samedi 4 juin 2011

À réveiller un mort


Il y a beaucoup de raisons d'écouter un disque, certaines paraissent franchement débiles, mais aucune n'est vraiment mauvaise.

Tout d'abord, il y a le groupe dont tu as tellement écouté l'album précédent que tu le connais par cœur de bout en bout, et que tu pourrais passer tes journées allongé sur ton lit à l'écouter. D'abord simplement, puis en décomposant mentalement chaque couche puis à nouveau simplement mais sous un jour nouveau..

Donc quand son successeur sort, tu te jettes dessus, surtout quand le dit-album précédent date d'il y a 43 ans.

Ça a donc été ma réaction quand je suis tombé sur Breathe Out, Breathe In, le nouvel album des Zombies, et ... comment dire ... Ce n'est pas qu'on puisse vraiment appeler ça un mauvais disque, mais de la part d'un groupe dont le seul véritable album studio à ce jour était un cadeau des cieux, c'est vraiment décevant.
Certes la voix de Colin Bluntstone n'a rien perdu de sa beauté, comme on peut le voir sur le très joli 'Shine On Sunshine', mais le problème c'est que l'on a au mieux de jolies chansons, pas de belles chansons (et je ne parle même pas du pire).

Pourtant, si l'on regarde la chose du point de vue purement technique, on retrouve les mêmes éléments qu'Odessey & Oracle : de jolies voix (encore que Rod Argent ...), des chœurs, de l'orgue ... mais c'est comme si ils les avaient placé de la manière la plus pompeuse et irritante possible.
Et en tout cas il n'y a plus rien de la délicatesse et de la sensibilité d'Odessey & Oracle.

En bref, messieurs Bluntstone et Argent, je vous suis très reconnaissant pour Odessey & Oracle, et pour tout ce que vous avez fait dans les années 60 d'ailleurs, et je trouve ça très bien que vous continuiez à enregistrer de nouvelles chansons, mais la prochaine fois, je vous serais gré de les enregistrer sous le nom "Colin Bluntstone & Rod Argent" ou n'importe quelle dénomination autre que "The Zombies" à votre convenance.
Mais par pitié, je ne veux plus voir le nom The Zombies accolé à un titre comme Another Day.

jeudi 2 juin 2011

Bear Hug





Je pense qu'il est inutile que je te refasse l'éternel paragraphe exprimant tout mon amour pour Animal Collective. Toujours est-il que celui-ci couplé avec l'annonce par Panda Bear de chansons nouvelles et d'un retour à la batterie pour sa part, ainsi que d'un retour de Deakin dans le groupe de manière plus générale, avaient été suffisants pour me faire enchaîner l'aller-retour Montpellier-Paris au Montpellier-Toulouse.

note : dans tout l'article les noms des nouvelles chansons seront les noms provisoires utilisés pour les bootlegs, et plus particulièrement dans celui du concert au Cirque Royal de Bruxelles, parce que c'est la même setlist et parce que les bootlegs de Bruxelles c'est classe (confère le légendaire 23 minutes over Brussels de Suicide). Si tu n'as pas prévu d'aller voir le groupe en concert, je te conseille de l'écouter même si on ressent moins de chose qu'en vrai. Les photos quand à elles sont celles du concert à la Meet Factory de Prague, parce que j'ai pas trouvé de photos qui me plaisaient du concert à Paris.

TP et problèmes avec le métro obligent, je ne verrai pas Emeralds, pourtant très bons a priori. Discodeine, qui jouent ensuite avec Thomas Bloch ne me convaincront pas particulièrement, je ne connaissais bien que leur titre Synchronize avec Jarvis Cocker (toujours lui) et ne trouverais pas grand intérêt à ce concert.

Comme je réitère toujours mes erreurs (voir mes problèmes avec les concerts des Arctic Monkeys), la décision de prendre une bière avant Animal Collective manquera encore une fois de déboucher sur un placement désastreux (en même temps quelle idée de mettre que 3 pompes à bière dans une salle aussi grande).

Du point de vue des lieux, la Grande Halle Charlie Parker est un hangar haut de plafond et assez froid. La seule fois où j'ai fait un concert dans une salle comparable, c'était aux Nefs de Nantes, c'était pour les Dead 60' et surtout c'était gratuit. Il faudra donc s'adapter à cette ambiance et à cette acoustique très moyennes.

