (et porte donc parfaitement son nom), l'interlude Balance, d'apparence assez légère est on ne peut plus éloigné de l'épique 'Prometheus' (oui, parce que le groupe fait aussi volontiers dans le mythologique : on retrouve aussi 'Icarus' sur l'album, à se demander si la véritable orthographe ne serait pas Sound Of Rome).
Best Intentions enchaîne à merveille arpèges de guitares lumineux qui pour un peu rappelleraient Johnny Marr et rythmiques denses portées par l'association voix-batterie.
En écoutant le disque tu auras aussi droit aux tubesques 'Slow Slow' ou 'End Times', au featuring on ne peut plus convaincant avec Polar Bear 'Concrete Pigeons', au quasi-punk 'Breakthrough'. Et à chaque fois avec des textes de qualité, même si c'est franchement pas évident à saisir si on est pas du cru : après pas mal d'écoute j'ai encore beaucoup de mal à comprendre ne serais-ce qu'un mot sur 2, mais au fond c'est même pas ça le plus important.

Un album qui amène une fois de plus à s’interroger sur l'injustice anglaise : alors que Mike Skinner a à peine annoncé la fin de The Streets, la relève est déjà plus que bien assurée (puisque les Sound Of Rum ne sont pas seuls), le jour où ça se passera aussi facilement chez nous ...

dimanche 12 juin 2011

We need a catalyst


j'ai partiel de biochimie dans 3 jours donc allons-y gaiement

Il y a pas mal de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent incommensurablement débiles, mais aucune n'est intégralement mauvaise.

Il y a aussi le contraire parfois : tu vois le nom d'un groupe et tu n'as pas envie d'y prêter l'oreille.

C'était le cas avec Yuck, que j'avais confondu avec les français de Gush.
Et Gush, je n'avais vraiment pas envie de les écouter : non pas qu'ils soient mauvais, mais ils n'ont rien de spécialement attirant : des tronches de jeunes premiers associées à une musique sans trop de relief qui les promet au parcours français classique : léchage des boules de Nagui dans Taratata, nomination aux Victoires de la musique dans une catégorie "révélation" quelconque puis disparition entrecoupée d'apparitions dans des festivals bas de gamme (ceux où le public n'en a pas grand chose à faire de la musique, il est venu pour boire).

J'avais donc mis Yuck dans cette case ... enfin, je les y avais mis jusqu'à ce que je découvre qu'il s'agissait d'anciens Cajun Dance Party, qui dans le genre 'groupe anglais qui n'ont pas inventé les feuilles de thé dans l'eau chaude' étaient tout de même assez loin d'être les plus mauvais,ils m'avaient notamment laissé un très bon souvenir en concert. Du coup je m'étais régulièrement demandé ce qu'ils devenaient sans trouver de réponses.

Musicalement, le groupe est décrit un peu partout comme du revival 90'. Il faut avouer que d'entrée 'Get Away' fait titre des Pixies et 'The Wall' Sonic Youth, on peut d'ailleurs trouver des ressemblances vocales un coup avec Franck Black et juste après avec Kim Gordon alors que c'est le même Daniel Blumsberg au chant à chaque fois.
Ouais, sauf que si tu pousses les choses un peu plus loin, tu te rends compte que le groupe est encore meilleur quand il sort du noise rock avec 'Suicide Policeman', 'Suck', ou encore 'Sunday', intelligemment placée après 'Operation', le morceau le plus bruyant de l'album. Ou encore quand il revient à un son qui fait bien plus penser à celui d'un groupe anglais des années 2000, avec 'Georgia', très adoucie par l'apport d'une voix féminine, ou bien avec 'Stutter' dont l'intro de guitare fait penser à du Noah & The Whale.

Donc pour conclure, il y avait quand même moyen de se fouler un peu plus pour décrire ce disque que parler de simple revival, même si ça résume un peu les choses.

mercredi 8 juin 2011

If you wish to study dinosaurs, I know a specimen whose interest is undoubted


Il y a un tas de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent carrément débiles, mais aucune n'est totalement mauvaise.

Des fois tu te retrouves à écouter un album uniquement parce que le groupe a un nom marrant, là, j'ai des concurrents à la pelle, mais je vais m'attarder sur Pterodactyl Plains, parce que les dinosaures, ça reste quand même le summum du cool.

L'album s'appelle In The Air, du coup, la métaphore filée avec le ptérodactyle est évidente. D'autant que cet album est un album voyageur : toutes ses chansons font référence à des lieux, à commencer par 'That Road', jusqu'à 'Trego', ville du Montana dont le groupe est originaire.

Écouter cet album c'est comme entreprendre un long voyage en car : tu vas t'endormir, et en te réveillant tu seras dans un lieu complétement différent, mais toujours avec les mêmes compagnons de voyage.

Car ce qui impressionne avec cet album, c'est sa diversité, et ce alors que le groupe comprend seulement 2 membres. Dès le début de l'album, tu prends une claque quand 'That Road' passe du vocalise dans le prolongement du prélude (un instrumental d'une minute 30 de piano) à un titre poppy avec claquements de mains qui te fait sérieusement hocher du chef.

Cet aspect voyage un peu fantastique est présent dans tous les titres de l'album, mais plus particulièrement sur les magnifiques 'Beneath The Grassy Steppe' ou 'Away'. Et puis le mélancolique 'Trego' évoque à merveille le retour chez soi à la fin d'un périple : des sentiments qui oscillent entre la joie de retrouver sa maison et la tristesse de laisser autant de bons moments derrière soi.
Sauf que le gros avantage avec un disque c'est qu'on peut le repasser tout de suite.