Heureusement, les chansons sortent assez peu altérées, et surtout les éléments qui m'avaient fait sortir légèrement déçu du concert à Nantes en 2009 ne sont plus là : la setlist est composée presque exclusivement de nouveaux titres qui ne sont pas dans le direct prolongement de Merriweather Post Pavilion comme on aurait pu le craindre : les Animal Collective ont fait une pause interprétée par certains comme un possible arrêt définitif, mais ils reviennent avec un album qui s'annonce des plus enthousiasmants.

C'est du point de vue de la scène que vient la première surprise de ce concert : ce n'est pas du tout la même que sur la tournée précédente, avec la batterie et les guitares, en faisant abstraction des quelques machines on pourrait croire que l'on s’apprête à voir un groupe de rock très classique.
Et le côté "vrai groupe" ne s’arrête pas là, le retour de Deakin "décoince" réellement le reste du groupe : il est le plus agité sur scène et transmet tant qu'il peut son activité aux autres membres, Geologist en tête.
Pour couronner le tout, Avey Tare nous adressera même la parole autrement que pour nous remercier à la fin du concert.

Et les chansons sont bien entendu la surprise de taille. Le nouvel album s'annonce assez world music, avec des sons et des rythmes toujours plus tribaux. Les 2 premières chansons du concert empêchent tout doute : si Pulse est surtout une entrée en matière que l'on écoute en se demandant 'Mais, Avey Tare s'est laissé pousser les cheveux ? ah mais non, c'est Deakin qui chante', on y entend néanmoins des bruits venus de la jungle. Let Go confirme on ne peut mieux ce sentiment, pour un peu on danserait la samba dessus : l'un des titres les plus entrainants du concert.



Le choix de Did You See The Words pour poursuivre le concert est révélateur : ce nouveau disque pourrait très bien être le successeur de Feels tant à première vue il n'a rien à voir avec les 2 "albums Domino"; logiquement, une partie du public sortira désarçonnée et déçue. Heureux ceux qui ont toujours préféré Brothersport à My Girls donc, non seulement parce qu'elle est la seule chanson qui aurait pu annoncer un tel concert, mais aussi parce qu'après 2 excellents titres dans la veine des 2 premiers, la batterie de Knock You Down/Nightmare Now (que je t'invite à aller voir ici, autant pour la chanson que pour les pas de danse de Deakin), l'une des chanson les plus fascinantes du set, se transforme peu à peu en celle de Brothersport. L'une des rares occasions d'entendre Panda Bear pendant le concert, après Take This Weight/Light Homes, sur laquelle on peut entendre des harmonies avec la voix d'Avey Tare parmi les meilleures que le groupe ait faites : un morceau tellement beau qu'il a failli me faire verser quelques larmes.

On aura ensuite droit à Mercury qui a tout d'un single potentiel, un peu plus synthétique que les chansons précédentes, puis vient Your Choice/Curfew : une délicate montée en puissance très belle aussi, et un Frights/Old Storm, morceau assez court mais dont la batterie sur la fin annonce We Tigers et par la même un gros réveil du public qui a enfin ce qu'il attend, d'autant plus qu'après une transition des plus brutale et désagréable il aura droit à un Summertime Clothes des plus superflus : Avey Tare et Panda Bear ne chantent même pas en phase, sans compter qu'elle ne colle pas du tout avec le reste de la setlist et que de toute façon à part Brother Sport je n'aime pas les chansons de Merriweather Post Pavilion sur scène.
Ce qui est quand même bien, c'est que du coup le public est content et réclame un rappel (avec force 'à poil' que je ne m'explique toujours pas), celui-ci commence avec Pressed Out, qui se distingue pas mal des autres nouveautés par son côté plus clair et posé, presque une comptine, peut-être qu'on la retrouvera plutôt sur l'EP petit frère du prochain album. Enfin, Sermon finit de nous donner l'eau à la bouche en confirmant une dernière fois la nouvelle direction du groupe.

Au final ce concert me laisse à penser que j'écoute beaucoup trop ce groupe, puisque j'ai l'impression que je ressors avec un sentiment différent voir opposé à un certain nombre de personnes, et surtout parce que j'ai reconnu Brother Sport et We Tigers tellement vite que j'en suis effrayé.

Et puis j'ai aussi vu Caribou en concert gratuit le lendemain, mais vu que ça ressemblait pas mal à leur concert à Montpellier je ne m'étendrais pas dessus, surtout que je suis parti juste quand ils commençaient Jamelia : déprimant.


dimanche 29 mai 2011

Son ! It's You !



La vie c'est plutôt cool en ce moment, puisque je me retrouve à écrire ma review du concert de Pulp dans le train pour aller voir Animal Collective.

Pourtant c'était mal parti, j'étais plein de ferveur quand le groupe a annoncé sa reformation, un peu moins quand j'ai vu que dans un premier temps, aucun concert n'était prévu en France (même si depuis il y a les Vieilles Charrues). Tu t'imagines bien que quand en plus j'ai vu que les 15 premiers noms du Primavera (soit à quelques heures de Montpellier) incluaient Animal Collective et Pulp, alors que j'étais dans l'impossibilité totale de m'y rendre, j'étais en train de perdre la foi.

Heureusement le salut est venu de ce concert au Bikini le 25 mai. Un concert qui avait des allures de miracle tant il était improbable.
Tellement improbable que l'hypothèse du poisson d'avril (qui aurait été un blasphème de la part du Bikini) avait été avancée.

Au final le seul poisson, c'est celui qui accompagnait le "BONSOIR TOULOUSE" du panneau lumineux que Jarvis Cocker brandit en entrant sur scène.
Après avoir offert des abricots ça et là dans le public, il attrape le micro et commence son office avec un Do You Remember the First Time ?, qui annonce le chapelet de tubes que va être le concert : la première moitié de la setlist étant composée uniquement de titres de Different Class (album qui sera d'ailleurs joué dans sa quasi-intégralité, ne manqueront que Live Bed Show et Monday Morning) et des passages les plus immédiats de His'n'Hers (Pink Glove et Babies). Une mention spéciale à l'enchaînement Sorted for E's & Wizz et F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E, identique à l'album mais qui s'en plaindra ?


Pulp nous montrent comment avoir la classe ultime même en se plantant sur un morceau (à 30 secondes de vidéo)

Et puis quand bien même les chansons seraient mauvaises, le concert serait de toute façon rattrapé par un Jarvis Cocker habité pendant les chansons et prêcheur génial entre. Tout au long des 2h que durera le concert, il nous gratifiera de son humour diablement efficace. Dès la fin de la première chanson, il parle de la "First Time" du groupe à Toulouse et part à la recherche de quelqu'un qui serait né en février 1995 avant de lui lancer un "Son ! it's YOU ! I came back to see you !". Il fait preuve également d'une aptitude impressionnante à reprendre toutes les situations en sa faveur : que ça soit la déclaration d'amour d'un autre homme ("you might be looking for a long time relationship"), le portable qui fait interférence avec les enceintes (""je peux pas te répondre, je suis au concert de Pulp""), ou encore les odeurs de pétard persistantes en fin de concert.

Et puis quand bien même les chansons seraient mauvaises et Jarvis pas drôle, il serait difficile de dire du mal de quelqu'un qui est capable de courir d'un bout à l'autre d'une scène pendant 2 heures en escaladant retours et enceintes avec des talons de pas loin de 10 centimètres. Encore plus quand ce quelqu'un offre son verre de vin au public tout en insistant pour qu'il soit partagé.



La setlist part ensuite dans le moins évident avec un ô combien attendu This Is Hardcore suivi d'un Sunrise à la fin duquel Jarvis brisera une guitare, on vient malheureusement d'avoir droit aux 2 seules chansons postérieures à Different Class. En cause, la présence de Russell Senior guitariste et violoniste jusqu'en 1997, qui s'absente dès que des titres composés après son départ sont interprétés.

Le concert se termine avec Bar Italia et un Common People extrêmement attendu en forme de faux rappel. Le vrai rappel de 6 chansons (sur une setlist en comptant au total 20) satisfera plus le public en attente de raretés, puisqu'il commence avec un enchaînement O U (Gone gone), Countdown, puis se poursuivra après "une chanson sur les taxis" (Joyriders) par une autre sur les phobies, qui ne sera pas The Fear comme on eut pu l’espérer mais His'n'Hers.
Afin de nous laisser avec encore plus de tubes en tête, le groupe conclut le concert avec une suite divine Acrylic Afternoons, Mis-Shapes.

La conclusion de tout ça, je pense que Jarvis te la donnera mieux que moi en interprétant Dishes : "I'm Not Jesus But I Have The Same Initials".


Bon, et puis comme on est sur I Remember Learning How To Dive et pas sur Vie de Grâce, je te fais une deuxième conclusion avec une photo d'un Cocker dans un Bikini, sauf que j'ai pas trouvé de cocker, donc ça sera ce chien à la place.

mardi 17 mai 2011

Vous les reverrez jamais !


Étant donné le retard que j'ai pris en matière de reviews et mon emploi du temps assez chargé ces temps-ci, j'avais prévu de te faire le coup de l'ellipse narrative au moment de publier un compte-rendu incohérent mais plein d'amour du concert de Pulp.

Mais c'était sans compter sur Wire, qui étaient hier soir au Rockstore. Un concert que je ne pensais pas apprécier autant, et à vrai dire un concert auquel je n'étais vraiment pas certain d'assister puisqu'à 15h le jour même, je n'avais pas encore de billet. Vu mon état de fatigue sur le moment, j'ai un peu regretté l'achat mais au vu du concert, je me dit que c'est si je n'y étais pas allé que j'aurais eu des regrets (enfin non, parce qu'une lecture de review, aussi bien écrite soit-elle ne te fait jamais vraiment regretter d'avoir manqué un concert).

Sieste oblige, je suis arrivé pile pour Wire et n'ai donc pas vu la première partie.

Ce qui frappe tout de suite c'est non seulement que le public est relativement nombreux, mais aussi qu'il n'est pas composé uniquement de quinquagénaires comme on pourrait s'y attendre. En fait, ce concert a un côté réunion de famille, puisqu'on y retrouve tous les descendants qu'a pu engendrer Wire depuis 1977 : tu retrouves donc ton oncle qui était déjà là à l'époque, mais qui depuis a connu une inversion capillaire : son mohawk étant en négatif, son petit frère, qui était trop jeune pour les voir en même temps que lui, mais qui l'a tellement regretté depuis qu'à 40 ans passés, il danse sur chaque chanson comme si sa vie en dépendait (c'est d'ailleurs à lui que l'on doit le titre de cet article), leurs cousins en t-shirts CBGB, leurs neveux art-rockers qui arborent barbes et lunettes et qui sont aussi tes grands cousins, enfin, tes cousins éloignés métalleux et tes cousines amatrices de poppers sont aussi de la partie.
À première vue une fosse très disparate, mais on sent bien qu'au fond on a tous quelque-chose en commun qui fait la beauté d'une famille.

Du point de vue du concert en lui même, on est face à un groupe inexpressif au possible qui se contentera de brefs 'merci' en fin de concert, et début et fin des rappels. Mais en même temps, on sait qui on est venu voir et la qualité du concert n'en pâtit absolument pas.
On décèle une intelligence impressionnante dans les choix d'un groupe qui s'est justement toujours démarqué par celle-ci. Les chansons ont beau être toutes annoncées de la même façon par 4 coups de baguettes, elles parviennent à chaque fois à mêler parfaitement complexité et simplicité, et ce, qu'elles durent moins de 2 minutes ou plus de 5 (bon, j'aurais préféré en voir un peu plus de moins de 2 quand même), et surtout, elles s'agencent à merveille dans une setlist surement mûrement réfléchie aussi, qui trouve l'équilibre parfait entre chansons courtes et longues, dernier album et chansons plus vieilles, les montées et descentes du concert sont maitrisées à merveille.

Et même si il ne le laisse pas transparaitre, le groupe doit quand même être heureux d'être là puisqu'il nous gratifie de 2 rappels pour un concert d'environ 1h30 au total.
Sur le 'Pink Flag' final, Colin Newman nous fait presque croire qu'il veut nous prendre en photo avec son téléphone (le rituel de la photo de famille, très pratiqué dans certains festivals) mais nous rassure assez vite en nous montrant que le groupe est loin d'avoir cessé l’expérimentation, puisque le portable servira juste de source d'ondes électromagnétiques pour torturer ses micros de guitare.

Wire fait donc partie de ces groupes que les années atteignent uniquement physiquement , mais dont la qualité de la musique ne faiblit pas.
Alors écoutes donc mon oncle d'un soir "Vous les reverrez jamais ! Bah oui, après ils vont mourir" et ne les manques pas si l'occasion se présente.

mardi 3 mai 2011

It's Crying Time Again She's Gonna Leave Me



Là où tu te rends compte que ça commence à faire trop longtemps que tu n'as pas écrit, c'est quand en soirée tu te retrouves à dire "ouais, j'écris quelques articles sur internet, ça part un peu dans tous les sens, d'ailleurs le dernier parlait de ... attend voir, bon en fait j'arrive pas à m'en souvenir, mais par contre le prochain parlera d'un concert ... qui a eu lieu il y a un mois ... non mais en temps normal euh ... bon laisse tomber, je vais plutôt reprendre une bière ça vaut mieux".
Le moment est donc venu pour moi de te parler du festival Les Femmes S'en Mêlent qui s'est déroulé le 2 avril au Rockstore. Et derrière ça serait sympa de ne pas rigoler parce qu'on est le 10 mai. À vrai dire si j'ai mis autant de temps à écrire cette review c'est dans un premier temps parce que j'allais peut-être recevoir des photos, qui m'auraient semblé plus parlantes qu'un article dans le cas d'un concert aussi visuel, mais vu que je n'en ai pas eues, je dois en déduire au choix que j'écris vraiment trop mal, que je ne demande pas assez gentiment ou bien qu'elles étaient ratées. Tant pis, je me débrouillerais avec des photos d'autres dates trouvées en grappillant à droite à gauche.

Ce qui est bien avec Les Femmes S'en Mêlent, c'est que tu peux y aller quasiment les yeux fermés. Ce qui est moins bien c'est qu'après une édition 2007 passée par Nantes qui m'avais pas mal donné envie d'y revenir, le festival n'avait pas remis les pieds dans une ville où je me trouvais, jusqu'à cette année. Donc quand j'ai vu que 2 groupes que je ne connaissaient absolument pas passaient au Rockstore et que le concert ne coûtait que 5€ pour les heureux étudiants, il m'a fallu à peine plus d'une écoute sur myspace pour me convaincre d'assister au festival pour la seconde fois de ma vie.

La première fois j'avais trouvé tout de même l'audience quelque peu clairsemée, je considérais que les Slits c'était quand même un groupe un peu culte qui pouvait remplir la salle (surtout que c'était une place achetée une place offerte), et d'ailleurs le fait qu'un an et demi plus tard Ebony Bones joue devant un public 5 fois plus nombreux avait continué à me faire m'interroger, ce jour là j'en avais conclu que c'était peut être bien les Plasticines qui avait fait fuir une partie du public potentiel (enfin, un public dont on peut se passer, parce que des gens qui ne vont pas au concert parce qu'ils ont une dent contre la première partie ça me dérange, cela dit elles n'avaient pas réussi à faire fuir les "gros lourds qui crient 'à poil' dès qu'il y a une fille sur scène", malgré l'assurance certaine avec laquelle elles les envoyaient chier, ce qui est tout de même dommage).
Du coup, 4 ans plus tard, j'arrive au concert de Electrosexual & Ms. Sunday Luv et Tearist et je me dis que le public devrait être là en nombre vu qu'il n'y a aucun "bébé-rocker" pour repousser ceux qui ne savent pas regarder plus loin que le bout de leur nez. Quelle ne fut pas ma stupeur quand je vis le nombre de personne présentes, au plus gros du concert on devait être 15, ce qui est quand même assez triste pour les 2 groupes présents.

On lit donc logiquement un mélange d'étonnement et de déception sur le visage de Ms. Sunday Luv quand elle monte sur scène, d'autant plus que les quelques personnes présentes sont encore assises en retrait, au début on est d'ailleurs que 2 à être debout devant la scène, ce qui aurait de quoi déprimer la plus brave des chanteuses.
Et de bravoure la dame n'en manque pas : c'est une véritable pile électrique blonde avec un gabarit qui pourtant l’empêcherait d'avoir son certificat médical pour pas mal de sports. Le maigre public est trop loin ? Qu'importe, puisqu'elle descend dans la fosse et invite les gens à se rapprocher pour donner un moment assez improbable où elle chante entourée des 13 personnes (j'ai compté) qui composent le public à ce moment là, entre les chansons, elle nous propose sa cigarette avant de remonter sur scène, malheureusement, après quelques répétitions de la descente, la remontée revient de plus en plus difficile, alors quand même la prise d'élan n'est plus suffisante, elle fait le tour et remonte par le côté pour ne plus jamais descendre nous rejoindre.
Sinon musicalement c'est de l'électro-rock très efficace, car malgré l'omniprésence de l'électronique (et le fait qu'Electrosexual reste un peu caché derrière ses machines), la voix et le charisme de Ms. Sunday Luv nous emportent totalement dans le concert. Au cas où le duo projette aussi des films mettant régulièrement en scène Ms. Sunday Luv sur le fond de la scène, mais celle en chair et en os nous captive tellement qu'on n'y prête que rarement attention.

Un groupe à qui il faut donc souhaiter un parcours à la Ebony Bones : un public maigre pour Les Femmes S'en Mèlent, mais une couverture des Inrockuptibles 6 mois plus tard et des salles remplies en tête d'affiche du festival des Inrocks 2012.



Pour que tu te fasses une très vague idée de la chose une vidéo d'un concert, mais là y a des gens donc tu te doutes que c'est pas à Montpellier.

Encore un duo masculin/féminin avec les Tearist, avec une chanteuse dans un style totalement différent, après la petite blonde aux cheveux courts on a droit à la grande brune partiellement cachée derrière ses cheveux, du point de vue du jeu de scène son concert s'apparente un peu à une métamorphose, puisque qu'elle le commence cachée derrière ses cheveux, sa casquette et son imperméable et le termine à la rupture de son Tshirt, entre temps de la folie, autant vocale qu'instrumentale (elle passe de long moments à frotter et entrechoquer deux morceaux de métal, d'ailleurs je ne pensais pas jusque là que l'on pouvait pratiquer cette activité de manière aussi sexy). Cela dit c'est aussi là que l'on peut critiquer le groupe : pour l'instant leur musique s'apparente plus à de la recherche et les idées ont encore besoin d'être organisées parce que là entre les bouts de métal, le ventilateur sur scène et l'eau renversée sur les câbles, c'est carrément le bazar.



Après ça j'ai encore 2 reviews à pondre ainsi qu'un autre article dans les starting-blocks, mais vu que je ne suis pas en excès de temps libre ces derniers temps ça attendra des moments plus calmes.

mardi 19 avril 2011

It's Just A Papercut



Après m'être cassé les dents pour pécho des disques au Record Store Day (ou plus exactement avoir laissé un bout de résine sur un chewing-gum en en revenant, mais ça faisait une bien moins bonne intro), sans même réussir à mettre la main sur Swallowing The Decibels des Yeasayer l'idée m'est venue de faire une sorte de top des 3 premiers mois de 2011, d'une part parce qu'il y a eu nombre de sorties énormes, d'autre part parce que comme d'hab j'ai pas pu parler de la moitié des disques dont j'aurais souhaité te toucher un mot.
Je le ferais sous la forme d'une compilation qui, mauvaise foi oblige se basera aussi bien sur la date de sortie physique du disque que sur celle du leak (et parfois même ni sur l'un ni sur l'autre), en fonction de ce qui m'arrange. De toute façon c'est surtout l'occasion de m'étendre sur certains albums sur lesquels je n'ai jamais écrit de chronique entière.

Je commence avec Erland & Carnival, des anglais dont le premier album fait pas mal penser aux Coral de Nightfreak & The Sons Of Becker, avec des claviers et des guitares qui sont tantôt sombres tantôt barrés, ce 'This Night' met assez bien en valeur la ressemblance.
Ensuite, 'Rolling In The Deep' d'Adele qui est tout simplement la chanson la plus efficace de ce début d'année, et puis, même si il n'est pas encore exclu que je te fasse l'éloge de Tomboy dans un article entier, je te met quand même 'Alsatian Darn', qui était déjà l'un des titres les plus magnifiques des 45 tours qui ont précédé l'album et qui est aussi l'un des (nombreux) grands moments de Tomboy.
Et comme j'aime bien les enchaînements improbables , je t'ai mis à la suite Fergus & Geronimo : des petits cousins des Black Lips, et Lykke Li qui non contente d'avoir sorti un très bon second album, s'était aussi attaquée au 'Will You Still Love Me Tomorrow' des Shirelles, déjà repris par les Zombies, Brian Ferry ou plus récemment Amy Winehouse, c'est dire si la barre était haute, pourtant sa version toute en fragilité ne manque pas de nous toucher elle aussi.



J'avais commencé une chronique de Gimme Some de Peter, Bjorn & John en disant qu'ils étaient un peu l'équivalent de Régis Chen (oui, dans Pokémon le mec où tu pouvais faire n'importe quoi, il était toujours devant toi) pour l'indie rock, en effet, avec des titres comme 'Dig A Little Deeper' ou '(Don't Let Them) Cool Off', ils font respectivement du Vampire Weekend ou du Blood Red Shoes mieux que les intéressés. Le groupe est tellement au sommet du point de vue technique et composition qu'on est incapables de leur reprocher leurs quelques emprunts (la basse de 'Eyes', c'est 'His Latest Flame' d'Elvis et le refrain de 'Down Like Me' c'est 'Into My Arms' de Nick Cave). Ce 'May Seem Macabre' quand à lui se base sur une guitare aux accents Math Rock portée par une section rythmique au top : un des nombreux indispensables de l'album donc.

Après je me suis dit que si je te mettais seulement 9 chansons, il fallait au moins que je t'en mette des longues, rassemblées, les 2 suivantes dépassent donc les 20 minutes : au programme, un groupe portugais dans une tentative réussie de 'Bohemian Rhapsody' Indie (je te promet que ça ne sera pas ce à quoi tu t'attends), et un poignant A 'Knock Upon The Door' interprété par l'excellent Cass McCombs; en tout cas 2 chansons qui même en flirtant avec les 10 minutes nous font nous dire "déjà ?!?" quand elles finissent.

Pour conclure, 'Can't Be Saved', la face B de Slow Slow, premier single des Sound Of Rum, groupe anglais qui joue un Spoken Word/Hip Hop avec des musiciens en chair et en os. Ce qui fait que la guitare contrebalance à merveille le flow de Kate Tempest, 'Slow Slow', dans un style totalement différent vaut aussi le détour, à vrai dire je me suis décidé entre les 2 titres à pile ou face, du coup je te met quand même le clip du perdant.



Et pour écouter tout ça c'est ici.


Irlhtd A Sélectionné Pour Vous (1er Trimestre 2011) by Heard on Mixcloud




Ou alors vu qu'il semblerait que je sois un des seuls à pouvoir l'écouter sur Mixcloud, tu peux essayer la version 8tracks ici.

dimanche 3 avril 2011

I thought so long and suddenly I realised


Aujourd'hui, je pourrais te faire une review du concert Les femmes s'en mêlent d'hier soir, mais en fait j'attends d'avoir peut-être des photos à mettre avec, et puis de toute façon j'avais décidé de changer des concert et de te faire une bonne vieille chronique de disque à base de n'importe-quoi, et ça sera encore plus n'importe quoi cette fois-ci puisque l'intro a été écrite dimanche dernier, le milieu lundi et la fin vendredi soir.

Mais qu'importe, en fait il se trouve que non seulement je voulais changer des reviews, mais aussi que, malgré le fait que j'apprécie pas mal leur dernier album, 28€ pour voir les Dø, je trouvais ça un peu excessif (et accessoirement les 28€ j'ai préféré les mettre dans une place pour aller voir Pulp à Toulouse), résultat, j'étais à 200m du Rockstore à siffler des bières devant du théâtre d'improvisation : bien plus économique.

Et puis en même temps publier une chronique de disque en ce moment c'est assez justifié, puisque ce ne sont pas les nouveautés qui manquent : dans le même temps Panda Bear sort un nouveau single et les Animal Collective une cassette sur laquelle ils ont réalisé une chanson chacun (ils veulent attirer les gens à leur quelques concerts printaniers/estivaux en se faisant passer pour un groupe totalement dispersé après une période sans concerts ni albums qui a rarement été aussi longue, technique Strokes en fait), Deerhoof et Xiu Xiu sortent une collaboration au final pas passionnante, en tout cas beaucoup moins que celle de Battles et Matias Aguayo : une chanson excellente pleine de bruits bizarres (presque trop pleine d'ailleurs, il est difficile de l'écouter sans vérifier qu'on a pas reçu un message ou que personne n'a sonné à ta porte), Chad Vangaalen revient à ses bases bruitistes, ce qui surprendra sûrement ceux qui l'ont découvert avec Soft Airplane, retour aussi à du plus fondamental pour les Raveonettes avec un nouvel album plus proche de l'excellent Pretty In Black que du plutôt moyen In And Out Of Control, enfin, les Art Brut sortent un album moins pop que ses prédécesseurs (si tant est qu'on puisse qualifier comme pop un groupe dont le chanteur ne sait pas chanter) : il surprend pas mal à la première écoute mais s'apprécie aux suivantes, et puis le groupe revient à son obsession de la fin de semaine avec un "Lost Weekend" plus que convaincant.

Au milieu de cette mare de sorties, je vais te parler des Moment Bends, 4ème album des Architecture In Helsinki.
Oui parce que comme ils l'ont encore montré avec leur dernier EP, les Of Montreal s'égarent ces derniers temps dans des expérimentations superflues et sans intérêt, alors qu'ils n'ont jamais eu besoin de se forcer pour faire une musique différente, en témoigne leur featuring totalement décontracté sur l'album de Janelle Monáe.
Là, tu dois être en train de te dire "non mais bordel ! il peut pas se décider à parler d'un truc et s'y tenir ce type ?", et tu as raison, mais le fait est que, 4 ans après leur précédent album, les Architecture In Helsinki sont un peu devenus des Of Montreal à la place des Of Montreal. À l'heure actuelle on pourrait même pousser jusqu'à dire que, même si pour cela ils ont du délaisser l'aspect pop explosive de leur musique, ils font du Of Montreal mieux que les Of Montreal.

Et c'est là que ce disque peut s'avérer assez décevant parce que ce qui était appréciable avec le groupe, c'était leur pop exotique qui les faisaient sonner comme un groupe d'Europe du Nord et justifiait qu'un groupe australien puisse porter un tel nom, mais sur ce disque, il y a à peine quelques passages plus proches des moments les plus mous de Place Like This auxquels on peut se raccrocher, comme l'enchaînement "W.O.W"/"YR To Go"/"Sleep Talkin'". Enfin, même si on peut penser que le groupe n'évolue pas forcément de la manière la plus intéressante, cet album reste bon, rien que pour son final magistral : "Everything Is Blue" est le morceau sur-efficace par excellence (on croirait presque entendre un titre de Mika par moments c'est dire), c'est le genre de chansons qui énerve, parce que quand on l'écoute, on se dit tout le temps "mais oui bien sur, ce plan là, ça ne pouvait que marcher" mais on succombe quand même.
Et puis il y a B4 3D, qui est aussi une merveille à sa façon tant à l'image de son titre, elle sonne vraiment intemporelle : l'intro me fait penser à Rock Bottom de Robert Wyatt, album que j'avoue écouter principalement pour le rire à la fin mais aussi album précurseur, intemporel et toujours d'actualité; et puis là-dessus est posée une voix dont il est difficile de dire à quel point elle a été transformée mais qui ne laisse pas indifférent car elle oblige à prêter sérieusement l'oreille au morceau, même si on avait décidé de le passer juste en musique de fond.

En bref, Moment Bends est un album qui aurait pu sonner comme une tentative de "gâteau 100 fois bon" totalement indigeste, mais qui est littéralement sauvé par son excellent final.